Littérature générale

  • Banderilles

    Laurent Herrou

    « Dans d'autres cirques pareils à celui-ci, il perçoit l'écho de corridas enfiévrées où les corps s'unissent et s'éreintent dans des combats applaudis. »


    « Histoires pédées » est une collection littéraire, érotique et joyeuse du collectif Pou.

    Laurent Herrou vit au bord de la mer avec son mari. Il fréquente les plages de l'Atlantique, s'y attarde parfois, quand le soir vient et les vagues enflent. Il a écrit des livres, qui parlent de sa vie et n'en épargnent aucun détail parce qu'il estime que chaque geste, du plus anodin au plus intime, est une main tendue au lecteur. Pour qu'il s'y cherche, s'y trouve ou s'y perde finalement.


  • C'est quoi ce mec-là ?
    C'est un artiste.
    C'est un écrivain.
    C'est un type qui est en résidence au village du tant au tant. Il a un travail à faire, qu'il ne définit pas encore. Il y a une clause du contrat qui stipule qu'il doit y avoir des échanges avec la municipalité.
    C'était comme un piège.
    J'avais peur de tomber dedans.

    Après avoir écrit son premier livre, un écrivain bénéficie d'une résidence d'auteur dans un village. Deux mondes a priori inconciliables se regardent, s'opposent, tentent de se comprendre. Dans ce récit de l'attente autant que de l'errance, c'est un véritable jeu de miroir qui se met en place, capable de révéler un lieu à soi où un je saura enfin s'articuler. S'écrire.
    Un texte sincère sur les conditions de création artistique et d'invention littéraire.

  • La ville, en tant qu'elle aspire et provoque les nouvelles formes de récit, est forcément une ligne de force dans une tentative comme celle-ci. Et on essayera de l'honorer en permanence, qu'il s'agisse de la ligne de train Paris - St Quentin en Yvelines ou déjà de New York. Et c'est l'héritage du Baudelaire tel que scruté par Walter Benjamin, d'où la présence aussi du Peintre de la vie moderne.
    La ville, ce n'est pas une entité abstraite, ni exotique. Georges Perec, avec Espèces d'Espaces, a bouleversé notre approche : invariance d'échelle, la même complexité pour grand comme un timbre-poste, coin de rue, intérieur bistrot, et les échappées bord de ville, ou les aperçus horizon. Nous avons appris encore, depuis, qu'il ne s'agit pas d'une réalité indépendante du locuteur : c'est en inscrivant notre expérience de la ville, dans son rapport au temps, à l'espace, à l'ensemble des relations tissées avec les figures fugaces, anonymes (Baudelaire encore : Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais) qu'elle surgit du récit, alors qu'elle déborde de toute façon la somme de toutes ces expériences singulières, l'ensemble de ces trajets, l'agitation brownienne de toutes les relations qu'elle crée, à commencer par ces instants qui pour nous se font image. Que tout tient au mouvement, ces cinétiques, que tout tient aussi aux images : ce que nous avons à déconstruire du réel passe par comment, lorsque nous le dressons comme image, il se révèle à nous en dehors de ce que nous projetions sur lui.
    C'est une expérience de cet ordre que je présente ici : confrontation simultanée, jouant de son temps réel, entre un qui fait des images (jeanpierre paringaux) et un qui tient récit (laurent herrou). Et la trace, fixée au jour le jour, nous lègue ces variations d'échelles, ces signes soudain isolés de la masse cinétique. Comment s'approprie-t-on une ville quand, lorsqu'il s'agit de New York, on en a déjà un visage tellement préconstruit que seule la marche, l'attente, la plus légère bascule peut rétablir l'expérience comme neuve ?
    Donc un journal, et si Michel Butor, l'auteur de Mobile, est présent dans le titre (où encore un peu de La Vie mode d'emploi), pas de hasard.
    FB
    laurent herrou
    auteur de deux romans [1], laurent herrou vit et travaille à nice
    il a publié des textes autobiographiques dans diverses revues littéraires et sur internet
    voir en particulier le blogl'emploi du temps avec le photographe jeanpierre paringaux
    il dispose également d'une page sur sur myspace qu'il met à jour régulièrement
    jeanpierre paringaux
    jeanpierre paringaux est né en 1951 avec un trait d'union dont il s'est débarrassé au début du 21ème siècle pour l'exposition en ligne du palais de tokyo, hype
    il se méfiait de l'informatique jusqu'à ce qu'un disque dur défectueux lui donne raison et détruise la totalité de sa base de données photographique : aujourd'hui il sauvegarde son travail et conjugue son emploi du temps en ligne avec l'écrivain laurent herrou
    il travaille en outre avec la chorégraphe emmanuelle pépin à l'élaboration de paysages sonores [2].

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