Laurent Bibard

  • La sexualité est accaparée par la dynamique de la mondialisation. Sous couvert d'un triomphe des Droits de l'homme, la mondialisation consacre légalement la lutte de tous contre tous : chacun est en devoir d'y être libre et d'y défendre son droit. De la même façon, nerf apparent de la libération de la sexualité, la mondialisation la menace plutôt, en la lissant sous l'exclusive forme d'une virilité entêtée, universellement répandue. Il est temps de penser et de vivifier la relation des sexes.

  • « Phallocrates rétrogrades » contre « progressistes décadents » : autour des sexualités, les combats font rage. C'est que chacune et chacun argumente à partir de sa chair même, de son expérience unique et intime d'être sexué. Les études de genre, initialement lutte salutaire pour la dignité des femmes, présupposent que le corps n'est qu'un construit. Elles l'éliminent comme donnée minimale de sens, le considérant comme infiniment plastique. Comme si le corps, au fond, n'était « rien » pour l'être humain. Dédaignant d'opposer sexualités biologique, affective et sociale, cet ouvrage veut aller « à la chose même ». Et si féminin et masculin étaient des forces bien plus riches que leur simple expression sensible ? Le masculin et le féminin nous traversent, nous dépassent et font notre humanité. Pour un monde en crise, chercher une harmonie entre ces deux pôles ne serait-il pas l'ultime vecteur de paix ?

  • Laurent Bibard montre dans quelle mesure le terrorisme contemporain découle d'une forme de dévoiement de la manière masculine d'être au monde. Nous voici par là même confrontés aux retours archaïques à la violence de certains hommes envers les femmes. Mais chacune et chacun recèle en soi - jusqu'à nouvel ordre biotechnologique - les deux sexualités du fait même d'avoir été conçu. Tout un chacun contribue donc, d'une manière ou d'une autre, au degré de paix ou de violence qui caractérise les relations humaines. Autrement dit, nous sommes toutes et tous coresponsables de la montée contemporaine de la violence comme de la possibilité de son apaisement, au travers du rapport que nous entretenons avec le masculin et avec le féminin.Une approche originale de la possibilité des extrêmes qui se jouent dans le monde, et sans doute une piste neuve pour la combattre.Laurent Bibard est philosophe et économiste. Il enseigne à l'ESSEC, où il est titulaire de la chaire Edgar Morin de la complexité.

  • Sagesse et féminité ne sont pas réputées faire bon ménage; ce sentiment domine la pensée classique occidentale. Pour que la vie politique soit possible, Léo Strauss pense que la sagesse, traditionnellement réputée masculine, doit composer avec son contraire, le féminin. Alexandre Kojève, quant à lui, pense que la sagesse n'a pas de sexe: les femmes en sont autant capables que les hommes, et la vertu masculine consiste précisément à reconnaître la sagesse féminine.

  • Jacques Brel se plaisait à renier le titre de poète, ne revendiquant pas même le nom d'artiste mais celui d'artisan. Le talent, disait-il, c'est d'avoir envie de faire quelque chose, et travailler et lutter pour. Brel reniait également le fait de penser en philosophe, affirmant qu'il est impoli d'expliquer aux autres comment fonctionne le monde. Pourtant, Brel est à la fois poète et philosophe, et même poète parce que philosophe. Les chansons de Jacques Brel sont une à une et dans leur ensemble une leçon de philosophie...


  • Envisager le monde de l'organisation à l'aune d'une complexité croissante pour relever les défis de demain

    Notre monde se complexifie de jour en jour sur tous les plans - économique, financier ou encore climatique et géopolitique. Cet ouvrage

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