Éditions des Équateurs

  • Après un coup de tonnerre du destin, Édouard Cortès choisit de se réfugier au sommet d'un chêne, de prendre de la hauteur sur sa vie et notre époque effrénée. À presque quarante ans, il embrasse femme et enfants, supprime ses comptes sur les réseaux sociaux et s'enfonce dans une forêt du Périgord pour un voyage immobile. Là, dans une cabane construite de ses mains, il accomplit son rêve d'enfant : s'enforester, rompre avec ses chaînes, se transformer avec le chêne, boire à la sève des rameaux. Ce printemps en altitude et dans le silence des bois offre une lecture de la nature qui ne se trouve dans aucun guide ou encyclopédie. Le chêne si calme abrite un cabinet de curiosités et accorde pen­dant trois mois à l'homme perché une rêverie sous les houppiers et les étoiles. Il faut savoir parfois contempler une colonie de fourmis savourant le miellat, écouter un geai ou un couple de mésanges bleues, observer à la loupe des champignons et des lichens pour comprendre le tragique et la poésie de notre humanité. Afin de renouer avec l'enchantement et la clarté, l'homme-arbre doit couper certaines branches, s'alléger et se laisser traverser par la vie sauvage avec le stoïcisme du chêne. 

  • En plein désert, un géologue rencontre la princesse Greta. D'un ton farouche, elle lui ordonne : « Dessine-moi une chauve-souris ! »

    La princesse Greta vit sur une minuscule planète, intégralement bio. Mais des insectes menacent ses plants de quinoa et seule une chauve-souris peut les chasser avec une délicatesse écoresponsable.

    Avant de débarquer sur Terre, Greta a fait escale sur différents astéroïdes : l'astéroïde Charlie (Chaplin), l'astéroïde Ernesto (Guevara), l'astéroïde Frank (Sinatra), l'astéroïde, Karl (Lagerfeld), l'astéroïde Nelson (Mandela), l'astéroïde Janis (Joplin), l'astéroïde Albert (Einstein).

    À chaque fois, s'établit un échange drôle et piquant sur l'esprit d'enfance, le capitalisme, la révolution, la violence, le rock, la méchan­ceté des hommes, la nature. Jusqu'au jour où la princesse rencontre un pangolin, animal d'une sagesse antique, menacé par la race humaine, qui lui enseigne le langage du coeur et de l'amour...

  • Stéréo Nouv.

    « Ce branleur qui aurait pu chanter mieux et avait l'air de s'en foutre s'appelait Stephen Malkmus. Bientôt, Nina connaîtrait mieux ce nom que celui de certains membres de sa famille. Bientôt, Stiveun Molkmuce s'épanouirait sur les posters de sa chambre et produirait la bande-son de sa vie. » En décembre 1992, Arthur aborde Nina gare de Rennes au lendemain des Trans Musicales. Petite dernière d'une famille bourgeoise de la Rochelle, initiée à la musique par son père, elle rêve d'entrer aux Inrocks. Comme Martin Eden qu'il trimbale dans son sac à dos, Arthur cultive ses goûts en autodidacte avant de postuler sans conviction à l'Arsenal de Brest. Ils n'ont rien en commun, excepté leur passion du rock et de Pavement, figure de proue de la scène indépendante des années 1990. Les riffs et la poésie tourmentée de ce groupe culte dessinent le motif d'une histoire singulière qui nous entraîne, des baladeurs K7 et des derniers appelés du service militaire à l'avènement d'Internet. Du Paris des radios libres aux reliefs rugueux d'Ouessant, l'île des naufragés. « C'est aussi un livre sur la manière dont les gens qui aiment trop la musique pour la vivre comme un simple à-côté réussissent, ou non, à lui donner la part belle de leur vie, rêvent que ce soit les concerts qui redessinent les cartes du monde et ordonnent le calendrier. » (Alice Zeniter.)

  • C'est l'histoire d'une femme en fuite. Née dans un pays qui, après l'effondrement du communisme, croque les fruits empoisonnés du capitalisme, l'héroïne de ce roman grandit parmi des humains au regard rivé sur leur écran de télévision. Elle fait partie de ce corps malade et court les fuseaux horaires. Pour échapper à soi-même, à la terre des origines, à l'histoire des parents, aux blessures passées, aux amours ratées. Et chercher à être enfin soi dans une géographie intime qui résiste au chaos. Cette femme est une fille de la mondialisation.

    Entre Bucarest, Paris, Mexico, Tokyo et Kinshasa, la narratrice poursuit une quête de la sexualité, de la féminité, de la sororité et des territoires marqués au fer rouge de l'Histoire.

    Ce Lost in Translation contemporain révèle une voix poétique et politique de romancière.

    Un roman au long cours qui nous emporte, nous rend plus forts, terriblement vivants.

  • Tu ne me connais pas pour la simple et bonne raison que je n'existe pas. Je suis un faux philosophe. Un philosophe inventé de toutes pièces par un auteur prétentieux qui se permet de dire ce que je pense ou ce que je fais.

    Je me nomme Héractète. Un nom qui te permettra de me citer avec beaucoup de crédibilité : « Comme dirait Héractète... » et c'est toute la sagesse antique qui vole à ton secours dans une conversation où tu te trouves, il est vrai, à court d'arguments. Qui ose contredire un philosophe antique ? Dans ta tête, je porte une toge et des sandales, mais je préfère largement le survêt coton et le tee- shirt un peu sale. En revanche, je me passe de barbe, ça fait trop hipster.

    Ce livre est un carnet de pensées couchées sur papier au gré de mes inspirations : des réflexions, des aphorismes comme les philosophes aiment à les appeler, même si, dans le monde actuel, on parle plutôt de vannes ou de punchlines.

    Tu peux le commencer par le milieu ou la fin, peu m'importe. Après tout je n'existe pas alors de là à avoir une influence sur tes choix...

    Si tout cela ne te plaît pas, ferme ce livre et donne-le. Moi, Héractète, je suis le philosophe qui n'existe que dans la tête de ceux qui veulent bien m'y laisser entrer.

  • Anaïs est née dans une famille pas comme les autres : entre une mère s'occupant de la mécanique et un père préférant repasser le linge. De son enfance, elle a conservé l'odeur du troène au printemps, le divorce des parents, le potager de son « pépé », le « chemin du blé en herbe », la plage des Dunes du Port. À 18 ans, elle part en Inde, seule, puise en elle un courage qu'elle ne soupçonnait pas et découvre le caractère sacré de la nature. Elle. De ce premier voyage initiatique et décisif, elle tire une force pour toujours et voit naître son rêve : « cultiver son jardin ». Comme si l'errance avait provoquée chez elle le besoin de s'enraciner pour continuer à avancer. Anaïs se met en quête d'un lopin de terre. En Bretagne évidemment ! La route est semée d'embûches, mais ni l'administration, ni la misogynie du milieu agricole, ni les caprices du ciel ne lui font peur. En accord avec ses convictions profondes, elle réalise son rêve : elle sème, cultive et invente des tisanes, telle une sorcière des temps modernes ! Anaïs apprend le travail de la terre, la solitude, les noms enchanteurs des herbes ; l'aubépine, l'hysope, la guimauve, la marjolaine, la sauge, le souci, l'agastache, le serpolet et la reine-des-prés, elle lit Thoreau et s'interroge sur la valeur du travail, de l'argent, de la liberté, sur le lien de l'homme à la nature, sur la beauté des gouttes de rosée sur les feuilles le matin...

    Ce livre est un hymne à rêver et à aller jusqu'au bout de ses rêves, un petit guide de survie alternatif et stimulant dans un monde qui va trop vite, une réflexion sur l'écoféminisme et une célébration de la nature.

  • Qui a voulu cette femme ? Que veut cette femme ? La femme que sacre Bénédicte Martin n'est ni une victime (avec menottes en or du genre), ni une pleureuse (dans son manteau tout flou, trop grand et tout râpé), ni une envieuse (avec l'aiguille de ses talons piquant tout ce qui bouge), ni une revendicatrice (avec sa blondeur fiévreuse couronnée de fleurs et ses approximations majeures).
    Peut-on actuellement saluer, célébrer, parler des femmes en évitant le féminisme outrancier ?
    Peut-on s'interroger sans rejoindre une chapelle ?
    Hyper sexualisée sur l'autel de Saint-Germain-des-Prés, à la parution de Warm Up, il y a dix ans, Bénédicte Martin croque et diffracte la femme de 2013. De la maîtresse de maison à la question de l'avortement, des mauvais combats du féminisme à ses solutions sur la prostitution, du bonheur de la frivolité à la violence domestique, de la solidarité féminine à la question de l'argent, de l'amour courtois au déclin du mâle : tous les versants de la femme actuelle sont ici explorés. Car derrière le personnage de Bénédicte martin, glacé dans une coquetterie litttéraire, la personne n'a pas échappé à sa destinée de femme.
    Bénédicte Martin ne ressent aucun besoin de militer, à l'instar d'Anaïs Nin qui distinguait déjà " Celles du passé, privées de la parole, qui cherchaient refuge dans des institutions muettes, et celles d'aujourd'hui toutes livrées à l'action, qui imitent les hommes. Et moi... " L'auteur dit de choeur avec San Antonio : "Que je les comprends pas, ces connasses rebiffeuses, de vouloir se faire les égales de l'homme, alors qu'elles lui sont tellement supérieures ! " Ce que Colette exprimait plus finement : " Une femme qui se croit intelligente réclame les mêmes droits que l'homme. Une femme qui est intelligente y renonce. " Entre manifeste et poème, entre imprécation et programme, ce texte tisse avec des mots brûlants et des vers luisants une héraldique de la femme contemporaine. Celle qui se désagrège à la quarantaine sur les marches des tribunaux, venant solder ses amours alors que sa sexualité est dans la fleur de l'âge ; celle qui échoue, suante sur les rivages sableux d'un homme, forcée d'incarner à la fois la salope, la cuisinière et la bonne mère. C'est elle qui marche dans la rue, devant ou derrière vous, se questionnant sur sa condition de femme.
    Etait-ce vraiment cela que le féminisme nous promettait ?
    Des pensions alimentaires et du sexe par derrière ?
    Voici donc debout sur chacun des exemplaires de ce nouveau livre, Bénédicte Martin qui, comme Constance dans L'Amant de Lady Chatterley, se plante devant le paysage dévasté de la condition féminine et jette ce cri : " Qui a voulu ça ? "

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