Nicolas Restif De La Bretonne

  • Seul un singe qui aurait appris à parler et côtoierait les hommes pourrait dire toute la folie humaine. C'est la fiction qu'imagine Restif de la Bretonne (1734-1806) dans la Lettre d´un singe aux animaux de son espèce. César-singe, animal domestique qui a reçu une éducation classique auprès de sa maîtresse, entend consoler les bêtes des malheurs que leur causent les humains en décrivant leurs pratiques barbares : ceux qui se présentent comme les rois de la nature sont en fait bien plus à plaindre, puisqu´ils s'asservissent entre eux et sont les premières victimes de leurs funestes inventions : la monogamie, la propriété, l´hypocrisie de la politesse et, surtout, l´inégalité et l´esclavage. Un pamphlet très vigoureux, étonnamment contemporain.

  • Paris, 1781. Pour se prémunir « des grandes et des petites peines du mariage », vingt couples décident de s'associer. Répartition des tâches, des biens et des conjoints : la petite communauté prend ses marques... Dans ce portrait des ancêtres des hippies, Rétif de La Bretonne dépeint avec humour les aléas du mariage. Ce texte insolite est suivi d'un très instructif Tableau analytique du cocuage, par Charles Fourier, et d'une nouvelle aigre-douce de Zola : Comment on se marie.
    Hippies, cocus et comptables, chacun trouve son compte dans une savoureuse galerie de portraits. Impertinente, pessimiste - ou peut-être cruellement réaliste ? -, voici une décoiffante exploration du couple.

  • Cupidonnet pratique le sexe joyeux, le sadisme lui étant étranger.








    UN JOUR DE VIERGE, Marie était parée, chaussée avec ce goût particulier aux jolies femmes, et un superbe bouquet ombrageait ses blancs tétons. Elle me fit bander. J´avais quatorze ans ; j´avais déjà foutu et engrossé trois femmes, car Mammellasse avait une fille, qu´elle se vantait que je lui avais faite, et qui ressemblait comme deux gouttes d´eau à Jenovefette Linguet. Ainsi, je n´eus pas des désirs vagues...






    Restif de la Bretonne convoque la paillardise, pratique le sexe littéraire joyeux destiné à rallumer les passions éteintes, la libido déliquescente, sans verser dans la cruauté. C´est le chantre de la volupté heureuse et débridée, ô combien! - l´apôtre de la luxure rieuse, débarrassée du poids du péché. Un adversaire résolue de Sade.


    Préface de Franq Dilo.

  • L'Anti-Justine, ou les Délices de l'amour est un roman libertin de Nicolas Edme Restif de La Bretonne, paru en 1798. Restif a cherché à être l'anti-Sade, comme il l'annonce dans la préface : « Personne n'a été plus indigné que moi des sales ouvrages de l'infâme Dsds [Sade] ; c´est-à-dire, de Justine, Aline, le Boudoir, la Théorie du Libertinage, que je lis dans ma prison. Ce scélérat ne présente les délices de l´amour, pour les hommes, qu´accompagnées de tourments, de la mort même, pour les femmes. Mon but est de faire un livre plus savoureux que les siens, et que les épouses pourront faire lire à leurs maris, pour en être mieux servies ; un livre où les sens parleront au coeur ; où le libertinage n´ait rien de cruel pour le sexe des Grâces, et lui rende plutôt la vie, que de lui causer la mort ; où l´amour ramené à la nature, exempt de scrupules et de préjugés, ne présente que des images riantes et voluptueuses. » Il a voulu faire un « Erotikon », propre à rallumer les passions éteintes, sans verser dans la cruauté du marquis de Sade : « Pour remplacer la Justine et faire préférer L´Anti-Justine, il faut que celle-ci surpasse l'autre en volupté autant qu'elle lui cède en cruauté... » Le livre se présente comme de la main de Jean-Pierre Linguet, avocat au Parlement, entreprenant de raconter sa vie, son initiation et ses souvenirs. L´Anti-Justine, tel qu'il a été édité, est inachevé, mais le manuscrit original devait avoir une longueur double ou triple de ce que nous connaissons aujourd'hui. En effet, Restif commença l'impression du roman en mars-avril 1798, mais fut nommé sous-chef de bureau dans les services de la police vers mai de cette année, ce qui l'incita très certainement à la prudence. Il semble ainsi que seuls quatre exemplaires (conservés à la Bibliothèque nationale de France, le plus complet s'achevant en milieu de phrase, au début d'une seconde partie alors que sept ou huit sont annoncées) aient jamais été imprimés, rien n'indique qu'il y en eut d'autres. L'oeuvre, tombée dans l'oubli, ne refit véritablement surface que dans les années 1860. Il est à noter que, si Restif abhorrait Sade, Sade détestait de même Restif ; ainsi, le marquis écrivait à sa femme, en 1783, alors qu'il était incarcéré à Vincennes : « Surtout n'achetez rien de ce Restif, au nom de Dieu ! C'est un auteur de Pont-Neuf et de Bibliothèque bleue, dont il est inouï que vous ayez imaginé de m'envoyer quelque chose. »

  • Un récit étonnant, publié en 1798, qui constitue l'un des chefs-d'oeuvre de la littérature érotique française.
    Enthousiaste et voluptueux, « délirant et d'une obscénité inouïe » selon Apollinaire, ce roman raconte les aventures érotiques imaginaires de l'auteur et de sa fille Conquette Ingénue.
    On y retrouve tout le talent de Restif, sa passion pour l'inceste, son fétichisme, son goût pour les petits pieds et les chaussures fragiles. Point de tyrannie du plaisir, ici tout ce qui ravit est bon et bien : tout est volupté, amour et tendresse.
    Comme le titre de son livre et le ton de sa préface l'indiquent, Nicolas-Edme Restif de La Bretonne écrivit L'Anti-Justine, son oeuvre la plus célèbre, en réaction à la Justine de Sade, même si les « délices de l'amour » décrites par ce libertin contemporain de la Révolution française sont d'une extraordinaire amoralité.
    « Personne n'a été plus indigné que moi des sales ouvrages de l'infâme de Sade [...] Ce scélérat ne présente les délices de l'amour qu'accompagnées de tourments, de la mort même, pour les femmes. Mon but est de faire un livre plus savoureux que les siens et que les épouses pourront faire lire à leurs maris, pour en être mieux servies. »
    Collection L'Enfer de la Bibliothèque nationale de France créée par J.-M. Lo Duca.
    Enfer : « Partie fermée d'une bibliothèque où l'on tient les livres licencieux, interdits au public. » (Larousse 1966).
    Roman numérique illustré, 248 pages, augmenté de 12 aquatintes libres par Le Loup, reproduites en héliogravure, couverture en couleurs. (Enfer de la BnF, cote n°1084).

  • Ce récit autobiographique rapporte les expériences voluptueuses du narrateur Cupidonnet.
    POUR UN PUBLIC AVERTI. En opposition au Marquis de Sade, l'érotisme chez Restif n'est jamais lié à la souffrance, d'où le titre d'Anti-Justine. Cet ouvrage est présenté comme « un livre plus savoureux que les siens, et que les épouses pourront faire lire à leurs maris, pour en être mieux servies ; un livre où les sens parleront au coeur ; où le libertinage n'ait rien de cruel pour le sexe des grâces, et lui rende plutôt la vie, que de lui causer la mort ». Le roman entraîne l'imagination et la corrompt, non pas par l'horreur, le dialogue salace ou une habile tentation, mais par le déluge d'une volupté innocente.
    Cet ouvrage très rare, dont seulement quatre exemplaires sont conservés à la Bibliothèque nationale, reste le texte le plus célèbre de cet auteur prolixe.
    EXTRAIT
    Blasé sur les femmes depuis longtemps, la Justine de Sade me tomba sous la main. Elle me mit en feu ; je voulus jouir, et ce fut avec fureur : je mordis les seins de ma monture ; je lui tordis la chair des bras... Honteux de ces excès, effets de ma lecture, je me fis à moi-même un Erotikon savoureux, mais non cruel, qui m'excita au point de me faire enfiler une bossue bancroche, haute de deux pieds.
    Prenez, lisez, et vous en ferez autant. Personne n'a été plus indigné que moi des sales ouvrages de l'infâme de Sade ; c'est-à-dire de Justine, Aline, Le Boudoir, La théorie du libertinage, que je lis dans ma prison. Ce scélérat ne présente les délices de l'amour, pour les hommes, qu'accompagnées de tourments, de la mort même, pour les femmes.
    Mon but est de faire un livre plus savoureux que les siens, et que les épouses pourront faire lire à leurs maris, pour en être mieux servies ; un livre où les sens parleront au coeur ; où le libertinage n'ait rien de cruel pour le sexe des grâces, et lui rende plutôt la vie, que de lui causer la mort ; où l'amour ramené à la nature, exempt de scrupules et de préjugés, ne présente que des images riantes et voluptueuses. On adorera les femmes en le lisant ; on les chérira en les enconnant : mais l'on en abhorrera davantage le vivo disséqueur, le même qui fut tiré de la Bastille avec une longue barbe blanche, le 14 juillet 1789. Puisse l'ouvrage enchanteur que je publie faire tomber les siens !
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Nicolas Edme Restif, dit Restif de La Bretonne, était destiné à l'Église. Mais, coureur de jupons, il renonça à la prêtrise et devint apprenti typographe puis compagnon-imprimeur. Grâce à ce métier, il rencontra des auteurs tels que Beaumarchais ou Cazotte et se mit lui-même à écrire en 1761. Sa vie personnelle fut compliquée. Bien que fils de riches paysans, il manqua sans cesse d'argent et sembla arrondir ses fins de mois comme indicateur de police. Écrivain prolixe s'essayant à plusieurs genres, il mourut cependant dans la misère. Il détestait Sade, qui le lui rendait bien, et se définissait comme l'anti-Sade.
    À PROPOS DE LA COLLECTION
    Retrouvez les plus grands noms de la littérature érotique dans notre collection Grands classiques érotiques.
    Autrefois poussés à la clandestinité et relégués dans « l'Enfer des bibliothèques », les auteurs de ces oeuvres incontournables du genre sont aujourd'hui reconnus mondialement.
    Du Marquis de Sade à Alphonse Momas et ses multiples pseudonymes, en passant par le lyrique Alfred de Musset ou la féministe Renée Dunan, les Grands classiques érotiques proposent un catalogue complet et varié qui contentera tant les novices que les connaisseurs.

  • Deux intrigues érotiques savoureuses par un maître du genre.
    POUR UN PUBLIC AVERTI. Dans ce recueil de deux nouvelles, les femmes sont les vraies héroïnes et non de simples souffre-douleurs. Le premier récit est l'occasion pour Restif de La Bretonne d'aborder un thème qui lui est cher, le fétichisme du pied. Le second met en scène deux amants obligés de ruser pour contourner les réticences du père de la jeune fille et parvenir à leurs fins.
    Deux nouvelles érotiques, suivant la tradition de volupté et de légèreté initiée par Restif de la Bretonne.
    EXTRAIT
    Un jeune Inconnu, qui n'était pas de la société qu'on admettait dans la maison, s'éprit pour Victoire, sans la connaître, et presque sans l'avoir vue. Il se nommait De Saintepallaie. C'était un jeune savant, plein de connaissances et de mérite, vivant seul et concentré, quoiqu'il n'eût que vingt-cinq ans, et se promenant presque toujours seul les soirs, après avoir donné la journée à l'étude. Saintepallaie avait des moeurs pures, avec des sens neufs et pleins d'énergie : il aimait beaucoup les femmes ; mais il les craignait et les fuyait, autant faute d'usage, que par sagesse. Il n'y avait peut-être pas d'homme au monde sur qui la beauté fit une impression plus vive ; une belle femme le ravissait ; mais il réfléchissait ensuite aux inconvénients de l'amour et d'une liaison ; il trouvait la force de fuir, sans doute, parce qu'il n'avait pas encore rencontré la femme qui devait le subjuguer.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Nicolas Edme Restif, dit Restif de La Bretonne, était destiné à l'Église. Mais, coureur de jupons, il renonça à la prêtrise et devint apprenti typographe puis compagnon-imprimeur. Grâce à ce métier, il rencontra des auteurs tels que Beaumarchais ou Cazotte et se mit lui-même à écrire en 1761. Sa vie personnelle fut compliquée. Bien que fils de riches paysans, il manqua sans cesse d'argent et sembla arrondir ses fins de mois comme indicateur de police. Écrivain prolixe s'essayant à plusieurs genres, il mourut cependant dans la misère. Il détestait Sade, qui le lui rendait bien, et se définissait comme l'anti-Sade.
    À PROPOS DE LA COLLECTION
    Retrouvez les plus grands noms de la littérature érotique dans notre collection Grands classiques érotiques.
    Autrefois poussés à la clandestinité et relégués dans « l'Enfer des bibliothèques », les auteurs de ces oeuvres incontournables du genre sont aujourd'hui reconnus mondialement.
    Du Marquis de Sade à Alphonse Momas et ses multiples pseudonymes, en passant par le lyrique Alfred de Musset ou la féministe Renée Dunan, les Grands classiques érotiques proposent un catalogue complet et varié qui contentera tant les novices que les connaisseurs.

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