Jean-Philippe Martel

  • Chargé de cours en littérature, Vincent Sylvestre rêve d'un ailleurs et de nouvelles perspectives. En attendant une vie meilleure, il s'oublie dans l'alcool, la cocaïne et la violence à la sortie des bars de Sherbrooke. Un soir, pour tenter de se reprendre en mains, il décide sans conviction de se joindre aux Narcomanes Anonymes.

    Là, il rencontre non pas le salut ou la guérison, mais Robert Thompson, un homme qui vit à la lisière du crime et de la frontière américaine. L'amitié improbable qui se développera entre eux entraînera Vincent dans un monde interlope fait de chasse au gros gibier, de virées en pick-up et de danseuses nues. Un ailleurs différent de celui qu'il imaginait, mais un ailleurs qui lui permettra quand même de se regarder en face.

    Sélectionné pour le Prix des libraires 2013, Comme des sentinelles dresse le portrait sans concessions d'un homme au bord de l'abîme, hanté par son passé et ses échecs. Il dessine aussi en filigrane la trajectoire incandescente d'une famille - les Sylvestre - et d'une génération « fin de siècle » que Jean-Philippe Martel déploiera de plus belle dans Chez les Sublimés (Boréal, 2021).

    À travers la figure d'un intellectuel désabusé et sans repères, ce premier roman au ton mordant nous montre que la littérature, si elle n'a rien de salvateur, a au moins le mérite de nous offrir un peu de paix et de lucidité. Et c'est déjà beaucoup.

  • « Le Français sera seul en usage dans l´école ». Cet alexandrin boiteux, article 14 du règlement type des écoles de Jules Ferry, décrétait, sans le dire ouvertement, l´exclusion totale des langues de France, dont l´occitan. Et pourtant, plus d´un siècle plus tard, et après des décennies de revendications, ces langues ont une (toute petite) place dans le système éducatif français. Les articles ici réunis analysent certains épisodes de cette histoire depuis le XIXe siècle. Ils n´affirment pas (avec fureur) que l´école française a persécuté les langues de France, car tous les maîtres n´ont pas été forcément répressifs. Ils n´affirment pas davantage (avec attendrissement) que les hussards de la République, épris de local et amoureux de leur petite patrie, n´ont rien fait contre les langues de France, qui auraient donc décliné toutes seules, car ce n´est pas si simple. Et c´est de la complexité et des contradictions de tout un processus que l´on essayera de rendre compte ici, à partir du cas occitan.

  • Le plus récent numéro de L'Inconvénient se penche sur « L'amitié au temps de Facebook » avec un dossier réunissant des essais d'Éric Dupont, de Jean-Philippe Martel, d'Étienne Savignac et d'Ugo Gilbert Tremblay. Cette édition comprend aussi un extrait du roman à paraître en avril de Nancy Huston et des poèmes inédits de Thomas Mainguy et d'Hélène Dorion. Côté peinture, Marie-Anne Letarte présente l'artiste Louis-Philippe Côté et côté critique, Michel Biron offre une fine analyse du roman L'année la plus longue de Daniel Grenier, Marie-Andrée Lamontagne recense la traduction française de The Infinite Jest de David Foster Wallace et David Dorais se penche sur le roman 2084 de Boualem Sansal. Les chroniques de Serge Bouchard, Geneviève Letarte, Olivier Maillart, Patrick Nicol, Georges Privet et Martin Winckler sont aussi au rendez-vous et, pour clore ce numéro en beauté, Mathieu Bélisle signe un billet amusant intitulé "Désolé pour les inconvénients".

  • Nombreux sont les essais recensés dans cette édition qui interpelleront le lecteur et imposeront une prise de conscience. L'importance de préserver l'indépendance des médias (Ici était Radio-Canada, d'Alain Saulnier ; Vortex, La vérité dans le tourbillon de l'information de Michel Lemay), de penser l'éducation (Réflexions sur l'université : le devoir de vigilance d'Ethel Groffier ; Une histoire philosophique de la pédagogie de Normand Baillargeon) et de revoir l'engagement citoyen (Publics rebelles. Le pouvoir sans précédent du citoyen du monde de Daniel Drache ; L'âge citoyen de Jean Carette) correspondent à des thèmes particulièrement d'actualité. Aussi dans ce numéro, l'ouvrage de Brigitte Haentjens Un regard qui te fracasse. Propos sur le théâtre et la mise en scène, l'essai autobiographique Ma vie rouge Kubrick de Simon Roy et des extraits inédits de la biographie de Richard Foisy consacrée au poète Jean Narrache, à paraître en mai 2015.

  • Après le début du mouvement #Moiaussi (#MeToo), assistons-nous à une deuxième révolution sexuelle ? Peut-être est-ce le cas. La revue L'Inconvénient plonge et pose cette question dans son numéro d'automne où un dossier est consacré à ce que cette prise de conscience et de parole change (ou pas). Précarité du mouvement, plaidoyer pour la nuance des stéréotypes de genre, malaise, les collaborateurs et collaboratrices multiplient les angles d'approche afin d'approfondir la réflexion sur ces enjeux nécessaires. Ensuite, dans la rubrique « Peinture », découvrez le travail de Manuel Mathieu. Puis, David Dorais aborde Entrez dans la danse dans la rubrique « Ces livres dont on dit du bien ». Georges Privet, lui, s'attarde à ce que la série de films The Purge dit de l'évolution de l'Amérique dans la dernière décennie. Enfin, lisez également la deuxième partie de l'essai de Stanley Péan sur le jazz et la condition noire.

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