Jean-Paul Dolle

  • Pierre Goldman traverse en météore les années 60 : philosophe autodidacte, il participe à tous les combats politiques de l'extrême gauche : la liberté de l'Algérie, le Vietnam, l'Amérique du Sud... Antifasciste intraitable, il se bat physiquement contre l'OAS et ses complices au Quartier latin. A l'Union des Etudiants Communistes, il ferraille avec ses camarades Krivine, Debray, Butel, et les ulmiens prochinois Robert Linhart, Benny Levy, contre la direction stalinienne du PC. Hanté par l'épopée de la Résistance, par l'héroïsme de Jean Moulin et des combattants du ghetto de Varsovie, il se sent en dette perpétuelle et ne pense s'en acquitter qu'en devenant à son tour un combattant. Il s'engage dans la guérilla au Venezuela. L'aventure échoue, il se retrouve demi-solde en France. Pour survivre, il commet des hold-ups. Il est alors accusé du meurtre de deux pharmaciennes, boulevard Richard Lenoir. L'affaire Goldman commence. Au terme d'un deuxième procès, il est acquitté. Mais Goldman est assassiné mystérieusement, à 35 ans. Miroir de la génération gauchiste, il en figure l'éclat et la part d'ombre.

  • "Faire la révolution, c'est réaliser le bonheur, faire que chacun puisse dire je". C'est sur cette phrase ardente que s'achève le livre de Jean-Paul Dollé, professeur de sociologie à l'Université de Vincennes et à l'Ecole Nationale des Beaux-Arts.
    Karl Marx a lancé son cri libérateur. Les marxistes ont recueilli, codifié sa parole, ils ont constitué un système clos et contraignant. Ils ont privilégié l'émancipation des masses par rapport à l'épanouissement de l'homme aliéné en sacrifiant ce dernier. Karl Marx a été "châtré" par les marxistes. Jean-Paul Dollé proteste contre cet affadissement. Le désir de Révolution doit être aussi révolution du désir. Les révolutionnaires de doivent pas être des cérédraux refoulés. La Révolution est globale, elle concerne l'homme tout entier, elle sera culturel ou ne sera pas.

  • "L'air de la ville rend libre", disait Hegel. C'était compter sans les avatars de la métropole des temps modernes, la multiplication des banlieues et la prolifération des ghettos où sont parqués tous les exclus du règne de la marchandise. Que faire donc de la ville, que faire dans la ville ? Y déambuler, s'enchanter de ses infinies ouvertures sur le monde, l'aimer pour ce qu'elle recèle de plaisir et d'occasions de se rassembler ? S'y révolter, s'insurger, la brûler même, ou y rêver ? Pourquoi pas ! C'est aussi cela le désir de ville, désirer sa perte ou plutôt, comme Fellini, désirer s'y reposer pour contempler la chute de l'Empire, l'Empire du monde, de ses signes et de ses simulacres. Mais, dans la ville, on peut aussi instaurer la citoyenneté, inventer une nouvelle manière de vivre l'autre, de côtoyer l'étranger, d'énoncer les nouveaux édits et bâtir les contours d'un monde à découvrir. Une nouvelle civilisation, la civilisation urbaine. J.-P.D.

  • "On ne fait pas, peut-être, de bonne littérature avec de bons sentiments. A coup sûr, on fait de la mauvaise philosophie avec du malheur. L'exaltation de la souffrance, comme valeur, n'est pas une éthique ; le masochisme est la jouissance de l'idiot. Et la fadaise post-soixante-huitarde - marxisme-léninisme rénové, freudo-marxisme, bouillie sur les droits à la différence - prouve que le désir révélé par Mai n'a pas encore trouvé sa traduction. Dès lors, il urge d'en finir avec la haine, la névrose collective et l'obsession de la crise : la vraie modernité, c'est la conscience, pour chaque sujet, d'une contradiction entre l'exigence de ne se recommander que de lui-même et le fait qu'il se sache constitué de langage et d'histoire. Assez donc de fascination pour la mort. On peut résister sans croire, entreprendre sans espérer. Penser c'est toujours penser le pas encore pensé, transformer c'est toujours frayer un chemin pas encore ouvert. Cela a été possible, tragique quelquefois, mais c'est toujours possible. Danser maintenant."
    J.-P.D.

  • Le Myope c'est Jean Dartois. Jean Dartois achève son adolescence au moment de la guerre d'Algérie. Il a rencontré dans un bistrot de banlieue Maurice Permanent qui, comme lui, aime bien le vin blanc sec. C'est un maçon communiste qui vend les journaux de son parti avec ses camarades Surfé et Cavignot.
    Toute une partie du roman traite donc de l'engagement politique de ce jeune bourgeois, de ses réactions devant ce qui lui plaît et le repousse dans le Parti.
    Apprenant que la torture se pratique en Algérie, il est scandalisé que les communistes ne s'insurgent pas plus violemment contre cette pratique qu'il considère comme le déshonneur suprême de son pays. Il s'exile. Quand il reviendra il rencontrera Dominique et le roman s'achève par la vie commençante du couple.
    Un tel résumé ne donne pas une idée du ton du livre. Ton, tour à tour réaliste, lyrique et plein d'une naïve tendresse.
    Réaliste quand il nous décrit la vie de ces militants de base qui s'expriment dans une langue populaire très savoureuse. Réaliste quand nous assistons au déjeuner dominical chez le papa Cavignot ou à la vente des journaux devant la bouche de métro, poétique comme une chanson des rues quand il nous peint l'idylle entre Brigitte, la fille des Cavignot, et Jean, idylle qui ne se transformera pas chez ce dernier en véritable amour et qui laissera la jeune fille blessée. Lyrique quand nous voyons s'éveiller dans un coeur pur et honnête comme celui de Jean la souffrance devant la guerre, la torture, les malheurs de l'homme, ou quand, dans un long retour aux sources à travers la plaine picarde, Jean va assister à l'enterrement de son oncle et médite sur le destin des siens.
    D'une profonde et touchante humanité enfin, quand, au terme du roman, Jean et Dominique s'essayent à constituer un couple, à se comprendre et à tenter l'aventureuse épreuve de l'amour.
    Bernard Privat

  • Pierre Dasin, devenu diplomate parce qu'il a cessé de croire à la Révolution, tue le temps dans son bureau de l'ambassade de France à Vienne. Son unique distraction se limite à débattre avec l'étonnant Theo Geist, jésuite et collaborateur du nonce apostolique. Quand surviennent deux événements qui vont bouleverser la vie de Pierre Dasin : l'irruption de Véra Sempère, débarquée à Vienne pour étudier le mouvement culturel des années 20, et la mort soudaine du pape qui fait osciller la vieille Europe en bousculant un statu quo que l'on croyait éternel. Véra, le choix d'un nouveau pape ; le réapprentissage de la vie, la sensation d'être à nouveau partie prenante dans l'Histoire et son temps... Pierre Dasin se trouve plongé dans une aventure qu'il ne peut maîtriser. Véra le met face à l'absurdité de sa vie ; l'actualité le propulse vers la haute et basse politique internationale. Véra Sempère saura-t-elle l'entraîner ailleurs que dans la dérision de l'Histoire présente, pour le convaincre d'inventer, avec elle, une nouvelle éthique de vie ?

  • Du jour où Dionysos s'en est allé, la pensée occidentale est née, perverse et monstrueuse, traînant le monde entier vers son destin : celui du nihilisme achevé. Là se dessinent les cartes sombres, obscures et nostalgiques, de l'exil blanc, loin des contrées du plaisir et de la félicité. C'est en amont de cette errance que fait retour Jean-Paul Dollé, aux sources du déclin où s'origine notre malheur : les grands fantasmes qui hantent la conscience de l'Occident, les mythes régulateurs où s'ancrent la " philosophie allemande ", la " politique française ", l'" économie anglaise ". Voie d'accès au plaisir pourra se lire aussi comme un commentaire rêveur de la formule de Lénine sur les trois sources du marxisme.
    Comme tous les textes prophétiques, ce livre est d'abord archaïque. Son dialogue avec l'origine annonce cette parole singulière que le passé est devant nous, incertain et familier, notre futur probable, non encore advenu. Étrange classicisme, anachronique et subversif, où s'élaborent déjà, dans les hasards de son langage, les concepts fondamentaux de la philosophie de demain. Une pensée affirmative et non plus réactive, qui ne cherche plus à nier, à rompre ou à polémiquer, qui renonce à citer, à commenter, à référer et où se lisent du coup les prémices d'une nouvelle morale et d'une autre politique.

  • La deuxième édition, revue et enrichie, de ce manuel s’adresse à tous ceux qui ont besoin d’apprendre le latin de manière systématique et progressive (étudiants de lettres classiques, de lettres modernes, d’histoire, de philosophie, d’espagnol, d’italien…) et à ceux qui ont envie d’apprendre cette langue par eux-mêmes ou de consolider leurs connaissances.
    Il allie une présentation synthétique de la langue latine, réellement accessible au public d’aujourd’hui, à un éclairage stimulant des multiples aspects de la littérature et de la civilisation latines qui ont nourri notre culture. Une attention particulière est apportée aux genres littéraires fondateurs des littératures modernes : épopée, élégie, histoire, comédie… ainsi qu’à quelques auteurs majeurs de cette littérature. Réalisé par une équipe de cinq latinistes de l’Université Toulouse - Jean Jaurès, cet ouvrage est le fruit d’une
    longue pratique pédagogique, guidée par la passion… mais aussi par le pragmatisme. Les différents chapitres peuvent servir de support à un cours universitaire ou être travaillés de manière autonome. Ils offrent une approche graduée de la grammaire, allant à l’essentiel, assortie d’exercices corrigés, et permettent aux lecteurs de découvrir « la lumière des Lettres latines » (lumen litterarum Latinarum), selon l’expression de Cicéron.

  • Séminaire dirigé par Maria Antonietta Macciocchi, avec la participation de Laura Betti, Christine Buci-Glucksmann, Italo Calvino, Catherine Clément, Roger Dadoun, Jean-Paul Dollé, Alain Finkielkraut, Enrico Groppali, Pierre Mertens, Alberto Moravia, Geoffrey Nowell-Smith, Marcelin Pleynet, Antonio Prete, Anna Rocchi Pullberg, Donald Ranvaud, Peter Schneider, Enzo Siciliano, Philippe Sollers, François Wahl ; précédé de "Esquisse pour une biographie de Pasolini" par M. A. Macciocchi.

empty