Sylvain Dreyer

  • Dans la France des années 60 et 70, des écrivains et des cinéastes comme Jean-Paul Sartre, Jean Genet, Jean-Luc Godard ou Chris Marker s´engagent en faveur des luttes tiers-mondistes. Après l´engouement des intellectuels pour l´URSS au début du siècle et les luttes de décolonisation, la révolution cubaine, la résistance vietnamienne et le mouvement palestinien symbolisent désormais l´espoir d´un socialisme à visage humain.
    Cette floraison de témoignages - articles, essais, pièces de théâtre, films de fiction et films militants - permet l´émergence d´une nouvelle forme d´engagement artistique : un engagement critique qui n´exclut ni la lucidité idéologique ni la sensibilité esthétique.
    À travers une rhétorique comparée de la littérature et du cinéma engagés, cet essai propose une exploration d´oeuvres parfois méconnues d´artistes pourtant majeurs, qui s´interrogent sur les conditions d´une authentique politisation de l´art.

  • Ce recueil instaure un constant va-et-vient entre texte et image qui dépasse le simple rapport de l'illustration. Le lecteur est plongé dans le flou, l'entre-deux, les jeux d'ombres et de lumière, qui dessinent l'univers fuyant d'une errance intérieure. Les paysages urbains de la première partie sont ceux d'une ville mythique : Marseille. La dernière échappée intitulée "Projectile" présente des poèmes plus lapidaires, fragments de paroles échangées entre ceux qui restent et ceux qui partent.

  • Filmer l'écrivain, est-ce filmer une vie, un statut institutionnel, une parole ? L'émission littéraire ou la critique filmée sur internet ont-elles pour but de rapprocher le public de littérature ? La dimension patrimoniale et didactique du film sur la littérature, la starisation liée à l'incarnation des auteurs semblent dominer les discours cinématographiques et télévisuels. Peut-on alors parler de critique ? Ou avons-nous affaire à la constitution d'un pur objet de culture ? Les études ici rassemblées témoignent qu'un discours critique est en jeu dès lors que le cinéma ou la télévision engagent un geste de mythification ou de démystification. L'ouvrage mettra également en avant les ressources propres dont le film dispose pour explorer ce qui apparaît comme au coeur de l'expérience littéraire : la production d'effets qui dépassent le fonctionnement linguistique et relèvent de la matérialité de l'écrit, du corps, de la naissance des images, des rythmes et des sons et par-dessus tout sans doute, comme le cinéma, d'une méditation sur le temps et la mémoire.

  • Le film est-il à même de renouveler notre rapport aux arts plastiques ? Est-il capable, surtout, de tenir un discours critique spécifique sur les oeuvres, l'histoire de l'art ou l'esthétique ? À l'intérieur du champ du « film sur l'art » auquel l'époque accorde une pleine visibilité, le propos de cet ouvrage est de configurer une zone particulière, celle des médiations cinématographiques du savoir sur l'art. Sont envisagés les films qui ouvrent un espace critique, c'est-à-dire ceux qui exhibent leur source d'énonciation ou articulent un discours argumenté à propos de l'oeuvre, du medium ou de l'art en général. Quatre pistes de réflexion majeures sont abordées : capacité du cinéma à construire un regard critique sur la production artistique, à capter le geste du peintre afin de percer le secret d'un style, à représenter les musées et les publics, enfin à remettre en question le partage des hiérarchies et des genres.

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