Philippe Breton

  • Les manipulations de la parole sont devenues courantes dans les sociétés modernes. La démocratie, qui a placé la parole au centre de la vie publique, paraît menacée par la prolifération des techniques qui visent à nous contraindre, sans que nous nous en rendions compte, à adopter tel comportement ou telle opinion. La sensation diffuse de vivre dans un " univers menteur " n'est-elle pas à l'origine de formes nouvelles d'individualisme et de repli sur soi ? Toutes les méthodes de communication et de débat sont-elles bonnes dans un espace public qui se prétend démocratique ?
    Dans ce livre passionnant, Philippe Breton s'efforce de répondre à ces questions en décrivant les différentes techniques de manipulation qui saturent notre environnement, à partir de nombreux exemples pris dans les domaines de la politique, de la publicité, de la psychothérapie et de la communication. Proposant une analyse des faiblesses des sociétés modernes, il ouvre aussi quelques pistes pour redonner à la parole le rôle d'outil vivant de la démocratie. Il introduit notamment le concept original de liberté de réception, sans laquelle la liberté d'expression reste surtout la liberté des puissants.
    La Parole manipulée a été couronné en 1998 par le Prix de philosophie morale de l'Académie des sciences morales et politiques.

  • L'homme ou la femme moderne a tout aussi besoin que le citoyen de l'Antiquité d'apprendre à argumenter pour convaincre son interlocuteur ou son public, que ce soit dans sa vie professionnelle, dans son activité de militant associatif, ou dans le cercle de ses proches. Comme le rappelle ici Philippe Breton, l'acte de convaincre, distinct de celui d'expliquer ou de celui d'informer, a le pouvoir de faire évoluer l'opinion de l'autre et peut contribuer à changer les choses.
    S'inspirant des techniques mises au point par la rhétorique grecque et romaine, ce manuel pratique montre que l'efficacité peut aller de pair avec le respect de l'autre et celui de soi-même, et que la manipulation n'est guère efficace et même le plus souvent contre-productive.
    Réalisé à partir de l'expérience des formations à l'argumentation animées par l'auteur et construit autour de plusieurs dizaines d'exemples, cet ouvrage pose les grands principes du convaincre, puis développe étape après étape le " protocole de l'argumentation " permettant d'atteindre ses objectifs. Le livre se termine par des conseils concernant la prise de parole, l'élocution, la mémorisation.

  • Ce livre démontre comment chacun, sur le plan personnel, peut se réapproprier sa propre parole et combien le pouvoir partagé de la parole peut mettre un frein à la toute-puissance du pouvoir et à sa violence.
    Avons-nous conscience de tout de ce que nous permet la parole ? Utilisons-nous toutes les ressources de cette capacité extraordinairement et spécifiquement humaine ? C'est à la réponse à ces questions, moins triviales qu'il n'y paraît, que s'attache Philippe Breton dans ce livre, où il explore les immenses possibilités de la parole, à la fois sur le plan personnel et sur le plan social.
    Il montre comment, historiquement, la parole a progressivement constitué un espace de substitution à la violence, à l'exercice sans frein du pouvoir. Et comment les ressources de l'argumentation, mais aussi celles de l'objectivation des passions, ont permis de faire reculer, toujours plus, cette violence. Surtout, et c'est le principal objet de ce livre, il explique comment surmonter les obstacles qui s'opposent aujourd'hui au plein déploiement du pouvoir de la parole.
    Ce livre démontre comment chacun, sur le plan personnel, peut se réapproprier sa propre parole et comment le pouvoir partagé de la parole peut mettre un frein à la toute-puissance du pouvoir et à sa violence.

  • Au terme d'une vaste étude de cas de refusants, aux ordres criminels, à l'autorité, Philippe Breton apporte dans ce livre une contribution inédite aux débats sur les questions des mécanismes de la violence humaine et de la justice.
    Au terme d'un siècle marqué par plusieurs génocides et d'innombrables autres actes de violence contre des civils, une question reste en suspens : pourquoi certains hommes acceptent-ils d'être des " exécuteurs " de ces crimes, alors que d'autres le refusent ? Après que de nombreux travaux ont été consacrés aux victimes, aux bourreaux et aux résistants, Philippe Breton identifie, dans ce livre, une nouvelle catégorie d'acteurs : les " refusants ". En dépit de leur quasi invisibilité - ils commentent rarement leur acte -, on trouve des refusants aussi bien parmi les SS durant la Seconde Guerre mondiale, parmi les génocidaires au Rwanda, dans les guerres du Viêt-nam ou d'Algérie, ou encore parmi les kamikazes islamistes. N'évoquant aucune idéologie politique, religieuse ou même humaniste, ces personnes ne sont pas des résistants. Alors que les tueurs en appellent à la vengeance - bien plus qu'à la haine raciste ou à la nécessité d'obéir aux ordres - pour que s'exerce une " légitime justice ", les refusants se révèlent imperméables à cet argument. Dès lors, une nouvelle question se pose : pourquoi, dans des contextes de crise extrême, certains sont-ils accessibles à la problématique de la vengeance et d'autres non ? Grâce à une longue enquête, Philippe Breton apporte une contribution inédite aux débats sur les mécanismes de la violence, insistant sur l'importance que revêt encore aujourd'hui le principe de vengeance dans l'éducation et la culture de la plupart des sociétés humaines.

  • L'un des meilleurs spécialistes français de la communication répond à des questions très actuelles : d'où vient ce nouveau culte pour Internet, quelles sont ses racines historiques, pourquoi son succès ? N'est-il pas porteur, dans ses excès, d'un risque majeur pour un lien social déjà très fragilisé ? (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2000.)
    Pour le première fois dans l'histoire de l'humanité, l'homme a construit un dispositif technique, Internet, capable de dispenser les hommes de toute communication directe. Personne n'aurait sans doute pensé à un tel usage, si Internet n'était pas devenu l'objet d'un véritable culte, porté par la promesse d'un monde meilleur, celui du " cyber espace ". Ses thuriféraires, partisans du " tout-Internet ", semblent aujourd'hui l'avoir provisoirement emporté face aux " technophobes ", mais surtout face à tous ceux qui réclament un usage raisonné des nouvelles technologies. Ces militants fondamentalistes appellent de leurs voeux une " société mondiale de l'information ", où le nouveau lien social serait fondé sur la séparation des corps et la collectivisation des consciences. Une vision où se mêlent l'héritage de Teilhard de Chardin, le bouddhisme zen et les croyances New Age. Et qui mobilise des valeurs propres à la culture américaine, comme le puritanisme, le manichéisme, la recherche de l'harmonie sociale et le jeunisme. Elle s'inscrit dans une nouvelle religiosité, qui célèbre l'utopie de la transparence, dans un contexte marqué par la crise du politique, mais également l'affaiblissement de l'influence du monothéisme et de l'humanisme. Telle est la thèse de ce livre provocateur. L'un des meilleurs spécialistes français de la communication y répond à des questions très actuelles : d'où vient ce nouveau culte, quelles sont ses racines historiques, pourquoi son succès ? N'est-il pas porteur, dans ses excès, d'un risque majeur pour un lien social déjà très fragilisé ?

  • Le mythe du " village planétaire ". Pourquoi la communication a-t-elle pris autant de place dans nos sociétés modernes ? Est-ce seulement à cause de la prolifération des téléviseurs et autres " machines à communiquer " ? Dans cet essai, Philippe Breton affirme qu'on ne peut se satisfaire de cette explication triviale et avance une thèse beaucoup plus radicale : la communication est devenue une nouvelle utopie, d'autant plus conquérante que les grandes idéologies - socialisme et libéralisme - sont en crise. Cette utopie est celle d'un homme " sans intérieur ", réduit à sa seule image, dans une société rendue " transparente " par la grâce de la communication. Et si elle s'affirme aujourd'hui avec autant de force, c'est qu'elle a été théorisée en des termes étonnamment actuels dès la fin de la Seconde Guerre mondiale par un mathématicien américain, Norbert Wiener, dont l'oeuvre essentielle reste trop méconnue. L'analyse critique de ces travaux permet à l'auteur de démontrer comment, paradoxalement, la " société de consommation " peut ouvrir la voie à la violence et à l'exclusion.

  • "Lorsque, au printemps de 1919, André Breton et Philippe Soupault conçoivent et expérimentent la méthode d'écriture d'où naîtront non seulement Les Champs magnétiques mais deux pièces de théâtre : Vous m'oublierez et S'il vous plaît, sans compter nombre de textes automatiques, l'un a vingt-trois et l'autre vingt-deux ans. Au même âge, Rimbaud venait de rompre avec la poésie ; Isidore Ducasse s'arrachait aux Chants de Maldoror et affrontait cette Préface à un livre futur par quoi se donnent les Poésies.
    En 1918, Breton et Aragon, encore mobilisés, se portaient régulièrement volontaires, à l'hôpital où ils étaient affectés, pour assurer la garde de nuit et là, des heures durant, se lisaient à voix haute les psaumes démoniaques du Comte de Lautréamont. L'année suivante, Breton recopie, à la Bibliothèque nationale, l'exemplaire unique des Poésies, qui sont publiées en avril, dans le n° 2 de Littérature, revue qu'il vient de fonder avec Aragon et Soupault.
    On serait tenté de penser que, dans l'esprit des "scripteurs", Les Champs magnétiques sont précisément ce "livre futur" annoncé, au seuil de la mort, par le jeune Ducasse. En un sens, en effet, ils répondent à l'injonction de l'initiateur : "La poésie doit être faite par tous. Non par un." Par-delà les Poésies, les Champs se mesurent aux Chants. L'outrance rhétorique perverse et savante de Maldoror, la sécheresse pseudo-conformiste de Ducasse retournant Pascal et Vauvenargues comme on dépouille un lapin, instituent, dans leur apparente opposition, une zone d'extrême turbulence d'où peut jaillir, sans entraves ni scrupules, la voix automatique."
    Philippe Audouin.

  • Comme un immense musée, mais en moins poussiéreux... et en plus amusant ! A METTRE ENTRE TOUTES LES MAINS !

  • Quatrième édition de cette référence incontournable qui, à l'aide de nombreux exemples, fait le point sur les grands débats, propose une cartographie des grandes théories dans le champ de la communication et analyse les compétences communicationnelles nécessaires dans le monde d'aujourd'hui.
    S'appuyant sur une histoire des techniques de communication depuis la préhistoire et l'Antiquité jusqu'aux outils les plus récents, ce livre fournit les points de repères essentiels pour comprendre et décrypter la " culture de la communication " qui marque le nouveau siècle. De façon claire et synthétique, avec de nombreux exemples, ses auteurs font le point des grands débats sur le sujet, proposent une cartographie des grandes théories dans le champ de la communication et analysent les compétences communicationnelles nécessaires dans le monde d'aujourd'hui. Depuis sa première publication, cet ouvrage est devenu l'équivalent d'un manuel pour les étudiants et les professionnels de la communication, mais aussi pour tous ceux qui souhaitent disposer d'une vision d'ensemble des enjeux liés à la communication sous ses différents aspects : nouvelles technologies, médias, publicité. Ses rééditions successives en France et au Québec, ainsi que ses traductions dans de nombreuses langues étrangères, en ont fait un ouvrage de référence incontournable. Cette nouvelle édition prend en compte les évolutions récentes survenues dans le monde de la communication, l'irruption des réseaux sociaux et des nouveaux usages du Web, le retour de la propagande et de la manipulation, les nouvelles idéologies, mais aussi les grandes avancées théoriques permettant de mieux comprendre ces mutations.

  • « La parole est cet instrument précieux qui nous lie aux autres, elle est au coeur de toutes les relations sociales. En ce sens elle est fondatrice de la condition humaine. Cependant la parole contemporaine témoigne d'une nette ambivalence. Jamais elle n'a connu un tel déploiement, mais elle sert le meilleur et le pire. Si elle contribue en permanence à transformer le monde dans une réciprocité aux autres, elle est aussi manipulée ou brisée par les puissants. Souvent elle est difficile à prendre ou bien elle reste sans écho, et nombreux sont les sans-voix dans nos démocraties contemporaines.

    Le silence est nécessaire à la parole, il introduit un espace de respiration, de méditation. Il est le souffle des conversations et leur tempo. Mais le silence tend à être chassé de mille manières de l'environnement social. Le bruit ne cesse de gagner et de rendre parfois la parole inaudible.

    Il est difficile aujourd'hui de s'abstraire, de trouver les conditions d'une intériorité. Le silence se fait rare. Mais peut-on parler sans se taire et donc sans écouter l'autre, peut-on penser dans le bruit ? La parole, dans ce sens, est étroitement solidaire du silence. » P.B. et D.L.B.

  • « Déposer ma langue sur un crochet, crier enfin : "je suis rentrée à la maison!" » scande le numéro hivernal de la revue Moebius. « Le crochet c'est naturel pour le manteau, ça lui va. Tandis que la langue... Encore faut-il pouvoir séparer son muscle le plus puissant du corps, la couper cette langue bien pendue, muer le secret des portes closes en parure. À quelle nudité, pure ou honteuse, nous oblige le silence ? [...] » (liminaire, extrait) En poésie, lisez Laurence Gagné, Martin Hervé, Marise Belletête, et Anthony Lacroix. En fiction, lisez Kaliane Ung, Louis-Philippe Labelle, Mahité Breton, Francis Paradis, Mathieu Villeneuve et Diane-Ischa Ross. Voyez à travers « les yeux fertiles » de Guylaine Massoutre et Martina Chumova. Aussi, « Penser la création avec Stéphane Martelly » avec Stéphane Martelly, Catherine Mavrikakis écrit une « Lettre à Forest », Lucile de Pesloüan est l'écrivaine en résidence et Julie Delporte l'artiste ayant reçu la mission d'illustrer les numéros de l'an 2019.

  • Face aux excès de la communication, les deux auteurs dialoguent sur les vertus respectives du silence et de la parole. Cette rencontre intellectuelle met en scène une vraie différence d'approche en même temps qu'une forte complicité sur l'essentiel. David Le Breton, anthropologue du corps qu'il définit comme notre « souche identitaire », travaille à une approche globale de l'humain où le silence occupe une place souvent déterminante par sa capacité inouïe à porter le sens. Philippe Breton, pour qui le « pouvoir de la parole » est une alternative historique qui s'impose progressivement à la « parole de pouvoir », propose une approche centrée sur la parole, non pas réduite à l'oral mais en amont de la communication comme source de tout l'être. Leur différence est ici mise à l'épreuve sur une dizaine de thèmes classiques, support d'une réflexion renouvelée, par exemple sur le sacré, la mémoire ou la violence, et prétexte à une exploration en profondeur de la condition humaine. Philippe Breton est chercheur au CNRS, laboratoire Cultures et sociétés en Europe, enseignant à l'université Marc Bloch de Strasbourg et à l'université Paris 1, Sorbonne. Il est lauréat de l'Institut et auteurs de nombreux ouvrages traduits en plusieurs langues, notamment, Eloge de la parole (La Découverte, 2007) et Convaincre sans manipuler (La Découverte, 2008). David Le Breton est professeur de sociologie à l'université Marc Bloch de Strasbourg et chercheur au laboratoire Cultures et sociétés en Europe. Membre de l'Institut universitaire de France, il est l'auteur de nombreux ouvrages dont Silence (Métailié), En souffrance. Adolescence et entrée dans la vie (Métailié) et d'un roman policier, Mort sur la route (Métailié).

empty