Jean-Christophe Mino

  • Le corps, centre névralgique de notre vitalité, conditionne l'ensemble de notre vécu. De fait, qu'est-ce que la maladie, si ce n'est l'entrave de notre puissance d'agir, une atteinte directe à notre « corporéité » ? En parallèle de l'approche classique sur le traitement médical, l'ouvrage développe une nouvelle théorie, s'appuyant sur de nombreuses recherches scientifiques, autour des bienfaits de l'activité physique adaptée, afin de lutter contre les pathologies et les conséquences du vieillissement. Bien plus qu'une simple méthode pour réparer un « corps machine », l'activité physique adaptée permet de saisir la santé comme l'expérience d'un « corps vivant », à la fois individuelle et singulière. Ainsi par-delà ses vertus thérapeutiques, le programme d'APA offre aux patients la possibilité de retrouver le sentiment d'unité et de complétude, abîmé par la maladie.

  • Symboles par excellence d'une médecine qui sauve des vies, les unités hospitalières de réanimation et de soins intensifs portent également à leur paroxysme le danger d'une déshumanisation des soins. Dans l'imaginaire collectif, cette médecine démiurge apparaît sous un double visage : elle redonne la vie, mais est aussi le possible lieu de l'acharnement thérapeutique, de pratiques froides et impersonnelles. Les patients se retrouvent dépendants de machines, observés et soumis à des procédures multiples, objets de soins dont la finalité avouée est la prise de contrôle de l'organisme. Ici plus qu'ailleurs, l'opposition entre technique et relation apparaît éclatante. Pourtant, à regarder de plus près le travail d'une unité de soins intensifs, les choses ne sont pas si simples. Cet ouvrage nous invite à réinterroger les liens entre technique et relation dans les pratiques soignantes.

  • Alors que le monde est secoué par les effets dévastateurs d'une pandémie, la question du soin est plus que jamais au coeur des enjeux de notre société.
    Les auteurs et interlocuteurs de la collection « Questions de soin » prennent la parole et proposent ici leur contribution à cette réflexion, comme autant de jalons pour l'avenir. Au-delà de l'intervention, sur le moment, il faut en effet reprendre et s'appuyer sur le temps de la recherche, de la pratique, de l'enseignement à tous niveaux, du débat public sur le long terme, qui sera aussi celui de cet événement hors-normes.

  • La philosophie du soin que ces journées voudraient esquisser ne vise ni à dénoncer la technique médicale pour elle-même, ni à attendre qu'elle résolve par son évolution les problèmes éthiques. Elle cherche à penser les manières dont les techniques peuvent, y compris dans leur matérialité, s'intégrer à la visée du soin. Elle ne vise pas à ajouter de l'extérieur une dimension soignante à la médecine technique existante, mais à penser le soin au coeur même de la technique et de la médecine.
    Contribuer à une philosophie du soin demande de faire converger différentes approches réflexives dans les divers champs de la médecine qui mobilisent de manière intense la question du soin. Ce projet rencontre aussi les problèmes soulevés par l'éthique du care. Il s'agit aussi de s'interroger sur la manière dont cette réflexion peut initier le soignant à se décentrer du point de vue de la technique médicale pour (re)connaître l'existence et la légitimité de celui du malade. Comment faire que la philosophie ne soit pas tant une initiation à l'éthique et à des principes fondamentaux extérieurs à la question du soin, qu'une formation éthique visant la rénovation du soin par l'attention au malade ?

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