Robert Lalonde

  • Laurel Dumoulin s'enfuit le jour de l'enterrement de sa femme, à travers champs, répétant, aux dires du seul témoin, deux prénoms amplifiés par l'écho de la montagne : celui de Marie-Ange, la défunte, et celui de Florent dont Mathilde, cousine de Marie-Ange, découvrira par hasard le journal intime. Vingt ans plus tard, Mathilde enquête sur le passé de celui qui fut toujours considéré comme l'étranger, le boiteux, le métis, le diable en personne. Derrière les cavales successives, les noms d'emprunt, les secrets, elle découvrira un homme dont le seul tort aura été de se montrer rebelle, libre, sans peur donc sans violence.

  • Ni pastiches, ni exercices de style, ces histoires sont écrites « sous l'influence » d'autres écrivains : Jean Giono, Colette, Flannery O'Connor, Francis Scott Fitzgerald, Gabriel García Márquez, Anton Tchekhov, Guy de Maupassant, Gabrielle Roy, Michel Tremblay. Participant de l'oeuvre de fiction de Robert Lalonde, tout en poursuivant la voie inaugurée dans Le Monde sur le flanc de la truite et Le Vacarmeur, ces neuf textes constituent autant d'hommages à des auteurs admirés, du « piratage par amour ». Le plus beau dans tout ça, le plus surprenant - j'aurais pu, évidemment, m'y attendre -, c'est que pillant à tour de bras je me suis vu retomber dans les sillons de ma calligraphie à moi, ce fameux timbre «naturel », qui est peut-être fait de bien plus de chants qu'on pense. Chemin faisant - car rien ne saurait arrêter le pilleur ravi ! -, je découvris, avec une joie quasiment surnaturelle, comment travaillait celui-ci, besognait celle-là, bûchait cet autre, virgulait et adjectivait cet autre encore, et crus même apercevoir le paysage qui tremblait dans la fenêtre de l'un, ou ventait dans celle de l'autre, pendant qu'il ou elle écrivait. À tel point que je fus souvent bien étonné de déposer ma plume, une fois l'histoire achevée, dans un présent absolument personnel et inimitable, où m'attendaient des occupations de revenant, pour lesquelles il me semblait que je n'étais pas né. R.L.

  • Le périlleux passage de l'enfance à l'adolescence puis à l'âge adulte se trouve au coeur de toute l'oeuvre de Robert Lalonde. Le sourd travail du désir, l'élan vers la lumière, la fascination des ténèbres, la passion pour les êtres et les livres, la terrible sagesse de la nature, tous ces thèmes se retrouvent ici transfigurés par une manière nouvelle chez Lalonde de tisser plusieurs histoires, de les heurter les unes contre les autres pour en faire retentir toutes les harmoniques, et par un lyrisme d'un abandon et d'une audace encore jamais atteints chez lui.

    Avec ce nouveau roman, Robert Lalonde donne sans doute son oeuvre de fiction la plus importante de ces dernières années et pose un nouveau jalon dans son parcours d'écrivain.

  • Un homme est visité par le fantôme d'une romancière morte depuis des lustres. Un autre cherche son frère qui s'est enfui de la maison où ils vivaient tous les deux. Un traducteur a l'audace de rendre visite à la poétesse dont il admire l'oeuvre. Courts romans ? Longues nouvelles ? Chacun des trois textes rassemblés ici propose une histoire complète, indépendante, différente par le ton et par le sujet. Bien sûr, ces histoires sont réunies par la grâce de l'écriture de Robert Lalonde, et y résonnent les thèmes familiers de l'auteur. Chacune raconte une errance, une quête, un chemin que parcourent des personnages à la recherche d'un être désiré, rêvé, perdu. Chacune raconte le combat contre le malentendu, contre le temps, contre tout ce qui nous sépare de ceux qu'on aime, de ce qu'on aime, et qui brille comme un coeur rouge dans la glace.

  • Il était une foisGrand Remous. Le château, la colline, la pinède et le barrage, la petite baie, l'eau de la crique. Une famille très unie. Quatre enfants, trois grands et le petit.
    Mais voilà qu'une nuit, la nuit du barrage, une femme un peu folle convainc son mari très épris d'abandonner leur progéniture afin d'aller courir le monde au volant d'une chevrolet bleue.
    Il fut une fois Grand Remous. Des années passèrent... Et puis des voix s'élèvent, celles de Charles, d'Aline et de Serge. Et surtout celle de Julien, l'innocent, l'enchanté, le somnambule.
    Toutes disent l'histoire. Jamais la même.
    Un ogre. Il faut donc qu'il y ait un petit poucet. C'est Julien. Entrez dans la forêt, suivez-le. Il a, bien sûr, dispersé des petits cailloux dans l'eau de la crique, le souffle des collines, la pinède embrassée par les vieux soleils.
    Un roman-quête dense et foisonnant. Un texte serré et lyrique d'une étrangeté vraie. Un roman " policier " bercé par la présence à la fois confortante et terrorisante de la nature.

  • Iotékha', c'est-à-dire « il brûle », en langue mohawk, à l'image de l'auteur qui voit sa vie devenir fumée et qui essaie d'en lire le sens à travers ses volutes fantasques.
    Qu'est-ce qui fait qu'on ne peut cesser de fumer ? Qu'est-ce qui fait qu'on ne peut cesser de regarder autour de soi, de percevoir des correspondances, des harmoniques, entre les différentes formes d'art, entre le ciel étoilé et ce qui se passe en nous ?
    Dans ces carnets, Robert Lalonde s'appuie sur un souvenir d'enfance, sur un moment de son travail d'acteur ou d'écrivain, sur une phrase lue, sur une image, pour effectuer une plongée vertigineuse dans le temps qui passe et qui transforme tout. Il donne ici une méditation intimiste, à la fois grave et lumineuse, où il conjugue tout ce à quoi il est passionnément attaché : les livres, le théâtre, la vie sauvage, le geste d'allumer une cigarette.

  • Un écrivain vit seul dans sa trop grande maison, encore hantée par la présence de son père, avec qui il y a vécu mais qui est depuis longtemps disparu, et par celle de la femme qui vient de le quitter.

    Son métier l'appelle sans cesse sur la route et l'amène à croiser des hommes qui, à un moment ou à un autre de sa vie, ont contribué à forger celui qu'il est devenu, ou des enfants, qui lui rappellent l'émerveillement ou la fragilité de celui qu'il a été.

    Robert Lalonde donne ici un roman-mosaïque composé d'une suite d'histoires qui se font écho. S'y dessinent toutes les figures des relations que les hommes peuvent tisser entre eux, mentor, disciple, rival, ami, amant.

    Dans une prose somptueuse, il peint de manière éblouissante la nature qui entoure ses personnages et où se reflète le moindre mouvement de leur âme.

  • «À demi mort, mort-vivant, mort en sursis, mort de peur, en danger de mort, la mort dans l' âme, plus mort que vif, comme on voudra. Je découvre enfin que nous sommes tous éblouis par le soleil noir de la dernière heure. Que c'est le lot des survivants, cette culpabilité de rescapé, doublée du désir fou de se traîner vaille que vaille dans la lumière. Il ne s'agit pas de mériter, de jouer au héros : ce que les autres appellent le bonheur - mot que je ne comprenais et ne comprends toujours pas -, je décide de le nommer contentement de vivre et j'entends bien désormais le chercher et le trouver tout seul. Le coeur n'est-il pas d'abord un muscle ? Et un muscle, ça se tend, se détend, se retend. Ce muscle-là doit bien être assez futé pour tenir ses promesses.»

    Avec «La Liberté des savanes», livre inclassable où règne un équilibre fragile entre ombre et lumière, Robert Lalonde nous oblige à ouvrir les yeux sur le monde, sur la vie, leur misère et leur splendeur.

  • Un garçon au seuil de l'adolescence observe son père, peintre du dimanche, « peintraillon », comme il le dit de lui-même, jeter un bouquet de couleurs sur sa toile. Sous le regard émerveillé de l'enfant apparaît la feuillaison rouille d'un grand hêtre, celui-là même qu'il a aperçu l'autre jour à l'entrée de la grande baie, encerclé d'épinettes, une nuée de carouges tourbillonnants autour de son faîte. Mais pourquoi diable le hêtre qu'a peint son père lui semble-t-il plus conforme au souvenir qu'il a du bel arbre de la baie? Son grand hêtre, hanté d'oiseaux amoureux et portant mi-juillet sa chevelure d'octobre, s'il est plus vrai que vrai, n'est-ce donc pas parce qu'il a été réinventé par le peintre?
    Robert Lalonde puise ici dans ses souvenirs d'enfance pour nous donner le plus poétique peut-être de ses livres en prose. Cette «scène primitive» dont il est témoin, ce corps-à-corps du père avec la toile et les couleurs, allume chez l'enfant un ardent désir de créer, mais qui pour lui s'exprimera par l'écriture.
    Ce livre est une méditation sur les liens qui unissent peinture et écriture, couleurs et vocables, formes et récits, faisant défiler les figures de Cézanne et de Zola, de Van Gogh et de Gauguin, de Suzor-Coté, d'Arthur Villeneuve et de Marc-Aurèle Fortin. Il évoque les amis peintres, toujours prêts à ouvrir leur atelier au littérateur, qui en sort ébloui, et le travail silencieux et solitaire de l'écrivain, que menace et aiguillonne à la fois la peur de l'échec, la peur de ne pas se montrer à la hauteur de la vision.
    Ce livre est avant tout un hymne à la création et aux créateurs, qui pour aller au bout de leur art doivent faire la guerre au doute, à l'à-quoi-bon, au babillage qui entoure trop souvent la création, mais qui ont pour devoir, pour passion, de faire leur joie, notre joie, en risquant tout pour mettre au monde une oeuvre.

  • « On peut comprendre une chose en un seul instant, mais on la perd dans les longues heures qui suivent avec leurs semelles de plomb », écrit Oscar Wilde, enfermé dans sa prison. C'est de ce « seul instant » qu'il sera question dans ces pages. Pour ce qui est des « semelles de plomb » - la prison -, chacun sait à quoi s'en tenir. Mais qu'en est-il de cet instant qui oblige à sortir de soi, de cette courte illumination qui fait s'ouvrir l'oeil , frissonner la nuque, trembler nos certitudes et nous amène à douter de notre âge ? On a de nouveau sept ans et le monde redevient une énigme merveilleuse. » R.L.

    Robert Lalonde nous entraîne dans sa campagne l'espace de tout un été. Il nous ouvre les portes du laboratoire de l'écriture, nous fait témoins de l'opération alchimique qui se déroule entre l'oeil et le coeur de l'écrivain, entre la nature et les livres se répondant sans cesse. Grâce à son regard aiguisé, il nous donne à voir ces correspondances dont parle Baudelaire, et qui sont le souffle même de la vie.

  • Je suis dune famille de chasseurs, dembusqués, de poseurs de pièges. On me faisait marcher en avant, à grandes enjambées briseuses de souches et de silence, pour faire sortir le lièvre de sa cachette, senvoler la perdrix du bouleau, se rapprocher le gibier des fusils. Je nétais pas tireur, mais « vacarmeur », celui qui naperçoit pas la bête quil traque, mais la cherche, la devine dans les limbes de la fardoche. Je nai pas choisi : traqueur je fus, traqueur je suis resté. Je marche sans cesse sur des sentiers de traverse, à laffût, attentif, inquiet et espérant. Éternel «vacarmeur», je fais toujours lever un gibier que je ne vois pas. Écrire, cest cela : faire lever le gibier, écouter tirer les autres, dans un lointain très proche. Avec Le Vacarmeur, Robert Lalonde donne la suite du Monde sur le flanc de la truite. Dans une prose qui cerne le mystère avec une extraordinaire précision, il nous conduit au plus près du cur ardent de lacte créateur. Encore une fois, nos guides se nomment Rick Bass, Michel de Montaigne, Annie Dillard, Flannery OConnor, Jean Giono ou Gabrielle Roy. Encore une fois, lauteur fait participer la littérature à une célébration en même temps païenne et sacrée du monde et de la nature.

  • « Imagine un souffle qui cherche une bouche, une étincelle qui court dans le champ, un tout petit espoir très féroce : c'est moi ! » Tout est en place. Les êtres et les bêtes et les choses et la lumière parfaite d'un premier jour d'été. Prédestiné, impatient, déjà vivant au fond de mes limbes, je vois tout. Trente-sept ans plus tard, je vois tout et je te raconte. A toi qui feras l'enfant, notre enfant. Je te parle du village, de la réserve indienne, de mon père et de ma mère extravagants d'amour et qui fuient un autre village, je te parle de leur drôle de voyage de noces. Je te dis combien je suis présent déjà entre eux, presque né. Sortis de ma mémoire imaginante je te dis les sortilèges, les drames et les radieux mystères qui ont présidé à ma venue au monde. Et au bout de mon récit, quand je t'ai tout dit, mais surtout le plus beau et le pire (écoute mon amour, ils montent dans la chaloupe), notre enfant à nous est commencé. Cette fois encore, Robert Lalonde invente et impose un territoire à la fois universel et privé où se mêlent obsessionnellement l'enfance métisse et le jour le jour amoureux. Dans cette Belle Journée d'avance magiquement rivée à l'enfance, l'auteur se joue du temps qu'il s'approprie en grand romancier. L'Amérique n'est pas loin, l'Europe est encore proche.

  • " J'étais devenu fou, je le savais et j'aimais ma folie. Le l'aimais d'un amour noir, féroce et accroché solide, d'une soif de loup qui boit son sang et le goûte avec délice, à la fois pour survivre et pour contenter un orgueil malade, triomphant, éperdu. Je l'aimais comme Alma, Fatima et Claire chérissaient sombrement les herbes amères bouillonnant dans leurs chaudrons, comme Vianney qui me valait et me battait pour trouver ma tendresse, comme Rémi sa musique... Je l'aimais d'une passion qui me déchirait et m'effaçait à la fois, qui prenait ma place, parlait pour moi. Et je me nourrissais de son savoureux poison, comme un ogre d'une chair d'enfant au goût de lait et d'innocence. "
    Dans un pays hanté par l'oubli, Aubert, mangé par le même mal, raconte sa vie de chassé paradis. Poète tour à tour égaré chez les bêtes et les hommes, il traverse ce siècle, le cœur dans la bouche et du sang sur les mains, convaincu qu'un accomplissement est possible " au milieu des arbres brûlés " et, s'il caresse la folie de la main qui ne tient pas le crayon, c'est qu'il n'a de cesse d'allumer les âmes de ses pareils si lointains, " ces oublieurs remplis de grelots et d'espérance ".
    Un roman empreint d'une grandeur naïve, légendaire et souvent faunesque. Un mélange fascinant où l'on retrouve le lyrisme d'un Giono, les facettes obscures d'un Genet, la truculence d'un Ferron.

  • " Il démarra le moteur et alors la voix de l'Indien résonna dans sa tête, comme le bruit d'une branche de bois vert qui siffle dans le feu : " Mon frère, prends courage, tu approches comme on brûle ! "
    Kanak, l'Indien de ses treize ans, qui lui fixait un mystérieux rendez-vous, sept lacs plus au Nord, dans la grande forêt où il s'était réfugié après la drôle de guerre dans la pinède d'Oka.
    Singulier équipage que cette mère à demi sorcière – cramponnée à sa mystérieuse petite valise, à ses histoires éloigneuses de mort – et son sang-mêlé de fils qui a " le feu au corps ". c'est elle qui mène en se laissant mener, aussi tranquille sur la redoutable route des lacs que " la reine d'Angleterre qui s'en va-t-à la pêche ". Pourtant le chien de la mort est à leurs trousses et aussi le fantôme du père, l'homme qui, pour avoir trop d'amour enfoui en lui, ne savait comment venir au monde.
    Une errance sauvage, une quête, une réconciliation peut-être, mais surtout le chant d'amour enfoui en lui, ne savait comment venir au monde.
    Une errance sauvage, une quête, une réconciliation peut-être, mais surtout le chant d'amour d'un fils rebelle pour sa mère, la passeuse, la marmonneuse, la blanche Iroquoise....

  • « Il y a exactement quarante jours aujourd'hui que mon grand-père est mort. J'en suis sûr parce que c'est à moi qu'il a demandé de lui fermer les yeux pour de bon. Dans huit semaines précisément j'entrerai pensionnaire au petit séminaire. Comme le clan en a décidé. » Reste l'été. Qui ne ressemblera à aucun autre. Il sera rouge, ébloui, magique. L'Indien Kanak initiera Michel aux joies innocentes et scandaleuses du sexe, de la nature, de la liberté. Leurs lois seront celles du soleil et de l'amour. Mais le village ne laissera pas faire ça. Le rouge et le blanc ne peuvent se mêler impunément.

  • «L'enfant vit dans l'ombre de son père jusqu'à ce qu'un jour il projette sa propre ombre», dit un proverbe amérindien. C'est dans ce mystère que nous entraîne R. Lalonde avec un récit obsessionnel de l'initiation masculine.» Extraits de presse «Une écriture fabuleuse, maîtrisée de façon remarquable. Un livre magnifique. Un roman passionnant.» René-Daniel Dubois - Télé-Québec / Bazzo.TV

  • Vallier est venu au monde au pays des anges sans ailes, des superstitions émoustillantes et des songes palpables comme les pommes accrochées au pommier. Est-ce sa faute s'il a le nez trop bien débouché, les oreilles trop grandes ouvertes, les yeux tout autour de la tête et la main fouineuse ? Dès lors, il ne faudra pas s'étonner de ce que son nez trouve, de ce que sa main cherche, de ce que ses singuliers talents suscitent.
    Dix épisodes d'une même enfance, à la fois attachés ensemble et séparés les uns des autres, comme des brins d'herbe dans un champ très venteux. Dix journées de grâce, d'effroi, de traque, d'embuscades, de frauduleuses découvertes. Vallier, l'innocent, sait bien qu'il n'a pas été planté dans la vie, tel un personnage aplati dans un décor, mais éparpillé comme une poignée de morceaux d'étoiles, sur la terre comme au ciel. Et qu'il doit bien y avoir un ange, là-bas, plus loin, qui attend qu'on se remette entre ses bras...

  • Romain, professeur de philosophie à la retraite, est veuf. Irène est une actrice célèbre désormais confinée aux rôles de reine mourante. Ils ne le savent pas encore, mais un être les relie : Jérémie.

    Irène a l'habitude d'attendre le jeune itinérant dans la ruelle derrière le théâtre quand elle va fumer une cigarette entre deux scènes. Il lui récite Dostoïevski, qu'il semble connaître par coeur, ou bien des poèmes qu'il improvise au fur et à mesure. Il lui dit qu'elle est belle. Parfois, il lui demande de l'aider à se faire un shoot.

    Romain a rencontré Jérémie au sortir des funérailles d'un de ses plus vieux amis. Il est passé devant la main tendue du jeune homme assis sur les marches de l'église. Il a deviné le regard de braise sous le capuchon. Il l'a attrapé par le bras et l'a fait monter dans sa voiture, sans savoir où il voulait le mener. Ils sont désormais inséparables.

    Irène et Romain aiment Jérémie, qui les aime en retour. Et voilà qu'un soir de première, grâce à un billet qu'il a trouvé dans sa boîte aux lettres, Romain fait la connaissance d'Irène. Très vite, ils comprennent le piège qu'on leur a tendu.

  • "J'avais treize ans,ce que je voulais, ce que désespérément je voulais, était impossible." Robert Lalonde s'empare ici à bras-le-corps d'un sujet universel, un desgrands classiques de la littérature: l'adoslescence malheureuse. Pensionnaire dans un collège religieux - le catholicisme tel qu'il existait il n'y a pas si longtemps au Canada: obtus, obscur, archaïque -, expédié là par un père auquel le lie un secret innommable, le narrateur se pose très tôt les premières vraies questions. Comment s'arracher à un monde "où tout est fini avant d'avoir commencé" ? Quelle direction donner à la colère avant qu'elle ne vous détruise ? Bien sûr, il y a le ciel infini, les érables rougeoyants, le lac où l'on va pêcher. Mais cela suffit-il à s'évader de la folie qui vous ronge ? Il faut écouter jusqu'au bout cette extraordinaire confidence, écrite avec une fureur que l'on partage et dont on s'imprègne.

  • Se cachent, au fond de chacun de nous, des histoires. Parfois, elles séveillent pour nous rappeler lexistence dêtres dexception. Des êtres issus de notre passé, de notre enfance, ou de plus loin que nous encore, qui savent mieux aimer, mieux vivre, mieux mourir que nous ne le pourrons jamais. Toute une humanité nous habite, qui nous semble à la fois plus vraie que lautre, et plus fragile aussi, espèces en voix de disparition. La plupart de ces nouvelles révèlent de telles histoires cachées. Chacune met en scène des êtres irremplaçables. Un père qui disparaît au fond de la rivière avant la naissance de son fils, un ange déchu qui enflamme un groupe de jeunes voyageurs, une femme qui donne à un peintre la force de mettre une uvre au monde, un enfant dont un couple a refusé la venue, un autre couple, au seuil de la mort, qui se découvre toujours hanté par le désir. Chacune de ces nouvelles est une plongée vers lhumanité qui se cache derrière le quotidien, une échappée vers la part la plus vivante de nous.

  • « Vos témoignages sont l'encre dont ma plume a besoin pour donner vie à vos histoires et bâtir la paix. »
    C'est en ces termes que l'auteur se présentait aux interlocuteurs qu'il a rencontré, tour à tour, dans les périphéries du Liban, du Rwanda, de la République démocratique du Congo (RDC), du Honduras et d'Haïti. Il soulevait alors sa plume tout en leur disant comment elle avait soif de les entendre.
    Tout au long de cette mission, organisée grâce au soutien de l'Ins titut de formation humaine intégrale de Montréal (IFHIM) d'où il tire ses sources, il a pu observer la misère de ces personnes, tantôt causée par le deuil, le divorce, la pauvreté ou la violence,
    tantôt par la persécution, les catastrophes naturelles ou la guerre. Il a aussi pu constater leur redressement après s'être engagées dans les sessions de formation.
    Leurs témoignages lui ont permis de réaliser la métamorphose qui allait éventuellement les conduire à devenir des bâtisseurs de ponts de paix.

  • Grâce à l'affaire Snowden, l'ampleur qu'a prise la surveillance dans nos sociétés a été révélée au grand jour. Les dispositifs qui la permettent et le contrôle social qu'ils induisent ne sont cependant pas apparus du jour au lendemain. C'est souvent même avec bienveillance que nous avons accueilli des changements technologiques rapides qui renforcent pourtant le potentiel totalitaire du cybercapitalisme. Comment comprendre cette nouvelle forme de servitude volontaire? L'obsession sécuritaire suffit-elle à l'expliquer? Ce dossier se penche sur ces questions dérangeantes et sur les façons de résister à la logique de contrôle qui anime les dérives actuelles, souvent commises au nom de notre liberté.

  • Le numéro 142 de Les écrits passera à l'histoire comme le premier de deux volumes soulignant les 60 ans de la revue. Intitulés « Passage de témoins », chacun des volumes rassemblent vingt duos d'écrivains jeunes et moins jeunes témoignant de l'éternelle jeunesse d'une littérature qui a atteint, à l'instar de la revue, une grande maturité et un plein épanouissement à travers plus d'un demi-siècle d'épreuves et d'expériences qui n'ont cessé de la renforcer. Un passage de poètes, de romanciers et d'essayistes saisi au moment où le « bâton à message » que représente la parole-témoin passe de main en main ou de bouche en bouche pour assurer la transmission de la voix et du regard que la littérature consacre depuis toujours à notre monde et à son histoire.

  • Vous trouverez dans cet extrait tous les articles du rétroviseurs sur Anne Hébert, paru dans le No 301 de la revue Liberté.

    Pourquoi inaugurer le « Rétroviseur » avec Anne Hébert ? D'une part, il nous semblait qu'elle jouit d'un tel prestige institutionnel qu'il devient un peu difficile de la lire hors des ornières scolaires. De plus, contrairement à d'autres « grands auteurs » québécois, il nous apparaît plus difficile d'identifier avec précision la postérité de son oeuvre chez les plus jeunes. Il nous semblait aussi, peut-être à tort, que la violence et la puissance de son travail étaient souvent escamotées au profit d'un vernis de terroir ou d'un romantisme de pacotille. Nous avons demandé à quatre écrivains - et pas les moindres ! - de casser la glace. Ils ont largement dépassé nos attentes et ont signé des textes singuliers et engagés qui redonnent un lustre à l'oeuvre d'Hébert. Pour tout dire, ça donne follement envie de replonger dans ces beaux livres obscurs.

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