Valérie Sala Pala

  • Tour à tour présentée comme une ville industrielle, une ville ouvrière, une " ville de foot " et, aujourd'hui, une ville " rouillée " aux difficultés persistantes, Saint-Étienne apparaît comme l'une des grandes perdantes des transformations du capitalisme contemporain. Les processus de déclin ont engendré un ensemble de problèmes : concentration de la pauvreté, ségrégation ethnique, vacance commerciale, atonie du marché immobilier, présence de friches. Ils ont toutefois fait naître une société plus contrastée que ne le suggèrent les discours misérabilistes sur la ville. Une société qui offre aussi des " ressources " dont certains habitants et collectifs se saisissent pour renouveler les pratiques sociales.
    À l'heure où fleurissent des analyses caricaturales des " fractures " territoriales françaises, cet ouvrage aborde une réalité souvent occultée : celle des villes dont la situation s'éloigne des récits vertueux sur la métropolisation. Il rend compte des transformations de Saint-Étienne et permet de mieux saisir les dynamiques contemporaines de différenciations sociales et territoriales.

  • Le projet théorique et empirique de cet ouvrage est de construire une analyse des mobilisations qui tienne compte des multiples rapports inégalitaires entre majoritaires et minoritaires et de l'imbrication de ces rapports de domination. Quelles sont les contradictions nées de cette imbrication et comment sont-elles concrètement gérées par les individus et les groupes sociaux en lutte pour la transformation de l'ordre matériel et symbolique ? La sociologie des mouvements sociaux, celle des rapports de genre, de classe et de race, la sociologie des identités sont mises à contribution.

empty