Joël Augros

  • Les compagnies qui dominent le marché du film en ce début de XXIe siècle perdurent depuis les années 1920. La concentration des recettes au profit de six majors, la mainmise de celles-ci sur l´essentiel de la production, leur présence derrière les grands réseaux de télévision, la domination américaine sur les écrans du monde, tout cela trouve son origine dans le succès d´un mode de production spécifique : le système hollywoodien.  En détaillant l´histoire, des origines à nos jours, de l´industrie cinématographique aux États-Unis, ce livre analyse ses rouages et ses transformations sous la contrainte des innovations techniques, de l´évolution des marchés et des publics, du contexte sociopolitique et de la concurrence des autres médias. De la production à l´exploitation en salles et aux marchés annexes, il retrace les stratégies que les compagnies hollywoodiennes ont élaborées pour conserver leur prééminence dans l´offre de spectacle. Au-delà du cas américain, c´est le fonctionnement économique du cinéma dans son ensemble qui se trouve éclairé. 

  • Le dossier « Les salles de cinéma. Histoire et géographie », dirigé par Claude Forest, dresse un panorama inédit de l'exploitation cinématographique sur quatre continents. Il s'intéresse à la Chine, qui se démarque par son dynamisme inconnu ailleurs, ainsi qu'à l'Inde, dont la production de films est plus souvent évoquée que la diversité de son parc de salles. Ces situations sont à l'opposé de l'état de délabrement qui caractérise à cet égard le continent africain en sa zone francophone, et dont les causes sont précisément retracées. Ces trois parties les plus peuplées de la planète contrastent avec les pays occidentaux, dont les problématiques divergent. Nommons notamment les tentatives de reconquête des publics en Amérique du Nord par le biais d'innovations technologiques ou l'étude d'une ville allemande qui permet de voir comment, à long terme, le parc de salles peut être adapté aux publics. Le rappel de l'existence, en Europe, d'autres formes et lieux de diffusion incite ensuite à interroger le regard qu'a pu poser une revue cinéphile sur les mutations des salles.

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