La Découverte (réédition numérique FeniXX)

  • Puisant directement aux sources : archives diplomatiques américaines, entretiens, enquêtes... l'auteur propose une réflexion d'ensemble sur les relations entre l'Afrique et les deux grands.

  • Cet ouvrage reprend une série d'articles parus dans la revue Esprit, qui témoignent de l'histoire intellectuelle française du XXe siècle. Ces différents essais présentent et discutent l'oeuvre de penseurs pour le moins originaux, et dont bien souvent les écrits et les engagements personnels ont profondément marqué une époque et une génération : Boris Souvarine, Raymond Aron, Jean-Paul Sartre, Maurice Merleau-Ponty, Claude Lévi-Strauss, Georges Dumézil, Paul Ricoeur, Éric Weil, Mikaël Dufrene, Michel Foucault, Jacques Lacan, sans oublier Georges Bataille et le Collège de sociologie (Jules Monnerot et Roger Caillois), et Edgar Morin et la revue Arguments (Kostas Axelos et Jean Duvignaud). En suivant ces étonnantes traversées de notre siècle, nous pouvons établir la carte de la pensée française, cette géographie complexe aux nombreuses zones de tension. Nous pouvons aussi suivre les cheminements de chacun et dessiner des filiations, des croisements ou bien encore des parcours parallèles, sans aucun point de rencontre, mais tous s'inscrivant profondément dans un espace européen et dans une histoire occidentale du monde. C'est, finalement, cette histoire - et les philosophies qui l'explicitent - qui, de fait, donne son unité à cet ensemble de textes, et autorise la confrontation de ces pensées.

  • Malgré tous leurs défauts, les États-Unis constituent aux yeux de nombre d'observateurs occidentaux la première démocratie du monde. À l'inverse, d'autres considèrent qu'ils ne sont en réalité dirigés que par quelques hommes - démocrates ou républicains, managers ou généraux - n'ayant qu'un seul souci : la maîtrise du capitalisme mondial. La réalité est bien plus complexe que cette vision manichéenne du pouvoir politique. Au-delà de ces clichés, et en s'appuyant sur une longue et minutieuse enquête, tant sur place qu'en France à partir de documents inédits, ce livre démonte les mécanismes réels de la démocratie américaine. Pour ce faire, il révèle les manoeuvres de multiples groupes de pression, qui s'efforcent de faire prévaloir leurs intérêts et d'imposer leur conception du monde : le club de Bilderberg, le Committee on the Present Danger, les transnationales, la Trilatérale, les services secrets, les médias... Ces divers lobbies, à coup sûr, pèsent de tout leur poids pour essayer de détourner à leur profit la première démocratie du monde. Comment rester indifférent à ce mode de fonctionnement, alors même que chaque décision américaine se répercute au niveau mondial ? Comment ne pas s'intéresser à ces décideurs, ces oligarques, dont l'influence traverse les frontières ? Comment ne pas vouloir percer les secrets des conversations de couloir et des organisations parallèles, alors que l'enjeu est l'avenir même de la démocratie, d'une démocratie davantage fidèle à ses principes fondateurs ?

  • Louis Althusser est mort le 22 octobre 1990. Après dix ans d'isolement, consécutif au meurtre de sa femme Hélène en 1980, l'auteur de Montesquieu, la politique et l'histoire, de Pour Marx, de Lénine et la philosophie, de Philosophie et philosophie spontanée des savants, ne faisait plus lui-même partie du paysage intellectuel français. Pourtant, par delà le déclin du structuralisme, dont il était considéré comme l'un des fondateurs (aux côtés de Lévi-Strauss, Lacan et Foucault), par delà la crise du socialisme et du marxisme dont - au prix de controverses passionnées - beaucoup voyaient dans ses écrits la refondation, sa trace intellectuelle est loin d'être effacée. Dans ce recueil, Étienne Balibar, qui fut l'élève et l'ami du philosophe, rassemble quatre écrits sur Althusser et pour lui, qui s'échelonnent de 1977 à 1990. Il s'agit d'un adieu public, où se mêlent la discussion conceptuelle et l'évocation personnelle. Il s'agit, surtout, de commencer à évaluer l'héritage du théoricien qui, plus que tout autre, a voulu combiner la modernité philosophique avec l'engagement communiste : depuis sa conception de la science (issue d'une refonte de l'épistémologie bachelardienne) et de l'idéologie (avant tout nourrie de Spinoza et de Freud), jusqu'à celle de la révolution (qui joue Marx contre lui-même). Au rebours de l'image dogmatique qui continue de prévaloir, l'accent est mis sur les tensions et les contradictions qui n'ont cessé de maintenir ouverte la pensée d'Althusser et sur l'urgence des questions qu'elle pose.

  • "Si le mot d'anomie a un sens, il désigne les manifestations incasables, qui accompagnent le difficile passage d'un genre de société qui se dégrade, à un autre qui lui succède dans la même durée, et qui n'a pas encore pris forme. Nous sommes dans l'écluse (...). Nous traversons aujourd'hui une plus forte "zone de turbulences" : les "valeurs" de la civilisation industrielle dans laquelle nous sommes nés, n'ont plus guère de force mobilisatrice, les institutions s'effritent, des lieux vivants deviennent des cimetières, les idéologies, les utopies viennent buter contre le mur d'un avenir imprévisible. Les nations, les États, apparaissent comme des emballages vides. Il est difficile de dire que le prochain millénaire ressemblera à ce que suggèrent, ici ou là, les films de science fiction, les bandes dessinées, les rêveries optimistes des ingénieurs. Qui oserait prophétiser ?" Avec ce concept d'anomie, formulé par Jean-Marie Guyau et utilisé par Émile Durkheim, Jean Duvignaud montre comment les sociétés - en se transformant - provoquent de nombreuses réactions imprévues chez les individus. Des comportements inédits apparaissent, les normes sont contestées, la marginalité et la déviance s'enrichissent de nouvelles forces, etc. L'auteur illustre sa réflexion par des exemples empruntés à la littérature du XIXe siècle, au théâtre contemporain, à la peinture... Le sacré, l'imaginaire, le rêve, l'utopie, la contestation, se faufilent ça et là, entravant le raisonnement sociologique, et conduisent l'auteur à repenser la place et le rôle des sciences sociales dans une société qui vit - en permanence - de fortes perturbations. Cet ouvrage est une nouvelle édition entièrement revue et augmentée de l'Anomie (éd. Anthropos - 1973).

empty