Patrick Tort

  • On connaît encore mal les théories et les textes de Darwin sur l'évolution biologique et humaine. Trop souvent, on accuse le savant britannique d'être responsable des dérives inégalitaires - eugénistes, racistes ou néo-malthusiennes - du principe de sélection naturelle.
    Cet ouvrage examine la vie, l'oeuvre et la pensée de Charles Darwin, son voyage, ses combats et les textes essentiels que sont, en particulier, L'Origine des espèces et La Filiation de l'homme. Il retrace l'élaboration des conceptions darwiniennes modernes. Il explique les conséquences scientifiques et idéologiques de la théorie sélective et propose un résumé de l'état présent de la recherche sur l'évolution. À lire également en Que sais-je ?...
    La philosophie des sciences, Dominique Lecourt
    Les théories de la connaissance, Jean-Michel Besnier

  • Une interprétation expéditive du darwinisme a fait trop souvent de la " survie du plus apte " l'argument des manifestations ordinaires de la loi du plus fort : élitisme social, domination de race, de classe ou de sexe, esclavagisme, élimination des faibles. Patrick Tort, spécialiste de l'œuvre de Darwin, montre qu'en réalité la civilisation, née de la sélection naturelle des instincts sociaux et de l'intelligence, promeut au contraire la protection des faibles à travers l'émergence – elle-même sélectionnée – des sentiments affectifs, du droit et de la morale. Pour emblème de cet " effet réversif " de l'évolution, l'auteur choisit la bande de Möbius, dont la face unique résulte d'un retournement continu. Un essai pour en finir avec la tentation toujours présente d'utiliser Darwin pour justifier l'injustifiable.
    Patrick Tort, philosophe, historien et théoricien des sciences, est le fondateur de l'Institut Charles Darwin International (www.darwinisme.org). Professeur détaché au Muséum, il est l'auteur de nombreux ouvrages et le directeur du Dictionnaire du darwinisme et de l'évolution (PUF).

  • Le matérialisme que ce livre interroge et construit n'est pas une « philosophie », mais la condition de possibilité et l'outil de la connaissance objective.
    Historiquement, il se confond avec l'élaboration de la science moderne s'affranchissant graduellement des contrats de parole qui l'asservissaient à la métaphysique et à la théologie. Comment, d'une part, cette émancipation s'est-elle effectuée en des temps où une croyance instituée imposait a priori la limite de l'Inconnaissable ? Comment, d'autre part, une métaphysique résiduelle impose-t-elle toujours aux artisans de la connaissance objective, sans qu'ils s'en doutent, des cadres, des frontières, des démarches et des représentations ?
    Ce livre montre qu'une analyse savante des complexes de discours dans l'histoire permet de comprendre et d'améliorer ce qui constitue aujourd'hui l'acte de connaître. De redéfinir la « conscience ». De sortir des leitmotivs exténués sur le « hasard ». De penser plus authentiquement la singularité émergente du vivant. De s'éloigner d'un modèle strictement nécessitariste du « déterminisme ». De sortir des impasses du réductionnisme. De résoudre les contradictions entre matérialisme et morale, ou entre déterminisme et conduites autonomes. D'entrevoir l'origine du symbolisme. De comprendre la nature fondamentalement politique de la religion. De penser l'articulation évolutive entre « nature » et « civilisation », et un lien cohérent et critique entre sciences de la nature et sciences de la société. D'identifier les comportements discursifs récurrents de ce que l'on nomme l'« idéologie ». Et d'édifier sur de nouvelles bases une histoire naturelle et sociale de la liberté.
    Revenant sur une part essentielle de son oeuvre, Patrick Tort invite ici à une véritable réforme logique de l'initiative de connaissance, et, simultanément, à instruire la méthode capable d'éclairer les mécanismes qui la favorisent ou qui la combattent dans l'univers infini des discours.

  • Le sacrifice de soi demeure un mystère du point de vue de la biologie. Darwin y reconnaît la forme la plus élevée de la vie morale et recherche les manifestations de ses ébauches animales pour en comprendre l'origine.

    Cette origine, c'est la « sélection sexuelle » : certains caractères héréditaires évoluent sous l'effet de « lutte pour la reproduction », par exemple, les plumes du paon ou les bois du cerf. Les cerfs qui arborent les bois les plus imposants ont plus de chance d'être choisis par les femelles ou de dominer les mâles concurrents.

    Mais ces caractères semblent contraires à la survie : la queue majestueuse du paon, par exemple, attire les prédateurs ; les bois du cerf constituent un handicap pour leur échapper en milieu boisé. Ils accroissent donc les chances de conquête sexuelle mais diminuent les chances de survie. Il y a donc une propension à l'autosacrifice dans le règne animal : il faut être disposé à mourir pour pouvoir se reproduire.

    Cette forme primitive d'instinct social est à l'origine - au même titre que le dévouement au groupe, la discipline coopérative, l'entraide... - de la formation de l'idéal moral dans la civilisation. C'est explication biologique de l'origine de la morale permet de récuser deux grandes explications historiques : le « don de soi » du christianisme et le scénario freudien de la « horde primitive » », où le sacrifice rituel commémore le meurtre initial du père.

  • Marx-Engels, Malthus, spencer, Darwin - Dépassant l'opposition entre les idéologues de la classe dominante et leurs détracteurs, les philosophes critiques allemands, illusoire alternative d'une trompeuse innocence, Marx, s'inspirant des prêtres de l'Egypte ancienne, véritables régulateurs sociaux, met en lumière l'élaboration d'une mystification calculée, destinée à assujettir les producteurs dominés en reproduisant les rapports de production à l'origine de la domination.

  • Rendre à Darwin ce qui lui appartient, en même temps que lui retirer ce qu'on lui attribue à tort, constitue aujourd'hui un devoir proportionné aux enjeux d'une lecture cruciale qui est encore loin d'être acquise: celle de son oeuvre.

    Simplifications inexactes ("l'Homme descend du Singe"), accusations polémiques ("le darwinisme est immoral"), réécritures opportunistes ("Darwin glorifie la loi du plus fort"), dénis de scientificité ("la théorie de la sélection naturelle ne repose sur aucune preuve"), arguties créationnistes ("l'oeil est un miracle de la Création"), récupérations religieuses sous couvert d'agnosticisme ("il n'y a pas de contradiction entre la foi et Darwin"), jugement trop hâtif de Marx ("Darwin projette le capitalisme sur la nature"), griefs de racisme, d'esclavagisme, d'eugénisme, de sexisme, voire de pré-nazisme: autant de biais aux implications dramatiques qui ont fini parfois par s'imposer.

    La clé de la plupart de ces "incompréhensions" est le contournement (innocent ou tactique) d'une logique impérative, liée chez Darwin à la sélection de l'instinct social: celle de la destitution tendancielle de la sélection naturelle éliminatoire au cours de l'émergence (pourtant sélectionnée) de la civilisation et de la morale.

  • Le destin du nom, de l'oeuvre et de la pensée de Spencer constitue l'une des curiosités les plus remarquables de l'histoire intellectuelle du monde moderne. Son système de l'évolution, dont la diffusion internationale commence dès 1860, va devenir la bible séculière du développement occidental, tout spécialement aux Etats-Unis.

  • Jamais Darwin, penseur de la survie par la transformation, comme l'explique volontiers Patrick Tort, n'a été autant sollicité que depuis que les nations les plus arrogantes ressentent sourdement qu'elles vont périr si elles ne transforment pas leur rapport aux autres ainsi qu'à la nature. Car Darwin n'est pas seulement le génial concepteur de l'explication des transformations du monde vivant par la sélection naturelle. Il est aussi l'homme qui a congédié le dogme de la Providence, établi la morale sur des bases strictement immanentes, posé les fondements d'une écologie scientifique, combattu l'esclavage, démontré la capacité fondatrice des migrations, et identifié la civilisation aux devoirs de reconnaissance de l'autre et de protection des plus faibles. À la fois philosophe, historien érudit et théoricien de la connaissance, Patrick Tort, à travers les travaux encyclopédiques qu'il a consacrés au père de la théorie moderne de l'évolution, a ouvert la voie à une puissante refondation des études darwiniennes sur la base d'une analyse minutieuse de l'oeuvre et de la pensée intime de Darwin. Claude COLOMBINI FRÉMEAUX

  • C'est une contribution essentielle et radicalement neuve aux violents débats sur l'identité qui secouent nos sociétés qu'apporte ici Patrick Tort. Renvoyant dos à dos les tenants de l'inné et de l'acquis, l'opposition nature/culture, le philosophe et linguiste nous amène brillamment à dépasser ces vieilles constructions idéologiques. Relisant Darwin - dont il est l'un des grands spécialistes - et Lévi-Strauss, il revisite finement l'étroite intrication de la nature et de la culture chez tout être humain.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Le catalogue officiel de l'exposition Darwin l'original, à la Cité des sciences et de l'industrie.
    Qui est vraiment Charles Darwin (1809-1882), fondateur de la science de l'évolution ? Quelles sont ses origines sociales ? Quelles influences a-t-il subies ? Comment a-t-il construit, pas à pas, sa fameuse théorie de l'évolution exposée en 1859 dans l'Origine des espèces ? Comment ses idées furent-elles accueillies ?

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