Albin Michel

  • Émile Brehier nous propose ici une présentation claire et précise de la philosophie au Moyen-Âge : à partir du sommeil de la philosophie au VIe-VIIIe siècle, il dresse une histoire chronologique qui aboutit à la fin de la scolastique au XVe siècle. Il fait une courte biographie et un résumé des idées de tous les philosophes importants de cette longue période. Ce livre montre que le Moyen-Âge, loin d'être la période d'obscurantisme que l'on a longtemps décrit, a été le cadre d'une activité intellectuelle très importante.

  • Lorsque, à la fin de sa vie, Louis Bréhier (1868-1951) fit entrer Byzance dans la prestigieuse collection de L'Évolution de l'Humanité en publiant Le Monde byzantin en trois volumes, Vie et mort de Byzance, Les Institutions du monde byzantin, La Civilisation byzantine, il achevait par une ample synthèse une oeuvre d'historien que l'on découvre encore avec admiration.
    La civilisation byzantine est le troisième volume de cette trilogie. Après les événements, après les institutions, qui faisaient l'objet des deux premiers volumes, c'est, dans les pages qu'on va lire, la civilisation, la vie matérielle, la vie spirituelle et intellectuelle sous tous leurs aspects qui sont présentées. Byzance trouve ainsi sa véritable place dans le long développement de l'esprit humain.

  • La Fin du monde antique et le début du Moyen Age fut un succès lors de sa parution en 1927. On avait traité jusqu'alors soit de l'empire romain, soit du Moyen Age en scindant les deux époques à la mort de Théodose. Pionnier du concept d'Antiquité tardive, Ferdinand Lot est le premier à consacrer un travail d'ensemble à l'histoire romaine entre le IIIe et le Ve siècle et à affirmer que "le Moyen Age ne peut se comprendre si l'on ne remonte pas au Bas Empire".
    Se dégageant du carcan de l'histoire événementielle, il met l'accent sur l'analyse économique et sociale. En ce domaine aussi, Ferdinand Lot innove, deux ans avant la fondation des Annales, la revue de Marc Bloch et Lucien Febvre. Mais il n'oublie pas la leçon de Fustel de Coulanges : "L'histoire n'étudie pas seulement les faits matériels et les institutions : son véritable objet d'études est l'âme humaine."
    Si les apports de l'archéologie ces dernières décennies ont bien changé nos connaissances des temps barbares, Ferdinand Lot reste d'actualité lorsqu'il écrit : "II est impossible de comprendre quoi que ce soit à l'histoire contemporaine si on ne sait rien de la dislocation du monde ancien, rien du nouveau peuplement de l'Europe du IVe au Xe siècle..." Une bonne raison de se féliciter de la réédition de ce classique que maîtres et étudiants ont lu et relu.

  • Le temps de Jésus : ce fut l'une des périodes les plus complexes et les plus troublées de I'Histoire de I'Humanité, mais aussi l'une des plus grosses d'avenir. Les progrès de la pensée, la conscience qu'une élite prend des misères humaines, aboutissent à une crise morale ; l'homme a besoin de comprendre la vie et la mort, il veut expliquer le mal.
    Tout cela était sensible dans ce grand carrefour de l'Antiquité qu'était la Palestine, où passèrent tant de peuples. Et Charles Guignebert « montre ce qui prépare la levée de Jésus dans le milieu palestinien, mais il montre également ce qui, dans le milieu juif de la Diaspora, prépare le mythe du Christ et le christianisme » (Henri Berr).

  • « Avec raison Léon Homo insiste beaucoup, dans ce livre, sur ce qui différencie profondément Rome des cités grecques. Tandis que ces dernières visaient à la démocratie et en ont laissé le goût à la postérité, l'héritage de Rome est - avec le droit, évidemment - un modèle parfait de l'empire militaire et de l'organisation administrative. Double héritage, qui fut décisif pour l'Occident ». Paul Chalus, préface.
    Léon Homo, spécialiste d'histoire romaine, fût ancien membre de l'Ecole française de Rome (1897-1900), puis professeur à la Faculté de lettres de Lyon.

  • « Dès la plus haute antiquité, il y a eu des architectes ; il y en a eu, en certains pays, qui étaient doués, parfois même génialement, pour l'urbanisme. Ce n'est que de nos jours qu'on a vu naître la profession d'urbaniste, les écoles d'urbanisme, les revues d'urbanisme. Et cette prise de conscience devait avoir un effet rétroactif en histoire » (Henri Berr). Léon Homo montre que les préoccupations urbanistes ont existé en Grèce et chez les Étrusques. Aristote, et d'autres, et analysent les problèmes que pose l'édification des villes. Et bien des cités grecques, surtout à l'époque hellénistique, témoignent, comme Alexandrie, Antioche, Pergame, avec leurs services municipaux, d'un souci d'urbanisme. À Rome, Vitruve, peu avant notre ère, écrit son De architectura, qui est, fait remarquer L. Homo, « le traité d'urbanisme le plus complet, malgré ses lacunes, que nous ait légué l'antiquité classique ».
    Le triomphe de l'urbanisme dans la Rome impériale a été « l'évolution monumentale » : l'embellissement de la Ville Éternelle commença sous le règne d'Auguste. II y eut aussi beaucoup de coûteuses installations qui ne servirent qu'aux plaisirs des empereurs - comme celles, entre autres, auxquelles est lié le souvenir de Néron.
    L'habitat (riches domus, insulae ou maisons de rapport de tout rang, jusqu'aux pénibles habitations à « loyer modéré ») est ensuite longuement visité, étudié avec ses modes d'exploitation et la législation qui le concerne.
    Mais, à partir de la chute de l'Empire en 476 de notre ère, tout est peu à peu abandonné. « La Ville aux quatorze aqueducs en viendra au régime exclusif de l'alimentation par les porteurs d'eau... Avec la conquête byzantine s'ouvre pour Rome sa vie de cité médiévale ... Pour huit siècles, l'histoire de l'urbanisme romain est close. »

  • L'objet de ce livre est de montrer comment la Monarchie s'est conservée et développée du Xe au XIIIe siècle, en France et en Angleterre, à l'époque où la réorganisation de la société politique dans les formes seigneuriales et féodales semblait la condamner à dépérir. Nous n'avons pas cherché à retracer toute l'histoire politique de la France et de l'Angleterre, mais en une époque où les annales de la Royauté, au moins en France, sont souvent plus maigres ou moins intéressantes que celles d'un duché ou d'un comté, c'est d'elle cependant que nous nous sommes occupé exclusivement. Les causes matérielles et morales de sa faiblesse au temps d'un Edouard le Confesseur et d'un Hugues Capet, les circonstances qui l'ont aidée à vivre et à grandir, les institutions qu'elle a fondées en mettant à profit les principes mêmes de la Féodalité, la faillite des tentatives faites en Angleterre pour lui imposer un contrôle aristocratique...

  • Robert Lenoble scrute l'inconscient pour que s'éclairent en même temps l'aspect de la Nature et le régime de la raison aux différentes époques de notre culture occidentale. Il fait l'histoire d'une idée, mais ce ne peut pas être celle d'une idée claire. On dirait plus exactement qu'elle est l'histoire de la relation fondamentale que l'homme noue avec le monde dans son underground psychique et qu'il exprime dans ses systèmes de représentations conscientes, histoire de l'« idée » qui conditionne les diverses notions de Nature qu'utilisent les rationalisations scientifiques, les théories esthétiques et les doctrines morales.
    En fin de compte, l'effort entrepris est double, ou plutôt le but poursuivi s'éclaire sous deux points de vue complémentaires et indissociables : d'une part, faire voir comment la conscience humaine s'adresse à la réalité extérieure et opaque du monde qu'elle affronte, d'autre part, montrer comment l'univers des choses se réfère à la réalité intime et obscure des sujets vivants qui le pensent.
    Joseph BEAUDE

  • « Ce qui confère au peuple d'Israël une place unique, égale en importance à celles de la Grèce et de Rome dans l'histoire de l'humanité, c'est sa religion, mère du christianisme, du judaïsme et de l'islamisme. »
    Ainsi débute l'ouvrage d'Adolphe Lods qu'on va lire et cette première phrase suffit à en justifier le propos, qui est « l'étude de la formation et du développement de la religion d'Israël ». Le volume suivant, du même auteur, continue celui-ci au moment où Israël aborde une expérience toute nouvelle et originale, le prophétisme ; enfin, Ch. Guignebert a établi lui-même l'ouvrage qui étudie le Monde juif au moment où va naître Jésus. Le lecteur disposera alors - avec Jésus et Le Christ - des cinq volumes qui, dans la Collection « L'Évolution de l'humanité », sont consacrés aux origines du Christianisme.
    Dans le présent ouvrage, qui est, historiquement, le premier de cette série, nous allons suivre l'histoire des tribus hébraïques nomades, jusqu'au moment où, fixées en Palestine, elles se sont transformées en un peuple sédentaire. Nous assisterons à la formation de leur religion et à son adaptation difficile à un nouveau genre de vie. Tout naturellement, l'auteur est amené à ressusciter le milieu, géographique, historique et social, de toute cette région de l'Orient antique, - qui, aujourd'hui, par un étrange destin, continue à faire parler d'elle.

  • « Ce volume est le second de la série qui, dans "L'Évolution de l'Humanité", est consacrée aux origines du christianisme. Après avoir, dans le premier, examiné la plus ancienne histoire des tribus hébraïques nomades et leur installation en Canaan, on en arrive, avec celui-ci, à la partie centrale de l'histoire d'Israël antérieure à notre ère, et à ce qui caractérise sa religion : le prophétisme. C'est l'une des périodes les plus importantes et les plus attachantes de la vie religieuse de l'humanité. »
    Ad. Lods, « grâce à son attentive information psychologique et surtout grâce à cette sympathie intellectuelle sans laquelle il n'y a pas d'historien complet, approfondit les textes qu'il discute, les faits qu'il établit. Cette religion d'Israël, si mouvante, si intimement mêlée à l'histoire d'un petit peuple émotif, passionné, prompt aux extrêmes de l'exaltation et de l'abattement, il la voit jaillir de ses sources intérieures » (Henri Berr).
    « Les grands prophètes ont la conviction profonde d'être les interprètes de Dieu, et ce Dieu tend à devenir, à travers eux, le Dieu juste de toute l'humanité ; cette universalisation est, de fait, un grand tournant dans l'histoire des religions... »

  • Avec La Cité antique de Fustel de Coulanges, La Cité grecque de Gustave Glotz reste l'un des plus importants ouvrages écrits sur la société antique. Cette superbe synthèse où sont pris en compte aussi bien les faits sociaux que les faits religieux, la psychologie des individus comme les structures économiques, a marqué d'un sceau indélébile notre image de la "cité grecque".
    Ecrit à la fin des années 1920, à une époque où la démocratie était attaquée par l'idéologie totalitaire, La Cité grecque est un témoignage irremplaçable sur l'école politique de l'humanité qu'a été l'Athènes des Ve et IVe siècles. En voulant faire une histoire totale dépassant le simple alignement des faits, en questionnant le passé à l'aune du présent, Gustave Glotz reste ainsi un de nos maîtres à penser.

  • Ce livre n'est pas un livre d'histoire, mais un événement historique : il se place au centre du grand tournant méthodologique du début du XXe siècle concernant le problème des rapports entre la géographie, la sociologie et l'histoire. Lucien Febvre établit un dialogue, d'abord sur les mérites et sur les erreurs des grands géographes et des grands sociologues du début du XXe siècle, auxquels on cherche à faire entendre raison. Dialogue sur les climats, leurs modifications, leur importance ; sur les montagnes, les plaines et les plateaux, qui sont des réalités moins simples qu'il ne paraît, sur les îles, les oasis, les « paysages ». Dialogue sur les moeurs des chasseurs, pêcheurs, pasteurs, cultivateurs, - sur les nomades et les sédentaires. Sur les États, les frontières « naturelles », les routes, les villes...
    Lucien Febvre établit un travail d'orientation, de réflexion critique sur l'énorme question des rapports du sol et des sociétés humaines, en transposant le problème dans le temps, pour se demander quelles déterminations - ou quelles prédéterminations - la terre habitable impose en ses diverses parties à l'Histoire.
    Toute la vie des hommes, toute l'activité multiple des hommes, des groupes humains, des sociétés humaines se trouve étudiée méthodiquement, rationnellement, en fonction du milieu géographique.

  • Mélange, par son origine, d'éléments égéens et d'éléments indo-européens qui ont commencé leur fusion dès l'époque mycénienne - un millénaire avant l'époque classique - la religion grecque, qui reçut encore bien d'autres influences, a eu une évolution complexe. L. Gernet en retrace des épisodes essentiels au cours de la première partie de son ouvrage. Il montre que bien des points restent obscurs, mais il semble certain qu'« une bonne part de la religion officielle de la cité est héritée de cultes agraires, c'est un fonds primitif qui se reconnaît là ». C'est aussi de ces époques lointaines que datent le culte de Dionysos et la célébrité de lieux sacrés qui deviendront d'« intérêt national », comme Delphes.
    Le génie grec a créé une religion dont le cadre est, par excellence, la cité ; elle est civique, humaine et mesurée, à la fois conservatrice et, dans une certaine mesure, tolérante. Cette religion a été traversée par un courant mystique, mais elle a su longtemps le contenir grâce à la majesté de l'Olympe. Elle a libéré la pensée spéculative et l'imagination artistique. Mais, au demeurant, elle n'a guère su émouvoir le coeur.
    La période hellénistique, va rompre cet équilibre harmonieux qui, d'ailleurs, on vient de le rappeler, n'avait jamais cessé d'être menacé par un « travail souterrain ». Et ce sera, à partir de la conquête d'Alexandre, le grand succès des sectes à mystères, des cultes de provenance étrangère, où l'émotion personnelle reprend ses droits. Toute l'Asie Mineure, l'Égypte, la Mésopotamie et l'Iran apporteront les rites et les dieux officiels défaillants : ce sera le déclin des Olympiens et, du même coup, celui de la cité. Mais, pendant ce temps, le besoin d'expliquer historiquement et rationnellement les mythes apparaîtra ; la spéculation philosophique s'épanouira en tous sens : la pensée atteindra à l'universalisme.

  • Le but d'Albert Grenier - professeur au Collège de France, puis directeur de l'École Française de Rome - consiste, dans cet ouvrage, à déterminer le germe psychique du génie romain. Celui-ci, sans doute, résulte de mélanges ethniques et de certaines conditions de vie, mais il se manifeste à un moment donné dans l'histoire, et l'on peut suivre le génie de ce peuple à travers les influences diverses avec lesquelles il a dû composer. Les traits dominants du Romain sont le sens pratique, la volonté et l'action. Ce pragmatisme essentiel marque son empreinte sur la religion, la littérature et l'art. À défaut d'imagination poétique, ou plastique, ou métaphysique, le Romain applique aux pratiques religieuses l'esprit juridique, qui est chez lui très développé. Il n'a d'attention que pour ce qui est susceptible d'application pratique : dans les lettres, par exemple, il est d'abord intéressé par la législation, l'éloquence, l'histoire.
    Ce livre est une importante étude de psychologie historique, conduite avec sympathie, et réussie grâce à une connaissance achevée du sujet. On peut connaître Rome de bien des façons, mais il faut avoir lu l'oeuvre d'Albert Grenier pour connaître les Romains.

  • « Consacré à l'économie du IVe au XIe siècle, l'ouvrage de Robert Latouche, Doyen honoraire de la Faculté des Lettres de Grenoble, ouvre des horizons très vastes, car l'économie, durant cette longue période, a revêtu une importance toute particulière à cause de sa longue et difficile évolution: on assiste, en fait, à la naissance de l'Europe, de la civilisation occidentale par la mise en place de ses bases économiques. Les transformations les plus essentielles se sont faites au cours de ces sept ou huit siècles considérés, souvent encore, comme les plus obscurs, les plus « inutiles ». Sort semblable à celui de la petite enfance « oubliée » dans le développement ultérieur de l'individu.
    On sera frappé de l'agréable lecture qu'offre cet ouvrage, alerte et vivant, toujours proche du concret. Pourtant, sans cesse, l'auteur montre les écueils, les lacunes, les difficultés de son sujet. En effet, rien n'est simple, la réalité est toujours plus complexe que les théories et les hypothèses, plus riche aussi que ne nous le laissent entrevoir les documents eux-mêmes. Mais le talent du véritable historien, en insufflant la vie dans son oeuvre, permet d'intégrer les problèmes, en en montrant l'évolution qui rythme la civilisation. » Paul Chalus, préface.

  • Ce volume de Pierre Jouguet, ancien membre de l'École française d'Athènes, qui fut membre de l'Institut et professeur à la Faculté des Lettres de Paris, est le sixième qui, dans la Collection « L'Évolution de l'Humanité », est consacré à l'hellénisme antique. « Après avoir - dans la mesure du possible - expliqué le miracle grec, la floraison magnifique d'un individualisme qui ne s'était vu nulle part ailleurs ; après avoir précisé les caractères du génie grec dans la religion, l'art et la spéculation, puis la constitution originale de la Cité, il nous faut étudier... les conditions nouvelles qui ont favorisé l'expansion de l'hellénisme, tout en lui faisant subir une transformation profonde. »
    « [...] Le facteur essentiel de cette évolution, c'est l'impérialisme... II arrive, d'ailleurs, que l'impérialisme se mitige, qu'il se teinte de motifs et de sentiments grâce auxquels il est moins oppressif, propre à devenir facteur d'unité profonde. Tel a été le cas de l'impérialisme macédonien » (Henri Berr).
    Après Philippe, qui avait assuré l'hégémonie de la Macédoine, la volonté de puissance macédonienne, avec Alexandre, s'est non seulement renforcée, mais enrichie, ennoblie d'éléments divers. Le personnage central du présent ouvrage est évidemment cet empereur-philosophe, qu'on dit élève d'Aristote, et qui, par la gloire qui I'auréole de Memphis à Babylone et à Persépolis, va se muer en roi-dieu. Ad. Reinach s'est demandé ce qu'aurait pu réaliser ce puissant cerveau, ce héros au sens grec du mot, s'il n'était pas mort prématurément à trente-trois ans.
    Entre la disparition du grand conquérant et l'extension de la puissance romaine, plus d'un siècle s'écoule, au cours duquel évolue puis se disloque peu à peu ce que la volonté d'un homme exceptionnel avait réussi à unifier.

  • Ce n'est pas un schéma sociologique abstrait que nous offre ce livre. Dans la France du Nord et du Centre, pour une vingtaine de communes, les plus importantes, l'auteur détaille, d'après les documents originaux, les péripéties souvent dramatiques de leur histoire. Et au passage l'auteur trace, de main de maître, les portraits de quelques-uns de nos rois, de Philippe Auguste à Henri IV, et de certains penseurs politiques, tels Bodin, Montaigne, Turgot ...
    Ch. Petit-Dutaillis a mis, au service de son réel talent d'exposition, l'acquis, l'expérience psychologique, l'expérience de la vie. II a, dans sa préface, une phrase qui pourrait être mise en épigraphe à L'Évolution de l'Humanité dans son ensemble : « II y a trop de cloisons entre les savants » ; et il ajoute à l'usage des historiens : « Qu'il s'agisse de psychiatrie, de politique ou de conceptions juridiques, l'historien doit s'en soucier, et il a intérêt à interroger tous ceux qui étudient la nature humaine comme à regarder lui-même ce qui se passe autour de lui. » Attitude évidemment indispensable à qui veut écrire une Histoire vivante. Pour la présente édition une Bibliographie complémentaire a été établie par Jean-Loup Lemaitre à l'Institut de Recherche et d'Histoire des Textes du Centre National de la Recherche Scientifique.
    Paul CHALUS, Secrétaire général du Centre International de Synthèse.

  • « Il y a dans la vie de l'humanité des moments où sont inévitables des transformations profondes dans la vie religieuse et sociale : un ou plusieurs hommes se lèvent pour les réaliser, sans que leur personnalité soit à prévoir et ait un caractère de nécessité. Ainsi dans l'Arabie du VIe siècle, Mohammed apparaît comme l'Envoyé du Destin ; mais il apporte à l'accomplissement des nécessités historiques son originalité propre ». Maurice GAUDEFROY-DEMOMBYNES
    « Le lecteur, par la méditation de ce livre à la fois si documenté et si vivant, plein de précieuses observations sur les moeurs, les traditions, découvrira bien des traits cachés de l'âme arabe : il comprendra la spécificité de l'Islam et de l'importante civilisation à laquelle cette religion a donné naissance. Et il verra mieux pourquoi la grande et originale initiative de Mohammed était destinée à avoir de si grandes conséquences historiques. » Paul CHALUS
    Maurice GAUDEFROY-DEMOMBYNES, membre de l'Institut, fut l'un des grands spécialistes français de l'histoire de l'Islam ; il se distingua tant par ses fonctions dans l'enseignement universitaire que par ses nombreuses publications.

  • Cet ouvrage se divise en cinq parties ; influence de l'Europe sur l'Asie, exploration du Pacifique, exploitation de l'Afrique, impact sur l'Amérique ; la cinquième partie enfin considère l'influence du monde sur l'Europe, dans les domaines les plus divers, philosophie, littérature, arts, avancement des sciences, commerce. La conclusion aborde la Révolution française et ses conséquences lointaines qui ouvrent la voie à une nouvelle conception de l'homme et des relations de l'Europe avec les autres parties du monde. L'auteur a su distribuer ses développements d'une manière qui montre sa maîtrise de l'époque et l'étendue de ses connaissances. Des éloquents tableaux de populations et de mouvements commerciaux, des cartes, épargnent de trop longues explications. La lecture du volume, vaste et vivante promenade aux horizons exotiques sans cesse changeants, est fort attachante.
    L'histoire du monde était traditionnellement écrite d'un point de vue étroitement européen, sans contrepartie : ce livre, profondément pensé, est un effort pour une mise en perspective, un rétablissement de l'objectivité. Il permet à la vérité historique - en ce qui concerne l'époque considérée, mais peut-être aussi plus largement - d'atteindre à une nouvelle dimension. Le relief qu'y prennent certains événements en est une démonstration immédiate.Paul Chalus

  • « Si l'on cherchait quel est le principe d'unité qui domine et coordonne les trois temps de l'évolution chrétienne primitive, on le trouverait dans la constante préoccupation de grandir et d'enrichir la personne de Jésus, devenu successivement Messie, puis Vice-Dieu, Souverain du Cosmos et, disons provisoirement, pour ne pas préjuger les résolutions de la théologie, au moins un des aspects du Dieu unique. Le christianisme autonome, c'est la religion du Christ Jésus et, sous ce nom de Christ, ce n'est plus seulement la notion étroite de Messie juif qui s'enferme, c'est toute la représentation grandiose, qui ne trouvera son expression adéquate que dans les symboles de foi du IVe siècle. Et c'est pourquoi le présent livre s'intitule : Le Christ. »Charles Guignebert

  • Il m'a semblé qu'il valait mieux pour la clarté de l'exposé grouper dans une première partie, que j'intitule La francisation de l'Europe, les faits, les témoignages qui prouvent l'hégémonie française dans tous les domaines de l'intelligence : langue, littérature, art. La seconde partie sera consacrée à la recherche des causes de cette conquête spirituelle, la troisième à l'étude de la réaction plus ou moins explosive des nationalismes humiliés qui, en attendant de s'émanciper de toute tutelle étrangère, se précipitent de la gallomanie dans l'anglomanie.

  • Ce n'est pas un schéma sociologique abstrait que nous offre ce livre. Dans la France du Nord et du Centre, pour une vingtaine de communes, les plus importantes, l'auteur détaille, d'après les documents originaux, les péripéties souvent dramatiques de leur histoire. Et au passage l'auteur trace, de main de maître, les portraits de quelques-uns de nos rois, de Philippe Auguste à Henri IV, et de certains penseurs politiques, tels Bodin, Montaigne, Turgot ...
    Ch. Petit-Dutaillis a mis, au service de son réel talent d'exposition, l'acquis, l'expérience psychologique, l'expérience de la vie. II a, dans sa préface, une phrase qui pourrait être mise en épigraphe à L'Évolution de l'Humanité dans son ensemble : « II y a trop de cloisons entre les savants » ; et il ajoute à l'usage des historiens : « Qu'il s'agisse de psychiatrie, de politique ou de conceptions juridiques, l'historien doit s'en soucier, et il a intérêt à interroger tous ceux qui étudient la nature humaine comme à regarder lui-même ce qui se passe autour de lui. » Attitude évidemment indispensable à qui veut écrire une Histoire vivante. Pour la présente édition une Bibliographie complémentaire a été établie par Jean-Loup Lemaitre à l'Institut de Recherche et d'Histoire des Textes du Centre National de la Recherche Scientifique.
    Paul CHALUS, Secrétaire général du Centre International de Synthèse.

  • « La vie intellectuelle française, comme celle des autres nations, revêt, évidemment, plusieurs aspects : politique, social, religieux, scientifique, philosophique, littéraire, artistique... Mais ce sont, en fait, les mêmes personnages, dans l'unité complexe des tendances collectives du pays tout entier, qui les ont toujours vécus sciemment et les ont exprimés. Ils les traduisirent - plus ou moins fidèlement, ou les masquèrent - dans les oeuvres sur lesquelles nous nous penchons aujourd'hui pour tenter d'y retrouver la vivante évolution de notre civilisation.
    Pierre Barrière s'est proposé d'en faire apparaître le mouvement et la continuité depuis le début du XVIe siècle, à partir de cette Renaissance que l'on considère traditionnellement comme l'une des étapes essentielles de la civilisation occidentale et de notre existence nationale. (...) » Paul Chalus,
    Secrétaire général du Centre International de Synthèse

  • « Personne, si nous ne nous trompons, ne lira ce livre, sur un sujet particulièrement délicat, sans reconnaître la sereine objectivité de l'auteur. Charles Guignebert (Professeur d'histoire du Christianisme à la Sorbonne) se comporte en historien pur. Aussi bien que de la prévention fidéiste, il se méfie et se défend du préjugé rationaliste : l'historien ne sait ni ne croit rien d'avance, dit-il, sinon qu'il ne doit rien croire et qu'il ne sait rien. II cherche... la vérité d'histoire et il ne met d'espoir que dans les textes. »H. Berr

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