Sciences humaines & sociales

  • Émeutes de Villiers-le-Bel, affaire Kerviel, péripéties de l´Arche de Zoé, fiasco de la France à l´Euro de football, élection de Barack Obama, crise financière : des sujets qui se bousculent à la une des journaux télévisés, la sociologie a-t-elle quelque

  • Au début des années 80, un groupe de chercheurs de l'École des mines se penche sur un aspect du monde contemporain négligé par les sciences sociales : les sciences et les techniques. Comment sont-elles produites ? Comment leur validité ou leur efficacité sont-elles établies ? Comment se diffusent-elles ? Comment contribuent-ils à transformer le monde ? Ces travaux donnent naissance à une approche aujourd'hui reconnue : la sociologie de la traduction, dite aussi théorie de l'acteur réseau, avec ses concepts clefs, la traduction, l'intéressement, le script, la controverse, etc. Cette théorie est si féconde que les sciences sociales mobilisent désormais très largement ses concepts, mais aussi ses règles de méthodes et ses outils de travail. Or, nombre de ses textes fondateurs n'étaient pas ou plus disponibles en français. En rassemblant des textes de trois de ses pionniers, Madeleine Akrich, Michel Callon et Bruno Latour, on permettra au lecteur de comprendre les développements de la sociologie de la traduction et la manière dont elle a interrogé le lien social, les machines, les objets, les usagers, les pratiques scientifiques. Pour montrer en conclusion comment cette approche permet de renouveler l'analyse sociologique classique.

  • MICHEL CALLON a marqué les sciences humaines et sociales par sa production académique, par ses activités d´animateur de la communauté scientifique et par son rôle de médiateur entre la recherche et le monde de la politique, de l´administration et de l´entreprise. Il a multiplié les espaces d´entente et de confrontation, en se déplaçant aussi bien sur le terrain de la sociologie que sur celui des politiques de recherche et d´innovation, de l´anthropologie économique, de la scientométrie, de la science politique ou de l´anthropologie de la médecine.

  • On sait la contribution des ingénieurs des mines à la découverte du monde physique, leur apport à la connaissance de la matière et leur part dans l´invention de procédés pour son exploitation et sa transformation. On connaît moins leur participation, au cours du XIXe siècle, à la définition des sciences sociales. Frédéric Le Play (1806-1882), par ses recherches statistiques et métallurgiques, comme par son oeuvre de science sociale, a marqué de son empreinte l´École des mines. À sa suite, des ingénieurs, qu´ils soient du corps ou civils, entreprennent des enquêtes sur la condition ouvrière et les conflits sociaux, mais aussi concourent à la naissance des politiques sociales en faisant connaître les institutions de prévoyance du secteur industriel. À la croisée de la science et de l´action, ils dessinent un type nouveau d´ingénieur capable d´associer rationalité technique et sciences de la société : l´ingénieur social. Naissance de l´ingénieur social regroupe un choix de textes significatifs de la contribution des ingénieurs à cet essor des sciences sociales dans le monde industriel. Publiés entre 1856 et 1906, sous la signature de Frédéric Le Play (avec Albert de Saint-Léger et Adolphe Focillon comme collaborateurs), Lucien Fèvre, Jacques de Bellefond, Maurice Bellom, William Bertheault et Émile Cheysson, ils témoignent d´une conception originale où la saisie directe des faits sociaux est la pierre angulaire de l´interprétation des relations sociales et de leur transformation.

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