Sciences humaines & sociales

  • Reconnaître le fascisme

    Umberto Eco

    • Grasset
    • 19 Avril 2017

    « Je crois possible d'établir une liste de caractéristiques typiques de ce que j'appelle l'Ur-fascisme c'est-à-dire le fascisme primitif et éternel.
    L'Ur-fascisme est toujours autour de nous, parfois en civil.
    Ce serait tellement plus confortable si quelqu'un s'avançait sur la scène du monde pour dire "Je veux rouvrir Auschwitz..."
    Hélas, la vie n'est pas aussi simple.
    L'Ur-fascisme est susceptible de revenir sous les apparences les plus innocentes.
    Notre devoir est de le démasquer, de montrer du doigt chacune de ses nouvelles formes - chaque jour, dans chaque partie du monde. »Umberto Eco 
    L'auteur mêle ici souvenirs personnels de sa jeunesse sous le fascisme et analyse structurelle des 14 archétypes du fascisme primitif et éternel.

  • Suite à une conversation dans un taxi new-yorkais avec un chauffeur pakistanais qui ne comprend pas qu´un pays puisse exister sans ennemis, Umberto Eco s´interroge. Après avoir constaté les ravages d´idéologies totalitaires

  • Ce recueil peut être considéré comme une suite logique des Six promenades dans le bois du roman ou d'ailleurs ou de Lector in Fabula. Ces textes s'adressent à un vaste public averti : ils traitent de la fonction de la littérature, de l'influence dans l'histoire d'un écrit sur des évènements historiques, des problèmes spécifiques à la narration comme la représentation verbale de l'espace, l'ironie intertextuelle, la nature des mondes possibles de la fiction, et quelques concepts clés de l'écriture « créative », comme les symboles, le style, les « béquilles »... D'autres interventions portent sur les auteurs qu'Umberto Eco a beaucoup lu. Bien des pages sont d'une richesse, d'une force et d'une beauté exceptionnelle, celles où éclot le véritable amour d'Eco pour Manzoni, Borges, Joyce, Nerval... mais aussi aussi Dante et Aristote. La littérature française occupe une place de premier plan : Proust, Stendhal, Rabelais ainsi que les classiques italiens et anglo-saxons. Dans le dernier chapitre : « Comment j'écris », Umberto Eco évoque son activité d'écrivain. Il prend pour exemple sa propre expérience et nous éclaire sur son savoir-faire. Eco nous fait ainsi entrer dans son jardin. Bien sûr nous le connaissons. Nous savons quelles fleurs et quels fruits il y cultive. « Un jardin à l'anglaise » dit-il. Il faut être un esprit très libre et très riche pour donner ainsi tout de soi, un auteur qui ne craint pas qu'on « voit » ses trucs et ses manigances... Umberto Eco montre, démonte et démontre.

  • Les textes réunis dans ce livre ont été écrits entre janvier 2000 et fin 2005 : le 11 septembre, la guerre en Afganistan, la guerre en Irak et l´instauration en Italie d´un régime de populisme médiatique... C´est dire si, depuis la fin du dernier millénaire, l´humanité a évolué à reculons d´une manière dramatique. A croire que l'Histoire, épuisée par les bonds qu'elle a accomplis au cours des deux précédents millénaires, s'enroule sur elle-même et marche rapidement du pas de l´écrevisse, à reculons... Ce livre ne propose pas tant de recommencer à aller de l'avant que d'arrêter, au moins un peu, ce mouvement rétrograde : Après la chute du mur de Berlin, il a fallu exhumer les atlas de 1914 pour retrouver les frontières. Après la Guerre Froide, c´est le retour de la Guerre Chaude. Le choc entre Islam et Chrétienté est aujourd´hui pire qu´au temps des Croisades et l´Europe crie à nouveau : « Au secours, Maman, voilà les Turcs ! ». Le fantôme du Péril Jaune est ressuscité. On a rouvert la polémique anti-darwinienne du XIXe siècle. Voici l´antisémitisme qui revient.

  • "... l'intolérance la plus terrible est celle des pauvres, premières victimes de la différence. Il n'y a de racisme entre riches : eux, ils produisent éventuellement des doctrines de racisme ; mais les pauvres en produisent la pratique, bien plus dangereuse.

    Les intellectuels ne peuvent lutter contre l'intolérance sauvage, car, face à la pure animalité sans pensée, la pensée est désarmée. Mais il est trop tard quand ils affrontent l'intolérance doctrinale, parce que lorsque se fait doctrine, il est trop tard pour la combattre, et ceux qui devraient le faire en deviennent les premières victimes.

    Et pourtant, là est le défi. Eduquer à la tolérance des adultes qui se tirent dessus pour des raisons ethniques et religieuses est du temps perdu. Trop tard. Donc, l'intolérance sauvage se combat à la racine, par une éducation constante qui doit commencer dès la plus tendre enfance, avant qu'elle soit écrite dans un livre, et avant qu'elle devienne une croûte comportementale trop épaisse et trop dure."

  • Anglais On Literature

    Umberto Eco

    Remarkably accessible and unfailingly stimulating, this collection of essays exhibits the diversity of interests and the depth of knowledge that made Umberto Eco one of the world's leading writers. From musings on Ptolemy and reflections on the experimental writing of Borges and Joyce, to revelations of his own authorial ambitions and fears, Eco's luminous intelligence is on display throughout.



    This volume will appeal to anyone interested in how new light is shed on old masters by a great contemporary mind.

  • Covers a range of topics on which the author has written and lectured over the years. This book explores lost islands, mythical realms, and the medieval world in the process - to a disquisition on the theme that runs through his novel, "The Prague Cemetery".

  • De l´Antiquité classique à nos jours, de multiples philosophies du signe et de l´interprétation se sont succédées, parfois alternatives, parfois complémentaires, sensibles en tout cas à des questions très différentes, et reflétant leur époque.
    Au cours des dernières décennies, l´auteur a écrit de nombreux essais sur le sujet et il en présente ici une sélection. Cela va d´une vaste recherche (qui s´ouvre avec Aristote et se clôt sur l´intelligence artificielle) sur deux représentations de notre connaissance, explicitées par les modèles de l´arbre et du labyrinthe, à deux études qui retracent l´histoire de la métaphore, d´Aristote à l´ère médiévale, en passant par un essai sur la façon dont, au Moyen-Age, on classait l´aboiement du chien et les autres cris animaux, mais aussi par la relecture du commentaire chaotique de l´Apocalypse qu´a livré Beatus de Liebana. On y découvre (ou redécouvre) également une étude sur les techniques médiévales de falsification ou encore une digression sur l´histoire de l´ars combinatoria de Lullo à Pic de la Mirandole, un texte sur la recherche séculaire d´une langue parfaite, un autre sur la sémiotique implicite des Fiancés pour en arriver à une série d´études sur Kant, Peirce, Croce, les théories sémantiques de Bréal et à une comparaison polémique avec la pensée « faible ».
    La somme d'une vie d'étude de l'histoire de la philosophie et de la sémiotique par un des plus grands spécialistes.

  • Kant et l'ornithorynque

    Umberto Eco

    • Grasset
    • 14 Avril 1999

    Comment distinguons-nous un éléphant d'un tatou ? Il s'agit d'un problème philosophique qui a obsédé la pensée humaine depuis Platon jusqu'aux cognitivistes contemporains et que Kant, lui non plus, n'a pas su résoudre ni même poser de façon satisfaisante : la perception que nous avons des choses dépend-elle de la structure de notre appareil cognitif, de la structure de notre appareil linguistique, ou des deux ?
    Arrivé à ce point, on voit que les problèmes sémiotiques sont intimement liés aux sciences de la connaissance. Vingt ans après la publication du Traité de Sémiotique générale, Umberto Eco a voulu faire le point et rassembler, en un ouvrage original, l'ensemble de sa réflexion et de son travail. En reprenant les questions de la référence, de l'iconisme, de la vérité, de la perception, et en s'intéressant de près à ce qu'il nommait alors le "seuil inférieur" de la sémiotique, l'auteur pratique une série d'explorations en mettant en scène un personnage souvent négligé : le sens commun.

  • Le gai savoir : rarement l´expression nietzschéenne se sera aussi bien appliquée qu´à ce livre... sur les livres ! Du papyrus au fichier électronique, nous traversons deux mille ans d´histoire du livre à travers une discussion à la fois érudite et humoristique, savante et subjective, dialectique et anecdotique, curieuse et goûteuse. On y parcourt les temps et les lieux, les personnes réelles s´y mêlent aux personnages de fiction, on y fait l´éloge de la bêtise, on y analyse la passion du collectionneur, les raisons pour lesquelles telle époque engendre des chefs-d´oeuvre, la manière dont fonctionnent la mémoire et le classement d´une bibliothèque. On y explique pourquoi « les poules ont mis un siècle pour apprendre à ne pas traverser la route » ou comment « notre connaissance du passé est due à des crétins, des imbéciles ou des adversaires ». Bref, on s´y amuse de la « furia littéraire » de deux passionnés qui nous entraînent dans leur folle farandole dont chaque tour surprend, distrait, enseigne. En ces temps d´obscurantisme galopant, c´est peut-être le plus bel hommage qui se puisse imaginer à la cul-ture de l´esprit, et l´antidote le plus efficace au désenchantement.

  • Claude Lévi-Strauss doutait qu'une anthropologie puisse être autre qu'occidentale. Ce livre explore précisément la possibilité et l'importance d'une connaissance réciproque, à l'heure du renversement du ciel qu'impose, dans l'ordre culturel, politique et économique, la mondialisation. L'ouvrage regroupe des interventions de chercheurs africains, européens, chinois, convaincus de la nécessité d'un renouvellement et d'une refondation des champs conceptuels qui organisent et déterminent les sciences de l'Homme. Il a fallu des siècles pour qu'elles se constituent. Il faudra sans doute des décennies avant qu'apparaisse un nouvel ordre, plus réellement « universel », parce que plus proche de l'infinie diversité des cultures.Suivant les relations des chercheurs chinois, africains et européens, ou les récits d'un conteur peul, leur vision des sociétés européennes, leur regard sur le monde, cette longue marche, introduite par une préface d'Umberto Eco, entraînera le lecteur de Bamako, Tombouctou, Pékin, à Bologne, Paris ou Bruxelles.Quels regards portent, à leur tour, sur l'Europe, sur le monde, des observateurs venus d'ailleurs, des « sociétés qu'étudient les anthropologues » ? Quelles nouvelles perspectives résulteront-elles de nos civilisations entrelacées ? Quelle sera la part des modèles conceptuels venus des cultures non occidentales ? C'est à ces questions que répond cet ouvrage, contribution essentielle à la nouvelle anthropologie planétaire.

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