Éditions de l´IHEAL

  • Après la microéconomie et la macroéconomie, voilà la mésoéconomie, « l'économie de branche ». Elle s'est beaucoup développée ces dernières années en France et hors de France, tant dans le domaine de l'analyse économique de l'actualité que dans celui de l'

  • Pourquoi le Mexique a-t-il représenté durant près d'un siècle un modèle pour le « développement » ? Comment expliquer que les populations et les territoires de ce pays aient été mis en scène avant tout par des anthropologues ? Dans quelle mesure, en France, les géographes ont-ils été les principaux organisateurs de la recherche sur l'Amérique latine depuis le milieu du XXesiècle ? Comment, dans le Nouveau Monde, les sciences sociales s'agencent-elles entre elles autrement qu'en Europe ? Que signifie la production de données sur les sociétés des pays latino-américains et comment les transforme-t-on en panoramas organisés ? Autant de questions auxquelles ce livre tente de proposer des réponses, en retraçant la trajectoire universitaire et intellectuelle de l'un des latino-américanistes français les plus féconds des dernières décennies. À partir de souvenirs personnels, de témoignages de collègues et d'amis, d'archives publiques ou privées et de publications diverses, Claude Bataillon dresse pour la seconde moitié du XXe siècle le panorama d'un latino-américanisme auquel il a participé de multiples façons. Si cet ouvrage retrace avant tout un itinéraire personnel, il propose également l'histoire d'une collectivité faite à la fois d'individus et d'institutions. Ces dernières constituent les meilleurs traceurs des évolutions intellectuelles, les meilleurs révélateurs des regards que les latino-américanistes ont échangés avec les Latino-Américains depuis la Seconde Guerre mondiale.

  • Les villes de la colonisation espagnole représentent la réalisation d'un projet d'ordre urbain et de prise de contr ôle de l'espace et des hommes. Cette histoire commune marque encore fortement les tissus urbains : une grande partie des villes ont été tracées selon un plan en damier régulier autour d'une place centrale et la répartition des fonctions traditionnelles a suivi un même modèle de structuration de l'espace intra-urbain. Le modèle de centralité et le tracé colonial, qui donnaient une certaine homogénéité au fonctionnement des villes mexicaines, sont, depuis plusieurs décennies déjà, remis en cause par la pression de la croissance urbaine, la dynamique des marchés du logement et l'éclatement des fonctions centrales. Dans la ville contemporaine, la politique du patrimoine a permis l'individualisation d'un sous-espace urbain central, qualifié de « centre historique ». La pratique mexicaine de protection du patrimoine apparaît comme une des rares tentatives systématiques de protection de l'intégralité des espaces urbains de la fin du XIXe ou du début du XXe siècle. L'intégration des quartiers populaires centraux au sein de zones de protection a sanctionné la fin des grands programmes de rénovation sans toutefois permettre la mise en place de politiques de réhabilitation. Alors que les villes latino-américaines sont souvent caractérisées par la déficience des politiques publiques, par des dynamiques issues du libre jeu d'acteurs individuels dans le cadre de stratégies d'investissement, de spéculation ou de survie, ce travail prend comme objet le rôle des politiques d'aménagement urbain. Les actions des pouvoirs publics et les relations des acteurs privés aux normes et réglementations conditionnent, autant que les héritages historiques et les dynamiques économiques, les évolutions des espaces centraux. L'étude de la spécificité des espaces centraux des villes mexicaines et l'analyse des dynamiques à l'oeuvre dans les quatre principales métropoles (Mexico, Monterrey, Guadalajara et Puebla) permet de rendre compte d'une forme particulière du rapport de la société mexicaine à son historicité et à son devenir.

  • Cette publication est l'occasion, pour l'Institut des Hautes Études de l'Amérique latine (IHEAL) et pour le CREDAL (Centre de Recherche et de Documentation sur l'Amérique latine), de faire connaître à un public élargi des travaux de recherche menés sur le thème « la géographie humaine des littoraux maritimes » par plusieurs de leurs membres. Il s'agit de proposer aux spécialistes un ouvrage permettant de réfléchir à la fois sur l'organisation spatiale, le poids économique et l'avenir de ces régions littorales qui, malgré tout leur intérêt, occupent une place encore trop réduite dans la littérature scientifique consacrée à l'Amérique latine.

  • Après 25 ans de politiques néolibérales, l´Argentine a traversé au début des années 2000 une crise sociale et politique majeure. Pendant plusieurs mois et dans le contexte d´une économie exsangue, piqueteros, assemblées de quartiers et entreprises « récupérées » par les salariés ont été les protagonistes de mobilisations massives et largement médiatisées. Dix ans plus tard, seules ces « récupérations » ont perduré. S´opposant à la fermeture de leur établissement, près de 10 000 travailleurs ont occupé leur lieu de travail pour le transformer en coopératives, devenant ainsi des icônes de l´altermondialisme. Entre 2003 et 2010, Maxime Quijoux a enquêté dans deux usines de Buenos Aires en mêlant entretiens et observations de terrain. Loin des imaginaires généralement véhiculés par ces luttes, il observe des ambiances de travail souvent contradictoires où se côtoient pratiques horizontales de démocratie ouvrière et conduites concurrentielles ou individualistes. Il découvre aussi des histoires salariales improbables au regard des mobilisations : sans expérience politique, ces salariés se distinguent en effet par une forte proximité avec le patron et ses politiques. Quelles sont alors les raisons qui poussent ces ouvriers modèles à se révolter contre leur employeur ? Comment vont-ils organiser leur lutte et se donner les moyens de poursuivre la production ? À partir de l´expérience argentine, ce livre se propose non seulement de redécouvrir l´autogestion à l´ère du néolibéralisme, mais aussi d´interroger la centralité culturelle du travail dans les sociétés contemporaines au travers du prisme du « travailleur zélé ».

  • Peu d'ouvrages sont consacrés à la coopération scientifique, technique et technologique. Pourtant son rôle est considérable : elle contribue à la fois au progrès de la connaissance et au développement des nations. La coopération franco-brésilienne constitue un cas exemplaire et significatif. Plusieurs milliers de chercheurs, ingénieurs et techniciens, souvent parmi les plus renommés, en ont été les acteurs. Ils ont connu ainsi une aventure exceptionnelle qui a marqué profondément leur vie. Afin d'illustrer cette coopération entre la France et le Brésil, les deux coordonnateurs de cet ouvrage (un diplomate et un universitaire) ont sollicité le témoignage de quinze chercheurs et ont rassemblé les contributions d'une trentaine d'institutions et organismes des deux pays. De l'archéologie préhistorique à la physique nucléaire, de l'ethnologie et l'histoire aux biotechnologies et à la géologie, de l'astronomie et des activités aéronautiques et spatiales à l'informatique, à la chimie des nouveaux matériaux et aux services postaux, de la géographie, de l'économie et des sciences politiques aux sciences de la vie, à la recherche et à l'exploitation de la mer et des ressources hydrauliques ou forestières..., les multiples facettes d'une recherche en coopération se trouvent ainsi décrites et livrées au public. Cet ouvrage aspire à faire davantage comprendre les enjeux que représente la coopération entre deux pays. Il est publié simultanément en France et au Brésil.

  • Assistera-on à une « latinisation » des États-Unis au XXIe siècle ? Qui sont ces Latinos - Mexicains, Caribéens, Centro-américains et Sud-américains - dont la présence est toujours plus nombreuse sur le territoire états-unien ? En quoi les flux migratoires d'aujourd'hui sont-ils fondamentalement différents de ceux du passé ? De quels changements culturels, linguistiques, politiques les Latinos sont-ils porteurs ? Pourraient-ils aller jusqu'à provoquer une métamorphose des structures sociales et des logiques d'intégration en vigueur aux États-Unis ? Quelle importance attribuer à la thèse du politologue conservateur Samuel Huntington, selon laquelle les Latinos vont fatalement provoquer un conflit, « langue contre langue » et « culture contre culture », au sein de la nation états-unienne ? Quels arguments lui opposent les partisans d'une intégration réussie ? Que peut-on d'ailleurs entendre par ce terme dans le contexte états-unien et dans le nouveau contexte transnational au sein des Amériques ? Sans prétendre à une quelconque exhaustivité, cet ouvrage tente de répondre à ces questions et à d'autres qui surgissent du débat public et des recherches universitaires. Il est le premier dans l'espace francophone à les approcher de façon résolument pluri et inter-disciplinaire : parmi les collaborateurs du volume on trouve des politologues, des sociologues, des spécialistes de langue, de littérature et de création culturelle. Parmi eux, trois chercheurs mexicains (l'un vivant en France, l'autre au Mexique, le troisième aux États-Unis), un Mexicain Américain né aux États-Unis, trois Françaises et un États-Unien vivant en France. Tous ont participé à Biarritz, en septembre-octobre 2003, au Forum « Les Latinos aux USA » organisé par l'IHEAL (Institut des Hautes Études de l'Amérique Latine/Sorbonne Nouvelle), avec le concours du Ministère des Affaires Étrangères, dans le cadre de La Cita, 12e festival des cinémas et des cultures d'Amérique latine.

  • Le 1er juillet 1957, à Garanhuns (Pernambouc), le Padre Hosana de Siqueira abat Mgr Expedito Lopes, son évêque, de trois coups de revolver tirés à bout portant. Par son exceptionnalité, sa dimension scandaleuse mais aussi sa charge symbolique, l´affaire fait grand bruit, bien au-delà du Nordeste. À partir des perspectives ouvertes par la microstoria italienne, avec ses jeux d´échelles, il est vite apparu que le fait divers, convenablement questionné, pouvait parler bien plus que de lui-même et servir de révélateur aux forces profondes qui travaillaient alors l´Église et la société. Ainsi, la richesse des archives a-t-elle permis d´analyser avec minutie l´univers des clercs de ce diocèse périphérique, de prendre la mesure de sa faible romanisation, voire, contre toute attente, de la fragilité du pouvoir épiscopal. Mais l´homicide, en tant que transgression radicale des hiérarchies les plus sacrées, s´est aussi trouvé investi d´un fort contenu sociopolitique. Dans la conjoncture de radicalisation du Nordeste, il s´est transformé en marqueur entre les camps de l´« ordre » et du « désordre », comme l´ont illustré les procès à Recife. Enfin, le fait divers a aussi offert un riche matériau permettant d´analyser, sur un demi-siècle, la mémoire et les usages du crime. Les oublis sélectifs, les amnésies, les retours mémoriels et les ratés de l´entreprise de béatification de l´« évêque martyr » en disent long sur le monde des fidèles et le catholicisme populaire, les stratégies changeantes de l´Église ou l´univers profane. Finalement, par petites touches, c´est à l´instantané d´une Église nordestine en société, à la veille du Concile et aux tentatives d´instrumentalisation mémorielle, que le crime du Padre Hosana nous ouvre l´accès.

  • Le Brésil semble avoir définitivement pris le chemin d´une certaine modernité, mais les problèmes de violence dans les favelas continuent d´alarmer l´opinion et les spécialistes de sciences sociales. Si la scolarisation des adolescents pauvres est apparue aux autorités comme l`une des manières de traiter le problème, les objectifs quantitatifs priment sur la qualité de l´enseignement et les niveaux de maîtrise des savoirs demeurent très faibles. Comment le passage à l´école est-il vécu par ces adolescents ? Quels sont les conditions et les effets de cette scolarisation populaire ? À partir d´une enquête par observation participante dans une favela de Rio de Janeiro, l´auteur étudie le quotidien des adolescents pauvres dans leur quartier et dans les classes. Cette approche permet de constater que les jeunes favelados ne sont pas du tout hostiles à l´école qui contribue à meubler les journées, mais qu´ils ne sont pas disposés à effectuer les efforts nécessaires à la réussite scolaire. Dans un contexte qui demande aux enseignants d´insister sur la « citoyenneté », de ne pas « exclure » et de limiter les redoublements, l´école publique est devenue pour ses élèves un lieu social dénué de contraintes. Les établissements sont ainsi des lieux de distraction et de socialisation ludique pour des élèves qui ont compris que l´institution voulait les retenir afin de les éloigner de la rue. Pour les enseignants, ce nouveau visage de l´école publique se traduit par des tensions croissantes et une pénibilité accrue du métier. Ce livre pose la question des effets à moyen terme de cette forme de traitement de la « question sociale » au Brésil. En l´absence d´une amélioration de la situation économique des classes populaires, comment l´institution scolaire peut-elle, à elle seule, résoudre à la fois les problèmes de chômage, de pauvreté et de délinquance ?

  • Si l´histoire du développement en Amérique latine - dont la rapide croissance urbaine constitua l´un des aspects - n´est pas au coeur de cet ouvrage, les stigmates du sous-développement dans les villes en constituent la principale toile de fond dans la mesure où ils demeurent très visibles, voire structurants, en ce début du XXIe siècle. C´est pourquoi les volets sociaux et économiques du développement durable constituent des préalables essentiels, invoqués par tous les gouvernements nationaux et locaux, à la mise en application de mesures de protection de l´environnement, et plus particulièrement de l´environnement urbain soumis aux spectres de risques aussi divers que la pollution, la violence ou l´extrême précarité. Ainsi, les centres des grandes villes apparaissent aujourd´hui comme de véritables laboratoires sur lesquels l´action publique et l´action privée sont susceptibles d´intervenir ensemble pour créer les conditions du développement durable ou d´une requalification « soutenable ». En proposant un bilan des politiques urbaines récemment mises en oeuvre en Amérique latine, ce livre en révèle aussi l´ampleur des contradictions et dresse un tableau suggestif des défis auxquels sont confrontés actuellement les acteurs de la ville.

  • En novembre 2008, lors de l´élection de Barack Obama, des millions de téléspectateurs du monde entier ont vu des images du Kenya et des Etats-Unis, reflets des liens historiques existant entre les continents africain et américain. ll ne manquait que les rivages de l´Amérique du Sud et les images de mégalopoles européennes pour que les contours complets de « l´Atlantique noir » apparaissent de manière tangible. Cette notion géo-historique, forgée par le sociologue anglais Paul Gilroy au début des années 1990, a doté l´anthropologie des sociétés et des cultures afro-américaines d´objets, de problématiques et de cadres théoriques nouveaux. Elle étudie les productions culturelles afro-américaines en évitant le piège des oppositions binaires (essentialisme/anti-essentialisme, tradition/modernité) et dessine les routes maritimes de la terreur esclavagiste comme étant une dimension consubstantielle de la modernité. Révélant l´océan Atlantique comme lieu de circulation, de création et de résistance culturelle, l´ouvrage de Gilroy est rapidement devenu un classique des sciences sociales, discute dans plusieurs pays, langues et disciplines. Comment historiens, anthropologues, géographes ou sociologues d´Amérique latine, d´Afrique et d´Europe se sont-ils approprie la démarche et les problématiques de l´Atlantique noir ? Quels échos renvoie cette notion lorsqu´elle est travaillée depuis ses différentes franges côtières ou pour des époques différentes ? Quels sont les enjeux - politiques, épistémologiques des multiples débats qu´elle a suscites ? En quoi les perspectives ouvertes par cette approche novatrice ont-elles transforme la manière de penser les relations entre les trois continents ? C´est à ces grandes questions qu´entend répondre cet ouvrage, qui offre une polyphonie d´échos des travaux de PaulGilroy et en atteste l´impact dans la pratique des sciences sociales en ce début de XXIe siècle.

  • Dans un monde à la recomposition incertaine, le Mexique est aujourd'hui l'un des pays-clé où se joue l'instauration de nouveaux rapports Nord-Sud, État-marché, démocratie-développement. Nouvelles relations avec les États-Unis, changement de modèle économique, évolution du système politique sont au centre d'une mutation à bien des titres exemplaire pour le reste de l'Amérique latine qui émerge difficilement de la "décennie" perdue des années quatre-vingt. La "modernisation" menée par le gouvernement de M. Salinas de Gortari depuis 1989 passe par un changement radical de stratégie de développement : stabilisation, ajustement, déréglementation, privatisations et redéfinition du secteur public visent la croissance et la compétitivité de l'économie, avec pour méthode l'ouverture au marché mondial et l'appel aux investissements étrangers. La signature en décembre 1992 de l'Accord de libre échange nordaméricain (Alena) entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, soumis encore à ratification, témoigne d'une véritable "révolution culturelle". La modernisation, c'est aussi celle du régime politique. La revendication de pluralisme et de démocratie, la redéfinition des rapports État-partis et État-société bouleversent l'organisation sociale, tandis que tombent, les uns après les autres, les repères de l'Ancien régime. Les différents auteurs de cet ouvrage ont cherché à identifier les défis majeurs qu'affronte le nouveau projet mexicain, ses limites et les incertitudes quant à son avenir à l'aube d'un nouveau siècle. Ont contribué à cet ouvrage : Claude Bataillon, Georges Couffignal, Maria Teresa Gutierrez Haces, Daniel Hiernaux Nicolas, Michel Husson, François Lartigue, Marielle Pépin Lehalleur, Marie-France Prévôt Schapira, Jean Revel-Mouroz, Maria Luisa Tarrés B., Alain Vanneph, Marie Eugénie Zavala de Cosio.

  • Sont rassemblés dans ce livre une série de travaux réalisés dans le cadre d'un programme de recherche du CREDAL, qui réunit des chercheurs et des enseignants français et brésiliens. Les textes ont été effectués dans le cadre d'un accord CAPES-COFE-CUB qui réunit ces équipes. Ceci est la suite d'autres travaux déjà réalisés, ...

  • Autant, si ce n'est plus que pour l'Espagne, les Grandes découvertes ont été, pour le Portugal, un véritable mythe fondateur. En un siècle et demi, de 1415 aux années 1550 , un pays de dimension modeste (90000 km2) , situé au sud d'une Europe médiévale confrontée en Méditérranée à l'Islam, peuplé d'un peu plus d'un million d'habitants, a mis en relation, de façon directe, grâce à sa maîtrise des routes de la mer océane, cet extrême Occident de l'Ancien Monde avec les "Trois Mondes" d'Afrique, d'Asie et d'Amérique. Le Portugal donnait ainsi au Monde sa dimension planétaire et l'Europe, grãce au Portugal, affirmait outre-mer sa "Renaissance". Cet ouvrage, qui est un manuel de synthèse, décrit les principaux évènements de cette vaste fresque maritime, chantée dès 1572 par Luis de Camões dans son poème épique des Lusiades. De l'Afrique aux Indes d'Asie, du Brésil ou du Labrador à la Chine ou au Japon, cette histoire des découvertes portugaises évoque les rencontres multiples où le destin de l'Europe s'est trouvé confronté à tant d'autres destins ...

  • Cet ouvrage est le résultat d'une réflexion collective réalisée à partir de l'analyse des transformations observées, en Argentine, au niveau de la société toute entière, au début de la décennie 1990. L'inquiétude du futur dans ce pays est une réalité d'autant plus grande que les difficultés des temps présents, marqués par plusieurs décennies de crise, ont du mal à laisser la place à une reprise. Les années difficiles qui viennent de s'écouler ont affecté la structure même du modèle de développement argentin, remettant en cause les bases historiques du système productif. Le changement dépasse les dimensions purement économiques pour déborder sur le politique, le culturel, les relations sociales, l'insertion internationale et finalement le territoire. Avec l'objectif d'un marché commun, le Mercosur, l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay sont engagés dans la suppression des barrières douanières intérieures et dans la coordination de leurs politiques économiques. La disparition des frontières économiques nationales impose avec vigueur une profonde restructuration industrielle. Le processus intégrateur soulève la question de l'État, celle de sa force actuelle et de sa modernisation. Comment l'Argentine fera-t-elle face aux différents défis qui se présentent à elle à l'aube du troisième millénaire ? C'est à cette question qu'essaient de répondre les auteurs de ce livre.

  • Y a-t-il un ou plusieurs modèles frontaliers ? Cette frontière entre Mexique et États-Unis est-elle une ligne ou un espace ? Voici quelques questions qui furent la ligne directrice de la table ronde La frontière Mexique - États-Unis, mutations économiques, sociales et territoriales, tenue les 9 et 10 novembre 1993, organisée par le CNRS, l´Orstom et le MESR (Ministère de l´Enseignement supérieur et de la Recherche). Cet ouvrage, qui retranscrit l´événement, donne à voir les mutations en cours de la frontière entre le Mexique et les États-Unis, et révèle les changements observés dans les zones de la frontière nord. Les changements historiques, comme l´ouverture des frontières en 1965, la création des maquiladoras - usines d´assemblages pour les entreprises étrangères -, l´entrée du Mexique dans le Gatt en 1986, et surtout la signature en 1992 de l´accord de libre-échange nord-américain (États-Unis, Canada, Mexique), ont engendré des modifications importantes sur le fonctionnement frontalier. L´ouvrage est donc séparé en trois parties distinctes. Tout d´abord les mutations économiques avec de nouveaux modes de production, ensuite l´analyse des changements sociodémographiques, et enfin les mutations territoriales avec des approches géographique, économique et sociopolitique. Une vingtaine d´auteurs se sont attelé à ce travail, dont notamment Hélène Rivière d´Arc (Les réseaux d´entrepreneurs dans le Nord du Mexique ont-ils besoin de l´État), Daniel Delaunay (Quelques identités démographiques de la frontera norte mexicaine), ainsi que des auteurs hispaniques comme Guillermo Aramburo (Transmigración legal en la frontera México-Estados Unidos).

  • Lula est la figure politique emblématique du siècle qui s'ouvre. Premier grand leader de « l'altermondialisme », il défend l'idée d'un autre monde, d'un autre Brésil, cette nation-monde. Comme pour donner un nouvel élan à la devise « ordre et progrès » qui entoure le globe ornant le drapeau national, sa formule politique est celle d'une conciliation entre raison et développement. Candido Mendès dans cet essai très vif montre que c'est un mouvement très particulier qui se déploie sous nos yeux, riche de l'expérience d'un parti qui a mis deux décennies à polir son message et sa méthode, aux portes du pouvoir. La dimension profonde, ample et collective de cette victoire tient à la maturité politique du Parti des Travailleurs et à la diversité de ses inspirations. Que peut-on attendre de cet événement politique hors norme ? Quelles sont les marges de manoeuvre du président de la première puissance d'Amérique latine ? Aura-t-il les moyens de faire du Brésil le modèle alternatif de notre temps ? Candido Mendes s'attache à répondre à ces questions en analysant les racines et les branches du Parti des Travailleurs et de son chef, aujourd'hui président. Écrit directement en français, dans une langue riche de la grande tradition classique brésilienne, et dans un style que les lecteurs et auditeurs de Candido Mendes connaissent bien, cet essai est un ouvrage de témoignage et de réflexion sur les enjeux de la victoire de Lula.

  • Depuis le dix-huitième siècle, les philosophes français ont généralement cessé de disputer de musique, et Marcel Beaufils, tout près de nous, devait occuper une position unique, partagée avec Vladimir Jankélévitch. Philosophe, il le fut, mais plus encore

  • Fléaux parmi les plus dévastateurs, les sécheresses marquent depuis longtemps et d'une façon périodique l'histoire des populations. Aujourd'hui, elles sont à la fois mieux connues gr âce au progrès scientifiques, et plus graves socialement parce que les hommes concernés sont plus nombreux. Mettant toujours à l'épreuve les autorités des pays atteints et entra înant souvent l'intervention de la communauté internationale, elles constituent un problème politique majeur. Comparant le Nordeste intérieur du Brésil et le Sahel africain, deux espaces récemment sinistrés, l'ouvrage analyse d'abord la géographie physique de l'accident : baisse des précipitations, appauvrissemenf de la couverture végétale, fragilisation de l'écosystème. Il décrit ensuite les réponses des hommes, que ce soit les adaptations paysannes ou les stratégies des Etats, les interventions des ONG (organisations non gouvernementales) ou les travaux des chercheurs. Il ressort de ce débat que, si certains milieux naturels sont vulnérables, la sécheresse est aussi un phénomène social : la réflexion multidisciplinaire peut alors aider à construire un meilleur équilibre entre les hommes et leur espace.

  • Cet ouvrage est un recueil de textes qui propose une mise en perspective des grandes tendances géographiques, économiques, politiques et sociales du Brésil à partir d'un bilan de la décennie quatre-vingt. Quel avenir pour le Plan Collor, la réforme agraire, la démocratisation ? De quelle façon envisager l'évolution des inégalités régionales, ...

  • Pour l'Amérique latine, les années quatre-vingts ont été définies par la CEPAL comme la "décennie perdue", dominées par la crise financière, économique, sociale, liée notamment à l'endettement, et marquées globalement par une chute de la production et du

  • La technologie est devenue une composante essentielle de la concurrence mondiale. Confrontées au processus actuel de libéralisation généralisée des marchés, les entreprises, quels que soient leurs lieux d'implantation, se doivent d'accroître leur compétitivité internationale en améliorant leurs compétences technologiques, tant en terme de conception de produit que de procédés de fabrication et de méthode de management. En outre, la globalisation de l'économie constitue un défi pour les gouvernements désireux de promouvoir des industries capables de s'insérer dans les grands courants d'échange mondiaux. Dans cette double perspective (micro et macro-économique), et en prenant comme illustration le cas brésilien, l'objet de cet ouvrage est d'analyser la problématique et les composantes des politiques technologiques. L'idée centrale est qu'au delà des transferts traditionnels de technologie qui ont le plus souvent abouti à des désillusions, les différents acteurs impliqués doivent se mobiliser dans des actions à long terme permettant à la fois d'incorporer des savoirs provenant de l'étranger et de développer des compétences nationales.

  • Il y aurait donc deux Colombies et sûrement davantage encore : une Colombie qui améliore ses performances et semble en mesure de s'adapter à un monde ouvert, fortement concurrentiel, et une autre qui s'enfonce dans la dérégulation, l'anarchie, le conflit

  • À l'heure où les projets d'intégration régionale se multiplient en Amérique, afin d'adapter les systèmes économiques locaux aux nécessités de la mondialisation, Alena et Mercosur apparaissent comme de véritables laboratoires pour le grand projet de Zone de libre échange des Amériques soutenu par Washington et dont la mise en oeuvre est prévue à l'horizon 2005. Pourtant, les limites internationales héritées de l'époque coloniale et des guerres d'indépendance continuent à jouer un rôle majeur dans l'organisation des territoires. En outre, de nombreux litiges frontaliers empoisonnent toujours les relations entre pays membres d'une même communauté. L'établissement de blocs économiques d'importance variable (en superficie, poids démographique, puissance industrielle et financière...) n'est donc qu'une réponse parmi d'autres au problème latent du mal-développement latino-américain. Or, malgré toutes les déclarations d'intention des gouvernements et des experts de la Banque interaméricaine de développement (BID), qui jonglent avec une série de mots-clefs dont le sens varie d'un pays à l'autre (développement durable, démocratie, progrès social), la fracture Nord-Sud semble loin de s'effacer, bien au contraire, et les tensions restent vives sur les marchés comme dans la rue. C'est pourquoi il apparaît nécessaire de s'interroger sur les enjeux et les limites d'un processus d'intégration présenté comme inéluctable mais dont on ignore encore la forme qu'il pourra prendre, depuis la simple zone de libre échange (type Alena), jusqu'à l'union monétaire (type Union européenne) - à moins que la dollarisation de fait des économies latino -américaines ne mette un terme (provisoire) à toutes les spéculations.

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