Martin Paquet

  • Alors que les archives françaises et britanniques ont fait depuis longtemps l'objet de recensions et d'analyses, force est de constater que les archives romaines ont été pour leur part largement négligées par les chercheurs québécois. Pourtant, entre la Rome pontificale et le Québec, les liens ont été nombreux et féconds, et ces liens ont donné lieu à toute une série de correspondances, de rapports, d'images, de directives et de lettres pontificales qui représentent de riches matériaux pour mieux comprendre le développement de la société québécoise depuis les premiers temps de la colonie.
    Ce recueil collectif réunit ainsi des chercheurs venus de plusieurs disciplines (histoire, archivistique, théologie, sociologie) afin, non seulement, de souligner le potentiel des archives elles-mêmes et des ressources qui sont désormais disponibles aux chercheurs, mais aussi de proposer quelques coups de sonde qui permettent de mieux saisir l'inscription du Québec dans une trame ayant eu, pendant longtemps, la Ville Sainte pour un de ses centres. Il espère contribuer à l'édification d'une «histoire connectée», laquelle enseigne que les sociétés occidentales n'ont souvent pas attendu le mot pour participer à la globalisation culturelle et intellectuelle.

  • Commémorer les individus et les événements du passé collectif, participer aux activités d'une société historique, oeuvrer dans le monde de l'édition, visiter les collections patrimoniales d'un musée, constituer sa généalogie, lire et écrire un roman historique, s'adonner à un jeu vidéo ou régler un litige ancien devant les tribunaux : toutes ces pratiques relèvent des usages publics du passé, qui composent un domaine sensible de la vie en commun. Pour qu'ils puissent faire Cité, les membres de toute communauté doivent insérer cette dernière dans le temps. Les membres des francophonies nord-américaines en Acadie, au Québec, en Ontario français, dans les Prairies, en Nouvelle-Angleterre ou ailleurs aux Etats-Unis, ne dépareillent pas en se situant aussi dans le temps. Leurs usages publics du passé cherchent à instituer une société, établir une filiation, énoncer une référence, constituer un imaginaire, régler des conflits. Pour faire communauté, les francophones nord-américains font alors leur temps.

    Faire son temps dans les francophonies nord-américaines regroupe une multitude de pratiques individuelles et communautaires. De ces manifestations offrant une perspective kaléidoscopique, le présent recueil en présente quinze études de cas et témoignages sur des usages spécifiques du passé. Provenant d'horizons disciplinaires variés, de l'histoire à la sociologie en passant par le droit, l'ethnologie, la linguistique, la littérature, l'édition et le jeu vidéo, ces études et témoignages explorent les manières de faire des francophones en Amérique du Nord, dans leur aménagement d'un espace communautaire où le passé, le présent et l'avenir constituent des enjeux cruciaux.

    Avec la collaboration de Gérard Bouchard, Valérie Bouchard, Caroline-Isabelle Caron, Karim Chahine, Marie-Frédérique Desbiens, Serge Dupuis, Pierre Foucher, Sophie Imbeault, Louise Lainesse, Félix LeBlanc-Savoie, Cynthia Marmen, Julien Massicotte, Martin Pâquet, Marie-Pier Picard, Jean-Vincent Roy et Joseph Yvon Thériault.

  • Depuis une vingtaine d'années, le thème des migrations est en vogue dans le milieu muséal, comme en témoigne la création de musées des migrations en Amérique du Nord, en Australie ou en Europe. Cet intérêt est stimulé par un contexte favorable aux migrations et à l'immigration en particulier. Il répond aussi à des enjeux sociaux et politiques contemporains. L'ouverture des frontières, le développement des outils de communication, des transports et des technologies ont favorisé les migrations, poussant certaines sociétés d'accueil à se redéfinir et à chercher des façons d'assurer l'intégration des nouveaux venus. Des nations nées de l'immigration ont pour leur part interrogé l'histoire des migrations, notamment pour construire une mémoire collective qui reconnaisse la pluralité des appartenances à l'origine de la construction du récit national. En tant que lieux de médiation, de conservation et de transmission du patrimoine collectif, les musées d'histoire et de société n'ont pas échappé à cette tendance.



    Ce recueil étudie la façon selon laquelle les musées s'approprient le thème de l'histoire des migrations et le mettent en exposition. Il dresse ainsi l'état actuel de la recherche et, ce faisant, propose une réflexion sur les rapports entre les milieux scientifiques et les lieux de diffusion des connaissances.

  • Le numéro d'hiver de la revue Cap-aux-Diamants « Histoires d'utopies » vous entraine dans un voyage dans le temps, à la découverte de projets utopiques du passé et à ce que ces derniers nous apprennent de l'époque les ayant engendrés. Qu'il s'agisse de représentations de la ville de Québec par des artistes n'y ayant jamais mis les pieds, de l'éden jésuite en Nouvelle-France, en passant par la production de sirop d'érable comme moteur économique, la promotion de la vie suburbaine dans les années 1950-1960 ou encore la construction d'un pont ou l'établissement d'une commune thérapeutique antipsychiatrique, les sujets abordés par Samuel Mercier, Marjolaine Poirier, Mathieu Perron, Jean-Philippe Warren, Dany Fougères, Harold Bérubé et Alexandre Klein sont aussi riches que diversifiés. Parmi les chroniques régulières, la rubrique « Patrimoine » est consacrée à l'éducation à la charité de Clara Symes, duchesse de Bassano et la rubrique « Médailles », à celle du lieutenant-gouverneur Auguste-Réal Angers (1887-1892).

  • Les essais politiques occupent la première partie de ce numéro d'été, en commençant par le livre-choc de Frédéric Bastien, La bataille de Londres, qui lève le voile sur le rapatriement constitutionnel de 1982. Suit Papineau. Erreur sur la personne, ouvrage qui s'applique à rétablir la vérité au sujet de Louis-Joseph Papineau, et, revenant vers notre époque, on découvre les réflexions engagées de Dominique Boisvert, auteur de Rompre! Le cri des indignés ainsi que celles de l'urgentologue Alain Vadeboncoeur dans son livre Privés de soins. La seconde portion de la revue s'articule autour de quelques essais historiques, dont L'apparition du Nord, selon Gérard Mercator, mais offre aussi les comptes-rendus des essais plus personnels de Jean Paré (Le calepin d'Érasme) et d'Yvon Rivard (Aimer, enseigner).

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