Revue Politique Africaine

  • Les problématiques de santé en Afrique connaissent un tournant majeur depuis les années 2000. La Global Health et son objectif d'inscrire les chocs épidémiologiques dans les agendas internationaux s'illustrent par l'intervention inédite d'une constellation d'acteurs sur les terrains de la santé. Ces nouveaux faisceaux de partenariats public-privé, de réseaux transnationaux, de programmes internationaux, sur lesquels se redéploient de manière inégale des trajectoires de politiques nationales, renouvellent la pensée politique de la santé en Afrique.
    Ce dossier soumet à l'épreuve des faits cette reconfiguration des politiques de santé, dissèque les déterminants des progrès et des inégalités, ainsi que les apories qui fondent les rapports entre l'économie de marché et les impératifs de santé publique. Les textes de ce dossier montrent, sur des politiques spécifiques, des césures et des continuums dans la manière de penser la santé tout en mettant en lumière des angles morts de la Global Health.

  • La pensée de Fanon est une pensée qui « empêche de dormir », sans cesse mobilisée dans des débats théoriques virulents ou comme étendard de revendications sociales et politiques. Les catégories qu'il a adoptées, façonnées dans la chair à vif de conflits atroces, n'ont rien perdu de leur acuité pour penser aujourd'hui les contradictions de la situation postcoloniale et la décolonisation de la connaissance, dans un monde où les rapports de domination produisent de nouvelles formes de souffrance et d'assujettissement. Ce dossier reprend quelques aspects d'une pensée inépuisable et indocile, en proposant un retour sur ses thèses les plus controversées : les pathologies de la reconnaissance, les conflits des sociétés africaines, la place de la culture dans la cure de la folie, le rapport entre le politique et l'islam dans la construction des États postcoloniaux, l'incorporation du racisme en situation postcoloniale. D'ailleurs, si l'on ne cesse de convoquer ce spectre et ses paroles « inopportunes et déplacées », n'est-ce pas que quelque chose de son temps - de sa violence, comme il l'avait lui-même prévu - hante encore notre présent ?

  • L'Afrique connaît, depuis le tournant du siècle, une expansion rapide des nouvelles technologies d'identification des personnes. Alors que près de la moitié de la population du continent ne serait pas dotée d'une identité légale, la biométrie apparaît comme la solution miracle pour lutter contre la fraude électorale, certifier les comptes bancaires, compenser les faiblesses de l'état civil et, surtout, contrôler les flux de population. Si le souci sécuritaire est central dans cette dynamique globale, la biométrisation des identités se pare aussi des atours démocratiques de l'accès aux droits, de la « bonne gouvernance » et du développement.

    Par-delà l'opposition classique entre surveillance et reconnaissance, le dossier interroge les effets actuels du tournant biométrique sur le fonctionnement des États et l'exercice de la citoyenneté au sud du Sahara. Les enquêtes menées en Afrique du Sud, au Burkina Faso, en Mauritanie, au Tchad, en Guinée et au Maroc soulignent l'encastrement social et politique de cette révolution technologique et la résilience de l'État documentaire. Elles montrent que la biométrie, loin de sécuriser les identités, peut contribuer au renforcement de l'exclusion et à la polarisation des débats sur l'appartenance citoyenne et nationale.

  • À rebours des présupposés réduisant le rap à son image contestataire, ce dossier s'attache à dépasser l'idée d'une simple dichotomie entre résistance et allégeance dans les relations que les artistes entretiennent avec le politique. En mobilisant la notion de polyphonie, il s'agit de comprendre les multiples ressorts stratégiques dont les rappeurs usent pour négocier une marge d'individuation et d'émancipation dans des espaces verrouillés. Les contributions se penchent sur des scènes rap jusqu'à présent peu documentées (Angola, Cameroun, Kenya, Ouganda, Tunisie) et mettent en évidence les modes pluriels d'imbrication et d'adaptation de ce genre musical en Afrique, en fonction des situations politiques de différents États ou de moments historiques particuliers. Par l'entrée rap, on accède alors à une compréhension plus vaste de processus de renouvellement, de transformation ou de déclin des régimes politiques concernés, ainsi que des modes d'agencéité mobilisés par la génération hip-hop africaine.

  • Parler de planification à propos de l'Afrique contemporaine peut paraître anachronique. Pourtant, la poursuite des objectifs internationaux de développement n'a pas seulement favorisé la généralisation des procédés néolibéraux de la Nouvelle gestion publique, elle a aussi induit le recours à des outils qui rappellent l'ingénierie du développement employée depuis le colonialisme tardif. La figure de l'État planificateur est un horizon de pensée : mémoire de l'État bienveillant, dénonciation de sa disparition ou appel au volontarisme développementaliste orientent les demandes d'État qui s'expriment dans les débats publics et les discours officiels. Des politiques de modernisation menées à l'indépendance au Kenya, en Côte d'Ivoire ou au Malawi à la gestion de l'urgence alimentaire en Éthiopie et aux exercices de prospective contemporains, ce dossier se penche sur la place centrale qu'occupent raisons et imaginaires de la planification dans le gouvernement de l'Afrique.

  • Ce dossier invite à penser la radicalisation en dehors du paradigme sécuritaire et des études sur le terrorisme. Dans un domaine où les médias et les « experts », parfois autoproclamés, sont omniprésents, il revient aux sciences sociales de s'interroger non seulement sur l'adéquation de cette terminologie avec les phénomènes sociaux et politiques qu'elle cherche à saisir, mais aussi sur sa genèse et ses usages concrets. Prenant appui sur des études de cas au Tchad, au Niger, au Kenya et en Somalie, ce dossier interroge ainsi les présupposés et les implications de l'approche en termes de radicalisation sur l'action publique, la participation politique et la vie religieuse et sociale. Comment la radicalisation religieuse, réelle ou perçue, touche-t-elle la vie politique, les rapports sociaux, et les modes de gouvernance dans le contexte de la « guerre mondiale contre le terrorisme » et des projets de dé-radicalisation ? Comment peut-on échapper à la « surinterprétation religieuse » des phénomènes politiques sans négliger la justification religieuse des violences ?

  • Entre la guerre civile dans les deux régions anglophones du Cameroun et la menace terroriste de Boko Haram dans l'Extrême-Nord, la propagande du régime de Paul Biya autour de « la paix et la stabilité », fragile mais réelle pendant des années, vole en éclats. Pour se maintenir, le régime avait mis en place une dérégulation morale, sociale et économique. Fondée sur la redistribution clientéliste et le contrôle des élites politiques, cet ethos de la manducation s'est nourri d'un immobilisme ontologique. C'est l'État stationnaire dont ce dossier se saisit. Les nouvelles figures composites de l'opposition ont cependant mis à profit les réseaux sociaux et les projecteurs médiatiques braqués sur le pays. Se dessinent trois avenirs possibles : l'implosion, le maintien du statu quo ou la renaissance. Les articles de ce dossier attestent tous d'une gouvernance centripète de la régulation des arènes politiques et de l'action publique. Le Cameroun entre néanmoins dans une ère pleine d'incertitudes et riche de leçons politiques.

  • Ce dossier s'inscrit dans les débats en cours sur la fiscalité en Afrique. Tout en la présentant comme un élément central du gouvernement des populations par les États, il interroge aussi la manière dont les politiques fiscales concourent à la permanente redéfinition des sphères désignées comme étant formelles ou informelles, que celles-ci soient étatiques ou non. Les articles du dossier mettent en lumière la diversité des formes de fiscalité au Kenya, au Nigeria, en Sierra Leone, au Sud-Soudan, au Sénégal et au Tchad. Ils montrent que leur mise en oeuvre relève tout à la fois d'orientations politiques et de pratiques au quotidien. Ils montrent également que la décision de cadrer certaines de ces pratiques comme officielles et d'autres comme non officielles a de lourdes incidences sur la reconnaissance des populations - et sur la manière dont celles-ci se sentent reconnues - par les États. La fiscalité apparaît ainsi au coeur de la formation quotidienne de l'État et de la manière inégale dont les gouvernants rendent des comptes aux gouvernés.

  • Ce dossier fait écho à un double constat : l'absence des travailleurs et travailleuses domestiques dans la littérature sur le travail en Afrique et la réapparition dans l'actualité médiatique et scientifique des enjeux autour du travail domestique.
    À partir de données et de terrains inédits en Afrique de l'Ouest, à Madagascar, en Afrique du Sud, à l'île Maurice et au Burundi, les contributions de ce volume proposent un regard neuf sur les domesticités. Elles dépassent en particulier la seule question du travail des femmes et des enfants, qui concentre souvent les attentions sur le continent africain.
    Elles s'intéressent en outre aux dynamiques internes qui, restées dans l'ombre des migrations du Sud vers le Nord, ne sont pas pour autant déconnectées des transformations de notre époque globalisée. Inscrivant les changements de conditions et de statut des domestiques dans un temps relativement long, ce dossier questionne leur articulation avec l'esclavage.
    C'est aussi en décrivant les formes possibles de mobilisation des travailleurs et travailleuses domestiques qu'il nous invite à penser davantage le balai comme objet politique.

  • Dossier
    Avec les contributions de Gabrielle Angey-Sentuc, Pierre Guidi, Sarah Fichtner, Pauline Jarroux, Clothilde Hugon et Sonia Languille.
    Depuis une quinzaine d'années, le « nouvel ordre éducatif mondial » a élargi l'espace d'énonciation des politiques d'éducation au-delà des frontières nationales, ouvert le marché scolaire à une grande variété d'acteurs et fait émerger de nouvelles formes de gouvernement de l'école. Ce dossier se penche sur les pratiques ordinaires des différents agents et acteurs de l'éducation pour rendre compte de la multiplicité des « arts de faire » l'école. Il s'intéresse aux jeux d'échelles dans lesquels s'inscrivent les relations entre les différents acteurs, y compris celles entretenues avec l'État et ses fonctionnaires. L'analyse de leurs articulations et de leurs combinaisons, en termes de circulation de personnels et de paradigmes, transcende les clivages classiques opposant espaces nationaux et internationaux. Ces contributions, concrètes et localisées, relisent les politiques d'éducation comme des objets de réinventions, de négociations et de bricolages complexes. Elles invitent à penser l'école moins en termes de modèles que de compromis.
    Conjoncture
    Premières leçons d'une « drôle » de transition en République centrafricaine, Roland Marchal
    Documents
    Putsch et politique de la rue au Burkina Faso. Quand les étudiants débattent du Régiment de sécurité présidentielle, Richard Banégas
    Lectures
    Autour d'un livre. Magnificent and Beggar Land. Angola Since the Civil War de Ricardo Soares de Oliveira, commenté par Michel Cahen, Didier Péclard, Gilles Favarel-Garrigues et Juliana Lima
    La revue des livres

  • L´Afrique serait-elle nostalgique ? Le passé est y souvent évoqué comme un temps des possibles. L´idée même de développement est devenue un objet de nostalgie, porteur de projections et d´anticipations désormais révolues. Que faire de propos qui sont difficiles à entendre, surtout quand ils expriment un regret du colonialisme ou des régimes autoritaires ? Ce dossier repère les espaces sociaux et politiques où émergent ces prises de positions. Il montre qu´elles ne sont pas les simples produits d´un effet de génération ni d´une expérience de déclassement. Au-delà des discours, les enquêtes réunies ici se tournent vers les ancrages matériels de la nostalgie. Parcourant des paysages ou scrutant des bâtiments, elles questionnent les modalités empiriques d´une ethnographie des traces et explorent la dimension politique des expériences affectives du temps.

  • Dossier
    Les travaux sur le politique en Algérie ont accordé une place de choix au paradigme rentier, qui expliquerait les difficultés de sortie du régime autoritaire, malgré les récents bouleversements régionaux. Ce dossier propose a contrario d'appréhender les transformations des modes de gouvernement à partir des marges spatiales, économiques et politiques de l'État, à travers une dialectique des normes et des pratiques concrètes, des autorités de régulation étatique et non étatique, et enfin du légal et de l'illégal. Par une analyse tournée vers les scènes locales, il propose une relecture de la façon dont le politique a traditionnellement été appréhendé en Algérie. Il révèle la pertinence de l'observation des marges de l'État pour saisir l'originalité des mobilisations sociales, et apprécier la régulation politique de ces marges dans le transnational ou dans le droit et la propriété.
    Recherches
    Running with the Hare and Hunting with the Hounds in Guinea-Bissau: The Politics of NGO and State Marina Padrão Temudo
    Conjoncture
    Sur la chute de Blaise Compaoré. Autorité et colère dans les derniers jours d'un régime Vincent Bonnecase Esprit d'Arusha, es-tu là ? La démocratie burundaise au risque des élections de 2015 Justine Hirschy et Camille Lafont
    Lectures
    La revue des livres

  • Avec les contributions de Sarah Fila-Bakabadio, Anna Cuomo, Régis Minvielle, Jemima Pierre, Patrick Awondo et Achille Mbembe
    Dossier
    Quelle est l'influence de modèles culturels issus du Black Atlantic sur les récits d'une africanité cosmopolite, par comparaison avec les expériences noires des Amériques et d'Europe notamment ? Comment ces énonciations africaines d'une blackness transnationale dialoguent-elles avec d'autres conceptions de la place de l'Afrique dans les processus globaux ? Ce questionnement est au coeur du présent dossier, construit autour de la notion de blackness. D'abord travaillée dans le champ des études diasporiques nord-américaines, cette dernière est ici envisagée en et depuis l'Afrique, par renversement heuristique. Les contributions participent chacune à leur manière à reléguer le référent chromatique au second plan, laissant émerger des luttes sociales, symboliques et politiques qui témoignent de la complexité et de la pluralité des sociétés africaines d'hier à aujourd'hui.
    Recherches
    Écrire masqué. Des pseudonymes dans la presse camerounaise Alexie Tcheuyap
    Soigner les siens : citoyenneté et imagination nationale au Botswana au temps du sida Fanny Chabrol
    Lectures
    Autour d'un livre. Citizenship between Empire and Nation. Remaking France and French Africa, 1945-1960 de Frederick Cooper, commenté par Pascale Barthélémy, Emma Hunter et Richard Banégas
    La revue des livres

  • Ce dossier s'interroge sur les mobilisations collectives portées par différents groupes de descendants d'esclaves et sur la façon dont ce statut peut constituer aujourd'hui non seulement une matrice d'exclusion, mais aussi un vecteur de lutte contre différentes formes de domination.

  • Dossier : L'Éthiopie après Meles
    La disparition de Meles Zenawi en 2012 a ouvert une période de doutes et d'ajustements pour l'État ethnofédéral en Éthiopie. Ce dossier propose une réflexion sur les défis de « l'après-Meles » et invite à une discussion autour des héritages de celui qui était l'homme fort du régime depuis 1991. Au-delà de la disparition du chef en tant que telle, c'est bien la dernière décennie de règne de Meles qui représente un moment historique pour l'Éthiopie contemporaine. Ce moment, marqué par l'élaboration et la mise en oeuvre d'un vaste plan de transformation du pays inspiré des succès asiatiques, a placé le développementalisme au coeur de la rhétorique et de l'exercice du pouvoir d'État, tout en permettant à celui-ci de renforcer ses capacités d'intervention, d'étendre le champ de son déploiement et de réaffirmer ses modalités de domination autoritaire. Meles laisse ainsi à ses successeurs le soin de mener à bien un projet ambitieux mais difficile à conduire et impossible à réformer, au risque de remettre en cause le plan hégémonique du parti au pouvoir.
    Recherches
    « Même si tu as tes papiers, ils t'embarquent » : gestion policière de l'immigration africaine ou institutionnalisation de la xénophobie dans l'Afrique du Sud post-apartheid Rodolphe Demeestère
    Conjoncture
    Qui gouverne (réellement) l'Algérie ? Mohammed Hachemaoui

  • Des temps précoloniaux à nos jours, les sociétés d'Afrique subsaharienne ont forgé des savoirs corporels, parmi lesquels les pratiques sportives et ludomotrices (scoutisme, danses guerrières, lutte, football...) tiennent une place importante. Diffusées par de nombreuses organisations politiques, culturelles et pédagogiques, elles participent de politiques de (re)construction des corps destinées à renforcer, à infléchir ou à défier les institutions au pouvoir. Suivant une démarche ethnographique et sociohistorique, les auteurs de ce numéro soulignent la dialectique qui entrecroise cette « politique du survêtement » aux processus de subjectivation politique et de mobilisation sociale et combattante : des corps « sportifs », « vaillants », « travailleurs » et « guerriers » sont ainsi formés, docilisés, surveillés et contrôlés, mais aussi émancipés au sein de processus plus globaux, teintés de transferts matériels, sociaux et politiques, de branchements transnationaux et de formation inconsciente des sujets de l'État.

  • Au cours des trois dernières décennies, l'industrie audiovisuelle africaine a subi des transformations de grande envergure. Les innovations technologiques et les processus de libéralisation politique et économique ont facilité l'accès à la production et à la distribution à des segments de la population qui en étaient jusqu'alors globalement exclues, mais elles ont également attisé un intérêt grandissant des grands groupes commerciaux internationaux pour le secteur.
    Ce dossier analyse les effets de ces transformations sur l'économie et la politique de la production et de la distribution audiovisuelle en Afrique. Il interroge également les cadres théoriques et méthodologiques que nous pouvons mobiliser pour les étudier, en soulignant l'importance d'historiciser nos analyses et d'interroger de manière autoréflexive nos pratiques de recherche ethnographique.
    Ces réflexions sont conduites à partir d'études de cas, en Côte d'Ivoire et au Nigeria, mais aussi de débats plus transversaux autour des transformations récentes de l'industrie audiovisuelle sur le continent africain.

  • Dossier coordonné par Sara Dezalay avec la collaboration de George Karekwaivanane, et les contributions de Meredith Terretta, George Karekwaivanane, Jeremy Gould, Peter Brett et Éric Gobe
    Le droit en Afrique évoque souvent l'image du legs colonial ou d'un vide juridique. À rebours de cette vision trompeuse, ce dossier contribue à une sociologie du droit encore tâtonnante sur le continent. Son pari est que les juristes offrent une clé d'entrée pour éclairer les transformations de l'État, mais aussi l'historicité des dynamiques de mondialisation du droit sur le continent. Les différentes contributions explorent des situations coloniales et contemporaines contrastées des anciens empires français et britannique. En mettant pleins feux sur les trajectoires des juristes qui incarnent et contribuent par leur engagement à ces transformations sur la scène locale, nationale ou globale, elles montrent que c'est bien dans ces soi-disant périphéries que se jouent les grandes révolutions juridiques, politiques et économiques actuelles.
    Recherches
    Boko Haram, le jihad en vidéo de Élodie Apard
    Conjoncture
    Les violences dans l'Extrême-Nord du Cameroun : le complot comme outil d'interprétation et de luttes politiques de Marie-Emmanuelle Pommerolle
    Lectures
    Autour d'un livre. Ethnic Patriotism and the East African Revival. A History of Dissent, c.1935-1972 de Derek Peterson, commenté par Hervé Maupeu, Carol Summers et Etienne Smith
    La revue des livres

  • Dossier En période électorale, l'espace public est envahi d'objets. Posters, T-shirts, messages audio-visuels, manuels de l'électeur circulent aussi bien dans les rues que dans des espaces sociaux plus spécifiques (Églises, administrations, marchés...). De leur côté, les institutions électorales conçoivent, achètent, diffusent des technologies censées permettre un processus électoral « intègre » depuis le recensement électoral jusqu'au dépouillement du scrutin. Un ensemble hétérogène d'objets sont ainsi produits afin de construire des institutions et des citoyens en adéquation avec les représentations politiques « modernes », en constante redéfinition. Cette profusion matérielle, officielle et officieuse, offre une perspective de recherche stimulante dans le champ de la sociologie électorale. Partir des objets, au coeur de transactions matérielles et symboliques lors du moment électoral, permet de tracer au plus près les tentatives de contrôle, les formes de l'échange, de la soumission et de la désobéissance qui caractérisent les situations électorales, à la fois routinières et toujours exceptionnelles. Recherches Le capital-investissement comme instrument de l'action publique ou la financiarisation du développement en Afrique subsaharienne Antoine Ducastel Conjoncture « Demain, un jour nouveau ? » Un renversement électoral confisqué au Gabon Alice Aterianus-Owanga et Mathilde Debain Lectures Chronique bibliographique. Une nouvelle sociologie des partis politiques en Afrique ? Lectures critiques par Hervé Maupeu La revue des livres

  • L'expression est couramment invoquée et pourtant rarement définie. Comment rendre compte des recompositions politiques qui se déroulent, après des séquences d'effervescence pluraliste, sous le signe des « lendemains qui déchantent » ? Ce dossier défend l'idée que derrière le retour à l'ordre « des anciens », derrière l'unanimisme que le projet de restauration de façade semble façonner, demeurent des pratiques et des représentations politiques qui ne relèvent pas strictement de l'organisation du contrôle par les dirigeants de l'ancien régime. Les moments de restauration ne débouchent pas nécessairement sur le « retour de l'autoritarisme » mais se caractérisent par des processus de forclusion de l'effervescence pluraliste. En proposant une sociologie des dynamiques contradictoires à l'oeuvre dans ces moments, nous proposons de penser le moment de restauration comme « devenir », tiraillé entre des temporalités et des dynamiques plurielles, afin de parer aux écueils d'une téléologie démocratique autant qu'à ceux d'une téléologie autoritaire, toute aussi nocive.

  • Au sommaire de ce numéro : Le processus de décentralisation au Cameroun à l'épreuve du transfert de compétences et de ressources aux communes : entre contrôle et autonomie; Fin de crise, réconciliation nationale et identité en Côte d'Ivoire: pas décisifs ou pas de Sisyphe ?; Les coopératives agricoles à l'épreuve de la réforme territoriale de l'aministration publique au Cameroun; Politiques de conservation de la biodiversité faunique des aires protégées au Cameroun.

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