Littérature traduite

  • Le nom de la rose

    Umberto Eco

    • Grasset
    • 25 Janvier 2012

    C´est d´abord un roman policier, un vrai, un grand polar, qui sort à jets savamment cadencés d'une plume que se disputent Conan Doyle et saint Thomas d'Aquin : une "série noire" pour amateur de crimes en série et de criminels hors pair qui ne se découvrent qu'à l'ultime rebondissement d'une enquête allant, en humour et en cruauté, malice et séductions érotiques, train d'enfer dans un lieu voué au silence, à la chasteté, à la prière. Car oyez, oyez, bonnes gens : c'est le moine qu'on assassine. Tout advient en l'espace de sept jours (une mort violente par jour) dans la très sainte enceinte d'une abbaye bénédictine située entre Provence et Ligurie, en l'an de grâce et de disgrâce 1327.En arrivant dans le havre de sérénité et de neutralité que devrait être cette abbaye - admirée de tout l'Occident pour la science de ses moines et la richesse de sa bibliothèque, l'ex-inquisiteur Guillaume de Baskerville, accompagné de son secrétaire Adso de Melk, se voit prié par l'Abbé de découvrir au plus vite qui a poussé un de ses moines à se fracaser les os au pied des vénérables murailles. C'est le premier des sept assassinats qui seront scandés par les heures canoniales de la vie monastique, danse de mort autour d'une bibliothèque interdite d'où se feront entendre les sept trompettes de l'Apocalypse, le rictus du Diable et le rire d'Aristote. Et le Verbe du commencement rejoint le mot de la fin dans une parabole sanglante et risible où s'inscrit l'histoire de l'humanité.

  • Le pendule de Foucault

    Umberto Eco

    • Grasset
    • 7 Février 1990

    Trois piliers de la maison d'édition Garamond, Belbo, Diotallevi et Casaubon, jouant avec leur intelligence, trouvent les bons indices d'un complot, lequel, né au moment de la suppression de l'ordre des Templiers par Philippe le Bel en 1312, aurait traversé l'Histoire jusqu'à nos jours. Objectif : la domination du monde. Instrument : le repérage d'un endroit à la surface de la planète d'où on peut dominer les courants souterrains et déterminer les climats du monde entier. Nos trois amis ont donc inventé un Plan, par jeu intellectuel, mais ils sont pris au sérieux par un groupe d'illuminés qui jouent de leurs pouvoirs policiers et politiques pour leur faire dire où se trouve la carte du mystère, carte qu'ils ont purement et simplement inventée. Le parchemin crypté, message chiffré du début, n'était qu'une liste de la ménagère, mais le jeu des uns est devenu enjeu vital pour les autres qui n'hésitent plus à tuer pour s'emparer d'un secret inexistant. Toute la science du monde, toutes les religions, des druides aux druses de Joumblatt, tout notre savoir défilent ici avec une fluidité géniale et sans jamais retarder l'action, mais en enrichissant le suspense. Jeux vertigineux des miroirs, style très riche et de tous les niveaux, de l'argot au plus littéraire, du plus dramatique au plus humoristique. Poignants portraits de femmes, Lia, Amparo, Lorenza... Historiquement bien enraciné dans notre époque, le roman, dans son mouvement de pendule, traverse tous les siècles pour toujours revenir au nôtre, en un jeu créateur fascinant où chaque lecteur se transforme en un initié aux mystères les plus profonds et les plus fous de notre planète.

  • Le cimetière de Prague

    Umberto Eco

    • Grasset
    • 23 Mars 2011

    Trente ans après Le Nom de la rose, Umberto Eco nous offre le grand roman du XIXème siècle secret. De Turin à Paris, en passant par Palerme, nous croisons une sataniste hystérique, un abbé qui meurt deux fois, quelques cadavres abandonnés dans un égout parisien. Nous assistons à la naissance de l'affaire Dreyfus et à la création de l'évangile antisémite, Les Protocoles des sages de Sion. Nous rencontrons aussi des jésuites complotant contre les francs-maçons, des carbonari étranglant les prêtres avec leurs boyaux. Nous découvrons les conspirations des renseignements piémontais, français, prussien et russe, les massacres dans le Paris de la Commune où l'on se nourrit d'illusions et de rats, les coups de poignard, les repaires de criminels noyés dans les vapeurs d'absinthe, les barbes postiches, les faux notaires, les testaments mensongers, les confraternités diaboliques et les messes noires...Les ingrédients sont donc réunis pour faire de ce savoureux feuilleton un diabolique roman d'apprentissage. Tout est vrai ici, à l'exception de Simon Simonini, protagoniste dont les actes ne relèvent en rien de la fiction mais ont probablement été le fait de différents auteurs. Qui peut, cependant, l'affirmer avec certitude ? Lorsque l'on gravite dans le cercle des agents doubles, des services secrets, des officiers félons, des ecclésiastes peccamineux et des racistes de tous bors, tout peut arriver...

  • Ce livre est de la même veine que Pastiches et Postiches, ce sont des textes d'humour, des pastiches qu'il a publiés dans différents journaux et régulièrement dans L'Espresso, de 1986 à nos jours. On apprend comment ne pas passer des vacances idiotes ; comment reconnaître un film porno ; comment se protéger des veuves... et beaucoup d'autres choses pour les lecteurs curieux, qui apprendront aussi un peu d'histoire, d'économie, de politique, de littérature et de philosophie ! Il y a même une introduction à la pensée du grand sage arabe Benar el-Falouz (Bora-Bora 1818-Baden-Baden 1919) le fondateur de la pensée tautologique qui nous a révélé : " Être, c'est être. " Son plus grand disciple, Guru-Guru, a poursuivi son oeuvre et inventé l'adage " Les affaires sont les affaires "... Hilarant, provocant, intelligent, cet ouvrage répond aux questions que nous n'aurions pas songé à nous poser... Et répond à des questions dont nous pensions connaître la réponse : Comment voyager avec un saumon, par exemple....

  • Numéro zéro

    Umberto Eco

    • Grasset
    • 13 Mai 2015

    En 1992, à Milan, un groupe de journalistes, cinq hommes et une jeune femme, sont embauchés pour créer un nouveau quotidien qu´on leur promet dédié à la recherche de la vérité, mais qui se révèle un pur instrument de calomnie et de chantage.
    Ils fouillent dans le passé pour mettre en page leur « numéro zéro », et c´est le présent qui leur saute au visage...
    « L´ombre de Mussolini, donné pour mort, domine tous les événements italiens depuis 1945 » : est-ce là le délire d´un journaliste d´investigation paranoïaque ? Mais alors, pourquoi le retrouve-t-on assassiné un beau matin ?
    Attentats, tentatives de coups d´Etat, empoisonnements, complots, stratégie de la manipulation, de la désinformation et de la tension : quand tout est vrai, où est le faux ?
    /> Umberto Eco nous offre ici la tragédie burlesque de notre temps.

  • L'île du jour d'avant

    Umberto Eco

    • Grasset
    • 14 Février 1996

    Nous sommes à l'époque de la guerre de Trente-Ans. Le jeune Piémontais Roberto de La Grive se trouve enrôlé dans une sombre affaire qui l'amène à faire naufrage dans le Pacifique, seul à bord d'une frégate abandonnée de son équipage, en face d'une île inconnue. Que fait notre naufragé sur son bateau immobile ? Il écrit des lettres d'amour et leur confie son histoire, véritable voyage initiatique au sein du XVIIe siècle, celui de la science nouvelle et de la raison d'Etat, dans l'attente d'aborder enfin cette île si proche et en même temps si lointaine. Car dans cette mer de l'Innocence, rien n'est en fait innocent et Roberto le sait depuis le début, lui qui était arrivé jusqu'à ces antipodes (où les hommes auraient donc dû marcher la tête en bas) pour tenter de résoudre un mystère qui passionnait l'époque : le secret du Point Fixe. Or c'était bien cette île qui était ce point, île par laquelle passait le 180e méridien, la ligne de changement de date, celle ou d'un mètre à l'autre on passe au jour d'avant...

  • Suite à une conversation dans un taxi new-yorkais avec un chauffeur pakistanais qui ne comprend pas qu´un pays puisse exister sans ennemis, Umberto Eco s´interroge. Après avoir constaté les ravages d´idéologies totalitaires

  • « Ce n'est pas un essai théorique sur la traduction, mais une illustration des problèmes que posent la traduction à travers des exemples qu'Umberto Eco a vécu : en tant qu'éditeur, en tant qu'auteur, en tant que traducteur lui-même. Ce sont ces trois éclairages-là que nous retrouvons sans cesse dans un texte qui fourmille d'exemples, en toutes les langues. Eco demande à ses lecteurs d'être plurilingues, et non polyglottes, nul besoin de maîtriser les langues citées pour comprendre, puisqu'on est toujours dans la comparaison.
    Lorsqu'on arrive à la notion capitale de la fidélité : s'il ne cite pas le fameux traduttore-traditore (que les Français ont inventé) il nous apprend que la fidélité n'est pas la reprise du mot à mot mais du monde à monde. Les mots ouvrent des mondes et le traducteur doit ouvrir le même monde que celui que l'auteur a ouvert, fût-ce avec des mots différents. Les traducteurs ne sont pas des peseurs de mots, mais des peseurs d'âme et dans cette histoire de passage d'un monde à l'autre tout est affaire de négociation. Voilà, le mot est lâché ; tout bon traducteur est celui qui sait bien négocier avec les exigences du monde de départ pour déboucher sur un monde d'arrivée le plus fidèle possible, non pas à la lettre mais à l'esprit. Tout donc est dans le presque du titre. » Myriem Bouzaber

  • Né dans le Piémont en 1932, titulaire de la chaire de sémiotique de l'Université de Bologne, Umberto Eco a enseigné à Paris au Collège de France ainsi qu'à l'Ecole Normale Supérieure de la rue d'Ulm. Il est l'auteur de nombreux essais dont Comment voyager avec un saumon et de trois romans, Le Nom de la Rose, Le Pendule de Foucault et L'île du jour d'avant. Un très grand livre... Baudolino, un jeune paysan fantasque et menteur, fait la conquête de Frédéric Barberousse et devient son fils adoptif. Baudolino fabule, invente, et, comme par miracle, tout ce qu'il imagine devient histoire. Ainsi, entre autres, il écrit la lettre mythique du Prêtre Jean, qui promettait à l'Occident un royaume fabuleux dans le lointain Orient gouverné par un roi chrétien, qui a fait rêver de nombreux voyageurs, dont Marco Polo. Baudolino grandit. Alexandrie naît vers 1168 et des années après, poussé par le génie inventif de Baudolino, Frédéric part, prenant pour prétexte une croisade, rendre au Prêtre Jean la relique la plus précieuse du christianisme, que certains appellent le Gradale. Il mourra lors de ce long voyage, dans des circonstances mystérieuses que seul Baudolino saura dévoiler. Mais son fils continuera la fabuleuse expédition vers ce royaume lointain peuplé de monstres qui ont hanté le bestiaire du Moyen Age. Il vit des aventures extraordinaires dont une histoire d'amour avec une créature des plus singulières des descendantes d'Eve... Raconté à l'historien byzantin Nicéta Coniate, tandis que Constantinople se consume après le sac, l'histoire réserve encore quelques surprises. En parlant avec Nicéta, Baudolino comprend des choses qu'il n'avait pas encore compris, d'où une fin inattendue.

  • Comment un jeune écrivain doit-il s'y prendre pour s'atteler à son premier roman ? Par quel chemin de ruse passer pour séduire son lecteur ? Et quel tour de magie doit-il accomplir - s'il en a le talent - pour persuader le monde que ses fictions sont des morceaux de réalité ? Telles sont, parmi d'autres, les questions auxquelles Umberto Eco (lui-même romancier octogénaire) tente de répondre ici en rassemblant ses propres souvenirs et son expérience. Des confessions ? Des conseils pratiques ? Une liste de choses à faire (et surtout à ne pas faire) quand on débute. Ce livre est tout cela à la fois. Et, puisque l'homme qui l'a écrit fut l'auteur du Nom de la rose et du Pendule de Foucault, on peut lui faire confiance...

  • La guerre du faux

    Umberto Eco

    Une visite dans les sanctuaires du faux que sont les musées californiens, un match de football, une émission télévisée, les actions terroristes des Brigades rouges ou les phénomènes de mode... Tels sont certains des événements quotidiens ou exceptionnels, légers ou tragiques, qu´analyse Umberto Eco dans ces chroniques écrites au jour le jour. L´intelligence et la finesse, l´ironie et l´humour de l´auteur du Nom de la rose nous entraînent dans la ronde des signes de notre modernité, dévoilent les jeux subtils du faux et du vrai, les stratégies de l´illusion. Il y a du Socrate en Umberto Eco, qui sait développer chez son lecteur un salutaire soupçon envers les discours qui l´assaillent. La chronique aussi peut être un art.

  • Ecrits au fil des quinze dernières années, les textes qui constituent {Les limites de l'interprétation} pourraient être lus comme un changement de cap radical par rapport à {L'oeuvre ouverte}. L'auteur précise bien, dans son introduction, que si "d'aucuns se sont trop avancés sur le versant de l'initiative de l'interprète, le problème aujourd'hui n'est pas de se compromettre en sens inverse... En somme, dire qu'un texte est potentiellement sans fin ne signifie pas que {tout} acte d'interprétation puisse avoir une fin heureuse". D'où l'effort de l'auteur pour rétablir une dialectique entre les droits du lecteur et les droits du texte en tant que tel. Ici donc, Umberto Eco s'est attaché à mettre la littérature à la question. Dante, Leopardi, Joyce, Eco lui-même, sont ainsi revisités, interrogés - torturés ? Le vrai et le faux, les excès de la sémiotique, la défense des mots et de leur sens, la logique singulière des métaphores deviennent alors prétextes à d'étourdissantes variations. De ces "leçons" - et qui n'a pas rêvé d'un tel professeur ? - ressort une belle morale ouverte à l'érudition comme au plaisir des textes. Un "art de lire" à l'usage des derniers explorateurs de la galaxie Gutenberg...

  • Ce recueil peut être considéré comme une suite logique des Six promenades dans le bois du roman ou d'ailleurs ou de Lector in Fabula. Ces textes s'adressent à un vaste public averti : ils traitent de la fonction de la littérature, de l'influence dans l'histoire d'un écrit sur des évènements historiques, des problèmes spécifiques à la narration comme la représentation verbale de l'espace, l'ironie intertextuelle, la nature des mondes possibles de la fiction, et quelques concepts clés de l'écriture « créative », comme les symboles, le style, les « béquilles »... D'autres interventions portent sur les auteurs qu'Umberto Eco a beaucoup lu. Bien des pages sont d'une richesse, d'une force et d'une beauté exceptionnelle, celles où éclot le véritable amour d'Eco pour Manzoni, Borges, Joyce, Nerval... mais aussi aussi Dante et Aristote. La littérature française occupe une place de premier plan : Proust, Stendhal, Rabelais ainsi que les classiques italiens et anglo-saxons. Dans le dernier chapitre : « Comment j'écris », Umberto Eco évoque son activité d'écrivain. Il prend pour exemple sa propre expérience et nous éclaire sur son savoir-faire. Eco nous fait ainsi entrer dans son jardin. Bien sûr nous le connaissons. Nous savons quelles fleurs et quels fruits il y cultive. « Un jardin à l'anglaise » dit-il. Il faut être un esprit très libre et très riche pour donner ainsi tout de soi, un auteur qui ne craint pas qu'on « voit » ses trucs et ses manigances... Umberto Eco montre, démonte et démontre.

  • Ce recueil regroupe tous les textes sur le Moyen Age publiés par Umberto Eco au cours des cinquante dernières années : L'Art et la beauté dans l'esthétique médiévale avec une nouvelle entrée sur « la beauté des monstres », Le problème esthétique chez Thomas d'Aquin : visio et proportio, puis viennent ensuite De l'arbre au labyrinthe, où se mêlent l'étude de la métaphore chez Aristote, quelques archéologies zoosémiotiques et l'Apocalypse de Beatus, Lulle Pic et le Lullisme et enfin un texte consacré à James Joyce, Portrait du thomiste en jeune homme. Des conférences, préfaces et autres écrits inédits terminent ce volume.

  • Toutes les cultures ont eu une idée du beau et de l'art, mais toutes ne l'ont pas élaboré d'une façon théorique explicite... Le concept d'esthétique est né tardivement en Europe, au XVIIIème, et l'époque médiévale a longtemps été ignorée. Depuis cinquante ans, les choses ont changé, et l'on a découvert le Moyen-Age, sa richesse en spéculations sur la beauté, le plaisir esthétique, le goût, le beau naturel ou artistique, les rapports entre l'art et d'autres activités humaines. Ce livre est un précis d'histoire des théories esthétiques élaborées par la culture du Moyen Age latin.

  • Les textes réunis dans ce livre ont été écrits entre janvier 2000 et fin 2005 : le 11 septembre, la guerre en Afganistan, la guerre en Irak et l´instauration en Italie d´un régime de populisme médiatique... C´est dire si, depuis la fin du dernier millénaire, l´humanité a évolué à reculons d´une manière dramatique. A croire que l'Histoire, épuisée par les bonds qu'elle a accomplis au cours des deux précédents millénaires, s'enroule sur elle-même et marche rapidement du pas de l´écrevisse, à reculons... Ce livre ne propose pas tant de recommencer à aller de l'avant que d'arrêter, au moins un peu, ce mouvement rétrograde : Après la chute du mur de Berlin, il a fallu exhumer les atlas de 1914 pour retrouver les frontières. Après la Guerre Froide, c´est le retour de la Guerre Chaude. Le choc entre Islam et Chrétienté est aujourd´hui pire qu´au temps des Croisades et l´Europe crie à nouveau : « Au secours, Maman, voilà les Turcs ! ». Le fantôme du Péril Jaune est ressuscité. On a rouvert la polémique anti-darwinienne du XIXe siècle. Voici l´antisémitisme qui revient.

  • "... l'intolérance la plus terrible est celle des pauvres, premières victimes de la différence. Il n'y a de racisme entre riches : eux, ils produisent éventuellement des doctrines de racisme ; mais les pauvres en produisent la pratique, bien plus dangereuse.

    Les intellectuels ne peuvent lutter contre l'intolérance sauvage, car, face à la pure animalité sans pensée, la pensée est désarmée. Mais il est trop tard quand ils affrontent l'intolérance doctrinale, parce que lorsque se fait doctrine, il est trop tard pour la combattre, et ceux qui devraient le faire en deviennent les premières victimes.

    Et pourtant, là est le défi. Eduquer à la tolérance des adultes qui se tirent dessus pour des raisons ethniques et religieuses est du temps perdu. Trop tard. Donc, l'intolérance sauvage se combat à la racine, par une éducation constante qui doit commencer dès la plus tendre enfance, avant qu'elle soit écrite dans un livre, et avant qu'elle devienne une croûte comportementale trop épaisse et trop dure."

  • Lector in fabula

    Umberto Eco

    • Grasset
    • 1 Novembre 1985

    Tout texte écrit s'adresse à un destinataire qu'il nomme son lecteur. Celui-ci, loin d'être passif doit tirer du texte ce qu'il ne dit pas, mais présuppose ou promet. On peut appeler cela la coopération interprétative du lecteur, et tel est l'objet d'analyse d'Umberto Eco.

    Approfondissant les intuitions de " l'oeuvre ouverte ", Lector in Fabula recherche les structures de la jouissance que procure le texte, formalise le processus interprétatif et en définit ses limites et surtout met au point la notion fondamentale du Lecteur Modèle.

    L'analyse détaillée d'" Un drame bien parisien ", nouvelle d'Alphonse Allais, fournit en contrepoint l'application pratique de cette exposition théorique, et offre ainsi à tous ceux qui sont confrontés à l'explication des textes un exemple lumineux.

    Mais Lector in Fabula permet aussi aux nombreux lecteurs enthousiastes du Nom de la Rose de comprendre pourquoi ils en ont tiré tant de plaisir. Clin d'oeil du sémioticien au romancier.

  • De l´Antiquité classique à nos jours, de multiples philosophies du signe et de l´interprétation se sont succédées, parfois alternatives, parfois complémentaires, sensibles en tout cas à des questions très différentes, et reflétant leur époque.
    Au cours des dernières décennies, l´auteur a écrit de nombreux essais sur le sujet et il en présente ici une sélection. Cela va d´une vaste recherche (qui s´ouvre avec Aristote et se clôt sur l´intelligence artificielle) sur deux représentations de notre connaissance, explicitées par les modèles de l´arbre et du labyrinthe, à deux études qui retracent l´histoire de la métaphore, d´Aristote à l´ère médiévale, en passant par un essai sur la façon dont, au Moyen-Age, on classait l´aboiement du chien et les autres cris animaux, mais aussi par la relecture du commentaire chaotique de l´Apocalypse qu´a livré Beatus de Liebana. On y découvre (ou redécouvre) également une étude sur les techniques médiévales de falsification ou encore une digression sur l´histoire de l´ars combinatoria de Lullo à Pic de la Mirandole, un texte sur la recherche séculaire d´une langue parfaite, un autre sur la sémiotique implicite des Fiancés pour en arriver à une série d´études sur Kant, Peirce, Croce, les théories sémantiques de Bréal et à une comparaison polémique avec la pensée « faible ».
    La somme d'une vie d'étude de l'histoire de la philosophie et de la sémiotique par un des plus grands spécialistes.

  • De superman au surhomme

    Umberto Eco

    • Grasset
    • 6 Octobre 1993

    "Je crois que l'on peut affirmer que la prétendue "surhumanité" de Nietzsche a pour origine et modèle doctrinal non pas Zarathoustra, mais le comte de Monte-Cristo." C'est à partir de cette affirmation de Granusci qu'Umberto Eco a eu envie d'aller enquêter du côté des "surhommes" des romans populaires, de Rocambole à Monte-Cristo, d'Arsène Lupin à James Bond, de Tarzan à Superman, sans oublier Rodolphe de Gerolstein. Pourquoi et comment lit-on les romans-feuilletons ? Quels mécanismes entrent en jeu dans leur structure narrative ? Comment fonctionne l'idéologie de la consolation ? le héros console le lecteur moyen de ne pas être un surhomme. Une analyse magistrale des oeuvres d'Eugène Sue et de Dumas redonne ses lettres de noblesse à un genre souvent qualifié de "sous-littérature". Quant aux essais sur James Bond et Superman, ils nous apprennent qu'en définitive "lire facile" ne signifie pas pour autant "lire idiot". On pourra enfin pleurer, s'émouvoir et trembler sans se sentir vaguement coupable d'abrutissement.

  • Kant et l'ornithorynque

    Umberto Eco

    • Grasset
    • 14 Avril 1999

    Comment distinguons-nous un éléphant d'un tatou ? Il s'agit d'un problème philosophique qui a obsédé la pensée humaine depuis Platon jusqu'aux cognitivistes contemporains et que Kant, lui non plus, n'a pas su résoudre ni même poser de façon satisfaisante : la perception que nous avons des choses dépend-elle de la structure de notre appareil cognitif, de la structure de notre appareil linguistique, ou des deux ?
    Arrivé à ce point, on voit que les problèmes sémiotiques sont intimement liés aux sciences de la connaissance. Vingt ans après la publication du Traité de Sémiotique générale, Umberto Eco a voulu faire le point et rassembler, en un ouvrage original, l'ensemble de sa réflexion et de son travail. En reprenant les questions de la référence, de l'iconisme, de la vérité, de la perception, et en s'intéressant de près à ce qu'il nommait alors le "seuil inférieur" de la sémiotique, l'auteur pratique une série d'explorations en mettant en scène un personnage souvent négligé : le sens commun.

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