Éditions David

  • Quand Hélène Leclerc observe sa réalité urbaine, des vélos filent au-dessus des roseaux, le soleil descend la côte sur un fil, le sapin s´embrouille derrière le barbecue, des étages de ciel apparaissent sur les immeubles et une pianiste géante joue sur le mur de l´église.

    Quartier des affaires au-dessus de mon reflet des étages de ciel concert à la chandelle sur le mur de l´église la pianiste géante

  • Six mois à Montréal. Six mois en Gaspésie. Deux univers dans lesquels, tour à tour, l´auteure nous invite à basculer. En plein coeur du Quartier Latin : cette odeur d'humanité, le choc des bruits et des lumières, l´effort à fournir pour habiter le corps quand l´horizon manque au regard. Puis, le retour à la mer, aucune retenue dans l´espace, tout ce bleu, à nouveau, ces amis emmêlés au paysage.

  • Écrire un haïku parce qu´il est nourriture, tel un fruit s´offrant à la cueillette et à la dégustation. Parler des bruants, de l´Innu, des graines rouges, du grand vent, de l´enfant, des traînées de soleil, de la neige à gros flocons... Le haïku a pour assise le quotidien, mais se veut porteur d´éternité.

    Chaleur de la terre des petits fruits nordiques plein le panier brise de mer des mots venus du large dans mon cahier

  • aube glaciale / des fumées de mer / tamisent la lumière Les fumées de mer sont un phénomène typique du fleuve Saint-Laurent en hiver. Ces immenses colonnes de vapeur deau qui par matin de grand froid, tels des encensoirs du ciel, montent des eaux glacées du fleuve et glissent lentement vers la mer ont dû surprendre et émerveiller les premiers Européens installés au Québec, comme elles nous transportent encore aujourdhui. Regarder passer les fumées de mer à laube, cest assister à la rencontre de la terre et du ciel et participer, en quelque sorte, au choc des éléments.

  • Dans Saisons de sel, Claude Marceau nous fait découvrir lestuaire démesuré du Saint-Laurent et son golfe.

    De Tadoussac à Natashquan, une voiture imaginaire roule et ses passagers admirent plages, îles, îlots, baies, criques, bêtes et oiseaux, traversent paysages, villes-champignons, pittoresques villages, dans un périple qui prend tout son temps et touche à léternel, sarrêtent parfois pour pique-niquer, allumer un petit feu de grève, pêcher, récolter des coquillages et parler avec les gens flèches vivantes / les fous de Bassan plongent / à cent kilomètres/heure aurores boréales / blanches et roses et vertes / une danse sur la mer

  • Sept femmes empruntent la voie du haïku pour aborder des sujets qui les font vibrer, des sujets qui rejoignent leurs intérêts ou leurs préoccupations. Le haïku se fait tantôt chercheur de beauté, de poésie et de premier regard, tantôt témoin d´instantanés de voyage, du quotidien d´un couple, de la fuite du temps ou d´événements d´actualité.
    On y dit ce qui bouge, ce qui surprend, ce qui marque, ce qui se déroule alentour et partout dans le monde. En cela, La lune sur l´épaule ressemble à la vie.

  • Le kukaï est une pratique traditionnelle du Japon qui consiste à tenir, suivant une procédure établie, une réunion au cours de laquelle les haïjins (auteurs de haïkus) lisent, choisissent et commentent les poèmes qu'ils ont écrits. «Kukaï, une aventure poétique» regroupe trente et un auteurs du groupe Haïku Québec et compte cent soixante-huit haïkus choisis parmi plus de deux mille cinq cents textes. Ce florilège atteste que l'écriture de haïkus est plus que poésie, elle est aussi philosophie de vie et expérience humaine de partage : elle nous conduit à voir les choses et les êtres tels qu'ils sont, sans jugement, et à en rire à l'occasion.

    Odeurs d'automne flâner sous les ombrages le nez en l'air (Jean Deronzier) deux ans plus tard ta montre dans le tiroir toujours vivante (Esther Greaves)

  • Quelques mois après la publication de son premier recueil «Cueillir la pluie» (Tire-Veille, 2014), Jimmy Poirier réalise à quel point le haïku a chamboulé sa vie. Tout doucement, presque imperceptiblement, une agréable lenteur s'est installée dans son quotidien. « Tous les soirs, je revenais chez moi la tête gorgée de sons et d'images, les poches pleines de bouts de papier sur lesquels j'avais gribouillé toute la journée. Après un certain temps, j'ai compris que le haïku s'était enraciné en moi, dans mes yeux et dans mon ventre, et qu'il s'y était installé pour la vie. » sentier d'automne / sous nos pas / le bruit des couleurs L'auteur poursuit ici sa quête de l'instant, attentif au moindre geste de la nature à travers chaque saison, en renouant avec des fragments de son passé. Une grande partie de ce recueil a été écrite chez lui, au bord du Saint-Laurent. Habiter ce lieu inspirant, c'est porter en soi le souffle du fleuve.

  • « La lecture de ce beau recueil de haïkus québécois, où se côtoient l'univers et l'intime, donne au lecteur la mesure de ce temps poétique qui n'a qu'une réalité, celle d'une conjonction entre intensité et immédiateté, car il y a parité absolue entre ce qui est réel et l'instant présent. » Préface d'Alain Kervern Neuf auteurs de la Côte-Nord empruntent la voie du haïku avec des sujets qui leur tiennent à coeur ou qui rejoignent leurs préoccupations. Alors que certains parlent des beautés de la nature, des secrets de la faune et de la vie paisible au chalet, d'autres évoquent des petits moments qui se passent au fil des jours, dans l'ici et l'ailleurs. Finalement, d'aucuns révèlent ce que perçoivent les sens, partagent la réalisation du rêve d'un voyage au Japon ou abordent l'inéluctable. Textes de Gilbert Banville, Hélène Bouchard, Odette Boulanger, Thérèse Bourdages, Claire Du Sablon, Christine Gilliet, Carmen Leblanc, Monique Lévesque et Claude Rodrigue.

  • Sept-Îles se loge dans ce vaste espace que dessine la Côte-Nord, entre mer et forêt. Un lieu où la respiration s'élargit en même temps que le paysage. Un lieu où les expressions «à perte de vue» et «à couper le souffle» sont coutumières. Un lieu d'échanges et de métissage entre cultures. Un lieu où cohabitent nature sauvage et grandes industries. Sept femmes du Groupe Haïku Sept-Îles ont choisi de faire connaître ce milieu unique, à travers de petits poèmes d'inspiration japonaise. une mer d'huile les îles en lévitation ce matin entrée d'hémérocalles et potage de pissenlits s'inviter au Jardin Textes de Micheline Beaudoin, Hélène Bouchard, Marthe Boudreault, Odette Boulanger, Thérèse Bourdages, Diane Cyr et Ginette Simard.

  • «vingt et une heures trente la mère bordée par la fille» Un monde en suspens. Ce monde qui s'arrête net un jour de février. Puis le corridor étrange qui suit la perte. Tant de petits signes d'immortalité imprégnés dans le quotidien. Ces objets vivants qu'on soupèse, dont on hume le parfum. «J'écris dans ton cahier turquoise. Celui que je t'avais offert pour Noël. Sachant qu'il te restait peu de temps pour t'en servir. Qu'il me restait peu de temps pour être ta fille. J'écris ce qui se voit. Ce qui ne se voit pas. La présence. L'absence. Ce qui se dit entre nous, pour te garder. Ce qui parle de toi, tout bas, lorsqu'on se tait pour t'aimer encore. sur la commode tes lunettes sans ton regard» Joanne Morency conjugue ici la prose poétique et le haïku dans cette forme si particulière qu'offre le haïbun. « Un texte très personnel, écrit tout en finesse et en retenue ». Prix du récit Radio-Canada 2014.

  • Que serions-nous si du bois des arbres nous n'avions façonné la hampe de nos sagaies, le manche de nos houes, les essieux de nos charrettes, la charpente de nos demeures, la coque de nos navires? Sans le bois, les premiers feux que nos ancêtres allumèrent sur la savane n'auraient été que feux de paille.

    Leurs noms sur une même écorce Blanc et Innue Hélène Bouchard Pour donner à voir toute la symbolique du bois dans nos vies, Bertrand Nayet a lancé une invitation à laquelle soixante-deux auteurs de la francophonie canadienne ont répondu. Leurs haïkus composent ce florilège.

  • Trois femmes innues, natives de la Côte-Nord, signent ce recueil empreint dune saveur typiquement autochtone. Des mots tendres témoignent de ladmiration vouée aux ancêtres; des mots drus disent les frustrations, les abus, les blessures à lâme, le désarroi.
    Leurs haïkus révèlent la vérité nue dun peuple des grands espaces confiné à la «réserve», une réserve qui a peut-être le mérite de protéger lidentité, mais qui coupe néanmoins des ailes.
    Voilà que des êtres de silence libèrent la parole, voilà que des femmes de tradition orale passent à lécrit. Leurs mots sont autant de «bâtons à messages» (tshissinuashitakana) qui parlent dune identité à assumer, dune fierté à retrouver. De toute urgence.

  • Pendant deux ans, au fil des jours, Hélène Bouchard écrit à l'encre des humeurs du temps. Elle se fait l'écho de la Côte-Nord, converse avec la mer, la froidure, la nature, le silence et l'enfance.
    À quelques reprises, elle quitte ce territoire de démesure, choisit une terre coupée du continent, une île lointaine, dans la finitude d'un espace. Pour revenir ensuite chez elle, rassasiée.

    Fenêtre sur le large dans le bleu de son regard reflet de la mer « Chacun des mots de ce livre est une goutte de rosée sur un brin d'herbe qui reflète la beauté furtive de ceux qui la regardent et s'y voient. » Kim Thuy

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