Maurice Tardif

  • Cet ouvrage s'intéresse à un enjeu souvent ignoré ou du moins de plus en plus minoré au sein des facultés et départements d'éducation au Québec, mais aussi par le ministère de l'Education : la place et le rôle des sciences sociales (histoire, sociologie, anthropologie, politique, démographie, économie, etc.) et des traditions culturelles, philosophiques et critiques dans les programmes de formation à l'enseignement. La question qui nous préoccupe est la suivante : peut-on en 2015 former des professionnels de l'enseignement en faisant abstraction de ces disciplines et traditions intellectuelles? Cette question mérite d'être justement soulevée, car on assiste au fil des décennies, comme nous le montrerons dans divers chapitres de ce livre, à une réduction systématique de ces disciplines et traditions intellectuelles au profit d'une vision de plus en plus étroitement technique de la formation des futurs enseignants.

  • Dans la plupart des pays, on ressent aujourd'hui le besoin, dans tous les domaines de la vie sociale, de dépasser le cadre national et de prendre en compte l'expérience des autres sociétés. En éducation, ce besoin est patent et, pour tout dire, incontournable, tant il est vrai que les systèmes éducatifs de la plupart des sociétés occidentales connaissent actuellement de puissantes évolutions communes. Partant de ce constat, cet ouvrage propose les contributions d'une vingtaine de chercheurs internationalement reconnus pour l'actualité et la qualité de leurs travaux sur la profession enseignante dans leurs sociétés respectives, soit l'Angleterre, la Belgique, le Brésil, le Canada et le Québec, les Etats-Unis, la France et la Suisse. L'ensemble de ces contributions constitue un apport scientifique et intellectuel de tout premier plan, susceptible d'interpeller les personnes qui s'intéressent à l'évolution récente et à la situation actuelle de la profession enseignante. De plus, pour les lecteurs de langue française, trop souvent négligés à ce chapitre, cet ouvrage constitue un précieux outil de référence internationale pour mieux comprendre les transformations qui affectent aujourd'hui le monde de l'enseignement et son évolution dans un proche avenir.

    ??Avec la contribution de : Stephen E. Anderson, David Boote, Yves Dutercq, Thierry Karsenti, Vincent Lang, Isabel Lelis, Claude Lessard, Christian Maroy, Jolie Mayer-Smith, Robert Moon, Antonio Novoa, Philippe Perrenoud, Thomas S. Popkewitz, Maurice Tardif, Dennis Thiessen, Agnès Van Zanten, Marvin Wideen, Jessamyn Marie O. Yazon.

  • Les enseignants de l'école publique semblent vivre au Québec, depuis pas mal d'années déjà, une phase particulièrement difficile de l'histoire de leur profession : intégration d'élèves en grande difficulté dans les classes ordinaires, pauvreté des enfants, concurrence effrénée avec l'école privée, nombreux jeunes enseignants qui décrochent de la profession après quelques années de pratique, etc. Cette phase difficile est-elle le résultat d'une conjoncture temporaire ou bien découle-t-elle de tendances à long terme, profondément enracinées dans l'histoire sociale et éducative du Québec? Afin de répondre à cette question, ce livre propose une relecture critique des conditions d'exercices du métier d'enseignant depuis le XIXe siècle et plus, des mêmes fils rouges qui ont pour nom précarité, injustice scolaire et affaiblissement de l'école publique. Il offre du même coup une synthèse originale et complète de l'évolution de l'école et du monde des enseignants au sein de la société québécoise, mais conçue dans la perspective d'une meilleure compréhension de la condition enseignante actuelle.

  • Décentralisation des systèmes scolaires, concurrence entre les établissements, nouveaux modes de régulation de l'éducation et nouvelles politiques éducatives, pression pour le travail collectif, professionnalisation de l'enseignement, programmes scolaires basés sur des compétences, multiplication de nouveaux agents scolaires, ouverture de l'école aux parents et aux communautés locales, introduction des technologies de l'information et de la communication (TIC), voilà seulement quelques-uns des principaux changements qu'a subis l'organisation scolaire depuis une trentaine d'années. Quelles répercussions ont-ils sur le personnel scolaire et son travail ? Comment les acteurs scolaires, à commencer par les enseignants, y font-ils face ? Comment sont conçues et négociées aujourd'hui les interactions entre ces acteurs au sein des établissements : collaboration ou conflit, partage ou division ? Partant de ces questions, cet ouvrage décrit, analyse et conceptualise dans trois sociétés, soit la France, le Québec et la Suisse, la situation de l'école contemporaine à la lumière des transformations de l'organisation du travail des acteurs scolaires.

  • Cet ouvrage collectif analyse et compare les réformes de la formation des enseignants, entreprises depuis à peu près une décennie dans divers pays (l'Angleterre, le Brésil, le Canada et le Québec, les États-Unis, la France et la Suisse francophone), sous l'angle de la professionnalisation de l'enseignement et de ses enjeux. Il veut, en même temps, offrir une vision contrastée et critique de ce qui se passe dans chacun de ces pays. L'hypothèse de travail qui sous-tend cet ouvrage est que la professionnalisation de l'enseignement constitue, actuellement, une tendance globale qui traverse les frontières nationales de chacun des pays concernés. Toutefois cette tendance n'est pas uniforme, elle revêt des significations différentes selon les pays ; elle est aussi porteuse de tensions internes, de contradictions peut-être insolubles, tout en étant confrontée à plusieurs obstacles. C'est pourquoi il est nécessaire de l'étudier, non comme le déroulement linéaire et sans heurt d'un nouveau programme d'amélioration de la formation des enseignants qui ferait partout consensus, mais plutôt comme un processus de changement, comportant de multiples aspects économiques, idéologiques, professionnels, éducatifs, et qui se déploie dans plusieurs directions à la fois, avec son assortiment de dérapages, de glissements, de détours... [...] C'est dans cet esprit que les auteurs examinent les différents projets de réforme de la formation des maîtres. Ces diverses analyses permettent d'avoir une vue d'ensemble du processus de professionnalisation de l'enseignement, tout en prenant en compte son enracinement dans le contexte social de chacun des pays concernés. L'ouvrage vise ainsi à dépasser le dilemme du local et du global, en fournissant aux lecteurs des études concrètes permettant de dégager des éléments de comparaison internationale sur cette question qui domine aujourd'hui le champ de l'éducation.

  • Depuis la Seconde Guerre mondiale, les politiques éducatives et la recherche en éducation ont reposé sur la croyance que le personnel enseignant formait la profession centrale du système scolaire. Fondé sur l'étude de tendances internationales lourdes en matière d'organisation et de division du travail éducatif, ce livre montre que cette croyance ne correspond plus à la réalité dans un grand nombre de systèmes éducatifs.
    Le travail enseignant traditionnel est désormais entré en phase de décomposition et de recomposition avec l'essor de nouveaux métiers et professions de l'éducation dont les agents s'accaparent de plus en plus des fonctions et tâches dévolues jadis aux enseignants réguliers : soutien affectif aux élèves, surveillance et contrôle, socialisation aux normes scolaires, intégration sociale, aide à l'apprentissage... Cette phase se caractérise par l'introduction dans l'école publique d'une nouvelle division du travail éducatif entre diverses catégories d'agents enseignants et non enseignants. Parmi ces derniers, ce livre met en évidence et analyse la croissance exponentielle depuis les années 1960 de nouveaux groupes de techniciens de la pédagogie qui s'approprient progressivement des territoires de travail habituellement réservés aux enseignants.
    Cette nouvelle division du travail éducatif, tout en remettant en cause la centralité de la profession enseignante, amène en dernier ressort à réfléchir à la manière différenciée dont l'école contemporaine traite les élèves à travers l'organisation du travail éducatif et la division des métiers et professions de l'éducation qu'elle met en place pour les instruire et les socialiser.

  • En Amérique du Nord et en Europe, c'est à partir de la fin des années 1980 que la vogue des compétences envahit le monde scolaire, les programmes d'enseignement, l'activité enseignante et, dans la même foulée, tout le domaine des formations aux professions de l'enseignement. A partir de là, les anciens programmes scolaires organisés par objectifs et par contenus de connaissances sont retraduits en programmes par compétences. La formation des enseignants subit la même opération de traduction et les anciens programmes se voient désormais fondés sur des référentiels de compétences. D'où vient cette vogue et qu'est-ce qui explique l'apparent engouement à l'endroit des compétences sur le plan tant des politiques que des réformes éducatives ? Comment les caractériser par rapport aux conceptions plus anciennes de la formation scolaire et du personnel enseignant ? En quoi modifient-elles les enjeux liés à la formation, à l'évaluation ainsi qu'à la qualification du personnel enseignant ? Quel sort est réservé aux connaissances issues de la recherche sur l'enseignement, mais aussi aux traditions scientifiques et critiques issues des sciences sociales et humaines, lorsqu'elles passent à la moulinette des compétences ? Pour traiter de ces questions, cet ouvrage réunit certains des meilleurs chercheurs et spécialistes des compétences en formation des enseignants en France, en Suisse, en Belgique et au Québec. Il présente une synthèse des réflexions et des travaux les plus récents au sein de la Francophonie concernant la formation des " enseignants compétents ".

  • Que signifie travailler comme enseignant aujourd'hui ? Comment ce travail est-il vécu de l'intérieur par ceux et celles qui l'accomplissent ? En quoi les dispositifs de l'organisation scolaire (division du travail, classes fermées, isolement des enseignants, bureaucratie, etc.) affectent-ils l'activité enseignante ? En admettant que tout travail possède des outils et une technologie, quels sont-ils pour l'enseignement ? Existe-t-il des savoirs propres à ce métier ?

    Telles sont quelques-unes des questions auxquelles les auteurs ont voulu répondre, en allant mener directement leur enquête dans les établissements scolaires, pour mieux comprendre le travail des enseignants en classe, leurs rapports aux élèves, leurs relations aux pairs et aux autres acteurs de la quotidienneté, les spécialistes, les directions locales, les parents, etc.

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