Robert Laffont


  • L'amour sans le faire... Voici l'histoire d'un défi fou.

    Avant le mariage, les enfants et la vie de famille, s'offrait à Mathilde une belle carrière universitaire. Sa spécialité : l'amour courtois dans la littérature du Moyen Âge. Elle y a renoncé pour se consacrer aux siens. Une vingtaine d'années plus tard, elle tombe amoureuse d'un jeune homme, Raphaël. Coup de foudre réciproque. Et impossible : Mathilde aime son mari et ne supporte pas l'idée de le tromper. Or comment vivre le désir qui pousse deux êtres l'un vers l'autre quand on se l'interdit ? Alors Mathilde a cette idée folle : proposer à Raphaël l'aventure de l'amour courtois. Il devra se soumettre à elle dans une relation inspirée du serment de vassalité du chevalier à son suzerain. Et se hisser par le courage, l'intelligence, la prodigalité, la fidélité... au niveau d'exigence de sa maîtresse de coeur. Entre eux, un seul tabou, absolu : faire l'amour.
    Mais quel sens cette approche de l'amour peut-elle avoir aujourd'hui, dans une société obsédée par le sexe et l'égalité des genres ?
    " Une histoire d'amour magnifique et inoubliable. "Le Figaro Magazine (à propos de La Promesse)
    " Un talent de conteur remarquable, et un élégant metteur en scène de la complexité de toute existence. "Sud Ouest (à propos du Silence)

  • La promesse

    Jean-Guy Soumy

    " Camille s'agenouilla près du corps de Jeanne. Ses doigts se posèrent sur la cheville glacée. Il ferma les yeux.
    C'était il y a longtemps. Un jour d'été.
    Ils ruisselaient, l'un et l'autre, d'eau et de soleil. Ils avaient treize ans. Peut-être quatorze. Dans une anse sableuse de la Dordogne, ils s'étaient baignés toute l'après-midi. L'eau était chaude et coulait sur les graviers dorés. Parfois, l'ombre d'un poisson filait dans le cristal du courant. Le temps n'existait plus. Il n'y avait ni passé ni lendemain. Que l'instant présent, d'une densité écrasante. La joie qui l'avait essoufflé faisait encore aller et venir sa poitrine maigre. Battre son coeur sous ses côtes. Le pied de Jeanne était venu se poser comme un oiseau au creux de sa main. La peau était fine, douce. Lisse. Le talon s'emboîtait parfaitement à sa paume.
    Penché sur Jeanne, il ne vit pas que les autres faisaient cercle dans son dos. À un moment, il se retourna et les découvrit. Mais son visage n'était plus le même et tous reculèrent. Soucieux de ne pas approcher de trop près un si grand chagrin. " À l'âge du premier grand amour, Camille a laissé sa famille le séparer de Jeanne. Toutes ces années, fidèle à leur promesse, elle l'a attendu. Il n'est pas venu. Quand elle meurt, on l'accuse de s'être défenestrée. Et, en ce temps où il n'est pire crime que se suicider, c'est Camille que désigne la justice pour incarner dans son procès le " corps et la voix " de Jeanne...

  • Le congrès

    Jean-Guy Soumy

    Esiècle, lors de la construction du château de Versailles, un événement extraordinaire précipite la ruine d'une puissante famille de bâtisseurs : le procès public en impuissance qu'elle intente à l'un de ses membres.0300Dans une pièce réquisitionnée pour l´occasion, prêtres et hauts dignitaires de l´Église, représentants du corps judiciaire, ainsi que médecins et matrones entourent un grand lit. Plus loin, courtisans et bourgeois de qualité se pavanent en ricanant. C´est que le procès qui se tient là, en cette année 1685 à Versailles, n´a rien de banal : il s´agit d´un congrès, épreuve durant laquelle un mari, accusé d´impuissance, est sommé d´honorer publiquement son épouse, une union non consommée étant une offense aux saints sacrements du mariage.Cette mascarade épouvantable, sanctifiée par l´Église et reconnue par la Justice, est l´oeuvre de la famille Vallade, soucieuse de s´approprier les marchés de la construction de Versailles qui, de droit, reviennent au jeune époux allongé nu sur le lit. Il appartient au clan des Maîtres des Bâtiments du Roi et est l´héritier de charges qui rapportent fortune et puissance. Pour lui voler cet héritage, les Vallade n´ont pas hésité à le discréditer par ce procès en impuissance.Jehane, sa jeune femme, est protestante, ce qui accroît la bienveillance de l´Église pour les Vallade : en cette époque précédant de peu la révocation de l´édit de Nantes, la chasse aux protestants est un jeu auquel les fanatiques catholiques s´adonnent avec férocité.Ainsi, Jehane et son mari, acculés par la rapacité des uns et la haine religieuse des autres, se trouvent-ils contraints à ce double viol public de leurs corps et de leur intimité : « dresser, pénétrer, mouiller », telle est l´injonction à laquelle ils doivent répondre pour sauver leur mariage et leur honneur. Mais le désir peut-il se glisser dans une telle parodie de l´acte de chair ?0300Le procès qui se tient là, dans cette sordide étuve peuplée de prêtres, médecins, matrones et courtisans en mal de spectacle, en cette année 1685 à Versailles, n´a rien de banal : il s´agit d´un congrès, épreuve durant laquelle un mari, accusé d´impuissance, est sommé d´honorer publiquement son épouse. Parce qu´elle est protestante, Jehane est poursuivie par la vindicte de sa belle-famille. Parce qu´il est héritier de charges lucratives, son mari doit disparaître au profit de son neveu. La machination démoniaque conçue par Louise de Vallade pour se débarrasser de sa belle-soeur et de son beau-frère aboutit à cette scène contre nature : un homme et une femme, nus, contraints de « dresser, mouiller, pénétrer» devant une foule goguenarde. Le désir peut-il se glisser dans une telle parodie de l´acte d´amour ? Comment survit-on à une telle épreuve ? S´appuyant sur des faits historiques, Jean-Guy Soumy traite avec une grande subtilité ce sujet extrême, d´une force extraordinaire.Le procès qui se tient là, dans cette sordide étuve peuplée de prêtres, médecins, matrones et courtisans en mal de spectacle, en cette année 1685 à Versailles, n´a rien de banal : il s´agit d´un congrès, épreuve durant laquelle un mari, accusé d´impuissance, est sommé d´honorer publiquement son épouse. Parce qu´elle est protestante, Jehane est poursuivie par la vindicte de sa belle-famille. Parce qu´il est héritier de charges lucratives, son mari doit disparaître au profit de son neveu. La machination démoniaque conçue par Louise de Vallade pour se débarrasser de sa belle-soeur et de son beau-frère aboutit à cette scène contre nature : un homme et une femme, nus, contraints de « dresser, mouiller, pénétrer» devant une foule goguenarde. Le désir peut-il se glisser dans une telle parodie de l´acte d´amour ? Comment survit-on à une telle épreuve ? S´appuyant sur des faits historiques, Jean-Guy Soumy traite avec une grande subtilité ce sujet extrême, d´une force extraordinaire.

  • Elle est allemande, il est américain. Dans quelques semaines, la guerre sera finie... Qu'en sera-t-il alors de leur amour ? Mars 1945. Les Alliés marchent sur Berlin. En leur sein, le 23e régiment, inconnu de tous - et pour cause : composé de scénaristes, comédiens, techniciens du cinéma, sa mission est de leurrer les troupes d'Hitler en donnant l'illusion qu'à sa place manoeuvre une immense armée. Steven est l'un de ces soldats " Cecil B. DeMille " dont les opérations permettront de sauver trente mille vies. Hanna, elle, fuit Berlin. Francophile passionnée, armée de son seul vélo, elle veut rejoindre Paris. Après des semaines de traversée d'une Allemagne en pleine débâcle, elle arrive dans un village au bord du Rhin - là où est stationné Steven. Entre eux c'est l'amour fou, immédiat, absolu. Mais qu'est-ce qu'un amour fondé dès l'origine sur un terrible mensonge, puisque Steven, soldat fantôme, ne peut révéler à Hanna qui il est réellement ?

  • Après «La Belle Rochelaise» (Prix des Libraires 1998),Jean-Guy Soumy continue de nous étonner par la richesse de ses intrigues, par la fougue de ses personnages.0300Aiguemont est un immense domaine au coeur du Limousin, entre Limoges et Uzerche. Sur lequel règne ? c´est dans les années 1873-1878 ? un grand notable, Pierre Sérilhac, homme à la fois débonnaire et autoritaire. Il y a trente ans, il a épousé (coup de foudre réciproque) une très belle et très fine jeune fille noble du Béarn: Clara, qui illumine l´austère château d´Aiguemont de son charme et de son intelligence. Ils ont eu trois enfants: François, Mathilde et Arnaud. François est raisonnable (c´est à lui que reviendra le domaine), Mathilde est raisonnable et passionnée, Arnaud est déraisonnable. C´est par lui que le désordre et le malheur entrent dans la famille. Dans la région comme à Paris, il fait mille folies, s´abandonne à tous les excès ? il est poète aussi (il y a, clairement, du Rimbaud en lui). Il subjugue sa mère, sa soeur, et même son père. Jusqu´au jour où, parce qu´il en a vraiment trop fait, celui-ci le chasse; Clara, atteinte dans sa chair, s´enfuit dans la nuit: on la retrouvera morte, mordue par un aspic, tout près d´un pavillon de chasse où Pierre et elle avaient connu le bonheur. Désespéré, se tenant pour responsable de sa mort, Pierre Sérilhac s´enferme dans le pavillon isolé, près de la tombe de Clara. Il abandonne la gestion du domaine à François. Dans le même temps se construit la ligne de chemin de fer du P.O. (Paris-Orléans), qui atteint les terres d´Aiguemont. Nul ne peut s´opposer à sa progression: les intérêts en cause sont considérables. Pierre Sérilhac s´y est résigné. Mais il y a deux lieux qu´il veut voir préserver: usant de son entregent, il obtient que la Roche Sauvagnat ne soit pas coupée par une large tranchée, mais il ne peut empêcher qu´un viaduc ne frôle pas la tombe de Clara. L´ingénieur Paul Nordling, maître absolu sur le chantier, s´irrite fort des obstacles que Pierre Sérilhac dresse devant lui. Si François favorise le grand projet, Mathilde, par fidélité à son père, par orgueil, défie l´ingénieur. Et c´est ainsi que ces deux êtres de grand caractère et de passion se découvrent, et que l´amour naît entre eux ? amour tumultueux, violent. Les travaux avançant, les piles d´un pont commencent à s´élever tout près de la tombe de Clara. Et l´on met au jour les traces d´une voie romaine devenue l´un des chemins de pèlerinage vers Saint-Jacques de Compostelle, et la route même qui menait, en Béarn, aux terres d´origine de Clara. Alors, Pierre Sérilhac, las et désespéré, part sur cette route, seul...

  • De mère en fille, à travers trois siècles: depuis Marie, la misérable paysanne de la Creuse, jusqu'à Marie, l'étoile de ballet qui triomphe aujourd'hui à Paris0300Onze femmes... Elles vont être onze femmes à se transmettre, de génération en génération, la flamme que Marie, la première, a cueillie au «feu perpétuel» qui brûlait sur la place de ce village de la Creuse, dans le terrible hiver 1709.Judith la courtisane, qui règne sur le Palais-Royal et meurt lors des massacres de septembre 1792; Constance, cantinière de la Grande Armée; Marianne, sur les barricades de 1832; Luce, dans l´Algérie nouvelle des années 1860; Marguerite, dans la guerre de 1914-1918; Sara, dans la Résistance... Les détours, les accidents, les tragédies se multiplient dans la succession des générations, parfois bien près de s´interrompre.Elles ont toutes quelque chose en commun et qui les distingue: le caractère, la fierté, l´audace, le courage, et une certaine beauté, une grâce qui s´accomplissent en la dernière de la lignée, l´étoile de l´Opéra ? et une fidélité qui les fait toujours revenir à la ferme du Puy Marseau qui accueillit la première Marie. Il fallait autant de rigueur que de souffle pour enchaîner ces destins si différents et en faire un unique roman: celui d´une lignée, dont les héroïnes sont toutes exceptionnelles. Une entreprise hardie et ambitieuse, qui n´étonnera pas de la part de l´auteur des «Moissons délaissées», de «La Belle Rochelaise» (prix des Libraires 1998), et de «Rendez-vous sur l´autre rive».0400? Je vais partir, Joseph, dit la jeune fille.Les mots avaient été prononcés avec retenue. ? Comment cela, partir?Joseph scruta le profil anguleux de sa nièce. Ses cheveux clairs tirés sous sa coiffe dégageaient son front pâle. En cet instant, elle paraissait beaucoup plus que ses dix-neuf ans.? Pendant que tu causais avec le caporal, j´ai discuté avec une femme qui loge dans la maison de Jeanne.? Oui?? Elle m´a proposé de travailler pour elle.? Que fait-elle?? Je ne sais pas exactement. Elle suit l´armée et elle approvisionne les soldats. Elle a plusieurs charrettes. Je crois qu´elle est mariée à un commissionné; un bottier qui travaille aussi pour l´armée. Elle monte le rejoindre à Boulogne.? Au camp militaire de Boulogne?Constance hocha la tête.? Et moi qui te disais de ne pas te soucier, que je ne partirai pas! C´est toi qui m´annonce çaoeil se leva et fit face à Constance.? Ce genre de femmes, je le connais, ma petite. Ce sont des vivandières. Leur vie est terrible. Jamais deux nuits sous le même toit, toujours à dépendre des autres. Dans le froid et la pluie des bivouacs. Sans compter les risques de la guerre. Contraintes de vivre parmi des soldats qui ne sont guère délicats...? Je vais partir, Joseph.? Tu n´es pas bien avec nous? s´écria Joseph. Rosalie... C´est à cause d´elle que tu pars?? Non! Rosalie n´est pour rien dans cette décision.? Mais alors pourquoi?Constance soutint le regard de son oncle, déçue qu´il ne l´encourageât pas dans un rêve qu´il avait lui-même contribué à faire naître.? Je ne sais pas pourquoi je vais partir, Joseph. Mais ce que je sais, c´est que je vais le faire. C´est étrange... J´aime Puy Marseau. Je vous aime tous les deux. Je sais que, bien souvent, je pleurerai en pensant à toi, à Rosalie, à la Creuse. Mais j´ai pris ma décision.? Réfléchis, reprit Joseph atterré. Réfléchis bien avant de t´engager. Et d´abord, pourquoi cette femme t´a-t-elle fait cette proposition? À toi?? Elle avait une aide qui est morte d´une mauvaise fièvre. Elle ne peut pas continuer seule avec deux chariots à conduire. Elle a vu que j´étais forte, que le travail ne me faisait pas peur. On a parlé. Ça s´est bien passé entre nous. Nous sommes d´accord sur tout.? Une cantinière et dix hussards passent au pied du Puy Marseau et tout notre bonheur s´écroule.? Je reviendrai, dit Constance.Livide, Joseph secoua la tête.? Quand on part ainsi, c´est la dernière chose qu´il faut croire, mon enfant. La dernière.Ils restèrent séparés par la douleur. Joseph ne bougeait plus, n´osait plus regarder sa nièce.? Tu es si jeune, dit-il com

  • Le silence

    Jean-Guy Soumy

    Le monde de Jessica s´effondre le jour où son mari, Alexandre Leroy, mathématicien franco-américain de renommée internationale, se tire une balle dans la tête. Comment a-t-il pu la trahir aussi lâchement, décevoir leurs deux fils, détruire ce bonheur qu´ils ont mis trente ans à construire ? L´acte est d´autant plus incompréhensible qu´il ne ressemble pas à l´homme qu´elle a connu. Mais l´a-t-elle vraiment connu ? Elle reçoit de plein fouet un premier coup quand elle comprend que la photo de ses beaux-parents a été trafiquée et qu´ils ne sont pas morts dans les bombardements en France, comme elle l´a toujours cru. Alexandre a menti ! Il a toujours menti. Il a changé son nom et falsifié son identité, il s´est inventé un passé, il a caché l´existence d´un frère et a même réussi à mystifier la communauté scientifique.

    Comment supporter une telle découverte ? Phil, son fils aîné, également mathématicien, ne peut pas dévoiler une telle forfaiture, qui ruinerait sa propre carrière. Il convainc sa mère de détruire toutes les preuves. Mais Jessica ne supporte pas d´avoir accompli un tel geste. L´aide vient bizarrement de son fils cadet, Lewis, atteint d´une forme particulière d´autisme et dont les intuitions fulgurantes l´obligent à réagir. Il veut connaître son oncle. Il veut aller en France.

    Pour Jessica, se retrouver au fin fond de la Creuse en face de ce beau-frère dont elle ignorait l´existence est une terrible épreuve. Comment pourrait-elle accepter l´existence de cet homme qu´elle accuse d´avoir provoqué la mort de son mari ? Pourtant, il lui faut comprendre, dénouer la complexe pelote de raisons qui, des décennies auparavant, ont poussé Alexandre à s´amputer d´une partie de lui-même.

  • François, Louis et Marie... François et Louis Ribière, comme beaucoup des hommes de la Creuse natale, partaient, chaque printemps, travailler comme maçons sur les immenses chantiers que le baron Haussmann avaient ouverts à Paris, dans les années 1860. Marie Gerbeau comme sa mère, comme toutes les femmes du village, demeurait aux Couteilles pour y maintenir la vie.
    Or il advint que, au printemps 1864, Louis se révolta contra la condition faite à ses compagnons de travail et de misère ; il vécut d'expédients jusqu'au jour où il fut remarqué par une célèbre demi-mondaine qui lui ouvrit le mondes des affaires. Il advint aussi que Marie, lasse d'attendre le retour de François, prit seule et à grands risques le chemin de Paris. Intelligente et fine, courageuse, elle y trouvera sa voie dans la haute couture. Et François lui-même, revenu au pays, s'accomplira sur les terres agrandies du maigre domaine paternel.
    Ainsi la Ville, la grande Ville, aura-t-elle révéléà eux-mêmes les gamins illettrés des Moissons délaissées. Il s'y seront épanouis dans le temps même où elle se transformait. Mais la Ville est brutale : la défaite de 1870, la chute de l'Empire, la Commune vont bouleverser leurs destins...

  • Mars 1860. Dans le petit village des Couteilles, au sud de Guéret, le jeune François Ribière, pour la première fois, s'apprête à grossir la troupe de ceux qui partent « limousiner »- entendons par là qui s'en vont, à pied, rejoindre Paris afin de travailler, comme apprentis puis comme maçons, dans les gigantesques chantiers que le Second Empire a ouverts. Car le bâtiment constitue une activité traditionnelle pour les gens de ce rude pays de Creuse : quand vient la belle saison, la pauvreté les contraint à délaisser femmes et moissons, qu'ils retrouveront aux approches de l'hiver.
    Cet exil, déjà cruel en son principe, est fort dur à vivre - on ne trouve pas toujours à louer ses bras, le travail sur les échafaudages est dangereux, la compétition sévère. Et les voyages ne sont pas sûrs... Il lui faudra pourtant repartir l'année suivante, abandonnant les siens au village, et Marie, la jeune fille dont il est épris. Mais, peu à peu, il se fortifiera l'âme au contact des républicains qui s'opposent à l'empereur, et on le verra, alors, s'engager dans une campagne électorale à hauts risques...
    C'est donc l'histoire d'un homme et d'une famille que nous retrace ce roman chaleureux, chargé d'événements et de péripéties, qui restitue avec une fidélité exemplaire le monde rural du Second Empire et le Paris de Haussmann et de Garnier. Plus encore, il rend vie à tout ce pays creusois auquel notre histoire moderne doit tant et dont le destin difficile se poursuit encore...

  • Annibal a vingt ans.
    Il est beau, vif, audacieux ; il est fait pour l'aventure et les grands espaces. Pas pour l'existence confinée que lui promet ce mariage que l'on s'apprête à célébrer dans son village du plateau de Millevaches. Alors, soudain, repris par ses démons, il rompt avec éclat, clamant que là-bas, dans les Charentes, une " belle Rochelaise " l'attend !
    Et il part avec son ami, Bramefaim, le bon colosse, pour une immense forêt de l'Aunis où ils seront scieurs de long.
    Et c'est là, au terme d'une chasse sauvage, qu'Annibal rencontre son destin. Il aura la beauté et la couleur d'Ester, une jeune esclave antillaise qui fuyait ses maîtres ex-négriers - on est en 1832 et la traite, bien que condamnée, survit encore dans les ports de l'Atlantique. Annibal et Bramefaim sauvent Ester. Dès lors, à travers cent péripéties terribles ou cocasses, leur vie n'est qu'une traque folle à travers le Périgord et le Limousin.
    Jusqu'au jour où, revenus sur le plateau de Millevaches, le village découvre que la " belle Rochelaise " annoncée par Annibal est une négresse ! Scandale ! Et la fuite reprend ; elle ne s'achèvera qu'au-delà des mers, sur la côte d'Afrique d'où était venue Ester...
    Voici un vrai roman d'aventures, écrit avec bonheur, éclatant d'imagination et de générosité, porté par un mouvement irrésistible d'amitié, d'amour et d'espoir.

  • Limoges et la vallée de la Vienne, 1847-1848... Maxime revient de la guerre, après sept ans de misères et d'horreurs dans l'Algérie pacifiée par Bugeaud. Il veut retrouver Julie, sa jeune femme passionnément aimée, jamais revue. Ses parents lui ont dit qu'elle était morte, mais c'est faux : elle s'est enfuie de la ferme familiale, enlevée par un aventurier, chef d'une bande de naveteaux, maîtres redoutés des bois flottés qui dévalent la Vienne vers Limoges. La société brutale des naveteaux, un combat singulier, une jacquerie, les bas-fonds de Limoges, la prison, la révolution de 1848 dans la ville ouvrière que l'on dira bientôt "la Rouge", l'amitié d'un gamin merveilleux, nommé Fendu, frère limousin de Gavroche, mèneront Maxime jusqu'à Julie retrouvée. Un roman d'aventures, la recréation d'une époque passionnée, généreuse et furieuse - quand la révolution naissait de la misère - l'histoire d'un grand amour, tel est Julie de bonne espérance, qui révèle un visage neuf de l'auteur des Moissons délaissées.

  • En avant-première, découvrez les premiers chapitres des titres de la rentrée littéraire de janvier 2015 des éditions Robert Laffont :

    - France Cavalié, Baïnes - Martin Page (Pit Agarmen), Je suis un dragon - Jean-Guy Soumy, La Promesse - Diane Gontier, Souviens-toi que l'amour n'existe pas - Jesús Carrasco, Intempérie

  • Quarante-huit heures d'aventure intense et d'émotion pure.0500La nuit a conquis la montagne. Une faible luminescence demeure, prolongeant les à-pics, avivant les arêtes, creusant les ravins. Pour la première fois depuis le départ de Montfranc, elles ont une chance de se fondre au vide et de s´échapper. Une légèreté les gagne, comme une ivresse. Tout semble de nouveau possible.Soudain, dans un virage à cinq cents mètres, elles devinent la masse sombre de plusieurs voitures en travers de la chaussée. Elles ne disent rien. Elles ont compris.Katia ralentit et s´arrête. Clarisse est blême. Elle n´a plus envie d´exhorter Katia à se rendre. Elle regrette de l´avoir fait.? Ils nous ont suivies..., murmure Katia.Clarisse ne répond pas. Son coeur bat très vite. La plénitude de la nuit leur parvient par les vitres baissées. Devant elles, un déval immense, à perte de vue, des pentes d´estive sans trace d´occupation humaine. Katia se tourne vers Clarisse. Son regard exprime ce genre d´émotion qui précède les adieux.? On s´amuse bien ensemble, pas vrai?? C´est la première fois que je m´amuse autant, répond Clarisse, la gorge nouée.La faible lumière venue du ciel, où pourrissent les étoiles, éclaire le profil de Katia. C´est bien sa marque que d´être resplendissante dans les moments tragiques. En même temps qu´elle le contemple, Clarisse comprend que, quoi qu´il advienne, le souvenir de ce visage ne la quittera jamais. Il accompagnera ses nuits, ses jours et tout le temps qui n´est ni la nuit ni le jour.? On va passer, n´est-ce pas?C´est Clarisse qui a parlé.? Bien sûr...? Ils ne vont pas nous empêcher de rejoindre Medvéditskaïa !? Qui pourrait nous empêcher?Chaque mot leur arrache un lambeau de chair.? Ça ne fait rien, dit Katia. Ils sont tout de même forts.? Parce que nous le sommes, dit Clarisse. Pour une belle chasse, il faut un beau gibier.? Tu peux encore descendre, dit Katia.Clarisse ne répond pas.Katia pose la main sur la crosse de son automatique. Clarisse entend le cran de sûreté qui glisse.? Je voulais te dire...? Que voulais-tu me dire, Clarisse?La voix est grave et tendre comme pourrait l´être celle d´une maîtresse. Clarisse sait que Katia est le seul être sur cette terre qui peut entendre ce qu´elle a à dire, que cet instant ne se reproduira jamais plus. Et l´on aura beau prétendre plus tard que Katia l´a prise en otage et l´a forcée, tous ces mensonges dans le prolongement d´une éducation qui ne lui a enseigné que la méfiance et la haine, elle n´en croira rien.Brusquement, les gyrophares incendient la nuit de leurs étincelles d´arc électrique. Katia fait rugir le moteur comme elle éperonnerait une monture. Elle enclenche la marche arrière et recule. À fond. Les voitures de police démarrent. Katia s´est dégagée de son demi-tour et repart dans un hurlement de moteur et une odeur de gomme brûlée. Dans le rétroviseur, Clarisse voit briller les feux. La meute est à leurs trousses.? Accroche-toi!La voiture bondit dans les virages, toujours aux limites du dérapage. Chaque tournant est une loterie. Le vide les accompagne, prêt à les engloutir. Mais Katia se maintient en équilibre, funambule, négocie avec les lois de la dynamique, tergiverse avec la pesanteur. Conduire ainsi est un don.Moins d´un kilomètre plus loin, à un croisement, elles aperçoivent d´autres gyrophares qui convergent vers elles. La charge, dans l´immensité des pentes désertiques, dégage une puissance hallucinante. Elles n´ont pas le choix et prennent à gauche dans le sens de la montée. Quelques minutes encore, elles gardent l´illusion d´échapper à leurs poursuivants lorsqu´elles découvrent d´autres véhicules barrant la route. C´est fini. De la tristesse s´empare de Clarisse. Tristesse est le mot le plus juste pour désigner ce qu´elle éprouve. Ni violence ni colère. Une infinie tristesse.Au lieu de ralentir, Katia fonce. Elle a passé le bras à la portière et Clarisse voit l´automatique qui brille à son poing. Une gerbe de feu sort de sa main. Le moteur hurle. Des silhouettes dans les phares se jettent par côté. Des tirs retentissent dans la nuit, Clarisse est en

  • Un magnifique roman d'amour dans un Moyen Âge merveilleux et terrifiant.0300 Convoqué par le Saint-Office, Foulques fuit vers la forêt. S´enfonçant de plus en plus profondément dans cette terre des origines, où les miracles de la chrétienté sont étroitement liés aux forces d´un monde d´avant l´humain, Foulques accueille la folie comme l´ultime alliée pour retrouver Mahaut. Plongeant dans des contrées au-delà de l´imaginable, menant contre lui-même une lutte qui le dépasse, Foulques cherche. Mais peut-on défier impunément les lois qui séparent les vivants et les morts ? Peut-on voler à Dieu le destin qu´il a choisi pour vous ? Et l´amour peut-il tout excuser ?

  • 0300 Ben Forester, qui s´appelait autrefois Benjamin Forestier et vivait au pays, est venu redessiner à sa manière le paysage de son enfance. Son projet artistique va bouleverser la vie des villageois...
    En s´appropriant leur espace, en détruisant l´immobilité de leur existence, Ben oblige les habitants à se remettre en question. Mais tous ne sont pas prêts à accepter l´éphémère, à se décomposer pour se recréer, à se dépouiller pour s´enrichir. Il suffit pourtant d´un rien pour que tout bascule. Bouleversée par ces étranges constructions, Elma apprend à revenir à la vie après la mort de son enfant. Estelle, la jeune institutrice, défie les bonnes moeurs pour plonger dans l´amour. Barthélemy, lui, choisit le passé contre le présent, jusqu´à la mort.
    Cetteoeuvre viveimpose avec maestria les délicatesses d´un écrivain aimanté par la terre de ses ancêtres et les exigences inventives du roman contemporain. On en sort ébloui et intrigué.

  • Trois personnages et des loups.0300À un moment dramatique de l´histoire de France, après Waterloo, les émigrés, de retour d´exil, font régner la «Terreur blanche» sur le pays. Face à eux, se dressent dans l´ombre les «carbonari» républicains... Gabriel Beaupérus, lieutenant dans la cavalerie impériale, rentre de cinq ans de captivité en Angleterre. Dépossédé par la famille d´Orgedeuil du château acquis par son père sous la Révolution, il jure de se venger. Mais quand il rencontre Irène d´Orgedeuil, il est subjugué par la beauté et la passion de son ennemie...La belle aristocrate l´entraîne dans de grandes chasses où il apprend l´art de la vénerie, art noble face à des nobles bêtes: il ne s´agit pas de tuer le loup mais de se surpasser en une traque à l´issue toujours douteuse. Jusqu´au jour où, au terme d´une longue poursuite, il voit le grand vieux loup qui leur a échappé sortir des bois: une gamine à l´air sauvage le prend dans ses bras, lui parle et l´emmène. Dès cet instant, le destin de Gabriel bascule. Avec la fantasque et insupportable Charlotte, il découvre le monde secret et merveilleux des loups, qu´ils rejoignent chaque nuit au fond des bois. Un temps d´exaltation, d´allégresse: le sentiment de pénétrer une part du monde refusé aux autres, une entente profonde avec le monde sauvage...Oubliée la terreur ancestrale, le loup est désormais une figure majeure de l´imaginaire contemporain. Il est le héros de cette superbe aventure romanesque.0400Tout d´abord Gabriel ne vit rien. Il réalisa seulement que Charlotte avait lâché sa main. Et puis deux yeux apparurent dans les ténèbres. Deux yeux qui le fixaient, brillants, palpitants, deux trous d´une lumière boréale crevant la nuit. Gabriel soutint ce regard placé à hauteur de son visage dans la pente qui le surplombait, à une distance qu´il était incapable d´évaluer. D´autres yeux verts à reflets ambrés, tous différents, tous porteurs d´une attention impitoyable.- Ne reste pas debout, murmura Charlotte. Mets-toi à genoux.Le chevau-léger obéit. Mais son mouvement fut trop brusque et les yeux fondirent dans l´obscurité. Ou peut-être se confondirent-ils aux étoiles qui perçaient le ciel. Charlotte s´avança de quelques pas. Elle paraissait soudain inquiète. Faisant signe au jeune homme de demeurer immobile, elle se tourna dans la direction où s´étaient évanouis les regards. Gabriel la vit prendre sa respiration. La jeune fille poussa une longue plainte. C´était une modulation qui étreignait le coeur, le ventre, chavirait toutes les certitudes, bousculait tous les ordres. Gabriel sentit les poils de ses bras se dresser. Qu´il en avait entendu, pourtant, des plaintes de cette sorte ! Quelque part là-bas, vers l´est, sans jamais savoir de quelles poitrines un souffle si étrange pouvait monter au coeur des forêts d´Autriche, de Hongrie ou de Russie. Charlotte poussa une seconde fois cette plainte qui ressemblait davantage à un sanglot qu´à un cri. Et les yeux réapparurent.- Ne bouge pas et reste à genoux, commanda-t-elle.Elle s´avança vers les ténèbres où brasillaient les étoiles et leur fit face. Gabriel l´entendit prononcer des paroles dans une langue qu´il ne connaissait pas et qui n´avait certainement jamais existé sur terre qu´en des temps où hommes et animaux avaient encore le pouvoir de se parler. La voix se tut. Gabriel vit avec stupéfaction confluer vers lui trois, puis cinq, et enfin huit loups. Le premier, le chef de meute était une louve, puissante, le corsage roux et gris, d´une souplesse qui renvoyait à une image insaisissable, fruit d´un rêve. La louve se retourna pour vérifier que ses compagnons convergeaient en ordre vers cet homme à genoux. À trois mètres de Gabriel, les loups firent cercle. Deux louvarts en âge d´attraper leur vie, bêtes d´une trentaine de kilos, au corsage qui rappelait celui de la grande louve, montrèrent les dents. Leurs crocs brillèrent, si blancs, si grands, que la main de Gabriel se porta sur le manche du poignard anglais qui ne quittait jamais sa ceinture. Comme s´ils avaient deviné son geste, les autres loups, à l´exception de la gra

  • En 1885, lorsque Marie revient de la Nouvelle-Calédonie où elle a été déportée après l'écrasement de la Commune, le monde a changé. En Creuse, non loin de leurs chaumières natales, Louis, son beau-frère, l'ancien "limousinant" devenu grand entrepreneur à Paris et député, a fait élever un château, témoin de sa réussite. Et c'est là qu'elle arrive, une nuit, avec son fils François. La voici plus exigeante et plus résolue que jamais.
    De son côté, Louis n'a cessé de s'affirmer. Il a mis sa fortune et son influence au service de la Creuse. Le chemin de fer arrive à Bourganeuf, bientôt l'électricité. Il entend donner une vie nouvelle à ce pays qui s'est vidé de ses hommes au profit de la capitale, et qui s'étiole. Il ouvre à Marie les colonnes de son journal, où elle défend la cause des femmes et des humiliés.
    C'est qu'entre Marie et lui court, depuis les origines, un grand amour. Jamais avoué, il vibre pourtant de page en page, secret, retenu, jusqu'à ce qu'il éclate en plein ciel de Paris le jour même de l'inauguration de la tour Eiffel...
    Autour de Marie et Louis, toute une société s'agite et gronde, en cette fin de siècle, temps de scandales et de violences, d'incertitudes et d'espoirs.
    Tout un monde, dont, à traversLes moissons délaisséesetLes fruits de la ville, les héros de Jean-Guy Soumy auront été les artisans passionnés.

  • Ces grands bouleversements ordinaires, Jean-Guy les fait vivre par son héroïne, Anna.
    Anna, vingt ans, est mariée depuis trois ans à Pierre. Après l'enrôlement de son mari, l'existence d'Anna subit plusieursbouleversements. Deux plus particulièrement, et qui touchent à la valeur du corps humain. Enfants gâtés du xxe siècle, nous croyons naïvement que nos corps nous appartiennent. Et c'est ce que croit Anna avant que la guerre ne fasse voler en éclats ses illusions.
    Le premier choc, c'est la première permission de Pierre. Il faut imaginer quels maris les femmes accueillaient dans leur lit : des hommes couverts de vermine, alcooliques, incapables de se rappeler les gestes de l'amour? Anna, horrifiée, découvre que la violence faite aux hommes dans les tranchées a pour contrepoint les violences intimes qu'ils infligent à leurs épouses.
    Le second choc survient quelques mois plus tard. Devenue munitionnette dans une usine d'armement, Anna connaît l'humiliation attachée à la condition ouvrière. L'amour d'un jeune homme la sauve du suicide. Ils deviennent amants. Mais c'est oublier que si le corps des hommes appartient aux tranchées, le corps des femmes appartient à la Nation. En trompant son époux, Anna trompe tous les soldats. Elle est condamnée pour adultère et jetée en prison.
    Elle a tout perdu. Elle est donc libre.
    D'une plume aussi sensible qu'incisive, Jean-Guy Soumy dresse le portrait d'une femme qui, dans sa lutte contre l'aliénation des corps et les discriminations liées à la condition féminine, est d'une profonde modernité.

  • Grace Dempsey, jeune avocate d´affaires new-yorkaise, et son mari Christopher, de passage en France, traversent en voiture les immenses forêts du plateau de Millevaches. Nous sommes le 27 décembre 1999: le soir de la tempête, cette tempête qui secoua la nature et bouleversa des vies... Soudain, dans les phares, le monde tangue. Des explosions formidables, les sapins qui éclatent, la route coupée. La voiture bascule dans un ravin. Christopher est blessé. Au matin, Grace part chercher du secours. Sur ses escarpins fragiles et dans son manteau Gucci à deux mille dollars, elle finit par arriver à une vieille ferme fortifiée. Sur le toit d´une chapelle, un homme cloue une bâche. C´est Thomas, le maître des lieux.Grace et Thomas, coupés du monde, ont quatre jours pour se découvrir. L´Américaine résolue et impérieuse et le hobereau creusois taciturne et secret. Deux grands caractères face à face. Quand, enfin, ils se sont trouvés, les équipes qui travaillent à rétablir la circulation parviennent à la ferme. La route est rouverte. Sur quel destin...?

empty