Éditions de l'Herne (réédition numérique FeniXX)

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Au moment où la France vient de commémorer tour à tour le Millénaire capétien et le Bicentenaire de la Révolution, les auteurs nous rappellent qu'un éventuel retour de la monarchie dans notre pays demeure hypothéqué par l'absence d'un prétendant unique, susceptible de fédérer autour de son nom tous les partisans de la royauté. Ils nous proposent donc une minutieuse galerie de portraits, approfondissant avec méthode tant les arguments qui militent en faveur de l'ambition nationale de tel prétendant que ceux qui vont à l'encontre du destin royal revendiqué par tel autre.

  • Les vrais secrets ne se dérobent pas. Ils veulent intensément cette clarté qui les donne sans les trahir et les confie sauvegardés, clarté de la lueur où la nuit se rassemble et se livre en un regard pour que nous puissions la prendre à coeur. La révélation de Dieu ne profane pas son mystère, elle est l'événement où ce mystère s'expose à nous et nous expose à lui, sans cesser d'être mystère, et nous blesse d'une blessure que rien, jamais, ne pourra guérir, celle de l'amour infini. Le mystère s'accomplit dans la révélation, la lueur est l'offrande même du secret. Comment la gloire de Dieu peut-elle nous être donnée sur l'ostensoir nocturne de la croix ? Quels sont les liens essentiels de la révélation et du secret ? Jusqu'où le verbe peut-il aller, chargeant d'un avenir irrémédiable le silence qui semble l'engloutir ? Comment le Dieu caché et le Dieu révélé sont-ils le même et unique Dieu ? Telles sont les questions de ce livre, qui tente d'y répondre par un dialogue philosophique avec plusieurs grands penseurs de la tradition chrétienne, Origène, Denys l'Aréopagite, Saint Jean de la Croix, Martin Luther.

  • 1967-1972. Entre ces deux dates, les événements qui transforment le monde se succèdent à nouveau à grande cadence. C'est l'Union Soviétique qui entre en Méditerranée, avec la guerre des Six-Jours et, dans l'océan Indien, avec celle du Bengale. C'est l'élan américain, brisé en Asie, avec les échecs politiques et militaires subis au Viêt Nam, la partition de l'allié pakistanais, l'abandon de Formose. C'est aussi, portée par ses succès atomiques, la montée de la Chine sur la scène internationale, le Pacifique rivalisant en importance avec l'Atlantique. C'est l'accélération de la course aux armements, les grands se donnant la faculté de détruire, plusieurs centaines de fois, le même adversaire, malgré la paix forcée, qu'ils entretiennent entre eux à bien meilleur compte. Ce sont, enfin, les pays de l'Europe qui, entre deux formes de colonisation, cherchent la troisième voie.

  • « Le bordel andalou » est un roman d'apprentissage. L'auteur raconte la seconde naissance de Pierre Labalue. Labalue travaille au service des codes secrets, il surveille ceux qui les manient. Son enquête le conduit dans un souterrain. Au bout du souterrain, il y a un bain de vapeur où s'est organisée une petite société littéraire présidée par le poète Armand Glaieul. La vie dans ce bain de vapeur fonctionne pour Labalue comme une psychanalyse. Il y voit une possibilité de découvrir enfin le secret du bonheur. Mais les arabes se révoltent. Le bordel brûle. Labalue essaye alors de retourner au service du code. Mais là, il ne retrouve plus la vie d'autrefois. L'incendie du bordel a tout changé. Le monde est gris et sans attrait. On se surveille. Labalue est dénoncé par Scorp qui signale à l'administration son inactivité secrète. Labalue découvre alors l'origine du monde : c'est Pompamerde, qui le fait interner au pénitencier de Cour Chermerde. A la sortie du pénitencier, une nouvelle épreuve attend Labalue dans les favelas de Rio : son procès par le Merding Théâtre, puis la rencontre avec Abaluaé, le dieu noir de la mort et de la merde. Au terme du voyage, Labalue commence à écrire. Il dit comment il pratique maintenant l'écriture.

  • De la pensée du Président Pompidou à la lecture d'Althusser, en passant par le management, à première vue, quelle disparité : en réalité, les îles de l'archipel se relient sous la mer. Le discours du capitalisme, en effet, règle et détermine tout du cours des choses, même s'il peut être réduit, comme l'a fait Marx, à une formule qui n'exige que deux lettres, dont l'une est redoublée. Tant pis pour ceux qui voudraient dire mieux. Sur un tel sujet, certes, la plupart aurait préféré un traité, une somme, aurait voulu voir les différents aspects comme les manifestations d'une même essence. En attendant, on se contentera d'échantillons, de sondages. On apprendra, au contact de l'événement et du quotidien, par exemple : que l'histoire doit son sens au capitalisme qui le lui ôte ; que la pensée du Président Pompidou, pour ne rien dire de sa pratique, constitue l'ultime avatar de l'hégélianisme ; que mieux vaut la réalité du capitalisme que son rêve ; qu'entre Nietzsche - philosophe au marteau -, et Leduc - métaphysicien du marketing -, il n'y a d'autre différence que la supériorité du second ; que vendre reste sans effet, tant qu'on ne vend pas soi-même ; que, suivant Althusser, l'histoire n'est que l'application d'un non-être à un autre.

  • Dix ans après, la crise cubaine de 1962 n'apparaît pas seulement comme le dernier volet du processus, par lequel Cuba sort définitivement de la zone d'influence des États-Unis mais, surtout, comme la date de naissance du système international dans lequel nous vivons. Cet ouvrage est, d'une part, une étude historique de la crise, saisie dès son origine, c'est-à-dire la révolution cubaine et le changement de camp de Cuba. Mais ce judo diplomatique cubain n'est pas le seul thème de l'ouvrage. En ramenant, comme un faisceau convergent autour de l'étude de la crise, l'ensemble des crises et des négociations qui étaient en cours dans le système international, aux alentours de l'automne 1962, (Berlin, Laos, désarmement, essais nucléaires, conflit sino-indien, alliance pour le progrès, révision de la stratégie OTAN des représailles massives, lutte de McNamara pour la reprise en main du pentagone), on voit s'esquisser, en filigrane, les lignes de force qui structurent les conflits actuels. Au cours de cette plongée dans un passé récent mais déjà lointain, le lecteur redécouvrira le monde encore jeune de la coexistence pacifique. C'est à partir de la crise cubaine que la scission intervient dans le camp socialiste, que la guerre du Viêt Nam devient possible, que la tension autour de Berlin en Europe disparaît, bref qu'on entre dans ce compromis global entre l'U.R.S.S. et les États-Unis dans lequel nous vivons, et qui mériterait le nom de coexistence guerrière.

  • Marx s'est voulu avant tout le défenseur du prolétariat, c'est-à-dire de la classe ouvrière. Cela signifie, entre autres choses, qu'il ne s'est intéressé à la philosophie, à l'économie politique et à l'histoire que dans la mesure où ces disciplines servaient la cause de cette classe. D'où les rigueurs et les limites du schéma de Marx : il se présente bien plus en effet comme une dialectique matérialiste-historique du prolétariat, que comme un matérialisme dialectique historique des sociétés. D'un autre côté, Marx l'a exposé, de manière fragmentaire et dispersée, dans une suite de travaux qui s'échelonnent de 1844 à 1868. Notre propos a donc été de coordonner et de généraliser ce schéma, de telle sorte qu'il puisse intégrer les travaux empiriques des historiens. En conséquence, ce livre se présente comme une introduction à une théorie d'ensemble du processus historique.

  • Un recueil de poèmes par l'auteur de Les Nus et les trembles.

  • Pris dans les négativités alternées de l'orgueil et de la honte, les rapports de l'être pour soi, et de l'être pour autrui, souffrent, dans l'ontologie sartrienne, de l'agnosticisme fondamental d'un penseur, qui pose d'emblée la conscience comme forme vide et isolée, non communicante. Toute vision gnostique implique, au contraire, une expérience vécue de la communication en tant que positivité absolue, ce qui revient à dire que l'intersubjectivité, en tant que propriété au moins potentielle de tout étant, est inhérent à l'être.

  • Les réalités et les comédies du monde, entretien réalisé par O. Germain-Thomas, et paru en Janvier 1975, est, sans doute, le dernier texte ou Malraux expose, aussi largement, sa philosophie de l'Histoire, par rapport aux grands événements qui ont secoué le 20e siècle. En mars de la même année, dans un entretien paru dans Le Point : Elle a des ailes, il expose clairement ses conceptions de l'amour, et ses relations avec l'univers féminin. La question des conquérants présente le point de vue de Malraux sur son roman, à l'occasion du débat public organisé, en 1929, par l'Union pour la Vérité, à la suite de la parution de cette oeuvre, qui suscita de nombreuses réactions passionnées parmi les intellectuels de l'époque. Enfin, nous republions la réponse de Malraux à une enquête menée en 1933, parmi la revue Avant-Poste : Sur le fascisme en France.

  • Pierre Debray-Ritzen, qui fut le directeur du Cahier de L'Herne consacré, en 1975, à Arthur Koestler, a souhaité relier, en une véritable biographie, les différentes époques d'une vie passionnante. Mettant celles-ci en parallèle avec l'évolution d'une psychologie tumultueuse, il a détaillé, en ses diverses phases, la genèse d'une création. D'où ce livre - le seul en langue française - sur celui qu'il faut appeler aussi un contemporain capital. Il n'est pas sûr que le public français ait mesuré toute l'étendue de ce destin, et de cette oeuvre. Bien des lecteurs se sont arrêtés au Zéro et l'infini ; d'autant que, après cette dénonciation du numéro un soviétique, une sourde désinformation a, durant des années, oblitéré la sortie des nombreux ouvrages qui suivirent, en faisant de leur auteur un maudit. Or, au-delà des époques sioniste et communiste de Koestler, il y en a une troisième : ce havre de la connaissance, où il est entré pour s'exprimer en une fameuse trilogie ; sur les conceptions de l'univers (Les somnambules) ; sur les créations scientifique et artistique (Le cri d'archimède) ; sur le cerveau et le paradoxe humain (Le cheval dans la locomotive). Pierre Debray-Ritzen a connu, intimement, Arthur Koestler. Il en fut le familier pendant 15 ans. Et c'est avec émotion, qu'il évoque la fin méditée de l'ami et du penseur - se confiant à lui avant le grand passage.

  • Qu'est-ce que la terre ? Est-ce seulement la nature, ou l'animalité ? Est-ce plutôt le corps et l'affectivité ? Ou encore le pays natal ? Comment retrouver la simplicité et la proximité des choses, le sol qui nous porte et qui, à l'époque où la technique domine le monde, se dérobe vertigineusement ? Qu'est-ce que la technique elle-même en son essence, et comment peut-elle menacer et ébranler ainsi notre séjour ? Peut-elle, un jour prochain, nous détruire ? Le chant de la Terre pose ces questions, dans un dialogue critique avec celles de Heidegger et explore la capacité d'enracinement qui nous fait, aujourd'hui, si cruellement défaut. La Terre est plus vieille qu'Adam, plus ancienne que son nom grec de Phusis, antérieure à toute Histoire. Mais elle n'est pas une matrice primitive, un être brut. Comment la Terre devient-elle, à la fois, le lieu de notre habitation et le matériau des oeuvres d'art, l'assise concrète du monde ? C'est, initialement et continuellement, le travail de l'artiste et le renouvellement poétique de la langue, qui nous rendent notre ancrage terrestre. L'oeuvre, comme la libation d'Apollon, libère la terre. Hölderlin, Rilke ou Saint-John-Perse manifestent non seulement notre séjour, mais notre langue elle-même, comme l'élément oublié qui nous soutient. À condition que nous sachions encore entendre son chant, malgré le bruit des machines.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Pour la première fois dans l'Histoire, sans même qu'intervienne le verdict des armes, un discours stratégique instaure une nouvelle donne, qui s'impose à la communauté internationale. Les États-Unis soumettent les pays les plus développés de la planète à leur projet militaire, par la projection d'une forme globale de puissance militaro-technologique. La France, dans la militarisation intégrale, n'échappe pas à ce défi. Forte d'une capacité nucléaire qu'elle doit perfectionner, la France sera-t-elle capable d'impulser une stratégie européenne de défense spatiale, d'ici au second millénaire ?

  • Quelles que soient les raisons plus ou moins troubles de pareille représentation, reconnaissons que, bien loin d'être préjudiciable au caractère objectivement historique de cette enquête, elle dénote chez Vuarnet une disposition affinitive préalable à son investigation : disposition en vertu de laquelle l'auteur, s'identifiant au support d'une expérience morale, réactualise du même coup l'univers apparemment révolu où cette expérience se pratiquait. Identification réactualisante d'ailleurs, propre à quelques grands historiens - je songe au Michelet de La Sorcière - mais, en l'occurence, plus particulièrement, à Ernest Hello auquel, à juste titre, Vuarnet se réfère à plusieurs reprises (...). C'est dans cet esprit, qu'après, le philosophe-artiste Vuarnet nous décrit les extases féminines, où nous le voyons prendre place à son tour [...]. Pierre Klossowski (NRF)

  • Séparée dès l'origine des ténèbres, la nuit fait s'ouvrir les lèvres et les yeux, pour dire et voir ce que le jour dérobe. Elle donne à la poésie charge d'une parole, qui ne regarde qu'en invoquant, et n'écoute qu'en répondant. À une telle mission, jamais la réponse altérée du chant ne peut pleinement correspondre. L'excès de la nuit sur le poème le brise, pour qu'il soit, en antiennes, criées ou murmurées, mais chaque fois exposées sans recours à ce qu'elles annoncent et rappellent, en deçà de toute mémoire, et au-delà de tout espoir. Ces extrémités silencieuses veulent le poème qui les traduit, sans disposer de l'original. Novalis, Reverdy, Saint-John Perse, Péguy, Nelly Sachs, Claudel, Supervielle, Michaux en témoignent, selon la polyphonie de leurs hymnes à la nuit, que seul rassemble l'imprononçable.

  • Les foules qui acclamèrent le général de Gaulle en Roumanie, en mai 1968, ignoraient les événements qui se déroulaient au Quartier latin. Vu de France, le maintien du voyage a pu paraître inopportun. Par la suite, les journées de mai 68 ont contribué à occulter l'événement. En réalité, le voyage du général de Gaulle a revêtu une signification particulière. Il venait à un moment où les Roumains, après vingt ans de stalinisme, avaient l'impression de retrouver une partie de leur mémoire. La visite du général, la première d'un chef d'État français dans ce pays, s'est située dans le droit fil de cette mémoire, en symbolisant le rôle culturel et politique de la France dans l'histoire de la Roumanie moderne. La population roumaine, par sa réaction spontanée, a montré qu'elle l'avait ressenti ainsi. Le général l'a compris et il fait honneur à l'accueil populaire en payant de sa personne, surtout pendant le long et éprouvant voyage en province...

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