Éditions Prise de parole

  • Ici

    un coin de table
    et

    le grand bleu
    du firmament
    couché sur ses
    hanches sur
    ma page blanche
    c'est

    tout ce dont
    j'ai

    besoin

    Bleus comme le ciel ou gris comme la neige, les mots du poète se déposent à la surface des jours et en dévoilent le grain, la lumière, la pulsation. Desbiens évoque avec simplicité les rencontres et rituels qui rythment sa vie montréalaise dans ce nouveau recueil, une oeuvre de maturité qui pose un regard à la fois serein et lucide sur un monde qui ne s'arrête jamais pour souffler.

    «Le quotidien du poète» marque le retour de Desbiens chez Prise de parole, maison avec laquelle il est fortement associé.

  • Sur les rives du lac Nipissing ou du haut de la «meseta central» espagnole, le poète se remémore les émois que les années ont égrenés sur son chemin, qu'ils aient été fulgurants, langoureux ou tragiques. Ainsi l'amour et le deuil s'unissent-ils pour dire la complexité de la vie, dont les plus grandes beautés sont aussi les plus fugaces.

    Avec ce recueil intimiste où se côtoient vers et photographies, Gaston Tremblay donne accès à un univers fait d'instantanés d'où jaillissent, en contrepoint, l'émotion pure et la mélancolie.

  • «Cette ville où je déambule» évoque, de façon impressionniste, la montée d'une relation amoureuse et sa chute sous une lune changeante. À la beauté et la douce folie issues de l'enchantement succéderont le tourment et la perte de l'espoir. La guérison viendra plus tard dans l'exil de la mémoire. Dans ce recueil clair-obscur énigmatique où le quotidien se fond dans la matérialité, les émotions et les mots, les désirs se bousculent pour donner forme au réel.

    Admirablement construite, la prose poétique de Jimenez entraîne le lecteur dans un tourbillon d'émotions et de pensées complexes qui rendent hommage au corps, ce que viennent appuyer plusieurs photographies en noir et blanc réalisées par l'auteure.

  • «Pliures» se construit autour d'un deuil. Le poète y traite de la maladie de son père, de sa mort, et s'interroge sur leurs rapports. La distance, jamais comblée, qui les séparait se transforme ici en un retour sur le sentier des souvenirs. Par les mots, la voix poétique cherche à apprivoiser le père dépouillé des artifices de l'autorité, un homme dont les passions, les rêves et les blessures ont été vécues en silence jusqu'à la fin. Une bouleversante conversation à sens unique.

    Avec ce recueil, Michel Ouellette, figure incontournable de la littérature franco-ontarienne, révèle une introspection où le corps, à force de chercher à pallier l'absence, en vient à se ronger de l'intérieur.

  • Dans ce recueil écrit à deux mains, les poètes se livrent à un jeu de métissage littéraire où le dire de l'un et de l'autre se dévoilent, se confondent, se complètent, se prolongent... Entre Témara (Maroc) et Sudbury (Canada), ils partagent leurs nomadismes, libérant un cri sans boussole, et s'inventent de nouveaux horizons. L'errance, le souvenir, le désir dictent leur poésie-mirage, leur poésie-radeau, face à la tempête qui ballote ceux qui ne s'encombrent pas de chaînes.

    Fruit d'une riche collaboration, «nomadismes» investit la distance et y ouvre un espace de dialogue.

  • Deux mains ouvertes, prêtes à l'accueil. La visiteuse, paumes tournées vers le ciel, donne et reçoit dans un même mouvement, en attente d'une rencontre qui est surtout une découverte. Ici s'amorce l'errance, un chemin qui se dessine en silence et qui mène à l'autre, à soi. Entre un temps ouvert et un espace élastique, lieu de passage, la voix poétique espère un possible commencement. À travers les questionnements, une sérénité et une candeur, de celles qui se cueillent dans le regard d'un enfant.

    Avec «La Visiteuse», Andrée Lacelle poursuit son exploration symbolique de l'altérité, et offre une oeuvre de maturité, fidèle à une pratique d'écriture qui s'élabore depuis près de quarante ans.

  • Lorsque vous me manquez
    Votre absence est légion
    Vous vous pavanez dans des tailles de guêpe
    Votre talle étrangère sucrée

    Les espaces vacants
    Les miels arrêtés

    Ces yeux
    Qui ne se posent pas
    Destins inassumés de petites places
    Ces joues
    Sans nouvelles ni papier
    Sans ailes ni bruit

    Lorsque vous me désertez
    Le vide me rappelle

    Dans un train qui file vers l'est, une femme médite sur l'éloignement amoureux de l'autre qui ne se rappelle plus qu'elle existe. Dans une maison, une femme - est-ce la même ? - songe à sa mère diminuée par la maladie d'Alzheimer. Ces deux formes d'oubli, qui se rencontrent de manière naturelle et discordante au fil d'un récit où tout s'estompe, provoquent colère et tristesse chez la personne en proie au souvenir.

  • JE RÊVE AU POÈME

    Je rêve au poème
    qui rêve à moi

    et quand
    je me réveille
    le lit est vide
    et

    encore chaud

    Dans son nouveau recueil «Sous un ciel couleur cayenne», le poète Patrice Desbiens poursuit son exploration, avec la concision qui caractérise son oeuvre de maturité, des tonalités que revêtent les grands et petits moments de l'existence.

  • Quelque part dans les entrailles minières de Sudbury siège un observatoire de particules élémentaires issues de la combustion du soleil.
    À l'ombre du réel, les mélancoliques se font chercheurs miniers, lecteurs du sol, en écho à un vieil ouvrage grec dont la paternité est incertaine.
    Dans les interstices de la connaissance, l'énergie s'obstine à naître à même l'effondrement. Un gouffre personnel se rabat lentement sur celui de plusieurs, puis sur celui de personne.
    «Problème trente» porte attention au point de convergence des humeurs noires et de la recherche subatomique, là où la pensée hésite encore entre la musique et l'idée.

    Avec ce recueil, le poète prolonge son questionnement sur le lieu et l'origine entamé dans «Le milieu de partout» (Prise de parole, 2014, prix Champlain).

  • je ne suis plus au centre
    d'aucun univers
    personne n'attend mon prochain livre
    je sais maintenant
    que la mort n'est pas d'actualité

    il y a dans le détachement
    une lucidité rassurante
    des moments
    qui confèrent presque à la grâce
    si près qu'on peut la sentir

    cela me suffit
    ce théâtre d'ombres
    à l'intérieur de soi

    Les deuils sous toutes leurs formes traversent une existence et suscitent colère, regret, angoisse, tristesse, que la poésie parvient à apaiser. «Longtemps j'ai porté mes deuils comme des habits trop grands» propose un pèlerinage à la fois universel et intime vers la connaissance de soi. Ce recueil, qui marque le retour de Stefan Psenak à la poésie après une quinzaine d'années de silence, est celui d'un poète qui s'est éloigné de l'urgence par de longs détours et qui a retrouvé dans la douleur et la pensée en marche un chemin vers la parole.

  • Amants fidèles
    Au clair d'une lune entière
    Nos ébats sont des feux
    Prières d'enfants torrents de rire
    Miroir des saintes tendresses

    Parcours indécis des affluents
    Entre les sables et les roches
    Le lichen et les nouvelles pousses
    Les effluves du jour s'amoncèlent
    Se marient et s'unissent

    Duplication et multitude
    Le rythme naissant croît
    Et se meut la soif plénière
    L'appel est lancé

    Nipimanitu

    «Nipimanitu (L'esprit de l'eau)» offre une poésie spirituelle et mystique de l'effondrement, écrite dans l'urgence de tout dire. En trois mouvements - amour intégral, chute et trahison, puis résilience et retour à la vision claire -, il livre un chant révolutionnaire, puisant aux sources de la conscience, du rêve et de la mémoire, qui appelle à une transformation radicale de notre regard sur le monde.

    La poésie symboliste de Ross-Tremblay traduit une métaphysique profondément innue qui repousse les limites du langage. L'auteur y exprime une cosmogonie qui aspire à l'immanence et à l'osmose entre l'humain et ce qui fonde sa vie.

  • un amas
    de métaux
    obscurs

    recouvre
    le côté droit
    de ma tête.

    j'en extrais
    mes idées

    les rends
    malléables

    les fais fondre
    avec le réel.

    Dans «Premier quart», la poétesse revisite le Nord, lieu de sa naissance, à travers le voyage et les souvenirs. Au long de son parcours, elle tentera de comprendre les drames et réalités à l'oeuvre dans le rude climat nordique. Elle sera ainsi ramenée à ses propres combats, à la solitude, à la tristesse, à l'angoisse, et à l'hiver qui invite à l'introspection. La nature et l'écriture lui permettront d'inscrire sa quête dans un vaste héritage familial et littéraire.

    Ce premier recueil de Véronique Sylvain tisse la nordicité en contrepoint d'une identité féminine et urbaine. Il s'inscrit dans la lignée de poètes établis (Robert Dickson, Patrice Desbiens, Michel Dallaire, Gaston Tremblay) et émergents (Sonia-Sophie Courdeau, Daniel Aubin) ayant contribué à forger l'esthétique poétique du Nouvel-Ontario.

  • À la croisée des chemins, le temps est venu de faire l'inventaire de ce qu'il faut laisser derrière, de ce que l'autre côté de la nuit peut offrir. Examen des failles et des envies, décompte des fictions, transcription des trajectoires?: les poèmes de «Certains soirs de catastrophe» en appellent à la fois à ce qui n'est plus et à ce qui est désiré. Pilier de son récit, un homme raconte le souffle qui vient après une plongée en apnée, l'appel grisant de la tempête, le vertige de s'en remettre corps et âme à la potentialité de l'amour.

    Ce nouveau recueil de Stefan Psenak, qui prolonge l'exercice d'introspection entamé dans «Longtemps j'ai porté mes deuils comme des habits trop grands», raconte le retour à soi, à un état d'esprit fait d'ouverture, de découvertes et d'amour. Malgré les deuils qui continuent de peser, l'auteur renoue avec ce regard juste et lumineux qui fait de son oeuvre un rendez-vous incontournable.

  • À croire que j'aime les failles
    À louer les tremblements
    Érigés en plein ou en creux

    La route n'est droite dans aucun sens
    Ses accotements abîmes
    De souffles coupés
    Ses pentes vertiges renversés

    Des accidents
    M'échouent sur le chemin qui mène
    J'aimerais vous dire je m'y retrouverai la prochaine fois
    Ou non

    Jamais exactement là où elle devrait être, jamais attendue telle quelle, jamais tout à fait comme il faut. Ni d'eux, ni d'elles, ni d'iels, la voix poétique investit l'univers de la faille, cette imperfection qui devient ici un espace où repenser les possibles. Les trois suites poétiques du recueil sont tour à tour transgressives, grammaticales, joyeusement de guingois, et questionnent le matériau, celui avec lequel on forge une langue, celui contre lequel s'érodent les souvenirs.

    La poésie de Bérard explore le queer, «peut-être le mot [...] qui résume le mieux ce sentiment de ne pas totalement réussir à être comme il faut». C'est de ce point de départ, l'impression d'être «un peu en avance ou en retard ou juste un peu à côté, de travers, à l'écart» que s'ouvre le chemin de l'écriture.

    Après avoir remporté le prix de poésie Trillium 2018 avec «Oubliez» (Prise de parole), un magnifique premier recueil sur l'effacement, Sylvie Bérard démontre qu'elle sait créer une poésie d'une grande puissance d'évocation.

  • je suis assise au bord de notre histoire
    on a fini de déjeuner de nos amours

    toi tu es déjà debout à ramasser les miettes
    d'une nuit passée en un quart d'heure

    si seulement j'avais eu le temps de finir mon café
    j'aurais pu lire dans la tasse
    le peu d'avenir qu'il nous reste

    Par ses ahurissements familiers, ses ironies de secours, ses amours malmenées dans une ville qui en a vu d'autres, «au sud de tes yeux» n'est pas sans rappeler, au féminin très singulier, la terrible lucidité d'un Patrice Desbiens.

  • D'ici, de demain et « de nulle part », André Leduc pousse un cri d'alarme à l'amour, à la terre. Au fil des textes, le lecteur voit éclater la chair du poète en une énergie chargée d'images, propulsée à la vitesse de la lumière. Le lecteur survole sept cent millions d'années - de l'Égypte à l'Amérique, des pyramides aux gratte-ciel - découvrant en cours de route, un « allô » intime dont l'écho se perd dans le temps, l'espace et la matière.

  • Dans « le Cahier jaune », on retrouve précisément ce qui fait l'essence de la poésie de Michel Vallières et ce pourquoi on le reconnaît si chaleureusement : une voix singulière, chaude et personnelle qui se révèle dans toute sa fragilité, son inquiétude et son désir. « le Cahier jaune », c'est d'abord et avant tout la voix du poète, une parole rebelle qui laisse le champ libre à l'émotion.

  • « Abris nocturnes », c'est une poésie des rapports humains, des moments qui s'étirent comme de longues journées ou qui s'arrêtent brusquement pour marquer le revers.



    Des intonations justes, des images authentiques, une parole généreuse. Un recueil animé par l'intuition fuyante de l'amour à déceler en toutes choses et en toutes gens. « Abris nocturnes » sont des textes d'une beauté et d'une tendresse exquises, contrastant avec la rudesse mythique de Sudbury.

  • Avec ce recueil où tendresse et humour font bon ménage, le talent de conteur de Michel Vallières marque de nouveaux points. En quête de sa propre vérité, il relate ses expériences et réflexions personnelles par le biais d'une écriture précise et efficace.

  • Un monde idéal d'amour, de contes de fées et d'images d'enfance est confronté à des réalités bouleversantes : anges gardiens malveillants, hommes sans bras, femmes dénuées de charité. Pas de rhétorique ni de lunettes roses. Une jeune poète parle des préoccupations actuelles de l'Ontario français.

  • Derrière le mutisme du monde naturel, une femme entend l'écho de la solitude qui l'habite. Elle est à l'affût d'une « fêlure dans le silence », par où pénétrer la mémoire des paysages maritimes. Par là se trouve l'espoir de nommer le secret mystérieux de sa douleur. Par là se trouve la quête d'une « vivante poésie » au coeur même du monde et de l'oubli.

  • Au fil d'une rêverie historique, l'inspiration poétique de Pierre Albert trace l'itinéraire de sa quête d'appartenance. La poésie épouse la douleur d'un espace mal habité et d'une humanité à la fois inspirée et écrasée par le Nord.

  • Une série de méditations sur le monde contemporain d'ici et d'ailleurs. Face à sa propre tradition, éclatée, comme face à la technologie de pointe, le poète témoigne d'une inquiétude grandissante. Ailleurs - au Pérou, au Maroc - comme ici, l'avenir du monde se prépare dans l'ombre. Le point de départ et le point d'arrivée de ce recueil ne font qu'un : la lucidité douloureuse est la pratique nécessaire de la parole.

  • Un homme se remémore cette femme dont « les yeux l'avaient cloué sur son destin ». Ainsi s'amorce ce récit poétique où brille un amour ancien dans l'écrin patiné d'une totale solitude. Après une descente dans l'enfer de sa peine, le héros retrouve sa force et son intégrité et, sublime beauté, il rejoint sa belle dans les sortilèges de l'écriture : il lui « donne rendez-vous dans ce poème ».

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