Académie royale de Belgique

  • De quoi le Covid est-il le nom ? Une révolution ou un révélateur ? Une pandémie ou une syndémie ? L'occasion, en tout cas, de poser quelques questions radicales. Pourquoi faut-il discuter collectivement du bien-fondé des mesures ? La santé est-elle une valeur, ou un bien ? Quel type de vie voulons-nous défendre ? Et pourquoi faire de la mort, un tabou ? « Quoi qu'il en coûte », certes ; mais après ? Nécessité, exception, urgence : quel cadre juridique pour les crises ? Droit : quelles mesures de solidarité, quelles atteintes aux libertés ? Les vaccins, des biens publics mondiaux ? Finalement, ce Covid : le dernier acte d'une société à bout de souffle, ou l'occasion d'un second souffle ? À nous d'écrire le récit dont le Covid est le nom.
    Juriste et philosophe, François Ost est professeur émérite invité à l'Université Saint-Louis (Bruxelles) et professeur honoraire à l'Université de Genève. Ancien vice-recteur de l'Université Saint-Louis, il est membre de l'Académie royale de Belgique et président-fondateur de l'Académie européenne de théorie du droit. Il a publié une vingtaine d'ouvrages en théorie et philosophie du droit, dont la plupart font l'objet de traductions. François Ost est également président de la Fondation pour les générations futures et auteur de plusieurs pièces de théâtre.

  • Avant même qu'Elvis Presley n'enregistre son premier disque, le rock avait été déclaré mort et enterré. Depuis sept décennies les discours contradictoires ne se sont pas taris. Pour les uns il faut parler du rock à l'imparfait, pour d'autres son futur semble toujours radieux. Quel est le sens de ces discours ? Quels sont les arguments avancés ? Que disent-ils de nos pratiques culturelles et de notre rapport au temps ? Si les réponses ne sont pas tranchées on peut au moins affirmer, en paraphrasant Frank Zappa, que si le rock n'est pas mort, il a une drôle d'odeur.
    Christophe Pirenne enseigne l'histoire de la musique et les politiques culturelles à l'Université de Liège et à l'Université de Louvain-la-Neuve. Outre ses travaux consacrés au rock, il s'intéresse également à la vie musicale belge des XIXe et XXe siècles. Il est membre de l'Académie royale de Belgique.

  • L'Apocalypse est un genre littéraire aussi déroutant que fascinant. Dans ce livre, Baudouin Decharneux passe en revue l'origine vétérotestamentaire de l'apocalyptique, son déploiement dans la littérature néotestamentaire, en insistant bien sûr sur l'Apocalypse de Jean, et le prolongement de ce genre littéraire jusqu'à la fin de l'Antiquité. L'apocalyptique serait-elle la promesse d'une revanche des faibles sur les puissants ? L'Apocalypse serait-elle l'expression symbolique des passions humaines ?
    Philosophe et historien des religions, Baudouin Decharneux est maître de recherches du FNRS et professeur à l'Université libre de Bruxelles. Il est également membre de la Classe des Lettres et des Sciences morales et politiques de l'Académie royale de Belgique et membre associé de l'Académie d'Athènes. L'auteur est président de l'Association des Sociétés de Philosophie de Langue française (https://asplf.org/) et de l'ASBL La Pensée et les Hommes (https://lapenseeetleshommes.be/).

  • Alors que les plantes OGM représentent plus de 10% des surfaces cultivées mondiales, elles sont une source d'inquiétude en Europe. Souvent décrit sur le même pied que les pesticides, elles sont associées à des risques alimentaires et écologiques. Qu'en est-il vraiment? L'auteur nous invite à dépasser les préjugés et les dogmatismes et à nous pencher sur les données scientifiques. Après avoir comparé les plantes OGM aux plantes acquise traditionnellement par croisements, il décrit les plantes OGM qui sont aujourd'hui dans les champs et celles à venir, dont certaines intéressent davantage les consommateurs.
    Bioingénieur et docteur en sciences naturelles appliquées, Marc Boutry a été chercheur au Fonds national de la recherche scientifique et professeur à l'UCLouvain. Il a dirigé le Louvain Institute of Biomolecular Science and Technology de 2003 à 2010. Ses recherches ont porté sur les mécanismes de transport de métabolites dans la plante ainsi que sur la production de protéines pharmaceutiques dans des cellules végétales. Il est membre de la Classe des Sciences de l'Académie royale de Belgique.

  • Les idées, les critiques, les fantasmes, espoirs et angoisses transhumanistes sont culturellement omniprésents. La notion centrale d'amélioration/augmentation des capacités humaines n'est pas neuve. Ce qui est nouveau et qui porte le transhumanisme est que de la médecine à la robotique, des biotechnologies aux sciences cognitives, des nanotechnosciences à l'astronautique, ces idées et fantasmes connaissent de plus en plus d'ébauches de concrétisation. Ce sont ces avancées technoscientifiques projetées comme à poursuivre indéfiniment dans l'avenir qui provoquent la réflexion philosophique, éthique, politique, et lui accordent du poids et du sérieux.
    Gilbert Hottois est professeur émérite de l'Université libre de Bruxelles. Il est Membre de l'Académie royale de Belgique ainsi que de l'Institut International de Philosophie. Professeur invité dans plusieurs universités d'Amérique du Nord et du Sud, d'Afrique et d'Europe, dont le Collège de France en 2003, il est l'auteur de plus de vingt livres et l'éditeur scientifique d'autant d'ouvrages collectifs, dont un dictionnaire et une encyclopédie de bioéthique.

  • Le mythe de Prométhée fait partie de l'histoire de la pensée, de la littérature et des arts en Occident ; il continue à y exercer une influence plus ou moins grande, mais jamais négligeable. Son rôle et sa survie ont déjà fait l'objet de travaux importants, tel le livre remarquable de Raymond Trousson, Le Thème de Prométhée dans la littérature européenne, édité une première fois en 1969. Toutefois, on ne s'est pas encore interrogé sur les références qui se multiplient à partir des années 1960 à propos d'avancées technologiques, sans commune mesure avec celles du passé. Dans un tel contexte, Prométhée est régulièrement présenté comme leur promoteur, pour le meilleur et pour le pire, et suscite dès lors admiration confiante ou crainte pessimiste pour l'avenir. Il n'apparaît donc pas inutile de remonter aux sources grecques qui ont été le point de départ de notre connaissance du mythe et d'étudier, à travers une confrontation entre le passé et l'actualité récente, la part de l'héritage et de l'innovation créatrice qui se manifestent dans les enjeux auxquels Prométhée a été rattaché par les Grecs et par nous.
    Monique Mund-Dopchie est docteure en philologie classique et agrégée de l'enseignement supérieur. Aujourd'hui professeure émérite, elle a mené toute sa carrière à l'Université catholique de Louvain où elle a enseigné la littérature grecque et l'histoire de l'humanisme. Ses recherches portent sur la survie des auteurs grecs dans la culture occidentale, particulièrement à la Renaissance. Elle est membre de la Classe des Lettres et des Sciences morales et politiques de l'Académie royale de Belgique.

  • Cinquante-deux crises en septante-cinq ans. Moyenne de vie d'un gouvernement : dix-huit mois. Dans la dernière décennie, deux crises de plus d'un an. L'État Belgique est-il devenu ingouvernable ? Le régime des crises va-t-il déboucher sur une crise de régime ? En temps de crise, des consignes de prudence s'imposent au gouvernement et au Parlement. En fin de crise, des réformes de calendrier devraient aider à composer un gouvernement viable dans un délai raisonnable.

    Professeur émérite et ancien doyen de la Faculté de droit de l'Université catholique de Louvain, Francis Delpérée est membre de l'Académie royale de Belgique et de l'Institut de France. Il préside l'Académie internationale de droit constitutionnel. Il est membre honoraire de la Chambre des représentants et du Sénat.

  • L'ouvrage considère les rapports qu'entretiennent divers aliments et différentes maladies (AVC, épilepsie, hydropisie, hypocondrie, démence, etc.) dans les prescriptions publiées par des médecins de Padoue à la Renaissance. On prend en compte et on lie aux qualités des aliments tels qu'ils ont été définis par Galien les recommandations concernant le boeuf, le porc, le lièvre, la volaille, les oies et canards, les céréales, les légumes et herbes potagères, les produits laitiers, les oeufs et le vin.
    Daniel Droixhe a enseigné l'histoire de la langue française, la littérature wallonne et picarde à l'Université Libre de Bruxelles et à l'Université de Liège Il a créé la Société wallonne d'étude du XVIIIe siècle (https://www.swedhs.org/). Sa bibliographie sur https://orbi.uliege.be compte environ 200 publications.

  • A l'heure de l'intelligence tant ambiante qu'artificielle, le numérique et ses multiples applications modifient profondément le fonctionnement de notre société, de nos entreprises, de nos administrations. Ils affectent nos comportements et influent sur nos relations sociales. Face à cette 'révolution', le Droit se trouve interpellé dans ses fondements traditionnels, dans ses concepts et dans son propre mode de raisonnement. Que peut-il et doit-il dire, face à l'autorégulation, que dictent les GAFAM, face aux 'Fake News', face au profilage, face à la réalité de l'homme augmenté? Son rôle n'est-il pas d'aider la société à retrouver la maîtrise de l'outil technologique au profit de valeurs éthiques et démocratiques? C'est le propos de cet ouvrage.

    Yves Poullet est professeur émérite et recteur honoraire de l'UNamur et professeur associé à l'UC Lille où il copréside le NADI (Namur Digital Institute) qui regroupe 150 chercheurs de diverses disciplines réunis autour du thème : « Numérique et Société ». Il est membre de l'académie royale de Belgique. Il a rejoint, depuis un an, la Chambre contentieuse de l'autorité belge de protection des données.

  • Même si elle est la règle fondatrice de l'état, la Constitution doit se penser ici et maintenant.
    La dénomination qui est la sienne est significative. Elle tend à préserver la stabilité de l'état. L'on met en garde contre l'usage d'appellations déviantes dans les communautés et régions ou dans l'Union européenne.
    L'écriture de la Constitution répond à des règles particulières. La rigidité qui caractérise la procédure de révision en Belgique est bienvenue. Elle n'a pas fait obstacle à l'instauration, depuis un demi-siècle, d'un régime fédéral de gouvernement.
    Professeur émérite et ancien doyen de la faculté de droit de l'Université catholique de Louvain, Francis Delpérée est membre de l'Académie royale de Belgique et de l'Institut de France. Il préside l'Académie internationale de droit constitutionnel. Il a été sénateur de 2004 à 2014. Depuis lors, il est député fédéral.

  • Les nouvelles technologies (internet, vidéo, dématérialisation,...) connaissent des développements accélérés qui vont amener les institutions culturelles à repenser en profondeur leurs activités. Le livre prend pour exemple le secteur du spectacle vivant et montre combien ces changements affectent tant la production que la diffusion des créations culturelles. Le succès de la diffusion des représentations du Metropolitan Opera dans un réseau mondial de cinémas en fournit un exemple flagrant. Ces bouleversements pourront parfois induire une redéfinition des critères de soutenabilité des projets culturels et imposeront en tout cas un réexamen de l'utilité des fonds investis, permettant l'émergence de nouvelles formes d'expression ou de nouveaux circuits de distribution.

    Après des études de droit et d'économie à l'Université libre de Bruxelles, Michel Hambersin mène de front une carrière bancaire internationale et de professeur de finance à l'ULB. Il poursuit en parallèle une activité de critique musical (sous le pseudonyme de Serge Martin), notamment au journal Le Soir. Membre de la Classe Technologie et Société depuis 2009, il consacre désormais ses recherches à l'économie de la culture.

  • Pour pouvoir façonner la Belgique de demain, nous avons besoin d'une vision qui, sans être politiquement réalisable à court terme, n'en prétend pas moins décrire les contours d'un avenir désirable et soutenable. Pour ce petit bout de planète, il existe un destin possible bien plus enthousiasmant que la dystopie de la dislocation. A nous de le penser sans naïveté et de le réaliser sans faiblesse.
    Philippe Van Parijs est professeur invité aux Universités de Louvain et Leuven et Robert Schuman Fellow à l'Institut universitaire européen (Florence). Lauréat du Prix Francqui en 2001, il a enseigné à Harvard et Oxford et dirigé la Chaire Hoover d'éthique économique et sociale de l'Université de Louvain depuis sa création en 1991 jusqu'en 2016.

  • Lorsque l'on examine la situation présente de la planète, les évolutions de ces dernières décennies et les tendances futures, il semble justifié d'utiliser l'expression de « Développement non durable ». Sous l'âge de l'Anthropocène le fonctionnement des sociétés modernes bouleverse les équilibres écologiques. Le changement climatique est en passe d'aggraver encore ces impacts, alors que son traitement demande des changements profonds dans l'économie. Enfin, les politiques menées sous l'égide du Développement durable révèlent leurs lacunes sur le long terme. Que sera l'avenir ?

    Ingénieur agronome, docteur en sciences (PhD), Philippe Bourdeau est directeur honoraire à la Commission européenne. Il est également professeur honoraire, président-fondateur de l'IGEAT (Institut de gestion de l'environnement et d'aménagement du territoire) à l'Université libre de Bruxelles. Il est membre émérite de la Classe Technologie et Société de l'Académie royale de Belgique.


    Ingénieur physicien, licencié en philosophie et docteur en sciences de l'environnement, Edwin Zaccai est professeur à l'Université libre de Bruxelles. Il est membre associé de la Classe Technologie et Société de l'Académie royale de Belgique.


    Ingénieur commercial, Roland Moreau, il a dirigé Greenpeace Belgique durant 4 ans et est depuis 2003 le directeur-général Environnement du SPF Santé Publique.


  • Une réappropriation de la Constitution par les citoyens s'impose aujourd'hui plus que jamais. Notre Constitution n'est plus adaptée à la société qu'elle entend piloter, tant elle est ébranlée dans sa suprématie et souffre d'insuffisances. Dès lors, avant de mener une autre réforme de l'État, le moment n'est-il pas venu d'envisager une modernisation du texte constitutionnel ? Certes, la Constitution ne peut garantir seule la cohésion de la société, spécialement lorsque celle-ci est plurielle. Mais elle peut favoriser une citoyenneté démocratique et contribuer au renouvellement du contrat social entre l'État et les citoyens. Cette conviction est au coeur du présent ouvrage. Il entend démontrer l'urgence d'un profond débat constituant qui, en associant directement le peuple, viserait à réenchanter la Constitution.



    Marc Verdussen est professeur de droit constitutionnel à l'Université de Louvain (UCLouvain). Il y dirige le Centre de recherche sur l'État et la Constitution.


  • Marie-Thérèse. Une épouse amoureuse de son mari ! Une mère attentive et envahissante d'une famille nombreuse. Catholique et bigote sans ostentation. Offusquée par l'irréligion et l'hérésie. Soucieuse de défendre ses droits souverains face au Vatican. Admirative d'un héritier, Joseph II, qu'elle chérissait mais dont l'impétuosité l'inquiétait. L'influence de ce dernier fut beaucoup plus importante qu'on ne l'a généralement reconnu. Un hommage à cette grande dame : l'Académie lui doit son existence.



    Historien, chercheur FNRS et docteur en Philosophie et Lettres, Hervé Hasquin enseigna à l'Université libre de Bruxelles à partir de 1970 ; il en fut le recteur (1982-1986) et le président du Conseil d'administration (1986-1995). Parallèlement, il mena une carrière politique (sénateur, député, ministre) entre 1987 et 2007. Il a présidé l'Institut d'étude des religions et de la laïcité de l'ULB pendant de très nombreuses années, ainsi que le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme (2008-2011). Il a été Secrétaire perpétuel de l'Académie royale de Belgique
    (2008-2017). Hervé Hasquin a été initié en Maçonnerie en janvier 1970.

  • La Bible qu'il s'agisse de l'Ancien ou du Nouveau Testaments , et le Coran sont des textes qui ne cessent d'être évoqués de façon péremptoire, pour justifier ou discréditer des pensées et postures diverses. Tant de certitudes laissent le chercheur assez perplexe car c'est plutôt la prudence qui devrait prévaloir lorsqu'on étudie des textes d'une telle complexité.
    Ces lignes sont donc une invitation à prendre la mesure des difficultés que l'on rencontre (notamment méthodologiques) lorsqu'on travaille ces écrits réputés révélés. Elles sont aussi une façon de plaider en faveur d'une lecture critique des textes afin de favoriser l'esprit de tolérance entre des personnes qui les lisent différemment.
    Parmi les questions abordées : Qu'est-ce qu'un « canon » ? Qu'appelle-t-on un texte pseudépigraphe, apocryphe ou intertestamentaire ? Y-a-t-il une différence entre la lecture catholique et protestante de la Bible ? Pourquoi les chercheurs parlent-ils d'une source « Q » lorsqu'ils étudient les évangiles ? Que signifie le mot Coran ? Pourquoi l'islam attache-t-il tant d'importance au ad ?
    Philosophe et historien des religions, Baudouin Decharneux est Maître de recherches du FNRS et Professeur à l'Université libre de Bruxelles. Il est également Membre de la Classe des Lettres et des Sciences morales et politiques de l'Académie royale de Belgique.


  • « Existe-t-il une littérature européenne ? », cette question mobilise un réseau complexe de liaisons plurielles entre les mots, les langues parlées, les textes écrits, les ensembles culturels qui les voient naître, les nations au sens politique du terme et l'Union supranationale européenne en recherche d'identité. Au coeur de la complexité se tiennent les écrivains. Conteurs de récits, hommes et femmes, ils n'ont jamais laissé se perdre l'héritage premier qui fait notre humanité : la parole. Ces récits ne racontent que peu d'histoires, mais selon une infinité de modalités. Parmi celles-ci, la rencontre amoureuse est décisive. Être digne d'amour renvoie chacune et chacun à l'enjeu de sa propre dignité et de celle de l'autre. Enjeu de taille pour notre culture individualiste. En ce sens, le projet européen a davantage besoin de la littérature que d'aucuns le croient.



    Richard Miller est docteur en philosophie de l'Université libre de Bruxelles et homme politique libéral. Il est l'auteur de nombreux essais, de monographies d'art et de recueils de nouvelles écrites en langue française et en patois. Par ailleurs, il est un des fondateurs de la maison d'édition « Créations/Europe/Perspectives ».

  • L'économie de marché est-elle juste ? Le juriste n'entend pas la question de la même façon que l'économiste et le philosophe. C'est peut-être un paradoxe mais il n'y a pas de théorie proprement juridique de la Justice, comme il en existe au sens de la philosophie morale ou de la science économique. Le droit, quant à lui, assure par les moyens qui lui sont propres la réalisation du système, dans la mesure où celle-ci peut en dépendre et où ces moyens présentent, par conséquent, une pertinence. Il corrige d'autre part les excès dont le système est susceptible, la notion d'excès supposant que tous les « habitants » du système, ses acteurs et ceux que sa réalisation est susceptible d'affecter, n'ont pas le même intérêt à cette dernière.
    En agissant de la sorte, le droit, dans les deux cas, oeuvre à la pérennité du système. Tel est son objectif et son effet, jusqu'à ce que le système soit, le cas échéant renversé, parce que l'objectif recherché aura été manqué. Il s'agit pour le droit de prévenir non seulement cette conséquence extrême, mais aussi l'enclenchement de dynamiques susceptibles d'y aboutir.
    Xavier Dieux est avocat au Barreau de Bruxelles, professeur à l'Université libre de Bruxelles, ancien Doyen de la Faculté de droit, membre de l'Académie royale de Belgique et membre honoraire de la Commission bancaire et financière.

  • La science économique aime à se présenter comme la plus rigoureuse des sciences humaines. La clarté des prémisses, l'usage intensif des mathématiques, la rigueur déductive des raisonnements, l'ampleur des modélisations semblent la rapprocher des sciences de la nature. Pourtant, certains de ses axiomes de base sont proprement invraisemblables et excluent toute espèce de validation empirique. Comment expliquer, dès lors, sa légitimité et sa diffusion planétaire ? Comment expliquer la force probante du récit qu'elle nous raconte et l'omniprésence du raisonnement économique dans la prise de décision politique ?
    Le présent ouvrage explore une piste d'interprétation trop souvent négligée : celle de la performativité. Et si l'économie ne cherchait pas tant à se conformer aux réalités du monde qu'à conformer ces réalités à ses propres propositions ? Par quels processus les théories que nous formulons sur le comportement des êtres humains peuvent-elles engendrer des effets conformes à nos théories ? Comment passe-t-on, quelquefois sans même s'en apercevoir, de la description à la prescription ?
    Membre de l'Académie royale de Belgique, Alain Eraly est ingénieur en gestion, docteur en sciences sociales et docteur en économie appliquée. Il est actuellement professeur à l'Université libre de Bruxelles où il enseigne la sociologie et la gestion.

  • La nation est une promesse de réalisation et d'unité. Elle réunit, par cet engagement implicite, les citoyens vers un narcissisme collectif qui sert, dans la foulée des cultes et des idéologies, à repeindre de sens un ciel métaphysique que l'homme perçoit de plus en plus vide au-dessus de lui. Mais dans le même temps, la nation se révèle être l'un des périls de la démocratie, car sa nature cachée est de réduire le monde à une expression homogène et à une continuité excluant le mouvement et la contingence ; la nature de la nation est de correspondre à la velléité de l'homme, terrifié devant le chaos du monde, de vouloir se fondre dans la totalité rassurante au risque de ne plus évoluer. Le danger inhérent à la nation consiste à se perdre dans le passé, dans l'identité et de promouvoir une idée de la pureté qui, par essence, peut tout broyer sur son passage, et qui refuse de voir l'utilité instrumentale de la démocratie comme outil de gestion d'une société.
    Tel est le postulat proposé dans ce petit ouvrage : le nationalisme est un amour illusionnel, forgé par une blessure incurable.
    François De Smet est docteur en philosophie et collabore au Centre de Théorie politique de l'Université Libre de Bruxelles ainsi qu'au Centre Interdisciplinaire d'Études des Religions et de la Laïcité (CIERL). Ses domaines de prédilection sont la philosophie politique, l'histoire des idées et les enjeux contemporains. Il est l'auteur de Vers une laïcité dynamique, paru aux éditions de l'Académie royale de Belgique.

  • La radiotoxicité de certains « déchets » nucléaires impose leur confinement pendant une très longue période. Cette temporalité exacerbe les craintes du public. En les séparant du combustible usé, on pourrait « incinérer » ces résidus pour en faire des éléments moins radioactifs ou à durée de vie plus réduite. MYRRHA, le premier réacteur piloté par un accélérateur de particules, en construction à Mol, va démontrer la faisabilité des nombreuses technologies requises par cette grande ambition.

    Jean-Pol Poncelet, ingénieur civil physicien, ancien ministre, est membre de l'Académie royale de Belgique.
    Hamid Aït Abderrahim est le directeur du projet MYRRHA, le premier réacteur nucléaire piloté par un accélérateur de particules, en construction à Mol.

  • Even before Elvis Presley recorded his first album, rock had been pronounced dead and gone. For seven decades, the stream of contradictory statements has never run dry. For some rock must be discussed in the past tense, while for others its future remains bright. What do these views mean? What arguments are they based on? What do they tell us about our cultural practices and our relation to time? While the answers are not decisive, we can at least affirm, to paraphrase Frank Zappa, that if rock isn't dead, it just smells funny.
    Christophe Pirenne teaches music history and cultural politics at the Universities of Liège and Louvain-la-Neuve. In addition to his works on rock, he is also interested in Belgium's musical life in the nineteenth and twentieth centuries. He is a member of the Royal Academy of Belgium.

  • De 1988 à 1998, pendant une décennie, le débat européen s'est concentré sur la création et la mise en place de l'Union économique et monétaire, avec une monnaie unique : l'euro. Longtemps cette ambition ancienne parut hors de portée. La faiblesse du système monétaire précédent, le contexte international et la volonté politique ont néanmoins permis d'aboutir. Les décisions prises à cette époque exercent leur influence aujourd'hui dans notre vie quotidienne. Établir ce que disaient les acteurs, ce qu'ils pensaient peut-être, ce qu'ils espéraient, ce qu'ils ont dit depuis, mérite notre intérêt.
    Philippe de Schoutheete, diplomate belge, a été ambassadeur à Madrid, directeur général de la politique au ministère des Affaires étrangères puis représentant permanent auprès de l'Union européenne de 1987 à 1997. Il a participé à la rédaction du Rapport Tindemans, à la négociation de l'Acte unique et des Traités de Maastricht et d'Amsterdam. Il a été professeur à l'Université catholique de Louvain et au Collège d'Europe à Natolin. Il est membre de l'Académie royale de Belgique.

  • Maudit ou mal-aimé, Brasillach le Collaborateur fut un grand écrivain. C'est un fait. La vie, souvent inséparable de l'oeuvre, entraîne pas mal de scories, toujours idéologiques, parfois insupportables. Pourtant, des pans entiers de cette oeuvre méritent d'être sauvés de l'oubli. L'auteur compte parmi les plus grands critiques de sa génération ; il fut brillant essayiste, romancier de talent et diariste de génie : n'ayons pas peur des mots. Rendons-lui au moins cette justice-là.
    Membre de la Classe des Arts de l'Académie royale de Belgique, Pierre Somville a enseigné l'Esthétique et la Philosophie de l'art à l'Université de Liège de 1987 à 2007. Il est Secrétaire Général de l'Institut Royal d'Histoire de l'art et archéologie de Bruxelles (situé au Parc du Cinquantenaire, MRAH) depuis 2009. Auteur de nombreux ouvrages, dont des études sur Dürer, Memling et le Caravage (Derouaux, Liège).

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