Thierry Gadault

  • Le marché de l'eau en France demeure opaque. Pour la plupart des habitants des plus grandes villes, la facture est souvent invisible, car noyée dans les charges collectives. Sait-on pourtant que le véritable prix du mètre cube d'eau en France est de 1,50 euro, quand le prix moyen payé par les abonnés en France est de 3,98 euro par m3 ?

    Petits arrangements, conflits d'intérêts, corruption... Au terme d'entretiens menés, entre autres, avec Marc Laimé, consultant indépendant spécialisé dans l'eau et l'assainissement, et Jean-Luc Touly, syndicaliste de Veolia et principal opposant à la gestion privée de l'eau, Thierry Gadault lève le voile sur les scandales soigneusement dissimulés en Île-de-France, en Guadeloupe, en Avignon ou à Lourdes, où sociétés privées et élus locaux s'entendent au détriment des usagers.
    Une enquête édifiante sur une situation intolérable à l'heure où, avec le changement climatique et l'apparition de nouvelles pollutions chimiques, la gestion de l'eau devient cruciale.

  • Demain, le grand black-out...
    " La question n'est plus de savoir s'il y aura un accident nucléaire grave en France, mais quand et où. " Ce propos n'a pas été tenu par un anti-nucléaire, mais par un cadre dirigeant d'EDF. Ce constat alarmant a été confirmé par d'autres salariés de l'électricien, mais aussi par des travailleurs de la sous-traitance nucléaire, ce nouveau lumpenprolétariat créé de toute pièce par EDF.
    Après plusieurs mois d'enquête, j'ai fini pas partager ce constat. Pendant des années, j'ai cru, comme beaucoup de Français, qu'EDF mettait tout en oeuvre pour garantir la sureté du parc nucléaire. C'est malheureusement faux : problèmes de conception et de construction des réacteurs, maintenance sacrifiée pendant des années, désorganisation interne, hémorragie des compétences... L'état de nombreux réacteurs est inquiétant.
    Pourtant, EDF et les pouvoirs publics ont décidé de rallonger la durée de vie des centrales qui avaient été construites pour durer jusqu'à 40 ans. La raison ? EDF, qui a perdu quelque 15 milliards d'euros dans ses opérations internationales, n'a pas les moyens de bâtir de nouvelles capacités de production d'électricité pour remplacer les réacteurs qui atteindront les 40 ans d'ici 2028. Exsangue financièrement, EDF joue notre avenir à la roulette russe.

  • De plus en plus gloutons ! Qu'est-ce qui pousse les dirigeants de nos grandes entreprises, déjà fortunés, à en vouloir toujours plus ?En 2016, Carlos Ghosn a touché 15,4 millions d'euros : une rémunération double car il est à la fois PDG de Renault et de Nissan. Olivier Brandicourt a été accueilli avec un bonus de 4 millions d'euros chez Sanofi où 600 postes ont été supprimés en France en cinq ans. Michel Combes a quitté Alcatel-Lucent avec 7,9 millions d'euros de primes ; sous son " règne ", il y a eu 10 000 suppressions d'emplois.Salaires dopés aux actions gratuites, boni et retraites chapeau... : en période de réductions des coûts, de coupes dans les effectifs, de délocalisations, d'inflation quasi nulle, nombre de dirigeants reçoivent une rémunération deux cents fois supérieure à celle de leurs salariés. Et les protestations des actionnaires ou de l'AMF (Autorité des marchés financiers) n'y changent rien !Cette enquête révèle le vrai salaire des patrons du CAC 40 et des membres de leur conseil d'administration, les comparant avec ceux des dirigeants allemands, suisses ou américains. Un plaidoyer pour plus d'équité et de transparence.

  • Comment l'État sacrifie nos forêts.Les forêts recouvrent 31 % de notre territoire, soit près de 17 millions d'hectares. Un patrimoine considérable aujourd'hui en grande détresse : sécheresses à répétition, attaques parasitaires sans précédent, risques d'incendie de grande ampleur, mais aussi morcellement de la propriété et industrialisation à marche forcée...
    À l'heure où les enjeux environnementaux et la protection de la biodiversité sont plus que jamais d'actualité, l'État a progressivement abandonné la forêt française aux seuls intérêts privés. En témoignent la faillite de l'Office national des forêts et son démantèlement organisé pour des raisons budgétaires.
    Au fil d'une enquête inédite et très documentée, les auteurs dénoncent les mécanismes à l'oeuvre dans la fragilisation de nos forêts et la responsabilité de nos dirigeants, qui ont fait le choix du profit à tout prix, plutôt que de la préservation de ce bien commun. Ils montrent aussi qu'une autre sylviculture, inspirée des processus naturels, est possible pour inventer les forêts de demain.

  • "Une affaire d'état", Arte
    Trader, guerrier, agent secret... Qui est Marc Eichinger ? Un peu toutes ces figures à la fois. Marc Eichinger est l'homme qui a mis au jour les relations entre la société douteuse Uramin, Areva et l'Etat français, un peu malgré lui.
    Début 2011, Marc Eichinger dirige la société de conseil Apic lorsque la direction du patrimoine d'Areva demande à ce consultant, spécialiste des questions financières et minières, de réaliser un audit sur l'opération Uramin. Son analyse est explosive : lors du rachat d'Uramin en juin 2007, Areva aurait été victime d'une escroquerie sans doute facilitée par des complices au sein du groupe. L'homme délaisse alors son costume de consultant et devient espion au sein de la société Areva. Il raconte ici son enquête, qui l'emmène en Kazakhstan, en Inde, en Russie. 4,5 milliards d'euros ont été dépensés en 2017 pour sauver Areva de la faillite. Pourquoi l'État a-t-il empêché la liquidation de cette société ? En quinze chapitres thématiques, il explique l'affaire Areva qui aboutira, après de nombreux procès, à la mise en examen de sa présidente Anne Lauvergeon et de Gérard Arbola. Marc Eichinger dénonce la corruption de l'administration française au sommet et soulève l'immunité accordée aux énarques.

  • Pour en finir avec un mensonge d'État !
    Deux Français sur trois vivent à moins de 75 kilomètres d'une centrale nucléaire alors que la menace d'un accident grave n'a jamais été aussi forte.
    Au-delà des discours si rassurants des défenseurs du nucléaire, la situation dans nos 19 centrales est plus que préoccupante. Comme le révèle cette enquête, de nombreux réacteurs ont très mal vieilli (notamment à Gravelines, au Bugey ou à Tricastin) : cuves fissurées, enceintes de « confinement » passoires, équipements essentiels non conformes... Tout est réuni pour que survienne une catastrophe. Sans compter, les risques externes, sans cesse minimisés, qui, à l'image du dangereux barrage de Vouglans dans le Jura, menacent la sûreté de certaines centrales.
    Financièrement exsangue, incapable d'investir dans de nouveaux outils de production, EDF manoeuvre pour imposer la prolongation de ses centrales au-delà du raisonnable. Cette impasse financière, technique et humaine intervient à un moment clé : 48 réacteurs (sur 58) vont atteindre d'ici à 2028 le seuil critique, considéré comme maximal, des 40 années de fonctionnement.
    Parce que le complexe nucléaire tricolore est aujourd'hui en faillite, en raison des gestions hasardeuses des deux principales entreprises publiques (EDF et Areva), parce que la France a lié son avenir à celui du nucléaire en retardant toute vraie transition énergétique, le piège est en train de se refermer.
    Et ça se passera près de chez vous...

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