Bibliothèque russe et slave

  • Anna Karénine semble tout avoir : la beauté, la richesse, une haute position dans la société mondaine, mais sa rencontre avec un jeune officier, le comte Vronski, fait naître en elle une passion à laquelle elle sacrifie tout. Anna Karénine est une histoire d'amour, mais c'est également l'histoire du cheminement moral d'un homme, Lévine, double de Tolstoï qui abandonnera longtemps la fiction après avoir écrit son chef-d'oeuvre.
    Traduction intégrale d'Henri Mongault, 1935.
    EXTRAIT
    Les familles heureuses se ressemblent toutes ; les familles malheureuses sont malheureuses chacune à leur façon. Tout était sens dessus dessous dans la maison Oblonski. Prévenue que son mari entretenait une liaison avec l'ancienne institutrice française de leurs enfants, la princesse s'était refusée net à vivre sous le même toit que lui. Le tragique de cette situation, qui se prolongeait depuis tantôt trois jours, apparaissait dans toute son horreur tant aux époux eux-mêmes qu'aux autres habitants du logis. Tous, depuis les membres de la famille jusqu'aux domestiques, comprenaient que leur vie en commun n'avait plus de raison d'être ; tous se sentaient dorénavant plus étrangers l'un à l'autre que les hôtes fortuits d'une auberge.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Léon Tolstoï, nom francisé de Lev Nikolaïevitch Tolstoï, né le 28 août 1828 à Iasnaïa Poliana et mort le 7 novembre 1910 à Astapovo, en Russie, est un écrivain célèbre surtout pour ses romans et nouvelles qui dépeignent la vie du peuple russe à l'époque des tsars, mais aussi pour ses essais, dans lesquels il prenait position par rapport aux pouvoirs civils et ecclésiastiques et voulait mettre en lumière les grands enjeux de la civilisation.

  • En 1854, Léon Tolstoï s'engagea dans l'armée et participa à la défense de Sébastopol en Crimée contre les troupes françaises et anglaises. De cette expérience militaire il tira trois récits de vie dans une ville assiégée, dans les tranchées sous les bombes, trois réflexions sur l'homme dans la guerre qui esquissent l'accomplissement que sera dix ans plus tard Guerre et Paix.
    Traduction nouvelle et intégrale, avec une étude documentaire et des notes, par Louis Jousserandot, 1933.
    EXTRAIT
    Six mois se sont écoulés depuis qu'a passé en sifflant le premier projectile tiré des bastions de Sébastopol, qu'il a labouré la terre des ouvrages ennemis et, depuis lors, des milliers d'obus, de boulets et de balles n'ont cessé de s'abattre des bastions sur les tranchées et réciproquement et l'ange de la mort n'a cessé d'y planer.
    Des milliers d'êtres ont été froissés dans leur amour-propre, des milliers ont été satisfaits dans leur orgueil, des milliers se sont reposés dans les embrassements de la mort. Combien de cercueils de couleur rose, combien de linceuls de toile ! Et toujours le même fracas retentit  les Français ne cessent de contempler avec un involontaire tremblement et une secrète horreur, par les claires soirées, depuis leur camp, la terre jaunâtre et bouleversée des bastions de la forteresse, les noires silhouettes de nos marins qui s'y agitent  ils comptent les embrasures, d'où sortent les gueules sévères des canons de fonte  depuis la tour du télégraphe, le quartier-maître pilote ne cesse de regarder à la longue-vue les uniformes bigarrés des Français, leurs batteries, leurs tentes, les colonnes en mouvement sur le Mamelon Vert, les fumées qui s'élèvent des tranchées et de toutes les parties du monde, des foules diverses continuent de se hâter avec la même ardeur, animées de désirs plus divers encore, vers ce lieu fatal.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Léon Tolstoï, nom francisé de Lev Nikolaïevitch Tolstoï, né le 28 août 1828 à Iasnaïa Poliana et mort le 7 novembre 1910 à Astapovo, en Russie, est un écrivain célèbre surtout pour ses romans et nouvelles qui dépeignent la vie du peuple russe à l'époque des tsars, mais aussi pour ses essais, dans lesquels il prenait position par rapport aux pouvoirs civils et ecclésiastiques et voulait mettre en lumière les grands enjeux de la civilisation.

  • Écrit en 1904, mais publié de façon posthume en 1911, Le Faux Coupon est une des dernières oeuvres de Léon Tolstoï.
    Deux lycéens, pour payer une dette, commettent un faux. Passant de main en main, celui-ci va semer le malheur mais aussi la rédemption. En montrant l'enchaînement terrible des actes humains et de leurs conséquences, Tolstoï donne à son récit l'intemporalité des paraboles bibliques.
    Traduction et préface de Pierre Skorov, 2009.
    EXTRAIT
    Fiodor Mikhaïlovitch Smokovnikov, président de la Cour des comptes, homme qui tirait une fierté particulière de son incorruptible honnêteté, libéral austère, non seulement libre penseur, mais haïssant toute manifestation dévotieuse qu'il considérait comme un reste de superstition, était rentré de son bureau de fort méchante humeur. Le gouverneur de la province lui avait envoyé une note stupide, et qui pouvait laisser supposer que Fiodor Mikhaïlovitch avait agi malhonnêtement. Fiodor Mikhaïlovitch en fut piqué au plus vif et écrivit aussitôt une réponse énergique et venimeuse.
    À la maison, il paraissait à Fiodor Mikhaïlovitch que chacun cherchait à le contrarier.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Léon Tolstoï, nom francisé de Lev Nikolaïevitch Tolstoï, né le 28 août 1828 à Iasnaïa Poliana et mort le 7 novembre 1910 à Astapovo, en Russie, est un écrivain célèbre surtout pour ses romans et nouvelles qui dépeignent la vie du peuple russe à l'époque des tsars, mais aussi pour ses essais, dans lesquels il prenait position par rapport aux pouvoirs civils et ecclésiastiques et voulait mettre en lumière les grands enjeux de la civilisation.

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