Véronique Montémont

  • "Compositeur de poésie, de mathématique et de littérature" : c'est ainsi qu'aime à se définir Jacques Roubaud, né en 1932. Son oeuvre est un continent complexe, où la prose se mêle à la poésie, les Troubadours aux poètes du Japon ancien, l'humour à la gravité. À l'impermanence des choses et des êtres, Roubaud oppose la cohérence d'une création suprêmement ordonnée, dont le temps, l'amour, le deuil et la mémoire sont les fondements. L'amour du nombre permet la création ou la restauration de formes exigeantes, ordonnant à la fois la parole et l'image qu'elle renvoie du monde. Cet ouvrage offre pour la première fois une vue globale et panoramique de l'oeuvre, tout en ouvrant des pistes de lecture jusqu'ici peu explorées : Roubaud et la musique, la mathématique, la théorie du rythme abstrait, la photographie, l'art contemporain.

  • «Tout texte est un intertexte», affirmait R. Barthes. Mais comment se tissent, au cours de sa fabrication, les relations d'un texte donné avec d'autres textes, notamment lorsqu'il s'agit d'écrits autobiographiques ? Sur quels documents, quels livres, quelles archives les auteurs se sont-ils appuyés pour construire une représentation d'eux-mêmes ? Et sur quels modes les différents textes se sont-ils échangés, entrelacés pour créer un nouveau texte ? C'est pour répondre à la polysémie du concept de «transtextualité» (G. Genette) qu'est ici analysée la part des emprunts dans l'élaboration d'un discours sur soi : au fil des lectures (Raymond Queneau, Philippe Soupault, Marie-Claire Blais) ; au travers du dialogue de deux personnalités (Paul Valéry/Catherine Pozzi ; André Gide/Madeleine Rondeaux ; Ingeborg Bachmann/Paul Celan) ; sous forme de palimpseste (Dominique Arban, Jacques Roubaud) ; ou encore à partir d'une multiplicité de sources (Roland Barthes, Georges Perec, Julio Cortázar, Christiane Rochefort).

  • À une époque où la sphère privée flirte ouvertement avec la sphère publique, il semble intéressant d'analyser les modes variables de l'interpénétration du politique et de l'intime du XVIIIe au XXIe siècle. Les écrits de la sphère intime constituent le vecteur privilégié de notre réflexion. Ceux-ci peuvent être ambivalents selon qu'ils constituent un retranchement critique susceptible de garantir un fonctionnement sain du politique ou qu'ils mettent en danger l'équilibre de la cité.

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