Albin Michel

  • En prenant à son compte la distinction que proposaient les stoïciens entre le discours sur la philosophie et la philosophie elle-même, Pierre Hadot a toujours placé au centre de ses préoccupations la philosophie en la concevant comme une métamorphose totale de la manière de voir le monde et d'être en lui. En s'interrogeant notamment sur les « expériences de pensée » dans l'Antiquité, sur la figure de Socrate, sur la lecture que Michelet fait de Marc Aurèle, il montre de manière lumineuse que les Anciens concevaient la philosophie comme un mode de vie, comme un effort concret de transformation de soi par la méditation, comme un exercice spirituel de chaque instant vers la sagesse. Réédition du grand classique épuisé de Pierre Hadot, véritable « livre culte », augmentée de la Leçon inaugurale au Collège de France et de divers articles, eux aussi introuvables, publiés dans des revues confidentielles.

  • Au mythe de la « Renaissance » et aux débats qui s´y attachent, à la figuration célébrée d´un présent fécondé par une restitution des sagesses de l´Antiquité, à l´imaginaire humaniste d´un recommencement, Élisabeth Crouzet-Pavan préfère substituer l´horizon des Renaissances italiennes.

  • En 1934 paraissait La pensée chinoise qui, à l'instar de La civilisation chinoise, publié cinq ans auparavant, s'imposa très vite comme l'un des ouvrages sinologiques français les plus célèbres du XXe siècle.Consacré aux systèmes de pensée, aux catégories fondamentales - espace, temps, nombres - et aux disciplines qui s'y rapportent - astronomie, philosophie, mathématiques -, ce texte éclaire l'ensemble des caractéristiques de la pensée chinoise, dans son originalité la plus significative. La réédition de ce grand classique confirme la place importante qui est encore aujourd'hui celle de Marcel Granet (1884-1940) dans le domaine des sciences sociales.Par son caractère novateur, son oeuvre s'inscrit non seulement en rupture avec l'érudition traditionnelle, mais dépasse largement le champ de la sinologie, donnant au structuralisme certains de ses fondements et inaugurant ce que l'on appellera l'anthropologie historique.La préface de Léon Vandermeersch, directeur d'études à l'E.P.H.E. et éminent sinologue, met en lumière l'importance fondamentale et la portée théorique du projet de Marcel Granet.

  • Paru en 1975, ce livre qui connaît aujourd'hui une nouvelle édition, remise à jour et considérablement augmentée, a immédiatement été salué comme l'oeuvre majeure de son auteur et l'une des plus importantes contributions du XXe siècle à la compréhension du langage. Ouvrage ambitieux, puissant, érudit et subtil, Après Babel reste la première tentative d'un auteur européen - trilingue de naissance - pour sonder le mystère de la pluralité des voix intérieures.
    George Steiner, Fellow du Churchill Collège de Cambridge et professeur émérite de littérature comparée à l'Université de Genève, élabore avec cet ouvrage non seulement une théorie de la traduction, mais une véritable philosophie de la parole et de la signification. Sans jamais se limiter à l'horizon des sciences du langage, l'auteur des Antigones envisage l'histoire de la littérature occidentale d'Homère à Shakespeare, de Racine à Beckett, en cherchant les rapports intimes entre l'indicible et les possibilités d'expression qu'offre, en particulier, la métaphore. Si la dispersion de Babel n'est pas vraiment une malédiction, c'est que la diversité des langues continue de témoigner de la liberté de l'homme devant le monde.

  • La Civilisation chinoise, paru en 1929, est l'un des ouvrages sinologiques français les plus célèbres du XXe siècle. Marcel Granet (1884-1940) avait su s'imprégner si intimement de l'esprit des institutions et des moeurs privées de la Chine ancienne qu'il la rendit accessible à plusieurs générations.Outre qu'elle rend à nouveau disponible un classique des études chinoises, cette réédition, grâce au travail de Rémi Mathieu, chercheur au CNRS et spécialiste de la Chine ancienne, établit la genèse de l'oeuvre de Marcel Granet et, à travers l'analyse de sa réception par la critique, en dresse le bilan historiographique.

  • Le xiiie siècle italien est un long siècle mal connu qui, par sa densité historique, ne le cède pourtant en rien aux " gloires " ultérieures de la " renaissance ".
    Un formidable mouvement paraît en effet l'animer, plus vif, plus net à mesure que le temps avance. dante et giotto sont les figures symboliques de ce grand remuement au rythme duquel une autre italie surgit. tout bouge, tout change : les hommes, les paysages, les rues et les places comme les cultures de la colline, les pratiques du politique ou les techniques économiques et artistiques. elisabeth crouzet-pavan s'attache ici à retracer l'histoire de cette capacité de création qui fut peut-être, alors que la violence envahissait implacablement les cités, les déchirait, alors que le sang coulait et que les factions s'affrontaient avec constance et âpreté, un art de continuer à penser la vie sous " le cours du ciel et de la lune ".
    Une vie entre enfers et paradis.

  • Torcello, aujourd'hui, est un îlot quasi déserté au nord de la lagune de Venise, une cathédrale, un baptistère, une église et un décor de mosaïques célèbres. Torcello, hier, fut une communauté humaine nombreuse, un paysage de campaniles et de petites maisons, un horizon de vignes, de jardins, de bois... élisabeth Crouzet-Pavan part à la recherche de ce monde perdu, oublié et abandonné dans les derniers siècles du Moyen âge, à l'époque même où Venise imposait son image providentielle de beauté, de puissance et de richesse. Ce livre est donc l'histoire d'une mort lente, à laquelle se seraient résignés ceux qui la subirent au rythme du flux et du reflux des marées, en se laissant glisser sans drame vers l'irrémédiable. Cette sortie de l'histoire est aussi assumée par Venise, comme si la disparition de Torcello pouvait permettre à la Sérénissime de conjurer la conscience de sa fragilité, ses fantasmes de déclin, ses angoisses d'engloutissement. Torcello meurt, et Venise demeure seule au milieu des eaux de la lagune, dominante et triomphante. En exhumant l'obscur destin de Torcello, cet ouvrage met en lumière une dimension capitale, et méconnue, de la création vénitienne.

  • Faire l'histoire de Venise, c'est retracer l'aventure unique d'une communauté humaine redoutée et conquérante, toujours âpre et dure, parfois haïe et combattue pour ses violen-ces et son orgueil.Elisabeth Crouzet-Pavan s'attache dans cet ouvrage à expliquer comment, en maîtrisant des espaces proches aussi bien que lointains, en cultivant le mythe d'une élection divine, Venise a pu devenir le centre d'un monde.Aux temps obscurs et précaires, la ville surgit lentement, au milieu d'une eau saumâtre, protectrice comme une muraille.Cette ville, par un effort de tous les jours, les hommes ne cessèrent de la construire et de la reconstruire, de l'embellir et de l'orner, de l'aménager et de la préserver, jusqu'à en faire une image de gloire. Sur tous les théâtres de son histoire, Venise triomphante est alors regardée : l'empire maritime et la Terre Ferme qu'elle contrôle et exploite ; le port, le marché et les ateliers où s'affaire une humanité cosmopolite ; les lieux de pouvoir où les élites façonnent l'ordre et la grandeur de la République ; les maisons, les cours, les ruelles où vivent et meurent hommes et femmes.Ainsi naît Venise, au croisement de l'imaginaire et de l'histoire : imaginaire de fragilité suscitant un intense attachement à la vie et à la puissance, histoire d'une cité dont la longue geste, dans un conscient défi au temps, est demeurée inscrite dans un dernier espace de palais et d'églises...

  • Née paysanne en 1762 dans l’Ardenne belge, Théroigne est l’une des plus belles figures de la Révolution : demi-mondaine entretenue par un marquis jaloux à la veille de l’ouverture des États- Généraux, elle se construit, à la faveur du combat pour la liberté, une identité nouvelle, ouvre un salon à Paris et fonde une société patriotique. La presse royaliste fait d’elle alors une libertine sadienne, que l’on accuse d’espionnage. En 1792, au sommet de sa gloire, elle réclame la levée de "bataillons d’amazones" pour combattre les monarchies aux frontières. En pleine Terreur, le délire s’empare d’elle : la folie la sauvera de la guillotine. Internée jusqu’à sa mort en 1817, elle deviendra pour la médecine un grand cas de mélancolie, tandis que Baudelaire, Michelet et plus tard Sarah Bernhardt chanteront sa légende.Cette première grande biographie critique de l’une des pionnières du féminisme, fondée sur des sources inédites, fut l’un des succès des commémorations du Bicentenaire de la Révolution française.Nouvelle édition, avec une préface et une postface inédites.

  • Dans les années soixante, consacrer une étude au rôle déterminant de Diderot dans l'élaboration et l'accomplissement de l'Encyclopédie semblait paradoxal. Il était entendu que l'ouvrage monumental fut pour l'auteur de Jacques le fataliste une tâche alimentaire qui le détourna de sa vraie vocation. Jacques Proust, éminent spécialiste du XVIIIe siècle, démontre de manière éclatante que l'Encyclopédie servit de laboratoire à Diderot pour son oeuvre littéraire, et de creuset où s'élabora sa pensée politique dont un chapitre inédit de cette réédition rappelle les sources. Ainsi voit-on se dessiner le portrait d'un Diderot politique soucieux de former des citoyens plus éclairés.

  • À la fin de la Première Guerre mondiale, la France et la Grande-Bretagne se disputent l'héritage ottoman au Levant, et d'emblée l'Angleterre semble maître du jeu, car elle a largement profité en Orient de la faiblesse des moyens matériels et militaires des autres puissances européennes. Traditionnellement protectrice des Lieux saints et des chrétiens d'Orient, la France doit contrer l'hégémonisme britannique, les complicités anglo-arabes et le radicalisme des mouvements indépendantistes et en même temps ménager ses relations avec ses alliés et ses protégés. Elle va tenter de concilier ses acquis et ses intérêts de puissance coloniale avec les contraintes d'un nouvel ordre diplomatique, mais le départ de Clemenceau en 1920 marquera la fin des accords entre la France et l'émir Faysal. Dès lors, le rôle de la France en Orient se réduira à sa prépondérance au Liban. Fondée sur une documentation exceptionnelle, anglaise, française et arabe, qui révèle de nombreux inédits, l'enquête de Gérard D. Khoury éclaire ce moment si complexe du temps des mandats, quand la France fonda les Etats du Liban et de la Syrie.

  • Au XIVe et au XVe siècle, les images de la mort et les pratiques rituelles se transforment ; le macabre tourne à l’obsession, les suffrages pour les défunts se multiplient. Cette « crise mélancolique » relève moins de l’expérience traumatisante de la peste que de la découverte d’une solitude nouvelle, ou si l’on veut d’un nouveau rapport au temps, à l’autorité, au monde. L’incertitude où chacun se trouve sur la durée des peines à subir en Purgatoire explique peut-être cette multiplication des dons et des prières et l’étrange comptabilité à laquelle se livrent alors de nombreux fidèles, encouragés par l’Église qui prétend contrôler toute l’économie des relations entre ici-bas et au-delà.S’ils apportent un éclairage nouveau sur l’histoire de la mort, les milliers de testaments étudiés par Jacques Chiffoleau, dans ce livre aujourd’hui classique, font apparaître surtout des mutations religieuses et culturelles essentielles, où le désenchantement mais aussi l’invention ont toute leur place, quand la Renaissance ne succède pas à l’automne du Moyen Âge, mais lui est, en quelque sorte, consubstantielle. Directeur d’études à l’EHESS, Jacques Chiffoleau est spécialiste de l’histoire du christianisme, du droit et des institutions au Moyen Âge.

  • Dans les années 1950, l'empire colonial apparaissait comme l'un des principaux piliers de la puissance française. Or, dans la décennie qui suivit les indépendances, jamais la croissance du capitalisme français n'a été aussi vigoureuse. C'est ce constat qui mérite réflexion. A quoi, en fait, ont « servi » les colonies ? Ont-elles été une « bonne affaire » comme le pensait la majorité des Français au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, ou un boulet comme l'estimait la fraction la plus moderne du patronat et des responsables publics pour lesquels la décolonisation était non seulement inévitable mais nécessaire ? Au carrefour de l'histoire économique, politique et culturelle, cet ouvrage raconte en fait l'histoire d'un divorce entre une opinion progressivement gagnée à la conscience impériale et les implacables contraintes économiques.
    Nouvelle édition

  • Salué comme novateur lors de sa parution dans les années cinquante, cet ouvrage issu d'un manuscrit laissé inachevé par Paul Alphandéry (1875-1932), repris et augmenté par son disciple Alphonse Dupront (1905-1990), a considérablement renouvelé l'historiographie de la Croisade. Comme l'écrit Michel Balard, professeur d'histoire médiévale à l'université de Paris 1er, dans une postface qui enrichit cette édition en un seul volume, les deux auteurs ont su mettre "au premier plan la masse du peuple chrétien dans sa sensibilité et ses comportements quotidiens en un moment où l'histoire des mentalités en était encore à ses premiers balbutiements".

  • Initialement paru en 1932, cet ouvrage regroupe l'ensemble des travaux de Henri Hubert, véritable précurseur des études celtiques. Aujourd'hui encore, Les Celtes restent une référence : par l'ampleur de la période considérée (de l Âge du Bronze au VIIe siècle ap. J.-C.) et par la diversité des disciplines mobilisées (archéologie, histoire, linguistique).Henri Hubert s'attache à décrire l'organisation sociale et religieuse de cette civilisation à la fois mythique et méconnue - elle n'a laissé aucun écrit-, qui a essaimé dans toute l'Europe. Son hégémonie fut progressivement réduite à néant par les assauts successifs des conquêtes romaine, saxonne puis scandinave. Ce vaste panorama est l'occasion de mieux cerner la part de l'héritage celtique dans le monde occidental contemporain.

  • Au XVIIe siècle, le renforcement de l'Etat, bouleversant les anciennes structures mentales, donne au développement de la pensée politique un caractère dramatique. L'idée autour de laquelle se cristallise l'inquiétude de l'époque est celle de la raison d'Etat. Idée directrice du gouvernement de Richelieu, la raison d'Etat, derrière laquelle se profile le fantôme de Machiavel, est au centre des débats idéologiques du temps. Quelle place tenait cette notion dans la pensée politique du XVIIe siècle, comment s'est-elle définie, quelles réactions a-t-elle suscitées ?
    En s'attachant à comprendre ce que les contemporains de Richelieu pensaient du pouvoir, comment ils réagirent face à cette nouvelle notion de raison d'Etat - tantôt "idole", tantôt "scandale du siècle" -, Etienne Thuau, dans cette très riche étude, nous permet de mieux comprendre l'homme du XVIIe siècle.

  • Talleyrand le séducteur : l'homme de tous les gouvernements, de toutes les compromissions, un grand pragmatique qui voulut par-dessus tout la stabilité de l'Europe. Un homme qui avait l'incertitude en horreur et privilégia toujours l'inertie à la précipitation. C'est bien une des ironies de l'Histoire que son destin se retrouve lié à celui qui se révélait dans l'action et la conquête, et une de ses tragédies, qu'il n'ait pas réussi à le dissuader de se lancer dans ses sanglantes équipées. Pourtant, il y avait entre eux un grand respect mutuel et quand l'Empereur mourut en 1821, Talleyrand rendit hommage à son « inconcevable génie ». Attirance des contraires... Talleyrand au pied-bot, jamais levé avant onze heures, préférant les salons aux champs de bataille, était fasciné par la vitalité de Napoléon et l'ampleur de sa vision.David Lawday évoque brillamment la carrière de ce grand aristocrate, prêtre puis évêque, émigré en Angleterre, exilé en Amérique, homme d'Etat sous l'Empire, nommé à plus de 70 ans ambassadeur de France à Londres par Louis-Philippe. C'est un des rares personnages historiques qui nous offre une vision de la politique européenne durant cette extraordinaire période de transition, et dont le message reste pertinent à notre époque.« Un livre bruissant des rumeurs des salons parisiens et des relations brillantes de ce grand diplomate... Lawday est le biographe idéal deTalleyrand. » The Economist

  • Au tournant du XIXe siècle, Paris est la scène d’une industrialisation qui remet en cause les relations des hommes à leur environnement. Bousculant une société d’Ancien Régime fortement préoccupée de santé publique et de règles de bon voisinage, le développement d’activités polluantes provoque une transformation du droit et des institutions. C’est cette révolution que nous fait découvrir Thomas Le Roux.

    Prenant en compte l’ensemble des acteurs sociaux et politiques, l’État, la Ville, les industriels, les juristes, les scientifiques et l’opinion publique, il décrit le processus complexe qui donna aux fabriques et aux manufactures, notamment dans le secteur de la chimie, la possibilité de s’implanter en ville. À partir de l’étude des pollutions nouvelles dont les Parisiens font alors l’expérience, l’auteur propose une histoire totale de la capitale industrielle, non plus épopée des entrepreneurs, mais lente et difficile adaptation de la ville aux risques de l’industrie et de la technique. Dans cette approche novatrice de la modernité manufacturière, où les nuisances découlent du progrès, Paris est le laboratoire d’une légitimation des pollutions, annonçant la nouvelle alliance de l’État, de la science et de l’industrie dans un projet politique inédit.

  • Ruines d'abbayes ou de châteaux, souterrains inquiétants et chastes héroïnes appartiennent aux images léguées par le roman anglais de la fin du XVIIIe siècle, ressuscité par le surréalisme. Avant la parution du livre de Maurice Lévy, ancien directeur de la maison française d'Oxford, professeur de littérature anglaise à l'université de Toulouse-Le-Mirail, il n'existait pas de synthèse française sur ce mouvement littéraire représenté par Ann Radcliffe, Horace Walpole et Matthew Gregory Lewis. Avec ces auteurs qui plaçaient la littérature sous le signe du « gothique », l'Angleterre moderne rêvait devant les vestiges du passé, exprimant ainsi son désir de retrouver la vraie « demeure de l'intimité absolue ».
    Les nombreux avatars de ce genre, en particulier aux Etats-Unis, ne peuvent en faire oublier les origines et le sens premier : dire la « précarité, l'abîme et le manque, cette réalité gothique qu'est la vie ».

  • Ecrit au dernier quart du XIVe siècle, Le manuel des inquisiteurs était destiné, à l'origine, aux seuls évêques et inquisiteurs. Voici désormais à la portée de chacun la, pratique inquisitoriale imposée par Rome, éditée dès 1503 et rééditée cinq fois, après remise à jour sur ordre du Sénat de l'Inquisition romaine, au cours des XVIe et XVIIe siècles. Marqué du sceau de l'officialité, le Manuel dit le droit, établit la procédure - délation, poursuite, torture, aveu, prison, bûcher - et fournit la réponse papale à tous les problèmes que pouvaient avoir à résoudre les plus redoutables serviteurs de l'ordre catholique.

  • John Maynard Keynes (1883-1946) est sans conteste l'économiste le plus célèbre et le plus influent du XXe siècle. Bien qu'il ait donné son nom à une révolution et à un courant de pensée, l'économie n'occupait, dans sa vision du monde, qu'une place bien relative. Féru d'art, de littérature et de psychanalyse, Keynes a pris une part active à la vie intellectuelle de son temps. Écrivain prolifique, c'était aussi un homme d'action, tour à tour ou simultanément militant politique, enseignant, orateur, directeur de revue, homme d'affaires, fermier, haut fonctionnaire, conseiller d'hommes d'État, négociateur international, collectionneur et mécène. Tout au long de sa vie, il côtoya les plus grands noms de la politique, tels Churchill et Roosevelt, et fut intimement lié à Virginia Woolf et aux autres artistes et écrivains du groupe de Bloomsbury.
    Cet ouvrage est le premier à présenter toutes les facettes de la vie et de l'oeuvre de ce personnage étonnant et exceptionnel. Enrichi d'une bibliographie exhaustive, ce livre constitue l'instrument de référence indispensable sur Keynes.

  • « Par intuition ou par profession, explicitement ou non, l'homme de lettres classique est toujours plus ou moins un traducteur. » Roger Zuber, professeur émérite à la Sorbonne, l'un des premiers à avoir exploré le rôle de la traduction

  • Qu'on l'admire ou qu'on la critique, il semblait entendu que la Révolution industrielle anglaise avait été avant tout une histoire de capital financier, de machines à vapeur et de travailleurs déqualifiés et sous-payés. C'est oublier ceux qui l'ont rendue possible, par leurs talents manuels, leur imagination et leur dynamisme : les techniciens.Pour décrire concrètement ce que fut l'industrialisation, Liliane Hilaire-Pérez nous propose de l'observer là où elle se manifesta en premier lieu comme innovation. En plein essor en Europe au cours du XVIIIe siècle, le marché des bibelots, jouets, instruments scientifiques, outils de précision, est le plus concurrentiel de tous, et le plus innovant. C'est dans les ateliers des mécaniciens venus de tout le continent que se créent alors les matériaux, les machines et les procédés de l'industrie à venir et que se forment ceux qui sauront construire, régler et diriger les machines installées dans les usines.En mettant en scène les talents manuels des techniciens et entrepreneurs, en décrivant le travail qu'ils accomplissent sur les matières, les gestes, les langages et les images, ce livre renouvelle notre connaissance de l'événement fondateur de notre histoire économique. Il contribue par là-même au débat en cours sur l'avenir industriel de l'Europe.

  • Paru en 1986, le livre de Francis Conte, professeur de civilisation russe à l'université de Paris IV-Sorbonne, s'est vite imposé comme la synthèse indispensable pour la compréhension de l'histoire des peuples slaves du VIe au VIIIe siècle. Privilégiant le thématique au chronologique, Francis Conte dégage de grands "massifs d'investigations" - des structures de l'espace à celles des sociétés, du cadre de la vie quotidienne aux mentalités religieuses et politiques -, définissant ainsi les caractéristiques des nations et civilisations d'Europe centrale et orientale.

empty