Yvon Pare

  • Yvon Paré nous entraîne dans l'univers de la grande romancière Nicole Houde. Il imagine des rencontres entre les personnages de ses propres romans et ceux de Nicole Houde, provoque des confidences improbables. Sa plume alerte et sensible invente ainsi un dialogue passionnant entre deux univers romanesques si différents et si proches. Dans des conversations puisées à même leurs oeuvres, Yvon Paré explore les origines de l'écriture chez Nicole Houde comme chez lui.

    L'Orpheline de visage : une rencontre entre deux écrivains, une reconnaissance, une amitié littéraire au-delà des mots et de la vie, une parenté d'âme et d'esprit.

  • Un homme se réveille dans une grande maison vide, au bout d'un rang. Il ne sait plus qui il est ni où il est. Un couple s'installe dans la maison voisine où les Lachance ont tout abandonné avant de disparaître. Mais sont-ils vraiment partis ? Une sculpteure trouble la paix avec un vieil autobus et vient s'installer sur la plus haute colline. Dans un champ tout près, un marginal cultive des fraises et rénove une demeure ancestrale qu'il étudie comme un manuscrit ancien. De retour au pays, après une longue absence, tous ces revenants connaissent l'homme amnésique. Ensemble, ils entreprennent de lui redonner sa mémoire et cherchent une façon de rester vivants, d'apprivoiser le territoire, les forêts et les lacs, s'enivrent des effets magiques des champignons, s'inventent des fêtes avec les marmottes, les hirondelles, nourrissent des crécerelles et rêvent de suivre les ouananiches vers le lieu des origines.
    Ce roman surréaliste et jubilatoire nous plonge dans une quête identitaire où le réel et l'imaginaire se bousculent depuis la défaite du référendum de mai 1980.

  • Patience et obstination : les seules solutions pour que survive l'industrie du livre? « La part de l'ombre », un dossier sur le métier d'éditeur par Jean-François Caron, décortique les multiples facettes de cette profession complexe dans un marché de plus en plus fragilisé. Fin observateur de ce milieu, l'auteur invité de ce numéro d'été, « l'homme-livre » Yvon Paré (en couverture), est un exemple parfait de cette détermination à toute épreuve. Ce dossier devrait sans aucun doute contribuer faire (re)découvrir cet auteur qui a profondément marqué l'imaginaire et la littérature de sa région, le Lac-Saint-Jean. Parmi les recensions critiques de ce numéro, le dernier roman de Robert Lalonde, C'est le coeur qui meurt en dernier, la traduction du récent ouvrage d'Élizabeth Smart, L'arrogance des vauriens et le nouveau livre de Gilles Archambault, Sortir de chez soi.

  • C'est à l'écrivain acadien Claude Le Bouthillier, emporté par un cancer en mars dernier, à qui Lettres québécoises rend hommage dans ce numéro. Préparé juste avant sa mort, ce dossier comportant un auto-portrait, une entrevue ainsi qu'un profil de son oeuvre littéraire nous fait (re)découvrir le parcours de cet homme qui, issu de la plus ancienne famille de la Péninsule acadienne, a été bercé par la mer et les récits de huit générations d'aventuriers et de pêcheurs. Cette édition dévoile aussi de nombreuses critiques, dont notamment celles des romans récents de Michel Tremblay, Marie Laberge et Marie-Claire Blais, des premiers romans de Fanny Britt, Tristan Malavoy et Laurence Olivier, et s'intéresse au récit troublant de Juliana Léveillé-Trudel, Nirlit, ainsi qu'au premier livre superbe d'Antoine Dumas, Au monde. Inventaire. Les essais de Martin Gibert, Voir son steak comme un animal mort, ainsi que celui d'Yvon Rivard, Exercices d'amitié, sont aussi analyés dans ce numéro.

  • Pour son édition hivernale, XYZ, la revue de la nouvelle propose une édition spéciale consacrée à l'Association professionnelle des écrivains de la Sagamie (APES) qui célèbre ses 25 ans. Sous la direction littéraire de Marjolaine Bouchard et Jean-Pierre Vidal, deux membres de l'association, le numéro permet de découvrir douze plumes du Saguenay-Lac-Saint-Jean sous le thème « Eaux(-)fortes », à entendre au double sens de puissance aqueuse et de gravures. Les nouvelles de Marie-Christine Bernard, Hervé Bouchard, Mylène Bouchard, Danielle Dubé, Julien Gravelle, Cynthia Harvey, Steve Laflamme, Guy Lalancette, Yvon Paré, Larry Tremblay, Nicolas Tremblay et Élisabeth Vonarburg évoquent les tempêtes, les rivières, la mer, l'acide nitrique, l'eau-de-vie ou d'autres métamorphoses liquides. En complément, le numéro propose aussi des nouvelles de Bertrand Bergeron, Gaëtan Brulotte et en traduction, la Canadienne Joanna Lilley et l'Étasunienne Catherine Browder. Dans la section « Compte-rendu », David Dorais a lu Les ovaires, l'hypothalamus et le coeur, plus récent recueil de Camille Deslauriers.

  • Tshakapesh lance le noeud coulant et attrape le soleil qui folâtre au niveau de l'eau. Surpris, l'astre se cabre. Le jeune chasseur s'arcboute, tenant fermement le cordage.
    - Lâche le câble! Nous allons brûler!
    Une vague soulève l'esquif. Des ouananiches font surface, bondissent dans un ensemble parfait avant de retomber et d'éclabousser les pêcheurs.
    Une autre vague roule. Le castor géant approche, frappe l'eau de sa queue plate, noie le soleil. D'un coup de dent, il tranche le câble et disparaît dans les profondeurs.

    Ulysse a quitté le Bout du Monde, son village natal, pour un long voyage. Devant lui s'étend le Grand Lac sans fin ni commencement, car Yvon Paré a situé sa version moderne de L'Odyssée dans le paysage grandiose du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Accompagné d'un renard et d'un tamia, Ulysse croise des personnages empruntés tout autant à L'Odyssée qu'à la réalité et aux légendes québécoises et amérindiennes: un maire qui a inventé la démocratie totalitaire; Alexis le Trotteur, dont les pieds sont peut-être des sabots; Victor Delamarre, l'homme le plus fort du monde; Louis l'Aveugle, le conteur qui possède la mémoire du pays d'avant et d'après; Alice, la prisonnière du miroir; la Dame de la Nuit; Calypso; Tshakapesh, le voleur du soleil; Manigouche, le guide des âmes; les hommes et les femmes volants et Boula Petit qui veut avaler la Terre.
    Et il s'ennuie de Manouane, la belle et ensorcelante Innue. Pourra-t-elle l'attendre comme Pénélope, tricotant un monde à l'endroit, un monde à l'envers? Le Bout du Monde est peut-être l'île d'Ithaque, car, c'est connu, nous répétons les mêmes histoires, peu importe le temps et les époques...

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