Nabile Farès

  • Si le premier livre, "Le champ des Oliviers", déployait le territoire d'une inscription concernant aussi bien l'histoire que la guerre d'Algérie, "Mémoire de l'Absent" restitue par et dans le langage la cassure mentale et sociologique d'un monde en pleine destruction.



    Récit de la vie d'Abdenouar, de ses rapports avec les membres de sa famille ou d'un lycée d'Alger ; mythe touchant aux origines de la constitution arabo-berbère du Maghreb, ce deuxième livre, par l'intermédiaire des personnages de Jidda - la Vieille - et du Récitant, enracine ses pages et son propos dans les plus lointaines données de la mémoire collective. Telle est l'importance du récit de la mort de Kahéna, prise, comme celle d'Abdenouar, dans l'étendue du langage de l'Outre, métaphore par laquelle sont signifiés le passage, l'abondance, et l'écoulement de la vie.



    Selon une lecture attentive, "Mémoire de l'Absent" est bien le deuxième livre de cette découverte du Nouveau Monde.



    Nabile Farès Né à Collo (Algérie) en 1940. Après avoir vécu en Espagne et en France, il enseigne actuellement à l'université d'Alger.

  • "Exil de la pierre en ce monde. Où l'homme tue. Faisant voler la pierre, ou l'argile, là, au-dessus de nous, pour dire : Aucun lieu en ce monde... Aucun lieu... Que cette déflagration meurtrière de votre terre... Oui. Une peine à vivre. Qu'une folie à circonscrire... Qu'une mort à accomplir... Aucun lieu en ce monde... Votre pas et votre désir désaccouplés... Notre règne parmi les pierres, les herbes, et vos champs. Aucun lieu. Il n'existe aucun lieu en ce Monde." Telle est l'Inscription de ce livre où s'affrontent, en une jalousie "sauvage", Vie et Mort, Amour et Haine, comme Mythe ou Meurtre au-dessus du Monde. Ouverture des deux premiers livres "Yahia, pas de chance" et "Un passager de l'occident", à une parole de l'Amin, le Vieux Maître, celui qui commandait, au village d'en-Haut, la Migration de la guerre. Aucun Folklorisme : deux parties : dont la première, voilant le nom, "L'Ogresse au nom obscur", énonce une sorte de jouissance-dévoration des territoires culturels, depuis les paroles du Vieux Monde aux "consécrations" religieuses ou, plus directement, littéraires; la seconde "Les Grives au nom diurne" accentue le heurt des deux Mondes - Ancien/Nouveau - celui provoqué par la Révolution industrielle et les conquêtes impérialistes, en différents points, lieux, du Pays - Algérie - où dès 1850, puis un siècle plus tard (1954), s'affirmait l'Indépendance "autrement". La découverte du Nouveau Monde est l'incision contemporaine : Le "champ des Oliviers" est l'espace qui brûle autant soi, la terre, que le livre." Nabile Farès

  • Il existe de nombreux textes sur les littératures orales maghrébines de langue arabe et de lague berbère, mais il en est peu qui, dans le mouvement, les interrogations provoquées par les disciplines de l'ethnologie, la sociologie, l'anthropologie culturelle, s'efforcent d'intégrer les attitudes méthodologiques nées de la psychanalyse et de la poétique contemporaine dans l'étude du conte populaire et de la littérature maghrébine de langue française. Au-delà d'une forme que l'écrivain moderne emprunterait à une ancienneté orale de la culture, il s'agit bien, grâce à cette persistance et existence du récit-conte oral, d'une redécouverte de cette forme matricielle de la parole qu'est le conte à l'expression écrite de la littérature. A partir du thème légendaire de "l'ogresse", nabile Farès dégage cette originalité, singularité du conte d'expression orale, analyse la séparation temporelle et anthropologique du mythe et du conte, et leur co-présence contemproaine dans le roman. Analyse des formes poétiques, en leurs variations symboliques, merveilleuses ou fantastiques, analyse du fait culturel à partir d'une attitude définie par l'apport freudien à la culture, tel est le mérite de cet ouvrage. Nabile Farès est écrivain, homme de théâtre et psychanalyste. Il enseigne à l'université de Grenoble III et anime un séminaire de recherches et d'études à Angers, à l'Institut de psychologie sociale appliquée (Ipsa) : Psychanalyse et anthropologie.

  • « L'ARBRE est parcouru de mots, phrases, idées qui expriment des équivalences entre la volonté de vivre ou de mourir. L'arbre ? Comment pourrait-il être détruit ou dénoncé dans l'Exil du Pouvoir et des choses ? Je te raconterai son histoire pour que tes lèvres ne tremblent plus et que tu saches répondre aux questions qui envahiront ce Monde... »

  • Qui sait le chant du rossignol ? Celui de l'alouette ? Celui des cigales ? Qui se souvient de la douceur du lait, de l'amande ? Qui altéré de soleil, désaltéré d'étoiles ?... L'enfant bercé de légendes, l'homme à peine éveillé à l'amour, à l'envie de vivre : Yahia. « Yahia, pas de chance » est le récit d'une « éducation sentimentale » en France, menée à la fois en marge et dans la révolution algérienne. Tout le livre ressaisit l'angoisse de la guerre, la perte des vies, et oncle Saddek, Yahia, Claudine, Jean-Paul portent cette quête d'une réalité - dont le langage, parfois incantatoire, s'efforce de découvrir et de rendre la trace présente.

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