Philippe Artieres

  • En 1971, un plateau du sud de l'Aveyron inconnu de la majorité des Français, le Larzac, surgit dans l'actualité. Un projet d'extension du camp militaire est alors le théâtre d'une contestation menée par une centaine de paysans. Formidable laboratoire de nouveaux modes d'action, objet de convergence de luttes pendant une décennie - celles des agriculteurs, celles de la non-violence et de l'autogestion, celles également de l'Occitanie et de l'écologie - le Larzac devient un symbole de la résistance contre l'arbitraire politique.
    Ces événements ne constituent pour autant qu'une partie de l'histoire de ce lieu désertique. En proposant une approche de longue durée de ce plateau calcaire, qui s'ouvre par les traces des premiers peuplements, progresse de siècle en siècle, de l'occupation romaine à l'installation des Templiers, du développement de l'industrie du cuir à celle du fromage de Roquefort, du campement des soldats réservistes au camp d'internement des membres du FLN pendant la guerre d'Algérie, c'est un peuple du divers qui apparaît au fil des pages. Un peuple composé d'humains et de brebis, de sorcières et de potiers, de bergers et de paysans, d'ouvrières et de soldats, de prisonniers et de militants...
    La perspective d'histoire profonde adoptée ici montre que ce territoire-palimpseste fut tout au long de son histoire un lieu d'invention collective, une invention nécessaire pour habiter le monde et faire communauté, pour garder intacte la perspective d'une vie plus libre, solidaire et égalitaire.

  • 'Enquêter sur des archives qui auraient été rassemblées par Michel Foucault. Déplier chacune de ses pièces pour suivre la trace d'individus qui se sont retirés du monde au XIXe et au XXe siècle. Redécouvrir, en marge du dossier, que dans une forêt des Vosges, il est un autre ermite qui a marqué mon enfance.
    Lors du dépouillement de cette généalogie sauvage, il arrivera que je me perde, mais n'est-ce pas le propre du chercheur que de s'aventurer en un territoire où plus il avance plus ce qu'il croyait savoir se dérobe sous ses pas.'
    Philippe Artières.

  • Annoncer, militer, célébrer, revendiquer, dénoncer...
    La banderole s'infiltre partout. À la fois document et geste, on l'aperçoit dans les gradins des stades, agitée par les supporters, ou brandie par des fidèles dans des processions religieuses. Mais de Nancy à Santiago, de Londres à Gda´nsk, la banderole et sa puissance graphique sont surtout mises au service des villes en révolte.
    Quel pouvoir peut avoir une parole silencieuse ? Comment cet instrument politique est-il mis en scène ? Quel avenir peut-on imaginer pour la banderole à l'heure où les formes de l'écrit se renouvellent ?
    En explorant la plasticité incroyable des messages contestataires, Philippe Artières démontre qu'en filigrane de l'histoire de la banderole se dessine celle, captivante, des luttes sociales aux XXe et XXIe siècles.

  • Un séminariste assassin

    L'affaire Bladier, 1905

    " Ce que je me rappelle bien, c'est que le soir, au lit, avant de m'endormir, je me représentais en train de tuer ou de faire souffrir de jeunes garçons [...] alors ma "verge' grossissait [...] et il me semblait que je jouirais véritablement et que je serais soulagé dès que je pourrais réaliser ce que je me représentais. "

    Jean-Marie Bladier, 17 ans, a écrit ces lignes dérangeantes après avoir étranglé et décapité, le 1er septembre 1905, dans la forêt de Raulhac (Cantal), l'un de ses jeunes camarades âgé de 13 ans, Jean Raulnay. L'assassin, encouragé par des médecins de l'époque, dont le célèbre professeur Lacassagne, a rédigé une " sidérante " autobiographie. Bladier y décrit avec une inédite minutie l'histoire de son état mental, au point que les experts, dans leur rapport sur ce cas de " sadisme sanguinaire congénital ", n'hésitèrent pas à le citer, parfois longuement.

    Comment comprendre ce fait divers de la France des débuts du xxe siècle, tiraillée entre archaïsme et modernité, catholicisme, traditions rurales et laïcisme républicain ? Comment lire en historien ce double acte de tuer et d'écrire ? Comment interpréter la puissance de cette écriture si incommodante ?

    Exhumant de précieuses archives, Philippe Artières se confronte à la figure oubliée de cet élève du petit séminaire destiné à la prêtrise avant de commettre ce meurtre. Il propose une autre manière d'écrire l'histoire du crime et des sexualités, à la croisée de l'histoire et de l'anthropologie.

  • Laissant libre cours à ses "désirs d'histoire", le chercheur Philippe Artières propose un recueil d'une trentaine de textes courts. On y trouvera des idées brutes, des pistes incongrues, des ébauches d'enquête, nées à la lecture d'une source ou d'une archive inspirante. L'historien se fait ici explorateur de l'ordinaire, rêvant d'étudier tour à tour la cloison, la ceinture, la banderole, un immeuble, la biographie d'un "salaud" ou d'un aïeul à travers ses modestes papiers.

    Outre un florilège de sujets potentiels, cet ouvrage illustré offre une leçon de curiosité intimement raisonnée, un outil pour déplacer les questionnements et révéler des objets ignorés. C'est enfin pour l'auteur l'occasion de faire récit ou, du moins, envie d'un récit.

  • Comment l'écrit, doté d'une puissance subversive, devient l'objet d'un nouveau regard policier au tournant des XIX e et XX e siècles qui va développer une science et des techniques de contrôle donnant naissance à la police scientifique.
    Au tournant des XIXe et XXe siècles, les écrits présents dans l'espace urbain deviennent un objet d'attention privilégié pour les policiers. Ceux-ci se mettent en effet à lire les affiches, à noter et effacer les graffitis ou les billets illicites, à décrire en détail les fragments d'écriture trouvés sur les murs ou dans les lieux publics... Doté tout à coup d'une puissance subversive, l'écrit devient une composante de la société sur laquelle il faut veiller. De cette invention de l'écriture dangereuse naît et se développe un savoir policier inédit, qui va connaître son apogée dans l'entre-deux-guerres avec la figure emblématique d'Edmond Locard. À partir d'une plongée dans les archives, et en s'appuyant sur la pensée de Michel Foucault, cet ouvrage souhaite reconstituer la naissance et l'évolution de ce regard policier sur l'écriture. Le lecteur est ainsi invité à suivre ces policiers de l'écrit dans leur travail quotidien, en passant au ras des palissades, en entrant dans les laboratoires de police scientifique, en regardant dans les microscopes... C'est donc à une histoire de l'écriture et de la lecture par la marge que nous convie Philippe Artières, poursuivant ici son travail d'exploration de l'histoire de l'écriture contemporaine et des pouvoirs de l'écrit dans nos sociétés modernes.

  • Ma mère m'avait raconté l'anecdote alors que je n'étais qu'un enfant. Son grand-oncle Paul Gény, philosophe jésuite, avait été assassiné à Rome en 1925 par un fou. L'histoire avait sombré dans l'oubli. Mais en 2010, la mort de cet oncle a ressurgi. Au bénéfice d'un séjour à la Villa Médicis, je suis parti à Rome en quête de cet ancêtre au point de l'incarner. Là-bas, dans les rues, dans les archives, dans les palais, à force d'errer, j'ai retrouvé le philosophe et son assassin. L'inconnu s'appelait Bambino, l'enfant. Et, au coin d'une place, j'ai croisé un autre personnage, plus obscur encore, plus proche, plus inquiétant aussi. J'ai quitté l'aïeul et j'ai suivi ces deux-là. Ils m'ont emmené loin, à l'autre bout de la ville, dans l'autre pays.
    Ph. A.

  • "Relire trente-cinq ans après leur parution les petites annonces de "Sandwich" - l'éphémère supplément de Libération -, y chercher les miettes de l'année 1980, c'est ce que j'ai entrepris de faire, ciseaux à la main. Découper une colonne, fureter dans une double page, éplucher de bout en bout une rubrique ou procéder par collages subjectifs. Autant d'expériences de lecture qui ont fait naître ce recueil protéiforme.
    Aux petites annonces s'ajoutent des bulletins météo ou des relevés sismiques de la même période. À travers ces événements de faible intensité, je fais le pari rêveur de revisiter un segment de notre histoire si proche et si lointaine. En captant le grain le plus fin de ce qui s'est passé et qui toujours échappe. En enregistrant ce petit rien qui fait pourtant l'épaisseur de nos vies."
    Philippe Artières.

  • La piste, le chemin, la route, l'autoroute ont progressivement, depuis l'Antiquité, quadrillé les territoires. Ces lignes ont tracé au fur et à mesure un réseau de communication entre les villes. Elles ont dessiné ainsi dans l'espace de nouveaux paysages. Cette histoire est connue, de même que celle des pratiques de représentation qui l'accompagne : des cartes aux plans.
    Pourtant, si on se place dans la perspective de l'infra-ordinaire, chère à Georges Perec, si on envisage la route comme un dispositif, alors elle apparaît comme un lieu inconnu.
    Convoquant la littérature, la psychanalyse, le cinéma, la photographie et même les manuels de conduite, ce livre montre comment la route, loin d'être un simple moyen de se rendre d'un endroit à un autre, devient ce lieu en soi, avec son régime propre d'inscriptions, des inscriptions qui ont le pouvoir extraordinaire de construire des espaces nouveaux, propices à la fiction.
    N'est-ce pas sur la route qu'OEdipe croisa son père sans le reconnaître, et qu'une banale querelle de priorité l'amena à commettre son geste fatal, donnant ainsi naissance à l'un des mythes les plus révélateurs de notre inconscient  ?
     
     
    Philippe Artières, Directeur de recherche au CNRS, à l'EHESS (Paris), ancien pensionnaire de la villa Medicis à Rome (section Littérature), a notamment publié une série d'ouvrages sur l'histoire contemporaine de l'écriture dont La Clinique de l'écriture (La Découverte poche, 2013), mais aussi plusieurs récits dont Vie et mort de Paul Gény (Le Seuil, 2013) et Miettes. Une histoire ordinaire de l'année 1980 (Verticales, 2016).

  • Comment rompre le silence traumatique d'une famille lié à la disparition brutale d'un enfant ? C'est la question que se pose Philippe Artières dans Au fond. Un narrateur qui lui ressemble tente de reconstituer les morceaux d'un puzzle épars et se sert de ses propres méthodes d'historien pour y arriver : il étudie le cadre géographique dans lequel évoluait sa famille au moment de la disparition de ce frère (les grandes forêts propriété de la famille depuis des générations) ; il enquête sur les houillères de Lorraine dans les années 1960, où son père, ingénieur, faisait carrière sans cependant devoir aller " au fond " de la mine; surtout, il interroge sa mère sur ce frère aîné si tôt disparu. La douleur enfouie resurgit tout entière dans le récit de cette femme qui parle enfin : les longues journées jamais oubliées de la mort de l'enfant jusqu'à son enterrement, les voisins, la famille, le père anéanti, la petite sœur encore bébé qui oblige par sa présence à ne pas baisser les bras. Un récit qui vient s'entremêler aux voix des mineurs en grève et à celle des hommes de la forêt et qui donne vie à une région marquée au fer rouge par les combats sociaux.

  • Comment la médecine a-t-elle cherché à discerner le pathologique dans l'écriture ? Quelles méthodes expériementales a-t-elle élaborées ? Quelles ont été les nombreuses conséquences sociales de cette " clinique de l'écriture " ? D'inspiration foucaldienne, réédition du premier livre de Ph. Artières .
    De 1850 à 1914, les médecins constituent l'écriture des déviants en objet de vérité. En lisant les écritures ordinaires, ils découvrent des objets inquiétants : des écrits échappent à leur grille de lecture, des signes graphiques semblent témoigner du caractère anormal de leur scripteur et enfin des gestes graphiques révèlent des pathologies inconnues. On entreprend donc de décrypter les écrits des déviants pour identifier leurs caractéristiques. On tente de repérer des signes indiquant le degré de normalité du scripteur. On observe le geste graphique afin d'isoler des pathologies propres au mécanisme de l'écriture. Enfin, devant l'engouement pour la graphologie, la médecine s'efforce de clarifier les grilles qu'elle utilise. Les médecins font ainsi entrer l'écriture au laboratoire. Ce savoir induit plusieurs modifications dans la société du tournant du siècle : l'expertise est repensée, l'enseignement de l'écriture est renouvelé et sa pratique professionnelle modifiée. Utilisant les outils inventés par Michel Foucault, cet essai montre précisément comment la médecine s'est saisie de l'écriture pour opérer un nouveau partage entre le bien et le mal, le vrai et le faux, le naturel et l'artificiel, le normal et le pathologique.

  • Émile Nouguier, jeune « Apache » de la Belle Époque, souteneur, chef d'une bande de voleurs, attiré par les thèses anarchistes, est incarcéré pour meurtre à la prison Saint-Paul de Lyon et condamné à mort. En 1899, il rencontre le professeur Alexandre Lacassagne, fondateur de la criminologie française qui, accompagné de ses étudiants, rend souvent visite aux détenus. À la demande du professeur, qui remarque son goût pour l'écriture et souhaite comprendre les motivations profondes des délinquants, Émile Nouguier entreprend de rédiger son autobiographie et couvre alors à l'encre noire plusieurs cahiers d'écolier. Philippe Artières nous fait découvrir cette oeuvre surprenante et, dans un commentaire éclairant, met en relief l'intérêt de ce texte majeur pour l'histoire de la déviance sociale.

  • L'affaire Clavel survient lors de l'émission mensuelle télévisée à Armes égales du 13 décembre 1971. Ce soir-là, sur le thème « Les Moeurs » un débat réunit l'écrivain et journaliste catholique maoïste Maurice Clavel au député-maire de Tours, Jean Royer, connu pour son hostilité à l'évolution alors du discours sur la sexualité. Le film de Clavel s'intitule Le soulèvement de la vie. Il s'ouvre sur la cathédrale de Chartre et une photographie du Général de Gaulle à la Libération, puis alternent des images de l'interpellation des militants et intellectuels occupant le siège du CNPF en 1971, des plans des monuments aux victimes de l'occupant nazi, une longue séquence montrant un homme allongé sur les marches du métro sous l'oeil indifférent des passants, des images de pollution ou d'ouvriers, mineurs, balayeurs... mais aussi celles de femmes dénudées, d'une fontaine dont une main empêche l'eau de jaillir. Manque néanmoins un extrait d'une déclaration du Président de la République sur la Résistance.
    Suivie par près de 46 % des téléspectateurs, l'émission est marquée par le départ de Clavel. Furieux d'avoir été censuré, l'écrivain quitte le plateau en prononçant sa célèbre apostrophe : «  Messieurs les censeurs, bonsoir ! »
    À l'Agence de Presse Libération qu'il dirige, Clavel reçoit dès le lendemain et jusqu'en janvier 1972 un nombreux courrier. Ces milliers de missives constituent un formidable témoignage sur les années 68. C'est ce corpus dactylographié ou manuscrit, individuel ou collectif, de femmes ou d'hommes, de lycéens ou de téléspectateurs plus âgés qui est ici publié pour la première fois.

  • La scène se passe à la prison Saint-Paul de Lyon, il y a tout juste un siècle. Sur un petit cahier d'écolier, un détenu écrit : ce n'est pas un poème, pas davantage une lettre qu'il rédige, mais sa vie, cette existence qui l'a mené là, entre les quatre murs d'une cellule. Page après page, il fait le récit de ses errances, de ses déroutes et de son long parcours vers le crime. Cette autobiographie, ce criminel la rédige, comme neuf autres codétenus le feront après lui, non pour lui-même, mais pour un destinataire prestigieux : le célèbre criminologue Alexandre Lacassagne. Le professeur de médecine légale a en effet un projet fou : celui de rassembler des archives de la déviance, de constituer une encyclopédie vivante du crime à partir des seuls récits autobiographiques produits par des criminels. Maîtres-chanteurs, apaches, parricides, dépeceurs, prostituées ont ainsi écrit en quelques années un Livre des vies coupables, resté jusqu'alors inédit.
    Philippe Artières a retrouvé ces manuscrits éparpillés dans le fonds Lacassagne de la bibliothèque municipale de Lyon. Il en a reconstitué la genèse, en montrant comment ces textes s'inscrivent dans l'histoire paradoxale de l'écriture en prison et comment ils participent du développement de la criminologie à la fin du XIXe siècle. Mais l'historien se fait aussi passeur et donne à lire ces étranges vies. Il faut écouter avec lui ces voies sorties du mitard de l'histoire, entendre ces murmures, fragiles traces des peines et des émotions de ces infâmes ordinaires, accepter cette plongée dans le monde d'en bas pour appréhender ce que Michel Foucault appelait le « marmonnement du monde ».

  • « Michel Foucault n'a cessé tout au long de son oeuvre d'interroger la médecine et sa pratique; ce questionnement constant que le philosophe a exercé non seulement sur l'histoire de la médecine mais aussi sur la place du médical dans nos sociétés contemporaines, offre 15 ans après la disparition de son auteur, des outils précieux pour penser aujourd'hui la médecine. L'absence de publication en France sur ce domaine a encouragé les auteurs à imaginer un volume rassemblant les analyses de chercheurs d'horizons très différents. »

    Extrait de: Philippe Artières. « Michel Foucault et la médecine. » iBooks.

  • En décembre 1901, Henri Vidal, fils d'une hôtelière de Hyères âgé de 34 ans, agresse à coups de couteau deux prostituées, puis assassine une troisième fille publique ainsi qu'une jeune Suissesse. Arrêté parce qu'il voyageait sans billet, celui que le pays surnomme très vite «?le Tueur de femmes?» est condamné à mort par la cour d'assises de Nice, puis gracié et envoyé au bagne de Cayenne où il meurt en 1906. Dès ses crimes commis, l'assassin devient l'objet d'une imposante production discursive : faits divers, chroniques judiciaires, témoignages, expertises, ainsi qu'une autobiographie rédigée en prison. À partir de ces matériaux, et sans rien ajouter aux paroles des contemporains, les auteurs ont réalisé un montage qui permet de dérouler le film de cette existence, mais qui montre aussi comment une société, dans sa diversité et ses contradictions, construit la figure d'un criminel. Publié en 2001, longtemps indisponible, ce livre singulier, dont la forme suscita l'étonnement, interroge à la fois l'écriture du passé, la nature du récit biographique, les incertitudes et la fragilité de l'histoire.

  • Les années 1968 sont le théâtre d'une formidable production visuelle, portée par les utopies révolutionnaires. De 1968 à 1974, artistes et militants d'extrême gauche inventent de nouvelles formes d'expressions visuelles en lien avec les luttes collectives. Images en lutte raconte cette extraordinaire rencontre entre l'art et la politique, qui s'ouvre et se referme aux Beaux-Arts de Paris, de l'Atelier Populaire en 1968 aux réunions du FHAR et du MLF en 1974. Cet ouvrage s'ouvre par plus de 300 affiches de l'Atelier Populaire reproduites en grand format. Il présente pour la première fois de nombreux projets d'affiches ainsi qu'un reportage photographique sur l'occupation de l'Ecole. Des dossiers sont consacrés aux luttes, aux soutiens, aux révolutions, à la libération sexuelle... Il rassemble des peintures, des photographies, des sculptures, des installations, des revues, des tracts, des affiches politiques, des extraits de films et des photographies.

  • On ne peut comprendre les raisons et les effets du " moment 68 " sans examiner la longue séquence historique dans laquelle il s'inscrit, de la fin de la guerre d'Algérie en 1962 à l'élection de François Mitterrand en 1981, de la révolution cubaine à la révolution iranienne. Cet ouvrage collectif exceptionnel invite à parcourir l'histoire de ces vingt années qui ont transformé la société française en profondeur.
    Mai 68 demeure l'un des moments de l'histoire contemporaine de la France qui suscitent les plus vifs débats : les " années 68 " dérangent autant qu'elles fascinent. Elles restent pourtant largement méconnues - et d'autant plus qu'on ne retient que son fameux mois de mai, les barricades du Quartier latin et l'occupation de la Sorbonne. Or ces scènes participent d'un paysage beaucoup plus vaste, à Paris, en province et à l'étranger. Surtout, on ne peut comprendre les raisons et les effets du " moment 68 " sans examiner la longue séquence historique dans laquelle il s'inscrit, de la fin de la guerre d'Algérie en 1962 à l'élection de François Mitterrand en 1981, de la révolution cubaine à la révolution iranienne.
    Cet ouvrage invite à parcourir l'histoire de ces vingt années qui ont transformé la société française. Acteurs anonymes et célèbres, lieux connus et inconnus, objets de la culture matérielle et artistique s'animent et se côtoient pour nourrir cette histoire polyphonique qui touche aussi bien l'urbanisme que le corps, la vie intellectuelle que la condition ouvrière, le cinéma que l'économie. Ce paysage recomposé donne à voir l'intensité des débats politiques ainsi que l'incroyable diversité des luttes et des aspirations dont ces années furent le théâtre.

  • Résistant à toutes les contestations, toutes les crises et tous les changements de régime politique, la prison s'est imposée comme un modèle universel de sanction sociale et d'isolement d'individus présumés dangereux.
    Elle est devenue un invariant des sociétés modernes, qui échappe en grande partie à l'action des gouvernants, tout en étant profondément ancré dans le politique, et qui dispose d'une inertie propre imposant partout un modèle répressif et disciplinaire. Peut-on cependant différencier les recours à cette solution punitive selon les contextes culturels et les conjonctures politiques ? Les moments de rupture politique ont-ils été sans écho sur les pratiques pénitentiaires ? Contrairement au lieu commun qui ne retient que l'inertie pénitentiaire, la prison est animée par une obsession réformatrice. N'est-elle tiraillée qu'entre moments de crise et mouvements perpétuels, recherche d'alternatives partielles et réplication des modèles éprouvés ?
    Les contributions rassemblées dans cet ouvrage s'attachent à l'analyse des changements observés dans des contextes politiques majeurs (chute du mur de Berlin, fin de l'apartheid, effondrement de l'URSS, etc.). La prison est aussi souvent impliquées dans des crises politiques qui donnent lieu à des modèles d'enfermement d'exception toujours renouvelés (camps de rétention, Guantanamo, etc.). La prison est, enfin, régulièrement l'occasion d'expérimentations et d'innovations.
    Mais jusqu'où cette institution peut-elle être transformée: est-elle vraiment un modèle indépassable?

  • Qu'il s'agisse des documents privés d'hommes célèbres ou des carnets de compte d'un artisan anonyme, les archives personnelles (lettres, journaux, autobiographies...) sont aujourd'hui mobilisées aussi bien par des sociologues que par des historiens ou des anthropologues. Ces archives personnelles, de la correspondance aux agendas, ont fait depuis quelques années une entrée remarquée dans les sciences humaines et sociales. Les auteurs se livrent à l'exploration de cette gamme d'écritures personnelles à partir d'exemples concrets en apportant un ensemble de réponses et de savoir-faire.

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