Manu Larcenet

  • Le premier tome de "Thérapie de Groupe",  "L'Étoile qui danse" (1), mettait en scène un auteur de bande dessinée en plein désarroi à la recherche de l'inspiration. Dans le second tome de cette trilogie, "Ce qui se conçoit bien" (2), l'auteur, toujours en panne, poursuit sa quête de l'idée du siècle afin de redevenir l'auteur à succès qu'il était.   Après ses échecs répétés il est désormais hébergé par la Clinique des Petits Oiseaux Joyeux (« Clinique Psychiatrique pour fous, gros et demi-gros. »). Il y expérimente la vie en communauté et va donc participer, ou non, aux animations proposées : sport  (« De vous à moi, c'est pas pour critiquer, mais on ne fait pas une équipe de foot potable avec des sociopathes. »), atelier de dessin, rencontre avec le psychiatre (« J'aime bien les psychiatres, ce sont les seuls à écouter sérieusement les fous... », distribution de médicaments («la drogue y est gratuite et en plus - et je n'ai jamais vu ça ailleurs - il y a toujours quelqu'un pour s'assurer qu'on prenne bien toute notre drogue. C'est bien simple, je ne comprends pas pourquoi il n'y a pas plus de monde.»). En décrivant un Manu Larcenet en manque d'idées, l'auteur ouvre des dizaines de pistes qu'il explore avant de les refermer et démontre paradoxalement une imagination débordante. Il continue d'explorer l'histoire de l'Art, fréquente Jérôme Bosch et Brueghel l'Ancien, convoque Boileau et Nietzche à un débat télévisé, dialogue avec Baudelaire et réinvente le western. Le séjour à la clinique porte ses fruits et l'auteur, pas forcément guéri mais apaisé, retrouve sa famille. Une happy end provisoire en quelque sorte : « Aux Petits Oiseaux Joyeux, si on met de côté quelques suicidaires, en général tout se finit bien . » Un album dense d'une originalité absolues. C'est riche, débridé, foisonnant, intelligent, drôle, décalé et désespéré. Mais l'auteur est aussi un artiste et, en revisitant les grands maîtres, il démontre une incroyable virtuosité graphique. Manu Larcenet, le dessinateur, peut tout dessiner, jongler avec les couleurs, le noir ou le sépia, adopter tous les styles ; c'est un créateur torturé et complet.   Les lecteurs familiers de l'auteur ont évidemment déjà lu le premier tome de cette série hors-norme. Pour ceux qui sont en première année de Larcenet, il est recommandé de le découvrir en commençant par lire le sensationnel "Combat Ordinaire", son premier très grand succès.    (1) « Il faut du chaos en soi  pour enfanter une étoile qui danse ».  (Frédéric Nietzche) « Le problème avec le chaos en soi, c'est que c'est pas marrant tous les jours. » (Thérapie de Groupe tome 1) (2) « Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément. » (Nicolas Boileau) « Je découvre que, si je veux trouver les mots pour dire mon chaos, il faudrait que je le conçoive bien. Or par définition si je le concevais bien ce ne serait plus du chaos... » (Thérapie de Groupe, tome 2)  

  • "Thérapie de Groupe" met en scène de façon éblouissante un auteur de bande dessinée à la recherche de l'inspiration. Dans une quête inlassable il parcourt l'univers de la création. Il remonte l'Histoire, fait appel aux plus grands peintres, interpelle Boileau, Nietzsche ou Dieu Lui-même. Faire rimer humour et désarroi n'est pas à la portée de tous les poètes. Avec cet album drôle et émouvant, cultivé et percutant, c'est pourtant l'exploit que réalise l'auteur. Ce voyage aux sources de la création est l'occasion pour le lecteur de constater l'extraordinaire talent graphique de Larcenet et l'ampleur de sa palette. Mais aussi d'entrevoir la douleur d'un artiste se cognant aux murs de l'incompréhension et de la solitude. Au bout du voyage, à chaque fois, l'impasse de la souffrance. Avec une lucidité féroce, l'auteur ne s'épargne jamais et dépeint de façon poignante un artiste à la dérive. Sauf que cet artiste, Manu Larcenet, est aussi le maître de l'autodérision. Et qu'il réussit à rendre chaque dessin, chaque page, chaque échec, aussi hilarants que bouleversants. Face à l'angoisse de la création, sans artifice ni dissimulation, il se met à nu dans une exploration d'une richesse et d'une profondeur rare et d'une vérité souvent déchirante. Et d'une drôlerie surprenante. Dialogues ciselés, mise en scène au cordeau, dessin incroyablement abouti, le dernier avatar d'une oeuvre originale et dense, "Thérapie de Groupe" enchantera évidemment la cohorte des fidèles de Larcenet. Et sera un vrai choc pour ceux qui le découvrent.

  • Un homme seul, obèse et sale, est amené au commissariat. Ce qu'il a fait, pourquoi il est là, nous n'en saurons encore rien. Au cours de l'interrogatoire, confession impudique, il va livrer sa vie et expliquer au lecteur passionné comment il a, un jour, lâché prise, et est parti sur les routes à la recherche du Blast - cet instant magique où tout s'illumine et sa vie devient parfaite. Après Le Combat Ordinaire, le nouveau chef-d'oeuvre de Manu Larcenet est un pavé de 200 pages en noir et blanc d'une époustouflante beauté formelle.

    L'album est proposé ici dans une version numérique aux couleurs sépia inédites qui apportent un nouvel éclairage à l'oeuvre originale.

  • Marco a quitté Vélizy pour la campagne. Il a quitté son psy parce qu'il trouve qu'il va mieux. Il a quitté son boulot de reporter parce qu'il en a marre de photographier "des cadavres exotiques ou des gens en passe de le devenir".

    À part ça, tout va bien. Il a un frère complice (rigolades et gros pétards) qui l'appelle Georges et réciproquement, à cause de John Malkovich qui disait dans Des souris et des hommes : "J'aurai un petit lapin et je l'appellerai Georges, et je le garderai contre mon coeur." Il a des parents au bord de la mer. Un papa tout ratatiné qui oublie le présent mais se rappelle très bien la couleur de la robe de sa mère le jour de son mariage. Une maman qui s'inquiète pour lui, sa constipation, son avenir et le cancer du poumon qu'il va sûrement choper, comme le fils de Mme Bergerin.

    Après une virée affectueuse (et éprouvante) chez les parents, il retrouve le silence de sa petite maison dans la verdure, et son chat (baptisé Adolf en raison d'un caractère "affirmé"), qui se fait charcuter par le gros chien d'un sale con de chasseur. À cette occasion, il rencontre Émilie, vétérinaire de son état, et un chouette petit vieux qui ramasse des mûres. Ça lui fait un amour et un ami. Mais voilà que tout se déglingue : Emilie se met à vouloir des choses angoissantes (partager avec lui une maison et un bébé), et le passé dégoûtant du gentil petit vieux émerge brutalement. Marco craque. Et puis, la cruauté et la connerie achevant de détruire son monde, il touche le fond. Ce qui lui permet de remonter. "J'ai encore pas mal de choses à éclaircir si je ne veux pas être réincarné en plaque d'égout", disait-il en évoquant ses rapports délicats avec les femmes. Il évitera la plaque d'égout : il fera juste ce qu'il faut pour retrouver Émilie.

    "C'est l'histoire d'un photographe fatigué, d'une fille patiente, d'horreurs banales et d'un chat pénible", écrit Larcenet. C'est aussi un scénario parfaitement maîtrisé, drôle - de cette drôlerie complice qui évite l'ironie - et tendre, en totale osmose avec un dessin hypersensible au bonheur et à la détresse. (Sans parler du chat ou d'Emilie, le moindre canapé est craquant.) Le combat ordinaire, histoire légère et bouleversante d'une renaissance, est l'album le plus personnel de Larcenet, et le meilleur - en attendant le suivant.

  • « Je mens... Je suis en feu, je suis gris, lourd, crasseux, mais je suis en feu. » Un homme seul dort dans les bois. Masse inouïe de plus de 150 kilos, il est parti un beau matin, laissant sa vie d'avant, à la recherche du blast, ce court instant de perfection, flash improbable, qui survient parfois, lorsque, oubliant sa graisse, il parvient à voler. Après un premier tome prix des libraires 2010, Manu Larcenet signe un immense roman graphique, noir et âpre, d'un humanisme bouleversant.

    L'album est proposé ici dans une version numérique aux couleurs sépia inédites qui apportent un nouvel éclairage à l'oeuvre originale.

  • 3e tome de Blast, le récit d'une terrifiante descente aux enfers, profondément humaine et touchante, par Manu Larcenet. Dans cet avant-dernier épisode de Blast, Polza Mancini, toujours en garde à vue après la mort d'une jeune femme, déroule ses souvenirs d'errance, sa quête éperdue du « blast » - ces moments magiques qui le transportent ailleurs -, mais aussi ses séjours en hôpital psychiatrique, ses terreurs et ses cauchemars.

    L'album est proposé ici dans une version numérique aux couleurs sépia inédites qui apportent un nouvel éclairage à l'oeuvre originale.

  • Dernier tome du chef-d'oeuvre de Manu Larcenet, réussite artistique exemplaire, Blast ne peut laisser indifférent. De par sa forme d'abord, 4 albums denses, sombres, tragiques, bourrés jusqu'à la gueule d'une humanité débordante et d`une sauvagerie fascinante. Mais aussi par ses qualités graphiques et narratives hors du commun qui en font un ovni éditorial. Ce 4ème tome clôt avec une maestria scénaristique rare, le parcours d'un homme captivant. Une conclusion coup de poing qui vous laissera KO.

  • Qui sont les quantités négligeables ? Certaines photos de Marco, tentatives dérisoires pour dire le monde... Certains hommes, cassés après des années de travail sur les chantiers... Certaines vies banales qui basculent dans des choix discutables... Manu Larcenet ne juge jamais et soulève des interrogations sur la condition humaine avec une intense pudeur. Comme à la lecture du premier tome, on referme le livre bouleversé, la larme à l'oeil avec cette sensation unique d'avoir rencontrer un être humain, un vrai... Prix du meilleur album Angoulême 2004. Le Combat ordinaire est également le deuxième lauréat du prix du public L'Express, Télé Poche, Canal BD et a été salué par une presse unanime : "Le meilleur roman du moment." Voici "Un livre poignant." Le journal du Dimanche "Un petit bijou d'intelligence." Ouest France "Le courage de vivre et de choisir." Le Monde "Larcenet s'affirme." L'Express "Le style de Larcenet attire la sympathie." Lire "Une des valeurs sûres de la BD française." Elle "Une BD essentielle." La libre Belgique Et ce concert de louange n'est que justice. D'autant que ce deuxième tome est peut-être encore meilleur et plus touchant que le premier. Parfois très triste, souvent bouleversant. Les Quantités négligeables parlent des rapports de l'artiste avec son oeuvre, de la montée de l'extrémisme, du rapport aux autres avec énormément de sensibilité et une intelligence rare. Marco poursuit sa route, monte une expo de ses photos dans une galerie chic à Paris, retourne sur les chantiers navals où travaillait son père pour photographier les ouvriers du chantier et ses anciens amis, s'installe avec la jolie vétérinaire et la magie opère toujours, le livre vous saisit et ne vous quitte pas. Rares sont les lectures dont on ressort meilleur...

  • Manu Larcenet s'attaque pour la première fois à une adaptation, celle du chef-d'oeuvre de Philippe Claudel, Le Rapport de Brodeck. Mais lorsque l'auteur de Blast et du Combat ordinaire s'empare du texte, c'est pour le faire sien et lui donner une nouvelle vie, éclatante, sombre et tragique. Des pages d'une beauté stupéfiante, magnifiant la nature sauvage et la confrontant à la petitesse des hommes ; une plongée dans les abîmes servie par un noir et blanc sublime et violent. Un très grand livre.

  • Troisième tome de l'une des plus remarquables oeuvres de la Bande Dessinée contemporaine, Ce qui est précieux voit Marco, confronté au désir de maternité d'Emilie et à la mort de son père.

    À travers de petites choses, de vielles photos et des événements sans importance, Larcenet poursuit ses questionnements sur l'âme humaine avec une tendresse bouleversante, laissant dans le coeur des lecteurs des traces indélébiles. Un livre rare.

  • Le chantier naval ferme, Marco est devenu père, sa mère apprend à vivre seule, un homme meurt dans la campagne, un journaliste craque. À partir de petites choses, de moments rares, de tristesses banales, Manu Larcenet continue de dresser le portrait d'un homme ordinaire, imparfait en lequel chacun d'entre nous reconnaît l'un des siens. Planter des clous, dernier tome du Combat Ordinaire, clos, magnifiquement l'une des plus belles réussites de la bande dessinée contemporaine.

  • Manu Larcenet se confronte à une adaptation, celle du chef-d'oeuvre de Philippe Claudel, Le Rapport de Brodeck. Mais lorsque l'auteur de Blast et du Combat ordinaire s'empare du texte, c'est pour le faire sien, et lui donner une nouvelle vie éclatante, sombre et tragique. Des pages d'une beauté stupéfiante, magnifiant la nature sauvage et la confrontant à la petitesse des hommes, une plongée dans les abîmes, servie par un noir et blanc sublime et violent. Un très grand livre.

    Cette édition numérique comprend un cahier graphique inédit.

  • Confinement en oeuvres

    Manu Larcenet

    Les tableaux de Van Gogh, Warhol, Klee, Matisse, Bonnard, Munch,
    Rubens, Goya, Picasso pour ne citer que ceux-là parmi une
    cinquantaine de peintres sont revisités et commentés par Manu
    Larcenet ! L'auteur ne s'en cache pas, en véritable passionné de
    l'histoire de l'Art, il a retenu cinquante tableaux de grands
    peintres qu'il détourne en y ajoutant une légende imparable. Ces
    oeuvres ont accompagné Manu Larcenet pendant son confinement. Il les
    déconfine dans cet ouvrage dans lequel les peintures détournées se
    succèdent au fil des courants qui ont marqué l'histoire de la
    peinture : impressionnisme, expressionnisme, dadaïsme, surréalisme et
    le pop art. Un voyage dans l'Art accompagné de la malice et l'humour
    de notre star internationale de la bande dessinée.

  • Sigmund Freud en a marre des rombières hystériques. Il décide de tester un continent neuf et d'exercer ses talents sur les garçons vachers. Il débarque donc en Amérique avec son fidèle assistant Igor, qui râle : à Vienne, c'était la gloire et la belle vie, et les voilà dans un pays hostile, plein de scorpions et de tueurs mexicains. Sigmund, ce qui l'inquiète, c'est l'absence de divans. Pendant ce temps, le pauvre clébard Spot subit les pires sévices au pénitencier de Pessimistic Lines, spécialisé dans les chiens errants. Tous les dimanches, le curé leur rappelle pourquoi ils sont dans la mouise : ils n'ont pas d'âme. Donc, Spot veut une âme, qu'il va aller chercher auprès du chaman de Tacomo. Pour ce faire, il s'évade du pénitencier. On ne présente plus Sigmund Freud, mais lui, il se présente : Psychanalyste viennois de renommée mondiale, névroses en tout genre, psychoses en gros et demi-gros. Malgré tout, depuis qu'il questionne les autochtones sur leur enfance et leur maman - généralement violée et assassinée -, le résultat est affligeant. Nous progressons , dit-il néanmoins chaque fois qu'il s'enfonce. Ce qui cloche, c'est l'aspect un peu brutal du vécu de chacun : ce pays ne compte que des victimes et des bourreaux. Les bourreaux sont infréquentables, et les victimes trop résignées pour que la cure porte ses fruits. Mais pas question de rentrer bredouille à Vienne. Sigmund tient à psychanalyser un Américain - même un tout petit ferait l'affaire - et il jure d'essorer à fond le prochain névrosé qu'il croise sur sa route. Le névrosé, c'est Spot, le chien qui veut une âme. Un rêve de psy ! D'après Sigmund, les vieux barbons de l'Académie vont être verts. D'après Igor, ils vont plutôt crever de rire. M'en fous, j'les nique , répond sobrement Sigmund. Le bon, la brute et le divan. Les cheminements alambiqués (et monomaniaques) du psychanalyste parachuté dans un monde sans foi ni loi, voilà un choc intéressant. Par exemple, si les gardiens du pénitencier (des tueurs nés) s'acharnent sur le chien, c'est qu'ils nous font un caprice anal probablement d'ordre traumatique , avance Sigmund. Nous progressons. Pour sa première BD en solitaire chez Dargaud, Larcenet nous offre un western hilarant, une page mal connue (et passablement loufoque) de la vie de Sigmund Freud, et une belle histoire d'amitié entre un homme et un chien.

  • Fake news

    Manu Larcenet

    Alors que l'exposition L'adieu au papier de Manu Larcenet à la
    galerie Barbier & Mathon se termine, quoi de plus normal d'enchaîner
    avec la parution de son nouveau livre FAKE NEWS entièrement réalisé
    sur sa tablette. Après Peu de Gens Savent et Nombreux sont ceux qui
    ignorent, déjà édités chez Les Rêveurs, l'auteur revient à
    l'illustration. La démarche est identique, ce sont les dessins qui
    lui ont inspiré toutes ces FAKE NEWS abordant des dizaines et des
    dizaines de sujets : Disparition, radicalisation, histoire,
    artistique, paranormal, le théâtre, la religion, people, le Cap
    d'Agde... Justement le dessin, parlons-en, entièrement réalisé sur une
    tablette, on vous dit ! Alors franchement, ce n'est pas une merveille
    ? Au final, ce recueil propose pas moins de cent illustrations en
    couleur totalement inédites, somptueuses qui accompagnent des textes
    délicieux et facétieux. Avec FAKE NEWS, Manu Larcenet poursuit son
    art dans la marge de la bande dessinée et montre encore tout son
    talent d'illustrateur et d'écrivain.

  • Après Sigmund Freud, puis Robin des Bois, Manu Larcenet s'attaque à la biographie non officielle de Vincent Van Gogh et à son passage méconnu dans l'armée française lors de la guerre de 14-18. Sublime bouquin constamment ballotté entre le rire et l'horreur, la ligne de front est une hallucinante plongée dans la barbarie guerrière où l'on manque cruellement de tournesol et d'harmonie chromatique. Pour la troisième fois, Larcenet revisite donc la bio d'un personnage célèbre à sa sauce toute personnelle. Ici, on découvre un Vincent Van Gogh usé après une carrière militaire difficile. Sa dernière mission a d'ailleurs été un échec et sa hiérarchie a du inventer cette histoire stupide d'oreille coupée pour le faire disparaître. A présent, il est envoyé sur le front pendant la grande boucherie de 14-18 afin de ramener des peintures du front. Car l'Etat Major est perplexe et ne comprend pas pourquoi certains soldats désertent, refusant la gloire de mourir pour la patrie : Qu'est ce qui peut les effrayer à ce point ? La guerre tout simplement, et Larcenet rejoint un Tardi pour décrire l'horreur des tranchées. Son trait est au sommet, son propos, parfois hilarant, bascule aussi dans le noir le plus sanglant, dans un témoignage magnifique pour donner un livre qui donne à réfléchir, même une fois refermé.

  • On gardait de Robin des Bois un souvenir plus fringant. Celui de Larcenet est un petit machin édenté, atteint de l'affection du sieur Alzheimer. Ce qui fait qu'il oublie régulièrement son programme quotidien - voler aux riches pour donner aux pauvres - et que son fidèle Petit-Jean est obligé de lui défoncer la tronche à coups de gourdin, histoire de le recadrer. Une fois recadré, Robin trouve un riche à dépouiller - en l'occurrence, un touriste à casquette Ricard qui refuse de se laisser racketter par Thierry La Fronde. Bref, suite à une regrettable maladresse, voilà le onzième touriste assassiné en forêt de Rambouillet. À la suite de quoi le sheriff de Nottingham s'énerve et convoque à la rescousse un homme qui connaît la forêt - pas cette forêt-là, avec ses cerfs et ses lapins, mais peu importe : Tarzan soi-même. Assez cacochyme lui aussi, et porté sur la zoophilie, surtout avec les cerfs et les lapins, justement. Ajoutons à ça quelques rencontres pittoresques, comme Kader le sarrazin de banlieue, ou une Lady Marianne un peu cuite - ça fait 42 ans que Robin est censé aller la délivrer après avoir acheté ses clopes - et environ trois vraies rigolades par page. Ce qui nous donne un Larcenet burlesque et une vision irrésistible de la légende, prépubliée dans Fluide Glacial en 2002 et 2003 en noir et blanc, mais c'est beaucoup plus joli en couleur. Précisons que cette aventure est un one shot et que Robin ne reviendra pas, étant donnée sa fin tragique - ce qui lui évite d'ailleurs de concrétiser le plan enthousiasmant de son fidèle Petit-Jean, qui consistait à se marier, se reproduire de nombreuses fois et avoir l'air heureux devant les voisins .

  • Dans un immense cimetière, perdu au bout du monde, un vieil homme attend. Ses seuls liens avec le monde semblent être les rares pneumatiques qu'il reçoit et les vieux disques de Punk Rock qu'il écoute sur un antique gramophone. Et pourtant, un matin, surgit un homme ; il vient de sortir d'une tombe, c'est le soldat inconnu. Bouleversante comédie noire, Crevaisons voit le retour du tandem Larcenet-Casanave dans une farce tragique qui ausculte au scalpel la folie guerrière.

  • Ex-abrupto, 1997-2017

    Manu Larcenet

    Nous ne vous dévoilerons pas le récit de cette fable animalière, dans
    laquelle se croiseront bon nombre d'animaux. Manu Larcenet exprime à
    travers un graphisme inédit et sans texte ses angoisses, sa
    souffrance, sa relation à la perte d'un être très proche.

  • Nic Oumouk, jeune désoeuvré d'une banlieue riante vit avec ces copains une vie paisible, entrecoupée de quelques tentatives de racket, brimades et rap Hardcore. Bref, tout irait pour le mieux s'il n'y avait pas Edukator, le terrible justicier de l'orthographe qui terrorise les graffeurs et autres tageurs. Ceci est une terrible histoire de vengeance et de lutte pour retrouver sa dignité, qui donne à Larcenet l'occasion d'inventer la grande série d'humour et d'aventure du xxie siècle, le Tintin du 9-3. Après le Manu Larcenet intimiste du Combat Ordinaire, le faussement autobiographique du Retour à la Terre, voici la série d'aventures comiques. L'idée en est simple, raconter une vraie aventure classique avec des héros et des méchants mais avec un décalage absurde, l'effet Larcenet. La trame peut s'apparenter à un bon Spirou, Gil Jourdan ou la Ribambelle sauf qu'il s'agit d'un héros actuel sympathique et génialement pathétique et que l'action se situe dans la banlieue nord et que le rap et les tags sont partout. Attention cependant, il s'agit d'une vraie série tout public, destinée aux enfants de 10/12 ans comme aux adultes. Elle est simplement terriblement actuelle et vraiment épatante.

  • Presque

    Manu Larcenet

    Un récit autobiographique à travers lequel Manu Larcenet raconte avec
    rudesse et sincérité une journée charnière de son service militaire.
    Déjà amorcé dans Dallas Cowboy, l'auteur poursuit sans complaisance
    son essai introspectif remettant en cause, page après page, graphisme
    et narration.Réédition augmentée de 12 pages, dans lesquelles
    l'auteur revient pour la première fois sur son livre, édité en 1998.

  • Deuxième tome des aventures de Nic Oumouk, La France a peur est une hilarante farce qui croise les deux obsessions de l'auteur : la banlieue et le terroir. Nic, après avoir tenté de cramer quelques automobiles, se retrouve contraint d'accepter un travail d'intérêt général dans une ferme en pleine cambrousse. Autant dire que le choc sera rude et que le Tintin du 9-3 va avoir quelques réjouissantes difficultés d'adaptation. Mais comme nous sommes dans une véritable BD d'aventure à l'ancienne, Oumouk va aussi devoir lutter contre une terrible menace, bien plus effrayante que le pourtant terrible edukator. Cette nouvelle aventure du Tintin du 9-3 est une perle de haut vol signée de main de Maître par un Larcenet en grande forme.

  • Dallas Cowboy

    Manu Larcenet

    Dallas Cowboys est un récit autobiographique. Il nous propose un
    huit-clos face à l'insomnie, à ce moment étrange entre éveil et
    sommeil, où on est conscient de ne plus l'être. S'ensuit un bilan ou
    plutôt un retour en arrière de l'auteur sur son enfance, ses peurs,
    ses complexes, ses erreurs, enfin, tout ce qui fait une vie.

  • Manu Larcenet poursuit son exploration autobiographique sous la forme
    d'un journal intime découpé en sept chapitres. Son rapport avec le
    dessin, ses doutes, ses limites et le regard de l'autre sont autant
    de thèmes développés sans concession dans « L'Artiste de la famille
    ».

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