Marie Kuhlmann

  • Naissance et origine du mouvement amish, en Alsace, au XVIIe siècle, à travers l'itinéraire romanesque d'Elias Greiber et des siens.




    Dans le canton de Berne en Suisse, Elias Greiber fait partie des anabaptistes mennonites (courant protestant prônant notamment un baptême adulte et volontaire, et respectant à la lettre la parole de l'Evangile) persécutés depuis la Réforme. En 1683, il s'installe à Sainte-Marie-aux-Mines, en Alsace. Là, sur les terres des Ribeaupierre (famille de nobles protestants), règne la tolérance religieuse. Dans leur ferme en louage à Echery, Elias et son épouse Frena travaillent d'arrache-pied et accueillent les naissances d'Hanspeter, Elsy, Noé et Andreas.
    Le mouvement anabaptiste se radicalise sous l'impulsion d'un prédicateur dissident, Jacob Amann, qui veut revenir aux fondamentaux. De nombreux anabaptistes, parmi lesquels Elias deviennent amish (le groupe d'Amann). L'une des nouvelles règles est l'excommunication : celui qui est rejeté de la communauté n'existe plus. Elias connaîtra ce déchirement dans sa propre famille lorsque Hanspeter épousera une protestante.
    Le curé local s'engage dans un combat missionnaire opiniâtre et ses protestations finissent par arriver jusqu'à Versailles. Car, si Louis XIV a accordé la liberté de culte aux protestants alsaciens, luthériens ou calvinistes, les anabaptistes n'en font pas partie. En 1712, ils sont donc une nouvelle fois expulsés et essaiment dans les régions environnantes, ou plus loin. Elias choisit l'exil et l'Amérique, le pays de la liberté, où de nombreux coreligionnaires ont déjà migré, vers la Pennsylvanie...




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  • Près de Paris, de 1906 à 1914, les premiers pas de l'aéronautique, les exploits des pionniers Louis Blériot ou Santos-Dumont, vus à travers les yeux d'Aurélie. Avec eux et auprès de son père qui l'élève seul, la petite fille rêve d'exploits et d'aventures, toujours plus haut...C'est une plaie vive dans le coeur d'Aurélie : le dernier regard de sa mère sur le pas de la porte, valise à la main. A dix ans, la voici seule avec son père, Roland, et les souvenirs chéris de sa grand-mère issue d'une colonie d'Alsaciens installée en banlieue parisienne après 1872. Mécanicien des premières "machines volantes" de l'industriel Nieuport, Roland a été jusqu'alors un père absent, voire indifférent. Soudés dans l'épreuve, avides de rattraper le temps perdu, père et fille s'apprivoisent et tissent un lien de plus en plus fort. Après l'école, Aurélie rejoint les ateliers de Roland ; au fil des ans, elle partage sa passion.
    A ses côtés, elle assiste aux exploits et aventures des pionniers de l'air - Santos-Dumont, Louis Blériot... -, qui, en ce début du XXe siècle, rêvent de voler toujours plus loin, toujours plus haut...

  • Amélie Zürcher a découvert de la potasse sur les terres de sa ferme familiale. En 1910, grâce à la volonté de fer de cette pionnière, le " puits Amélie " est construit, près de Wittelsheim. Son apparition va bouleverser la vie de toute la région. Lucien Mosmann devient mineur après la faillite de sa menuiserie. Par solidarité, sa fille, Blanche, âgée de seize ans, se fait elle aussi embaucher. Tandis qu'elle s'impose rapidement dans les bureaux comme une brillante recrue, Lucien découvre le dur labeur au fond des galeries. Jour après jour, de nouveaux venus le rejoignent. Parmi eux, le frère de Blanche, Roger, et Antoine Friess, un jeune viticulteur dont la jeune fille tombe amoureuse. La mine est prospère mais tout bascule avec la Grande Guerre. Les hommes partent pour le front. A l'heure de l'armistice, rien ne sera plus comme avant. Roger est tombé au Chemin des Dames et Antoine, traumatisé par le souvenir des tranchées, sacrifiera Blanche pour retrouver ses vignes...

  • Une grande saga au coeur d'une Alsace de caractère, dans le monde des forêts, et portée par le désir de revanche de deux jeunes gens liés par une tragédie familiale.« Elle appréciait les torrents où d'une main agile elle savait saisir une truite qui améliorait l'ordinaire, les coins à champignons et à miel sauvage, sources de revenus appréciables quand pour toute richesse on ne possède que sa débrouillardise. Et surtout l'odeur de feuilles, de terre humide, grisante. »En 1713, la vallée de Munster, au coeur de l'Alsace, restée à l'écart des grandes voies de communication, forme un univers clos. Les Mayer sont venus y cacher un terrible drame. Conrad, le père, veuf, devenu schlitteur (celui qui transporte les bois abattus au moyen de la schlitte, sorte de luge), tente de subvenir aux besoins des siens, au péril de sa vie. Le secret de famille empoisonne les relations entre les deux enfants : Willy, ambitieux et sans scrupules, veut devenir marcaire (fabricant de fromage) ; Emma, courageuse et droite, animée par le même esprit de revanche, n'aime que la forêt, en connaît les moindres recoins. Ils mettent tout en oeuvre pour conquérir leur place au soleil. Se déroulent au fil des pages de ce tumultueux roman les destins croisés de Willy, d'Emma, des vies laborieuses, passionnantes, chargées d'événements dramatiques et d'heureux coups de pouce du destin, et surtout portées par la haine réciproque et le désir de vengeance qui les animent?

  • AvecVent de colère, second ouvrage de la sagaCeux de la Grande Vallée, la révolte gronde dans la vallée de Munster.

    « Emma Ritter, la patronne de l´exploitation forestière du Herrenwald, au fond de la Grande Vallée, sourit en pivotant vers son amant et, sous la brûlure avide de son regard, oublia l´avertissement que son ouïe particulièrement aiguisée venait de lui transmettre.
    - Tu as raison. Qui viendrait ici alors que tout le bois flottéà l´automne a été vendu et livré ?
    - Méfie-toi quand même de tes ennemis. » 1723... Dans la ville de Munster, Willy Bresch est devenu un éleveur prospère grâce à son riche mariage ; il ne recule devant aucune bassesse pour assouvir sa soif de vengeance. Emma Ritter, patronne de l´exploitation forestière et propriétaire d´une scierie, lui rend coup pour coup. Leur rivalité divise la communauté villageoise en deux clans. Des temps troublés s´annoncent pour tous.

    Et par-dessus tout, le pouvoir royal menace les libertés ancestrales des habitants de la Grande et de la Petite Vallée. La révolte gronde...

  • En 1816, l´affaire des revenants - des migrants assassinés - agite la police de Strasbourg. Au coeur du mystère, un château, celui du Haut-Barr, qui renfermerait un précieux trésor convoité par un homme sans scrupules...

    «- Tout se déroule comme prévu. J´ai vu des plans, pas d´une maison, des plans en longueur, comme ceux d´une route, ou d´un passage. Ainsi qu´une gravure...
    Les yeux écarquillés, elle désigna ce qui se trouvait juste sur le mur qui lui faisait face.
    - Qu´est-ce ?
    - Le château du Haut-Barr. Il domine la ville.
    Elle eut un moment de flottement. Sans doute en trouvait-on autant dans presque chaque maison.
    - Dites-lui que j´ai vu une gravure du Haut-Barr, non pas accrochée au mur mais posée sur une table, appuyée contre une pile de livres et de documents. » Le commissaire Pernon de Strasbourg envoie plusieurs de ses émissaires, parmi lesquels Florent Schoebel et Nanni, vers Saverne (au pied des Vosges, sur la route de Strasbourg). Disette oblige, en cette année 1816, de nombreux Alsaciens sont candidats à l´émigration pour l´Amérique. Et Pernon s´inquiète de la « disparition soudaine » de certains, rançonnés par les passeurs. Florent mène son enquête tandis que Nanni doit espionner le principal suspect, Ambroise de Laroche-Fontan. Elle acquiert rapidement la certitude de son rôle central dans l´« affaire des revenants »- il a besoin d´argent pour poursuivre discrètement ses recherches autour d´un fabuleux trésor enfoui sous les ruines du Haut-Barr.

    Mais, contre toute attente, Nanni s´éprend de Fontan.

    Grâce à la sagacité de Florent et de ses comparses, passeurs et voleurs sont sous les verrous, Laroche-Fontan est arrêté, «éliminé», laissant Nanni, véritable héroïne du récit, inconsolable...

  • Dans le contexte troublé de 1815, un brillant étudiant résout, seul, une affaire criminelle au sein de la confrérie très concurrentielle des indienneurs (les imprimeurs sur étoffes) alsaciens?« Florent Schoebel se sentait un gamin inexpérimenté, lui qui n'avait guère quitté Strasbourg. Comment M. de Permon pouvait-il confier une mission à un débutant qui n'avait rien vu et ne connaissait rien, des femmes pour commencer ? Il tâta discrètement la pochette en cuir sous sa chemise, à même la peau, comme si Mme Herbig avait pu sans qu'il s'en aperçoive le dépouiller de son bien le plus précieux : ce que lui avait remis le lieutenant de police. Profondément perturbé, il aurait voulu la fuir, tout en ayant hâte de se retrouver à ses côtés. »Florent Schoebel, brillant étudiant au talent avéré d'enquêteur, est envoyé en mission officieuse à Gwebwiller par Permon, lieutenant de police de Strasbourg. Il y rejoint son oncle, le maire de la localité, victime d'une campagne de diffamation. En pleine Terreur blanche (délation contre les partisans de Napoléon), Florent doit faire la « mouche » (l'espion). A Gwebwiller, ville investie par les manufacturiers, un fait divers suscite sa curiosité : une jeune ouvrière est trouvée inanimée devant le baraquement d'un manufacturier en flammes. Accident ou acte criminel ? On découvre un peu plus tard dans la Lauch un cadavre décapité. Des indices révèlent que l'inconnu revenait d'Angleterre - où les techniques d'impression sur étoffes sont très élaborées -, des plans secrets cousus dans son manteau. S'orientant vers la piste des manufacturiers, faisant un lien avec la première affaire, Florent se déguise en ouvrier et enquête, à l'insu de la police officielle. Affaire de moeurs doublée d'une affaire d'espionnage industriel : les notables Brobach, père et fils, se retrouveront sous les verrous. Mission accomplie pour Schoebel !

  • La saga Ceux de la Grande Vallée s'inscrit dans la longue lutte qui, tout au long du XVIIIe siècle, opposa les habitants du Val et de la Ville de Munster au Magistrat et au pouvoir royal, afin de défendre leurs forêts et leurs libertés ancestrales.

  • Trois soeurs liées par la tragédie qui frappe leur région, l'Alsace, en cette année 1870, trois soeurs admirables et attachantes qui font vibrer de leurs élans ce beau roman choral.0500 0300« Dans le silence moite du presbytère, les doigts s´activaient sans relâche. Les esprits galopaient avec davantage de célérité encore. Dorothée, la plus jeune fille du pasteur Muller, ne parvenait pas les endiguer, tandis qu´elle peinait sur un bonnet de nourrisson destiné à l´une des familles nécessiteuses habitant le village. » Eté 1869, à Froeschwiller, Alsace. Elles sont trois soeurs. L´aînée Frédérique, pilier solide de la fratrie est déterminée à vivre sa vie hors d´un presbytère ; Lisbeth, la secrète, qui ne trouve de salut que dans l´écriture ; la benjamine Dorothée, qui, seule, ose défier sa condition de fille de pasteur. Alors qu´un drame familial, la mort de la mère, bouleverse le quotidien tranquille des Muller, une autre tragédie se profile... En 1870, la France déclare la guerre à la Prusse ; l´Alsace est au coeur de ce conflit qui se traduira notamment par de lourdes pertes humaines et par l´annexion. Pour Frédérique, Lisbeth et Dorothée, ce conflit à leur porte est un détonateur. Chacune va prendre en main son destin : Frédérique épousera finalement un jeune vicaire, Lisbeth sera journaliste à Strasbourg tandis que Dorothée deviendra infirmière. La vie continue...

  • Durant la Seconde Guerre mondiale, en dépit de ses amours interdites avec « l´ennemi », Blanche parvient, dans l´ombre, à mener des actes de résistance. Avec en toile de fond les mines de potasse d´Alsace et la tragédie des « malgré-nous ».


    Après Le Puits Amélie, chronique d´un village d´Alsace autour de la première grande mine de potasse, Passeurs d´ombre retrace les actes de résistance de Blanche, une jeune veuve, pendant la Seconde Guerre mondiale, et la tragédie des « malgré-nous ».



    En 1939, Blanche Lecaroux, veuve, dirige les oeuvres sociales des Mines de potasse d´Alsace. Lorsque celles-ci sont occupées par les Allemands, elle doit accueillir Kurt Friedrich, le nouveau patron du puits Amélie. Celui-ci se comporte en occupant autoritaire et cassant. Mais il n´est pas nazi. Veuf lui aussi, il a voulu revoir Blanche, qu´il n´a jamais cessé d´aimer. En dépit de ses amours interdites, et bien qu´elle soit surveillée par la Gestapo, Blanche met sur pied un réseau de passeurs. Mais en toile de fond se trame une autre tragédie. Le Gauleiter Wagner, qui dirige l´Alsace, veut que les Alsaciens se battent dans l´armée allemande. Ceux qui tentent de fuir sont exécutés et des représailles s´exercent sur leurs familles. Beaucoup de « malgré-nous » se retrouvent d´office incorporés dans les Waffen SS...

  • " Nous sommes pacifiques. Mais notre quête de liberté, d'égalité et de fraternité remet en cause la structure même de la société. Aux yeux des nantis, cela équivaut à une déclaration de guerre. " En 1525, l'Alsace est sous la domination autrichienne de l'archiduc Ferdinand et gérée par le grand-bailli de Ribeaupierre. Là, le petit peuple, écrasé de taxes sans cesse croissantes, réclame davantage de justice sociale. Le jeune Wolf Bisel travaille comme greffier à la Régence. Alors qu'il est à la recherche de ses origines, sa route croise celle de Rosa-Blanka. Wolf devine que la jeune femme joue un rôle important dans la rébellion. Une diète (assemblée) doit se tenir à Ensisheim pour voter des impôts qui financeront les moyens de combattre toute velléité de révolte. Les trois états sont représentés : les riches prélats qui ne payent rien, la noblesse désargentée, les villes et baillages qui supportent l'essentiel des contributions. Dans la maison d'un prévôt près de Mulhouse, Wolf reconnaît Rosa-Blanka. Ils ne partagent pas les mêmes valeurs mais s'aiment assez pour respecter les convictions de l'autre, conscients que, tôt ou tard, la réalité les rattrapera dans toute sa cruauté. Un bonheur volé, trop bref. Ils font le serment de " vivre ensemble ou mourir ", qui est aussi la devise des insurgés. La révolte éclate à Pâques, partout en Alsace. La Régence est prise de court par l'ampleur du mouvement. Incapables de maîtriser les soulèvements, les Habsbourg font appel au duc Antoine de Lorraine. C'est un bain de sang qui se prépare...

  • Au XIXe siècle, à l'heure du Reichsland. Chronique de l'exil, au travers du parcours de la jeune Louise Estreicher, qui comme de nombreux Alsaciens doit quitter pour toujours sa terre natale. Mais aussi portrait d'une famille déracinée et révélation d'un secret : celui qui lie Louise à son amie d'enfance.Après la défaite de 1870, l'Alsace devient une " terre d'Empire ", rattachée au Reich. Ceux qui choisissent de garder la nationalité française doivent quitter définitivement leur petite patrie. A Soufflenheim, village de potiers, Louise et Sidonie, amies d'enfance, n'envisagent pas de se séparer. Mais déjà, le frère de Louise, Charles, a suivi un Alsacien, ingénieur mécanicien génial qui a réorganisé toutes les usines d'armement françaises, près de Paris. Puis, Sidonie, demandée en mariage par un Allemand établi à Strasbourg, est aussi sur le départ... Louise trouve alors un stratagème pour s'évader car son père refuserait de la laisser partir. Au bras de Valentin, ami de son frère, elle monte dans le train de la Compagnie de l'Est, avec d'autres candidats à l'exil...
    Commence alors une autre vie, dans la proche banlieue ouest de Paris où les Alsaciens déracinés forment déjà une colonie, plutôt bien acceptés à l'arsenal de Puteaux, mais traités de Boches par la population. La grande famille Estreicher et leurs proches, solidaires en toutes circonstances, se regroupent rue de Seine, entre Suresnes et Puteaux. La vie offrira de nouvelles perspectives, professionnelles et amoureuses, à Louise. Elle percera également un secret familial et comprendra pourquoi son lien avec Sidonie est si fort même après la mort de celle-ci...

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