Louis Cornellier

  • "Avoir des opinions ne suffit pas. Il faut aussi savoir les défendre. Devant les autres, et parfois pour soi-même, à l'heure de faire des choix, de prendre des décisions. L'art de défendre ses opinions, qu'on appelle la rhétorique, concerne presque toutes les facettes de l'existence. Il s'impose comme un exercice essentiel sans lequel on se condamne à n'avoir rien à dire ou à dire n'importe quoi. Défendre ses opinions est un véritable devoir de citoyen, d'humain dirais-je même, dont on ne se prive qu'au prix de sa propre insignifiance. Rendre raison de ses convictions et accepter de les confronter avec le point de vue des autres constituent en effet une marque de notre humanité.
    Ce petit livre ne vise à rien d'autre qu'à fournir aux honnêtes citoyens les outils de base leur permettant de défendre simplement, avec intelligence et efficacité, leur opinion sur divers sujets. Pour ne plus être obligé de taire ses idées ou de les ressasser sans effet par incapacité à les défendre."

  • «La difficulté de la chronique argumentative comme genre littéraire est précisément là, écrit Jean-François Revel : elle doit contenir des preuves et des faits, sans être néanmoins trop pesante ni tourner à la dissertation. Elle doit être d'un ton entraînant et fonctionner un peu comme un tapis roulant : dès que le lecteur a posé le pied sur la première phrase, il doit être transporté sans effort jusqu'à la dernière»

    Louis Cornellier a fait sien cet idéal du journalisme d'opinion. Social-démocrate, souverainiste, attaché à une sensibilité chrétienne de gauche et opposé au relativisme, il fait flèche de presque tout bois, dans ces chroniques publiées dans l'hebdo lanaudois L'Action entre 2007 et 2011, pour inciter ses lecteurs à partager sa vision du monde qui ne laisse aucun champ de côté. Conscient qu'il dispose du privilège de convaincre à partir d'une tribune publique, il écrit « à plus forte raison», dans un style alliant fougue et clarté.

  • Lhistoire du Québec contient-elle des enseignements pour aujourdhui ? Si les historiens sentendent tous sur le principe des «leçons de lhistoire», leur unanimité, toutefois,ne va pas plus loin. Car, en effet, de quelle histoire sagit-il ?Y a-t-il eu Conquête ou Cession en 1760 ? Défaite irrémédiableou simple changement de Régime ? Notre histoire est ellecelle dune survivance piétinante imposée par les événementset nos lâchetés collectives ou celle dune ambivalence stratégique librement assumée ? Celle dune américanitéempêchée ou celle dune tradition canadienne-françaisechoisie ? Que veut donc dire, pour aujourdhui, être fidèle àlhistoire ? La réponse a-t-elle des accents fédéralistes ousouverainistes ? Depuis quelques années, plus que jamais auparavant peut-être,des historiens québécois prennent le risque dune paroleintellectuelle, polémique même, afin de débattre sur la placepublique de ces enjeux fondamentaux pour notre avenir quine saurait se dessiner au mépris de notre passé. Ils font,pourrait-on dire, leurs devoirs dhistoire.Dans cet ouvrage, Louis Cornellier présente et commenteles fruits de leurs travaux et brosse ainsi de brefs portraits,honnêtes mais subjectifs, des historiens québécois de lheure.Il dresse ainsi un état des lieux des débats historiographiquesles plus actuels.Il célèbre avant tout les retrouvailles des historiens québécoisles plus originaux et de la question nationale.«[...] Devoirs d'histoire célèbre donc [...] le travail de nos historiens, et cela, il faut le dire en commençant, avec un esprit vivant et une belle plume.»«En terminant, la leçon d'histoire de Cornellier porte et nous recommandons Devoirs d'histoire à tous ceux qui veulent s'initier à l'historiographie québécoise. Et pour ceux qui ont oublié leurs propres devoirs envers le peuple québécois et la place publique de notre communauté politique, ils devraient aussi le lire, histoire de leur rappeler que personne ne peut se permettre ici ou ailleurs de penser en vase clos. »Dave ANCTIL, L'Action nationale, avril 2003.

  • Modestie à légard du passé qui nexclut pas lesprit critique , mais surtout complicité avec les gens dautrefois, voilà l'attitude adoptée par Louis Cornellier qui, dans sa quête de compréhension, fait la part belle à la sensibilité, à la compassion même, sans pour autant sombrer dans la complaisance.Pour la modestie, cela allait de soi, tant la plupart des personnages qui figurent dans cette galerie de portraits en imposent, dune manière ou dune autre. La complicité, elle, fut parfois plus difficile : comment, en effet, fraterniser, même avec retenue, avec certains personnages quand ce quils représentent se situe à lopposé de nos propres convictions ? Quelles soient néo-françaises, politiques, populaires, cléricales, militantes, littéraires ou intellectuelles, les figures qui suivent sont toutes, à des degrés divers, dignes de notre gratitude. Ils vous attendent déjà, impatiemment.Samuel de Champlain, Dollard des Ormeaux, Marguerite dYouville, Louis Jolliet, Louis-Joseph Papineau, Amury Girod, Adélard Godbout, Maurice Duplessis, Georges-Émile Lapalme, Daniel Johnson, Robert Bourassa, René Lévesque, Jacques Parizeau, Lucien Bouchard, Denis Lazure, Claude Ryan, Bernard Landry, Mary Travers Bolduc, Maurice Richard, Antoine Labelle, Chiniquy, Capitaine-abbé Rosaire Crochetière, Antonio Arsenault, Lionel Groulx, Justine Lacoste-Beaubien, Gustave Francq, Jacques-Victor Morin, Madeleine Parent, Michel Chartrand, Gratien Gélinas, Gabrielle Roy, Yves Thériault, Roger Lemelin, Benjamin Sulte, Olivar Asselin , Victor Barbeau, Jean-Charles Harvey, Marius Barbeau , Jacques Rousseau, Georges-Henri Lévesque, André Laurendeau, Pierre Vallières, Marcel Rioux, André dAllemagne, Fernand Dumont.

  • Souvent combatives - mes convictions souverainistes et sociales-démocrates, de même que mon parti pris pour une culture émancipatrice, et enracinée dans l'histoire, s'y affichent sans réserve -, ces chroniques, plus argumentatives qu'impressionnistes, se veulent des flèches toniques, décochées dans la torpeur qu'engendrent nos égoïsmes satisfaits et nos décrochages citoyens. - Louis Cornellier

  • L'auteur n'a pas toujours été fasciné par les règles de la grammaire et de l'orthographe françaises, dans lesquelles il voyait des outils nécessaires, mais plutôt rébarbatifs en soi. Ce qui l'intéressait, c'était le sens de l'argumentation, de la formule, du récit, bref, le souffle des textes. Et puis, il s'est converti : la langue française valait d'être aimée pour elle-même, non pas en dépit, mais à cause de sa complexité, dont les raffinements permettent de dire le monde dans toute sa subtilité. Cela, il le démontre brillamment dans ce livre d'essais courts, instructifs, souvent politiques et toujours espiègles où il convoque d'éminents linguistes et d'autres amoureux de la langue.

  • « Faudra-t-il toujours lutter pour le français ? » demande L'Inconvénient en couverture de son numéro d'automne. Pris entre l'angoisse financière de la souveraineté et l'insécurité culturelle d'une nation minoritaire dont la présence maintenue au sein de la fédération canadienne ne peut que nourrir l'angoisse identitaire et linguistique, le Québec, en plein dilemme, se cherche, mais ne se trouve pas. La province comme société « divisée, déchirée, entravée par des peurs contradictoires qui ne veulent pas s'effacer » et le rapport à la langue autour duquel se cristallisent et s'incarnent ces peurs, voilà ce qu'explorent les collaborateurs de L'Inconvénient dans le dossier thématique de ce numéro. Lisez aussi la deuxième partie de l'essai « Le délire collectif des déclinistes français » d'Alain Roy, un portrait du peintre Mark Puchala par Marie-Anne Letarte, Stanley Péan qui parle de la saxophoniste jazz Christine Jensen et Sylvain David des « Communautés (ré) imaginées » dans les séries télé Fauda, Bron/Broen et The Fall.

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