Mikhaïl Boulgakov

  • Moscou, années 1930, le stalinisme est tout puissant, l'austérité ronge la vie et les âmes, les artistes sont devenus serviles et l'athéisme est proclamé par l'État. C'est dans ce contexte que le diable décide d'apparaître et de semer la pagaille bouleversant les notions de bien, de mal, de vrai, de faux, jusqu'à rendre fou ceux qu'il croise.
    Chef-d'oeuvre de la littérature russe, livre culte à travers le monde, Le Maître et Marguerite dénonce dans un rire féroce les pouvoirs autoritaires, les veules qui s'en accommodent, les artistes complaisants, l'absence imbécile de doute.
    André Markowicz, qui en retraduisant les oeuvres de Fiodor Dostoïevski leur a rendu toute leur force, s'attaque à un monument littéraire et nous restitue sa cruauté première, son souffle romanesque, son universalité.

  • Quand Mikhaïl Boulgakov publie Coeur de chien en 1925, la Russie soviétique bénéficie d'une relative liberté créatrice avant la nuit noire du stalinisme qui s'annonce. En d'autres temps le sujet de son roman lui aurait valu quelques années de goulag. Que l'on en juge ! Un professeur greffe sur un chien ramassé dans les rues de Moscou l'hypophyse d'un individu qui vient de mourir. L'animal se métamorphose alors en un petit homme ivrogne, grossier et méchant : le donneur était un voyou alcoolique et sans scrupule. Et voilà le professeur harcelé et poursuivi par des comités étatiques et prolétariens en tout genre, guidés et fanatisés par le chien devenu homme. Et pire, homme de parti ! Comme toujours chez Boulgakov, l'irrationnel, la dérision et la folie rejoignent une réalité cauchemardesque. L'écrivain demeure le plus grand et le plus lucide des chroniqueurs satiriques de cette époque totalitaire et tragique. Traduction nouvelle de Vladimir Volkoff.

  • Morphine

    Mikhaïl Boulgakov

    "Le 17 janvier.
    Tempête, pas de consultation. Ai lu pendant mes heures d'abstinence un manuel de psychiatrie, il m'a produit une impression terrifiante. Je suis fichu, plus d'espoir.
    J'ai peur du moindre bruit, je hais tout le monde quand je suis en phase d'abstinence. Les gens me font peur. En phase d'euphorie, je les aime tous, mais je préfère la solitude."

    Le journal halluciné d'une descente aux enfers, dans les affres du manque, aux limites de la folie, par l'auteur du Maître et Marguerite.

  • Mikhaïl Boulgakov, l'auteur du "Maître et Marguerite" et "Un coeur de chien" a toujours été fasciné par la figure du diable, lequel, plus qu'un calomniateur, est un véritable accusateur, un farceur qui fait voler en éclats le glacis soviétique. Il y a des époques où tout se paye. Plus aucun de ses textes ne fut publié après 1928. Il mourut en 1940, oublié de ses contemporains, émigrant de l'intérieur.

  • - Vous êtes le degré zéro de l'évolution ! trancha Filipp Filippovitch. Une créature en formation, à l'intellect sous-développé, aux comportements bestiaux ! Et, avec une odieuse impertinence, vous prétendez donner à des universitaires des leçons d'ordre cosmique, d'une bêtise encore plus cosmique, sur le partage ! Alors que vous en êtes encore à manger du dentifrice !
    - Et ce pas plus tard qu'avant-hier, précisa Bormenthal.

    Coeur de chien est l'un des six romans laissés par Mikhaïl Boulgakov (1891-1940). Farce anticommuniste virulente teintée de fantastique, le texte valut à son auteur de sérieux ennuis avec la censure, et ne parut en U.R.S.S. que plusieurs décennies après sa mort.

  • Kiev, décembre 1918. Sur fond de guerre civile russe, Boulgakov raconte la fin de l'Ukraine tsariste à travers la destinée de la famille Tourbine, inspirée de sa propre famille. Si la mort sévit partout, chez les Tourbine, autour de la table familiale où éclatent la blancheur de la nappe et le chatoiement de la porcelaine, le temps est suspendu. Jusqu'à ce que les troupes ukrainiennes, dirigées par Simon Petlioura, déferlent sur Kiev. Plongés dans la tourmente, tous les hommes de la famille rejoignent alors la Garde blanche pour arrêter l'avancée des bolcheviks... Écrit en 1923-1924, ce premier grand roman de l'auteur du Maître et Marguerite était, disait-on, le livre préféré de Staline car il montrait, mieux que tout autre, le bouleversement apporté par le communisme à la Russie. Ce livre où Boulgakov a mis toute sa nostalgie lui aurait, non sans paradoxe, sauvé la vie. " Grande - grande et terrible - fut cette année-là, mil neuf cent dix-huitième depuis la naissance du Christ, et seconde depuis le début de la Révolution. " Mikhaïl Boulgakov

  • Boule, un chien errant des rues de Moscou, est recueilli par l'éminent professeur Preobrajenski qui l'emmène à son domicile. Le pauvre animal ne se doute pas que le scientifique, privé de son laboratoire en ces temps troublés qui suivent la Révolution de 1917, entend bien poursuivre chez lui ses expériences...
    Interdit par le censure dès son écriture en 1925, ayant circulé « sous le manteau » pendant des décennies jusqu'à sa publication en Occident à la fin des années 1960, Coeur de chien est sous le couvert du fantastique une féroce et hilarante satire du nouvel ordre soviétique et de l'« Homme nouveau ».
    Parue en 1990 à Moscou et jamais rééditée, cette traduction d'Alexandre Karvovski rend à ce texte incomparable devenu un classique des classiques en Russie son irrésistible drôlerie.

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