Philippe Dumas

  • Une présidente de la République féministe à qui un sondage révèle qu'une certaine Blanche-Neige est plus intelligente qu'elle... Une descendante du Petit Chaperon rouge vêtue de bleu marine qui se croit plus maligne que tout le monde, et enferme sa grand-mère dans la cage au loup du Jardin des Plantes... Un enfant maltraité par son oncle et dont chaque larme qui coule se transforme en cigarette... Vers 1980, Philippe Dumas et Boris Moissard furent les premiers à mettre en pièces, retourner, réécrire, en un mot à pasticher les contes classiques de Grimm et de Perrault pour mieux leur rendre hommage dans un recueil qui allait devenir un best-seller. Leur secret ? Décors et accessoires contemporains, langue châtiée.
    Souvent imités, jamais égalés, ils ont décidé de fêter leur amitié et ses trente ans de bonheur en ajoutant à leurs cinq textes d'origine un inédit : Le pommier de Pomanchou.
    Ils sont amis d'enfance. Boris Moissard était libraire quand Philippe Dumas est venu lui demander de rédiger des textes pour un projet d'album qui comptait alors quelques croquis, dont un Petit Chaperon vêtu de bleu. Aussitôt dit, aussitôt fait. Pour regarder d'un oeil étranger, sinon objectif, la pile de volumes diminuer sur son comptoir, le libraire prit un pseudonyme, qui est à lui seul, sous forme de contrepèterie, un hommage à la littérature (Maurice Boissard était un pseudonyme de Léautaud). Le couple légendaire Dumas-Moissard était né.

  • La revue Cap-aux-Diamants présente cet hiver un dossier thématique sur les années 1930. Comme le souligne Michèle Jean dans la présentation du numéro, plusieurs initiatives mises en place pour traverser la crise à l'époque font écho à la crise que nous traversons actuellement, 90 ans plus tard. Martin Petitclerc discute des programmes mis en place pour les chômeurs, alors que Laurence Provencher-St-Pierre se penche sur la revalorisation de l'artisanat québécois. Jean-Philippe Bernard s'intéresse à l'impact du retour à la terre sur les Premières Nations en Abitibi et Emilie Girard, à la pratique de l'histoire dans la foulée de la démocratisation de l'accès à l'université. Alexandre Dumas, Mahdi Khelfaoui, Pierre-Luc Beauchamp et Anne-Marie Bouchard couvrent, quant à eux, diverses initiatives politiques, artistiques ou scientifiques ayant fait contrepoids au climat morose de l'époque. Enfin, Pierre Poulin revient sur la relance du mouvement coopératif et l'essor des caisses populaires.

  • Au début de la Troisième République, le gouvernement se préoccupe de trouver des solutions aux problèmes provoqués par la stagnation économique et l'essor de la concurrence internationale. Constitué en 1881 par Gambetta, le ministère du Commerce, renommé ministère du Commerce et de l'Industrie en 1886, doit répondre aux attentes des milieux économiques, mais aussi aux espoirs des « couches nouvelles » de la société (petits commerçants, artisans et ouvriers), pour qui il incarne l'idée de progrès, mise en avant par les dirigeants politiques. À partir d'une source peu exploitée, les rapports de la commission du budget de la Chambre des députés, Jean-Philippe Dumas retrace les principales réformes mises en oeuvre par les services chargés du Commerce et de l'Industrie entre 1870 et 1914. Il s'intéresse ainsi au droit commercial, à la propriété industrielle, aux exportations, à la police du travail, mais aussi aux expositions universelles ou à l'enseignement technique. Son travail met en évidence la responsabilité de plus en plus grande des hauts fonctionnaires dans les décisions publiques. Si certains préparent la mobilisation économique de la Première Guerre mondiale, d'autres envisagent la construction d'une économie plus juste, perspective qui influencera durablement la haute fonction publique au XXe siècle.

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