Olivier Cousin

  • L'efficacité des collèges et la violence à l'école ne dépendent pas que du recrutement social des établissements. Elles dépendent aussi d'autres éléments qui tiennent à l'organisation interne de l'établissement, et à la cohérence de la politique mise en place. Les collèges ne sont pas seulement victimes de leur recrutement. Ils produisent aussi l'échec et la réussite scolaire, comme ils canalisent plus ou moins les élèves, en fonction des conduites des acteurs et de la nature de leurs actions. Il existe un effet établissement. Ce qui veut dire que les chances de réussite des élèves et le climat de l'établissement varient selon les collèges. L'enquête, qui porte sur treize collèges, montre que le lien entre le recrutement social et l'efficacité des établissements, d'une part, et le comportement des élèves, d'autre part, est une réalité, mais qu'il n'est pas suffisant pour comprendre pourquoi deux établissements presque identiques ne se ressemblent pas en pratique. L'observation de la vie des établissements et des relations entre les acteurs (équipe de direction, enseignants, équipe éducative) permet de saisir la diversité qui existe. Selon les collèges, l'ambiance et les projets sont très différents. Ce sont les établissements les plus dynamiques, qui réussissent à définir, collectivement, leurs objectifs et à dépasser la division entre tâches éducatives et actions pédagogiques, qui se révèlent les moins sélectifs et qui réussissent à être le plus efficace pour enrayer la violence.

  • La loyauté a longtemps défini le lien particulier unissant les cadres à leur entreprise. En échange de leur fidélité, l'entreprise garantissait en partie leur carrière. Ce principe s'affaiblit et laisse la place à une autre logique où la défection domine, ce qui suppose que les cadres deviennent les acteurs et les sujets de leur histoire. Comment vivent-ils ce changement et quel sens donnent-ils à leur travail?

  • Travail, mariage, enfants, successions, conflits de voisinage, insécurité, internet... être bien armé juridiquement c'est déjà gagner la partie !
    Aux yeux des Français, la justice et le droit apparaissent trop souvent comme inaccessibles, compliqués, abstraits... C'est pour leur en donner les clés, leur permettre d'en comprendre le fonctionnement et de s'en servir au mieux que Mes Cousi et Saldmann ont conçu ce livre simple et complet, accessible et synthétique.Des questions sur un point de droit du travail, de droit de la famille, de droit de la propriété... ? Des interrogations sur la stratégie à adopter face à un conflit de voisinage, à un cambriolage, à une séparation, à une campagne de harcèlement, à un viol... ? Toutes les réponses sont là, illustrées par des exemples concrets.Grâce à Tout pour se défendre !, véritable bible d'outils et conseils pratiques, chacun va enfin pouvoir faire valoir ses droits de manière éclairée.

  • Qu'il s'agisse d'inégalités de traitement en fonction du sexe, de la race, de la sexualité, de la religion, de l'origine, des handicaps, de la santé... les discriminations sont aujourd'hui perçues et combattues comme la figure centrale des injustices. S'il est indispensable de les décrire et de les mesurer, il faut aussi que l'on sache mieux comment elles sont vécues par celles et ceux qui les subissent. L'écart est grand, en effet, entre les inégalités objectives et la manière dont les personnes les ressentent et, surtout, dont elles les tiennent pour justes ou injustes.
    Pourquoi moi ? s'efforce de rendre compte de ce vécu plus divers qu'il n'y paraît. De l'" expérience totale " qui fait de la discrimination le cœur de l'identité et du rapport au monde des individus à la distanciation que d'autres parviennent à installer grâce à un ensemble de stratégies et de tactiques, se déploie un espace de discriminations vécues de façon plus ou moins intense.
    Ces expériences sont déterminées par le jeu complexe des conditions sociales. Ainsi les plus discriminés ne sont pas nécessairement ceux qui éprouvent les sentiments d'inégalité les plus aigus. La comparaison entre l'école et l'hôpital montre que les discriminations sont perçues de façon très différente dans ces institutions pour lesquelles la diversité des cultures et des personnes ne constitue pas le même enjeu.
    Les discriminations et les luttes qu'elles entraînent révèlent de profondes transformations de notre vie sociale et de nos subjectivités ; non seulement elles dévoilent des injustices intolérables, mais elles montrent comment les individus essaient de se construire comme les sujets de leur liberté et de leur identité quand l'ordre social perd de son unité et de son ancienne légitimité.
    FrançoisDubet, OlivierCousin, EricMacé et SandrineRui sont enseignants à l'Université de Bordeaux Segalen, chercheurs au Centre Émile-Durkheim et associés au CADIS à l'EHESS.

  • Heureux au travail ? Une enquête exceptionnelle dans le quotidien de l'entreprise. Le travail est-il un instrument d'aliénation ou de progrès ? Dans un contexte de crise permanente, dont les grands marqueurs sont le chômage de masse, la pénibilité et la perte de sens, le travail peut-il encore être une expérience heureuse ? Tandis que s'effacent les repères de l'ère industrielle (organisation " scientifique " de la production, poids politique de la classe ouvrière), Travailler au XXIe siècle donne la parole aux salariés et revisite le concept classique de reconnaissance. Comment le travail, au-delà de sa dimension lucrative, peut-il être source de prestige et de gratification personnelle ? Forts de trois ans d'enquête et d'entretiens avec des salariés, des syndicalistes et des cadres dirigeants, les auteurs explorent la réalité complexe du monde de l'entreprise aujourd'hui en France et montrent les vertus de la reconnaissance au travail.

  • On a tout écrit - et son contraire - sur l'école, sur la pédagogie, sur les doutes et les difficultés des enseignants. On s'est penché, gravement et en bloc, sur les soubresauts qui agitent de temps à autre la jeunesse. On s'est étonné de ses clameurs ou de ses silences, de ses rassemblements et de ses dispersions... La démarche de François Dubet et de son équipe est complètement autre, et nouvelle. Progressivement, patiemment, il a cherché à saisir de l'intérieur ce qu'est « l'expérience lycéenne ». Dans huit établissements, du plus noble au plus décrié, il a recueilli la parole des adolescents, l'a confrontée avec celle des adultes qui les encadrent. Et voici le récit, le produit de ce voyage. Le lecteur se découvrira fort dépaysé sur cette planète lycéenne qui est tout sauf homogène - l'école, conclut Dubet, n'est pas ou plus un lieu de socialisation, et les poncifs nostalgiques sont inopérants. De même, le lecteur sera étonné par la violence du mépris dont se jugent victimes les lycéens, un mépris qui n'est pas l'apanage des « classes poubelles ». Il est difficile d'être jeune, difficile de se construire et de se protéger dans un monde où tout engendre l'échec relatif : le moins bon des meilleurs s'estime plus méprisé que le meilleur des moins bons... Un livre rigoureux et sensible. Le bouleversant portrait de groupe d'une jeunesse, la jeunesse de cette fin de siècle.

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