Jean-Philippe Warren

  • La mémoire des « années 1968 » (1967-1970) évoque, pour l'ensemble du mouvement étudiant québécois, un moment de profonde dérive anarchiste. À en croire les témoignages actuels, il semble que l'on n'ait jamais autant rêvé et déliré que pendant cette décennie où les jeunes découvraient en masse les plaisirs du triptyque « sex, drugs and rock & roll ». Qu'en est-il vraiment ? Que s'est-il passé à la fin des années soixante, entre la disparition des collèges classiques et la crise d'Octobre ? Les années soixante furent-elles si douces et si belles pour les acteurs de cette époque parce qu'ils avaient alors vingt ans, et qu'ils sont portés aujourd'hui à idéaliser le temps passé à l'université ou au collège, ou faut-il les croire quand ils nous parlent d'une décennie où l'on avait le courage de se donner corps et âme à la révolution ? C'est afin de cerner la portée et le sens des utopies véhiculées par la jeunesse de l'époque que Jean-Philippe Warren a entrepris l'analyse des chahuts étudiants dans la deuxième moitié de la décennie soixante. En revenant sur l'histoire turbulente des mouvements les plus radicaux, l'auteur nous oblige à réévaluer la place de ces années mythiques dans la création du Québec contemporain et l'héritage qu'elles nous ont légué.

  • L'histoire des zouaves pontificaux s'inscrit dans une historiographie plurielle du catholicisme, laquelle déborde les cadres nationaux tout en étant sensible aux réalités locales. En plus de placer résolument le catholicisme canadien-français sur un horizon international, cette histoire permet de croiser une variété de problématiques stimulantes venant de l'histoire militaire, politique, sociale, culturelle et religieuse. En revenant sur cette plage largement ignorée de l'histoire du catholicisme canadien-français, les contributions du présent ouvrage collectif s'attachent à des sujets aussi divers que les milices des collègues, les impressions de voyage des zouaves en Bretagne, la diplomatie culturelle des zouaves canadiens, les archives romaines, la découverte de Rome, la fondation du village de Piopolis, la poésie hagiographie et la fondation de l'Association des zouaves de Québec.

  • Nulle discipline n´était mieux faite que la sociologie pour accompagner activement la formation de la société québécoise au cours du XXe siècle, ce siècle de modernisation, de recentrage identitaire et de transformation des modes d´action sur la société.
    Sociologie et valeurs regroupe des textes de sociologues qui se sont penchés, tout au long du siècle, sur le statut épistémologique de leur entreprise commune pour tenter de dépasser une opposition théorique que leur pratique démentait à chaque jour, celle des faits et des valeurs. Cet effort a pris diverses formes : celles d´un plaidoyer pour la vulgarisation de la sociologie, d´une réflexion sur le rôle de l´université dans sa transmission, d´une critique de son usage par les pouvoirs ou encore d´une discussion des mérites de ses différentes approches théoriques. Gilles Gagné et Jean-Philippe Warren font ressortir dans chaque cas le rôle de l´auteur dans l´évolution de la sociologie et la signification de sa pensée dans la société de son temps. Chaque texte clé, reproduit en règle générale dans son intégralité, est accompagné d´une présentation de l´auteur, d´une introduction à son oeuvre, d´un résumé du texte présenté et enfin d´une bibliographie succincte de l´auteur. L´ensemble forme un guide indispensable qui permet de mieux comprendre l´évolution de la pensée sociologique au Québec.
    Textes de : Léon Gérin, Édouard Montpetit, Arthur Robert, Esdras Minville, Georges-Henri Lévesque, Jean-Charles Falardeau, Guy Rocher, Fernand Dumont, Jean-Jaques Simard, Marcel Rioux, Céline Saint-Pierre, Nicole Laurin, Michel Freitag, Marc Renaud.
    Gilles Gagné est sociologue et professeur au Département de sociologie de l´Université Laval. Il a publié des travaux sur l´éducation, l´État et la sociologie politique.
    Jean-Philippe Warren est sociologue et professeur au Département d´anthropologie et de sociologie de l´Université Concordia. Il a publié des travaux de sociologie de la connaissance portant sur l´histoire des idées et des intellectuels au Québec.

  • Le numéro d'hiver de la revue Cap-aux-Diamants « Histoires d'utopies » vous entraine dans un voyage dans le temps, à la découverte de projets utopiques du passé et à ce que ces derniers nous apprennent de l'époque les ayant engendrés. Qu'il s'agisse de représentations de la ville de Québec par des artistes n'y ayant jamais mis les pieds, de l'éden jésuite en Nouvelle-France, en passant par la production de sirop d'érable comme moteur économique, la promotion de la vie suburbaine dans les années 1950-1960 ou encore la construction d'un pont ou l'établissement d'une commune thérapeutique antipsychiatrique, les sujets abordés par Samuel Mercier, Marjolaine Poirier, Mathieu Perron, Jean-Philippe Warren, Dany Fougères, Harold Bérubé et Alexandre Klein sont aussi riches que diversifiés. Parmi les chroniques régulières, la rubrique « Patrimoine » est consacrée à l'éducation à la charité de Clara Symes, duchesse de Bassano et la rubrique « Médailles », à celle du lieutenant-gouverneur Auguste-Réal Angers (1887-1892).

  • Ce numéro de printemps de L'Inconvénient s'ouvre avec un hommage signé Geneviève Letarte à notre Leonard Cohen national, « curieux mélange de diva et de moine bouddhiste ». Les rubriques artistiques sont particulièrement riches : en cinéma, vous retrouverez la somptueuse ode funèbre de Pablo Larraín, Jackie; en littérature québécoise, l'oeuvre de contre-culture malheureusement négligée par l'histoire de Jean Basile; en séries, Black Mirror. Dans un noir et blanc contrasté, un photoreportage de David Himbert nous colle au plus près du peuple cubain en deuil de leur « comandante », Fidel Castro. Quant à Thomas Hellman, il nous offre sa réflexion autour du Prix Nobel de littérature remis, ô stupeur, à une rock star et un poète, Bob Dylan! Le tout entoure un grand dossier consacré à la question brûlante d'actualité du populisme : de l'Amérique latine (entretien avec le professeur de l'UQAM José Del Pozo) à la confrontation médiatique Richard Martineau/Marc-André Cyr, « les derniers mouvements du balancier ont singulièrement rapetissé l'espace du dicible ».

  • Alors qu'un capitalisme toujours plus débridé bouscule les sociétés du monde et précipite la crise écologique et sociale, la notion de progrès qu'il charrie a de quoi laisser perplexe. Ne se limitant plus à l'aspiration - toute humaine - à l'amélioration des conditions de vie, cette notion est plutôt devenue un symptôme du fantasme de la toute-puissance technique et de la maîtrise du vivant. Dans ce contexte, vouloir préserver le monde contre la démesure et la destruction environnementale, faire l'éloge des limites, relève-t-il d'un conservatisme? D'ailleurs, que signifie ce mot dans une perspective de gauche? Dans quelle mesure est-il nécessaire à un réenchantement du monde?

  • S'intéresser à Paul-Émile Borduas, à ses succès comme à ses échecs, à ses espoirs comme à ses doutes, c'est chercher à comprendre le devenir d'une communauté canadienne-française qui tentait, dans les années 40 et 50, de s'approprier une modernité troublante et fugitive. Comme dans ses premiers travaux sur Fernand Dumont ou Gérard Pelletier, la question qui anime Jean-Philippe Warren est celle des origines de la Révolution tranquille. Mais cette fois-ci la démarche est différente, puisqu'il étudie un homme qui a très tôt rompu avec le Canada français de son enfance et a tenté de lui substituer une éthique radicalement autre. Il s'agit donc de cerner les méandres de l'évolution ayant conduit Borduas à adopter une méthode picturale en rupture nette avec l'académisme de son temps, et aussi de dégager de manière globale sa vision de la vie et de la société. En ajoutant une touche nouvelle au portrait déjà esquissé d'un des plus grands artistes et intellectuels canadiens du XXe siècle, ce livre permet de jeter un éclairage neuf sur une période charnière de l'histoire du Québec.

  • On s'imagine d'ordinaire que le Noël qui fait désormais partie de notre culture nord-américaine est de création récente. C'est pourtant dans le dernier quart du XIXe siècle qu'a été progressivement moulé, dans les officines commerciales, le nouvel esprit

  • « Nous serons polémistes à dire les choses telles que nous le concevons : le laïcisme et l´anticléricalisme farouches de la Révolution tranquille voilent l´essentiel, à savoir que celle-ci consacre, pour une large part, une sortie religieuse de la religion. [...] la religion catholique, que l´on perçoit généralement comme un empêchement de la Révolution tranquille, comme ce dont il fallait s´arracher pour se sortir enfin de la grande noirceur et rejoindre les avancées du monde moderne, n´a-t-elle pas joué également ici le rôle d´une force révolutionnaire ? »

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