Jean-Baptiste De Boyer D'Argens


  • Véritable apologie du plaisir, « c'est le procès du père Girard et de sa pénitente la belle Cadière, qui a servi de cadre à cet ouvrage, et les noms des deux personnages sont ici anagrammatisés en Dirrag et Eradice » cite Apollinaire dans son Enfer de la Bibliothèque Nationale.
    En effet ce roman est inspiré d'un fait divers scandaleux, ce fut l'affaire de Jean-Baptiste Girard, jésuite qui séduisit en 1730 une jeune carmélite âgée de 17 ans Catherine de Cadière alors qu'il était recteur du Séminaire royal des aumôniers de la marine à Toulon et son confesseur.
    Alexandrian dévoile les anagrammes de ce roman à clés : « Thérèse, fille d'un bourgeois de Vencerop (Provence), est mise au couvent de Volnot (Toulon). Elle se lie avec Éradice (Cadière) et assiste en cachette aux leçons de piété que lui donne le père Dirrag (Girard). » « Oubliez et laissez-vous faire » lui dit-il en glissant entre ses cuisses « le cordon de Saint-François, qui par son intromission, doit chasser tout ce qui reste d'impur dans le corps de sa pénitente ». Son éducation terminée, dans la seconde partie du texte, Thérèse s'installe à Paris où elle ne connaît personne. Mais, bientôt, elle va se lier d'amitié avec sa voisine Madame de Bois-Laurier qui lui racontera sa vie galante. Enfin dans la troisième et dernière partie du roman, Thérèse rencontre à l'Opéra un comte, honnête homme, qui la conduira dans son château en promettant de respecter ses désirs et ses aversions. Véritable traité d'onanisme, ce récit s'achèvera cependant sur un coïtus interruptus - Thérèse abhorre la grossesse ! - sachant que « les femmes n'ont que trois choses à redouter : la peur du diable, la réputation et la grossesse »
    Cet ouvrage publié pour la première fois en 1748, anonymement, fut tout d'abord attribué à son éditeur François-Xavier d'Arles de Montigny, détenu huit mois à la Bastille pour la publication de Thérèse qui heureux de cette paternité ne la dénia point. Apollinaire, dans son Enfer de la Bibliothèque Nationale indique que Thérèse fut aussi attribué à Diderot, hypothèse qu'aborde également Jacques Duprilot dans sa préface à l'édition de 1980, hypothèse purement fantaisiste ! Sade est formel, il affirme par la voix de Juliette qui dresse l'inventaire d'une bibliothèque libertine dans son Histoire : « Thérèse Philosophe, ouvrage charmant du marquis d'Argens, le seul qui ait montré le but... l'unique qui ait agréablement lié la luxure et l'impiété et qui donnera enfin l'idée d'un livre immoral ».
    Un des ouvrages les plus réédités au 18e siècle, de 1748 à la révolution française, on recense déjà près d'une trentaine d'édition.
    Collection l'Enfer de la Bibliothèque Nationale de France. (Enfer de la BNF, cote n°402)

    Roman illustré numérique (eBook à télécharger), 87 pages, orné de 16 illustrations en couleurs et 20 illustrations en noir et blanc, couverture en couleurs.

  • Galanterie italienne De l'ardeur d'un moine et d'une duchesse pour mettre le Diable en cage.
    Délicieuse Margot !
    Les vertus miraculeuses du Froc...
    Dans le secret du confessionnal Un confesseur très concerné par le bien-être de sa pénitente

  • Extrait : "Quoi ! monsieur, sérieusement, vous voulez que j'écrive mon histoire ? Vous désirez que je vous rende compte des scènes mystiques de Mlle Éradice avec le très révérend Père Dirrag ; que je vous informe des aventures de Mme C... avec l'abbé T... ? Vous demandez, d'une fille qui n'a jamais écrit, des détails qui exigent de l'ordre dans les matières ?" À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN : Les éditions LIGARAN proposent des versions numériques de grands classiques de la littérature ainsi que des livres rares, dans les domaines suivants : o Fiction : roman, poésie, théâtre, jeunesse, policier, libertin. o Non fiction : histoire, essais, biographies, pratiques.

  • Sous couvert d'une apologie du plaisir, ce roman érotique est une protestation contre l'intégrisme religieux.
    POUR UN PUBLIC AVERTI. Paru en 1748, Thérèse Philosophe rapporte la relation entre une jeune femme et un prêtre de trente ans son aîné. Les dialogues entre les protagonistes sur des thèmes philosophiques alternent avec des scènes érotiques. Car s'il a été considéré comme un roman licencieux à sa sortie, le texte dénonce surtout l'influence pernicieuse du clergé sur les femmes et les esprits libres, et revendique le droit des corps à disposer d'eux-mêmes.
    Un classique érotique et philosophique, contemporain du siècle des Lumières.
    EXTRAIT
    Que de combats, mon cher comte, il m'a fallu rendre jusqu'à l'âge de vingt-trois ans, temps auquel ma mère me retira de ce maudit couvent ! J'en avais à peine seize lorsque je tombai dans un état de langueur qui était le fuit de mes méditations. Elles m'avaient fait apercevoir sensiblement deux passions en moi, qu'il m'était impossible de concilier : d'un côté j'aimais Dieu de bonne foi, je désirais de tout mon coeur le servir de la manière dont on m'assurait qu'il voulait être servi, d'un autre côté je sentais les désirs violents dont je ne pouvais démêler le but. Ce serpent chiant se peignit sans cesse dans mon âme et s'y arrêtait malgré moi, soit en veillant, soit en dormant. Quelquefois, tout émue, je croyais y porter la main, je le caressais, j'admirais son air noble, altier, sa fermeté, quoique j'en ignorasse encore l'usage. Mon coeur battait avec une vitesse étonnante et, dans le fort de mon extase ou de mon rêve, toujours marqué par un frémissement de volupté, je ne me connaissais presque plus : ma main se trouvait saisie de la pomme, mon doigt remplaçait le serpent. Excitée par les avant-coureurs du plaisir, j'étais incapable d'aucune autre réflexion : l'enfer entrouvert sous mes yeux n'aurait pas eu le pouvoir de m'arrêter. Remords impuissants, je mettais le comble à la volupté !
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Jean-Baptiste de Boyer ou le Marquis d'Argens (1704-1771) est un écrivain français inspiré par la philosophie des sceptiques. Il mène une jeunesse licencieuse en compagnie des actrices de théâtre et, à 15 ans, il décide de suivre une carrière militaire malgré l'opposition de son père, qui le déshérite. Lorsqu'il atteint la quarantaine, Boyer d'Argens est remarqué par Frédéric II de Prusse qui le fait venir à sa cour en tant que directeur général de son Académie des sciences.
    À PROPOS DE LA COLLECTION
    Retrouvez les plus grands noms de la littérature érotique dans notre collection Grands classiques érotiques.
    Autrefois poussés à la clandestinité et relégués dans « l'Enfer des bibliothèques », les auteurs de ces oeuvres incontournables du genre sont aujourd'hui reconnus mondialement.
    Du Marquis de Sade à Alphonse Momas et ses multiples pseudonymes, en passant par le lyrique Alfred de Musset ou la féministe Renée Dunan, les Grands classiques érotiques proposent un catalogue complet et varié qui contentera tant les novices que les connaisseurs.

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