Albin Michel

  • A quoi servent les économistes ? s'interroge Bernard Maris, le co-auteur de Ah ! Dieu ! Que la guerre économique est jolie ! Si l'économie est une science qui prédit l'avenir, le plus grand économiste s'appelle Madame Soleil. Rappel de leurs propos à l'appui, nos Minc, Attali, Barre et Sorman font pâle figure. L'oracle George Soros, vénéré pour avoir spéculé sur la livre et fait fortune, a perdu le double en jouant sur le rouble. Car tous ces experts qui viennent nous conter l'avenir et les bontés du marché ne cessent de se leurrer et de nous tromper en toute impunité, profitant de ce que la théorie économique est à l'agonie. Les nouveaux gourous Merton et Sholes, prix Nobel d'économie 1997, ont été ridiculisés par le naufrage de leur fonds spéculatif et ces adeptes du libéralisme sans entraves ont dû en appeler à l'argent des contribuables pour éviter un krach boursier. Quant au patron du Fonds monétaire international, le Français Michel Camdessus, il n'a vu venir ni les crises asiatiques, ni celles du Mexique et du Brésil. Les Balladur, Tietmayer, Trichet, Dominique Strauss-Kahn et autres marchands de salades économiques ont surtout une fonction d'exorcistes. Dans un monde sans religion, ils sont devenus les conteurs intarissables des sociétés irrationnelles, chargés de parler sans cesse afin d'éviter que le ciel ne nous tombe sur la tête.

  • Pendant des siècles, le mot con n'a été utilisé que dans le langage parlé du peuple et de l'aristocratie. La bourgeoisie le boudait car il n'avait pas bon genre. L'écriture l'ignorait. Il ne figurait que sous forme d'initiale dans les libelles les plus virulents. Et maintenant, le voici qui se répand comme la foudre. On le rencontre à l'université, dans la presse, à chaque détour du discours quotidien, et, plus il va, plus il se multiplie. Au point que la connerie devient parfaitement indéfinissable. Être con, est-ce un état, un statut, un défaut, une force ? Rien de tout cela, et beaucoup plus encore, selon Yvan Audouard qui n'hésite pas à commencer cette Lettre Ouverte aux cons par cette fière affirmation : « Je sais de quoi je parle. J'en suis un. » Sans doute sommes-nous tous plus ou moins cons. Une grande fraternité comme on voit. Il reste que, plus la connerie devient indéfinissable, moins on peut l'éviter. C'est son côté diabolique. Au reste, Yvan Audouard, qui n'a jamais été aussi en verve que dans cette Lettre Ouverte, a mis au point une formule dont la logique est irréfutable. La voici : « Quand on croit tenir la connerie, elle vous échappe. Si elle vous échappe, c'est que vous êtes un con. » Sujet immense que la connerie ! Et immense occasion, pour chacun d'entre nous, de savoir enfin, pour reprendre le savoureux langage d'Yvan Audouard, si on en est un - ou non.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Mon drame, c'est que je ne sais pas faire de cinéma. A la place, j'écris des livres. « Je tourne des films parce que je n'arrive pas à être romancier », soupirait Eustache. Godard avait le même problème. Cela vous tracassait aussi. Moi, c'est l'inverse. J'aurais bien aimé faire du cinéma. A seize ans, il n'y avait que ça qui comptait. Les livres ont pris le dessus. Je ne sais pas ce qui s'est passé. On écrit des livres par hasard, parce qu'on sèche les cours et que les filles refusent de coucher avec vous. Après, c'est l'engrenage. Les livres et les filles, somme toute, la différence n'est pas énorme. J'ai toujours considéré que l'art appelons ça comme ça consistait à dire aux gens des choses qu'ils savaient déjà et qu'ils auraient peut-être oubliées sans vous. En gros, il nous est arrivé les mêmes aventures qu'à Antoine Doinel. Être Truffaut ou rien, ce mot d'ordre nous paraissait adéquat. Le temps a passé. Nous avons fini par être nous-mêmes.

  • Rançon du succès ? Revers de la médaille ? Autant d'expressions convenues pour justifier la traque des stars, les photos volées, les téléphones écoutés, les enfants suivis, les familles meurtries. Comme d'autres, j'ai longtemps cru que le silence constituait la meilleure expression de mon mépris. J'ai donc laissé aux journaux à scandale l'exclusivité de la version d'événements qui ont fini par faire douter les mieux disposés. Une légende tenace veut en effet qu'il y ait complaisance ou, pire encore, complicité de la part des victimes des paparazzi. En publiant cette Lettre ouverte, j'offre un nouvel os à ronger aux fauves qui, depuis cinq ans, me gâchent la vie et, plus grave, celle de ma famille. La vengeance de ces empires de presse est implacable. Je le sais d'expérience. Mais il était grand temps de dénoncer ce qui est, hélas, devenu un phénomène de société.

  • Dans cette Lettre ouverte, Alexandre Sanguinetti s'adresse à ses compatriotes corses. Mais son livre va toucher et passionner aussi les Continentaux. Il raconte, à sa façon chaleureuse, étincelante, percutante, inimitable..., l'histoire de la Corse. Témoignant non seulement d'une parfaite connaissance de cette histoire, mais encore d'un profond sens du vécu (les anecdotes abondent) et du détail vrai, fort, qui sert brillamment sa démonstration. Les Corses, rappelle-t-il, sont français depuis deux cents ans. C'est une réalité. C'est la conséquence des circonstances et d'une situation. Certes, il n'y avait pas prédestination de la Corse à être française, cependant il n'y a jamais eu de possibilité pour elle d'être totalement indépendante. La Corse a connu, depuis Rome, dix-neuf changements de domination, dix-sept révoltes générales, sept périodes d'anarchie. Elle n'a possédé son indépendance que durant quinze années, et encore ne s'agissait-il que de l'intérieur du pays, la montagne. Pour Alexandre Sanguinetti, c'est bien la France qui a fait des Corses des citoyens à part entière. Il reste aux Corses à restaurer eux-mêmes leur patrie. Pour le faire, la France leur reste nécessaire parce que l'universel prime le particulier.

  • Toutes les civilisations disparues ont péri par la guerre. Mais aujourd'hui, celle-ci devenue monstrueuse, passée du rang de catastrophe à celui de cataclysme, menace l'existence de l'humanité tout entière. L'auteur explique que le pacifisme traditionnel est, dans les circonstances actuelles, devenu le pire ennemi de la paix. Car il entretient l'illusion, cependant mille fois démentie, que la guerre et la paix dépendent entièrement de notre bonne ou mauvaise volonté. Le pacifisme traditionnel sous-entend que nous possédions la connaissance infuse de cette psychose collective, de ce délire contagieux et irrésistible qui, périodiquement, s'empare des hommes les plus sages et les mieux intentionnés. Un pacifisme moderne et efficace doit passer du stade émotionnel, plaintif ou prédicant, à celui de l'étude scientifique des grandes perturbations meurtrières. C'est l'unique espoir d'empêcher que la paix ne soit, à court ou à long terme, toujours enceinte d'une guerre.

  • Quand on a écrit à Dieu, on peut se permettre d'écrire au Diable, surtout quand on croit davantage à l'un qu'à l'autre. Dieu, nous l'avons fait à notre image. Le Diable nous a été imposé. Je voyais en Dieu un intellectuel de gauche, avec tout ce que cela comporte de naïvetés, de pudeurs, d'enthousiasmes, de raideurs aussi. C'était en fin de compte un personnage séduisant et, en tout cas, difficile à oublier. Le Diable, lui, c'est un conservateur. Il a peur de tout, et surtout du changement. Il a peur que le changement le laisse en arrière. On a du mal à entrer avec lui dans la confidence tant il se surveille et tant il surveille les autres. Il est l'adulte éternel devant la jeunesse du monde. Ce n'est pas un personnage sympathique et le sourire se fige quand on est tenté de plaisanter avec lui. L'ennui est qu'on le porte en soi et qu'il n'y a pas moyen de s'en débarrasser.

  • Après avoir longtemps fréquenté les chantiers de construction, les réunions électorales, les galeries de peinture, les studios de cinéma, les répétitions générales, les ateliers de mécanique et les petits bars mal famés, Philippe Bouvard a fini par s'apercevoir que certains promoteurs d'immobilier, politiciens, amateurs d'art, producteurs, directeurs de théâtre, garagistes et certaines péripatéticiennes possédaient une ressemblance dont on ne s'était pas encore avisé. Toutes ces catégories sociales et professionnelles fournissent en effet des effectifs importants à ce que l'on a appelé au début du christianisme « les marchands du Temple ». Les temples ont peu à peu disparu. Les marchands restent... Et faute de pouvoir vendre leur âme à Dieu ou au diable, ils essaient maintenant de liquider au plus haut cours des marchandises souvent suspectes. Sans parler du trafic d'influence qui constitue, dans tout pays organisé, le fondement du commerce local...

  • Ce que nous regardons, écoutons, lisons quotidiennement fait de chacun de nous un satyre plus ou moins consentant. Il y a des satyres joyeux dont Jean Fougère décrit les exploits. Il y en a aussi de sinistres, personnages de faits divers, auxquels il vaut mieux ne pas ressembler. D'ailleurs, assure Fougère, les beaux jours du satyre sont passés. C'est maintenant lui qui se fait « draguer » par l'objet de son désir, la nymphe devenue satyresse. Mais son concurrent le plus redoutable est le sexologue. Voyeur autorisé, maniaque de la statistique amoureuse, il prétend nous apprendre à nous servir de notre sexe. Persuadé que bientôt nous serons obligés de rendre des comptes à ce nouveau maître des temps modernes, l'auteur des Bovidés en fait un portrait cruel, d'un comique impassible, souvent très fort, et qui donne à réfléchir.

  • Il n'est pas facile, par les temps qui courent, de se faire l'esprit libre et la voix claire. Naguère, les impostures de l'intelligence et les sottises du coeur pouvaient être facilement démasquées. Elles ne s'enveloppaient pas des nuages philosophiques et politiques que dégage la logorrhée contemporaine. Je dis que nous vivons, à gauche, une sorte de terreur intellectuelle (à-bas les profs !) faite d'un subtil mélange de pathos humaniste, de dévergondage philosophique, de moraliste rengorgé, d'avant-gardiste sourcilleux et de passéisme répugnant. Je dis que l'intellectuel de gauche est terrorisé. Il a peur de tout : du fascisme, de Roland Barthes, des sous-développés, de Lacan, de Maurice Duverger, des femmes, des ouvriers, des jeunes, de tout et de son ombre. Il a peur d'être pris en flagrant délit de pensée libre et claire et comme sa lucidité devrait payer le prix de quelque solitude il veut bien risquer une idée mais à condition de la truffer d'abord des conformismes, des timidités et des conforts intellectuels de l'heure ! J'ai voulu, dans cette « Lettre Ouverte » essayer de prouver qu'on pouvait écrire en liberté. Je ne doute pas d'être mal lu par certains. Qu'ils soient assurés, en tout cas, de ma bonne foi. Je leur souhaite la même. Jean Cau

  • On a donné à la femme du XXe siècle l'égalité civique, le droit d'aimer et de ne pas aimer, la pilule, la voiture, les trois quarts de la presse et les appareils électro-ménagers ; mais on a oublié de lui donner le droit à la santé. Les médicaments, surabondants, et les hôpitaux ultra-modernes n'y sont pour rien : la médecine a découvert depuis peu que la santé ne dépend pas tant du corps que de l'esprit. Or, justement, la femme du XXe siècle est menacée dans son intégrité mentale. Elle sait qu'elle n'est plus la femme d'hier, dont l'univers se limitait aux enfants, à la cuisine et à l'église ; mais elle ne sait pas ce qu'est une femme de demain. En s'adressant aux femmes de ce temps, à travers l'une d'elles, Lise, l'auteur du Journal d'une femme en blanc démontre que bien des maladies physiques, et des plus précises, ne sont que la conséquence d'un désordre moral subconscient. Tous les médecins de la terre ne guériraient pas Lise s'ils négligeaient ce fait essentiel : elle n'est pas une femme heureuse. Mais, pour qu'elle puisse guérir, il faut que Lise, avec le secours d'un psychosomaticien et, au besoin, d'un psychanalyste, veuille bien s'en rendre compte elle-même. Cette lettre est le récit d'une guérison ; mais, pour toutes les femmes, elle est pleine de conseils implicites. Par ses prolongements dans le monde de l'âme, elle rappelle que la médecine n'est pas la mécanique du corps : c'est d'abord un humanisme.

  • « Ils ont bonne mine, aujourd'hui, tous ceux qui, il y a vingt ans, dressaient le tableau apocalyptique d'un désert médical français... Dans les dix dernières années, le nombre de médecins en exercice a doublé pendant que celui des malades en puissance n'augmentait pratiquement pas. Résultat : les jeunes praticiens se lancent dans une chasse effrénée à la clientèle, qui ne leur assure pas toujours un niveau de vie décent mais compromet à coup sûr l'équilibre déjà fragile des cabinets existants. Et tout cela aux dépens de leurs compétences, car n'en déplaise aux tenants d'une hypothétique "médecine lente" : il n'y a de bon médecin que celui qui voit un nombre suffisamment important de malades chaque jour ! « Trop de médecins, mais aussi trop d'argent : ne nous en a-t-on pas rebattu les oreilles de ce budget social de la nation qui dépasse en importance le budget de l'État ! L'air de dire aux médecins : vous voyez ce que vous coûtez cher aux autres Français... Comme si les praticiens étaient pour quelque chose dans l'irrésistible extension de cette version moderne de la tunique de Nessus que l'on nomme "couverture sociale." « Trop d'argent, mais aussi pas assez d'argent. Car à l'heure de la crise économique, que vouliez-vous qu'il arrivât à ce que nos technocrates ont baptisé le "marché de la santé" ? C'est ainsi que les Français d'abord étonnés ont pris l'habitude, depuis plusieurs années, de voir défiler dans les rues des cohortes de blouses blanches ainsi réduites à "faire la manche" pour obtenir - et la plupart du temps pour ne pas obtenir - les moyens de soigner dignement leurs prochains. « Trop de réformes, aussi, comme on peut notamment le voir en ce moment avec l'élaboration à marche forcée - pour ne pas dire aux forceps - de ce qu'un quotidien du soir aux prétentions planétaires a pu joliment nommer "l'hôpital de la gauche." « C'est de tous ces trop qu'il est question dans cette lettre ouverte qui s'adresse à tous - et pour cause ! » R.T.

  • Avec plus de mille taxes, cotisations, redevances et prélèvements de tous ordres, la France est un pays qui a plus d'impôts que de fromages. Et quels impôts ! - Les plus complexes : le Code général des impôts compte plus de quatre mille articles. Au rythme de quinze minutes par article, il faut six mois pour le lire. Des années pour le comprendre. Et le reste de la vie pour s'en remettre. - Les plus lourds : plus de deux mille milliards de francs de prélèvements obligatoires en 1985. Les plus forts taux marginaux d'imposition du monde. Fiscalité, parafiscalité et néo-fiscalité, le contribuable français est asphyxié. Son économie anémiée. Sa maladie répertoriée. C'est le SIDA fiscal : Syndrome de l'impôt dépresseur et asphyxiant. - Les plus inégaux : 1752 F d'impôts pour le contribuable de Cannes. Un festival ! 559 F pour celui de Reims, et 303 F à Perpignan. - Et pour finir, ils sont souvent presque illégaux : avec 900 milliards de francs de cotisations sociales prélevées, sans aucun contrôle du Parlement, la fiscalité est un western où un impôt sur deux est hors la loi. Comment en est-on arrivé là ? Par bien des voies. Notamment celle de l'intoxication diffusée par l'E.N.A. Shootés à l'herbe keynésienne, les hauts fonctionnaires ont fait de la France une réserve fiscale pour safaris interventionnistes. Des libéraux aux socialistes, sans oublier les catholiques sociaux, pendant quarante ans, tout ce que la France compte de dirigeants a été dirigiste. L'oecuménisme sur le national-fiscalisme, Vatican II du social-étatisme. De Marchais à J. Lecanuet ils ont tous été frères de lait. Que faire pour en sortir ? Exiger l'application de ses imprescriptibles droits. Le droit de décider : parce que le référendum fiscal est inscrit noir sur blanc dans les textes constitutionnels, depuis deux cents ans. Le droit de refuser : parce que face au gâchis des finances de l'État, frauder devient souvent un droit, celui de résister à l'oppression et à la spoliation. Le droit de liquider : l'impôt sur le revenu, budgétairement inutile, économiquement désastreux, techniquement condamnable et psychologiquement rejeté, est à supprimer. Ni plus ni moins !

  • La main de Moscou ? La peur d'aller au pouvoir ? La revanche des "durs" ? La nostalgie du ghetto ? La tentation d'un "compromis historique" à la française ? Un irrésistible penchant pour la solitude ? La crainte de tirer les marrons du feu pour les socialistes ? Le parti communiste ne préfère-t-il pas à tout prendre être le premier dans l'opposition que le second au gouvernement ? Quand il devint évident que la négociation sur la mise à jour du programme commun entre les partis de gauche déboucherait sur un échec, les interrogations fusèrent de toute part dans la presse, à la radio, et à la télévision. Interrogations diverses, parfois contradictoires mais qui présentaient en général un dénominateur commun : c'était le parti communiste qui pour d'obscures et inintelligibles raisons larguait les amarres et prenait la responsabilité de la rupture. Dans cette Lettre ouverte à ceux qui se réclament du socialisme, René Andrieu répond de manière précise à ces questions et remet les choses au point : les communistes n'ont qu'une stratégie, celle de l'union de la gauche. Ils ne l'abandonnent pas, ils ne l'abandonneront jamais. Leur objectif n'a pas changé : créer les conditions pour que les partis de gauche aillent au gouvernement le plus tôt possible afin de mettre en oeuvre ensemble, dans l'égalité des droits et des devoirs, une politique nouvelle qu'ils auront définie ensemble.

  • Je t'aimais bien, l'écolo. Avec ta deuche fumigène et tes cheveux en broussaille, tu étais tendre et folklorique, un peu ridicule, mais tellement chouette. Tes rejetons, je les aime bien aussi. Mais parmi eux se sont glissés les jeunes loups aux dents longues de l'écolo-business qui hurlent, dès qu'on les touche, qu'ils font partie d'espèces protégées. Il y a les terribles Templiers Verts qui ont revêtu une armure chevaleresque de Croisés de la Nature. Il y a les adorateurs mysticouillons de notre planète Gaia. Et puis la horde de ceux à qui le fond de l'air pollué profite. Une aubaine pour faire prospérer de l'oseille qui se dit bio - au fait, vous aviez remarqué la couleur du dollar ?

  • Le siècle s'affadit. Les grandes querelles s'apaisent sous le signe des concessions, des paradoxes, parfois de la lâcheté. Le « parler franc », son dynamisme, sa santé, risquent de disparaître. C'est pourquoi notre idée de « Lettre ouvertes a séduit des auteurs comme Jules Romains, Maurice Garçon, Pierre Gaxotte, André Maurois, Robert Escarpit, André Soubiran, Salvador Dali, Jacques Laurent, Philippe Bouvard, André Ribaud, Paul Guth, Paul Vialar, Albert Simonin, et bien d'autres encore. Cette collection n'est pas faite pour les timorés, les gens satisfaits de tout, les disciples du Docteur Pangloss. Ici, on attaque, on décoche des flèches, on met tout en oeuvre pour que triomphent la vérité ou la justice, le bon droit ou le bon sens, mais on n'oublie pas l'humour : n'est-ce pas l'arme la plus sûre et la plus tonique ?

  • Les « bonnes femmes », celles qui prétendent libérer leur sexe de l'oppression masculine, les SGUM, les Women's Libs, aux États-Unis, les M.L.F. en France, auxquelles viennent se joindre les « Lesbiennes Radicales », le Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire, les W.I.T.C.H. « conspiration terroriste féminine internationale de l'enfer », etc., ne cherchent en vérité qu'à remplacer notre vieux système patriarcal, infiniment tolérant, qui ne survit que par l'habitude, par un matriarcat tout puissant et esclavagiste. Leur rêve, qu'elles déguisent dans une phraséologie pseudo-révolutionnaire : Asservir l'homme. Dans quel but ? Aucun ! Elles se disent le Tiers Monde opprimé alors qu'elles oppriment et détiennent la plus grande partie de la fortune du monde. Elles se disent esclaves : elles ne le sont que de la mode et de toutes les modes, intellectuelles ou autres qu'elles s'inventent. C'est cette gigantesque escroquerie - celle de la femme esclave - que vient dénoncer Lartéguy. En même temps qu'il pousse le premier cri de révolte de l'homme opprimé par l'impérialisme femelle.

  • Que faire pour conserver à la France sa place dans le peloton de tête, dans le camp des vainqueurs ? D'abord ne plus parler de « crise ». La réalité de la compétition, monétaire, énergétique, commerciale aussi bien qu'idéologique et démographique, est une réalité durable. Parler de crise provisoire, c'est s'en remettre à la fatalité. L'honneur de la politique est de refuser cette fatalité. Politique de la famille et de l'enfance ; politique d'expansion agricole et industrielle ; politique de solidarité sociale approfondie et diversifiée ; politique d'ambition pour les Français et pour la France. Quatre grands chapitres éclairent le chemin de l'action que propose Michel Debré pour que notre pays retrouve son équilibre et sa prospérité. Mais la France est une personne de la communauté des peuples. « La liberté est un honneur et la paix est une charge. » Sous ce titre qui, à lui seul, appelle au courage et à l'effort, l'auteur renouvelle les orientations essentielles de la politique extérieure et de la défense françaises... Avec un refus égal du discours officiel - « on ne peut faire mieux » - et du discours de l'opposition - « rien n'est possible sans un bouleversement général » -, la lettre ouverte de Michel Debré sur la reconquête de la France part d'un examen des réalités politiques et sociales pour ouvrir, par la « reconquête de la France », les chemins du renouveau et de l'espoir.

  • « Jeunes gens qui hésitez sur le choix d'une carrière, entrez en technocratie ! Tout le reste vous sera donné de surcroît. Tout le reste : standing et respectabilité, comportement et environnement, foi et philosophie, goûts et dégoûts. A quoi s'ajoutera la morale par-dessus le marché ; car bientôt, vous ne badinerez plus avec la morale. Profitez-en, avant de glacer vos cols, de figer vos sourires, d'empeser vos attitudes. O, grandissants dadais : en ces temps de dirigisme grandissant votre ambition doit aller grandissante. Ne balançons pas : il y va du salut de la France, de l'Europe, de l'humanité. Et incidemment, du vôtre. N'ayons pas peur des mots... » La « Lettre ouverte à un jeune technocrate », de Georges ELGOZY est aussi une « Lettre ouverte à un esprit fermé ». De là vient sa portée générale. Il faut que les esprits les plus ouverts la lisent car ils y découvriront, dans un style incomparable, mille formules percutantes, l'humour pointant dans chaque phrase, la critique la plus féconde et la plus dynamique de la société nouvelle, des diplominets et des parcheminets aux Enanistes et aux technocrates.

  • Soit l'équation présentée comme une évidence : Europe = Paix + Prospérité imposée mais jamais démontrée. Parce qu'elle est indémontrable, elle oblige tout esprit libre à envisager l'hypothèse inverse, soit : Europe = crise économique + guerre. S'agissant de l'Europe (de Maastricht) qu'on nous prépare, le mot « guerre » semble invraisemblable, voire provocateur. Et cependant, au bord d'une décision essentielle, comment, de sang-froid, écarter les contraintes de l'analyse logique ? Car, pour les Français, c'est bien le moment de poser « la question ». Or, poser la question, c'est déjà, d'une certaine manière, y répondre, c'est-à-dire envisager de sortir du sommeil obligé du rêve européen pour retourner aux réalités. Bonaparte notait avec brutalité qu'« au-delà d'un certain seuil, les illusions ne peuvent plus être vaincues que par les faits ». Il est encore temps pour les Français d'échapper à la dure leçon des faits, en osant dissiper l'illusion. Mathématicien et épistémologue (ses analyses pénétrantes sur l'impact du tout mathématique dans l'enseignement ont profondément influencé Jean-Pierre Chevènement), l'auteur propose une vue panoramique exceptionnelle de la bataille des idées en cours : de la destruction des intelligences par l'école à la destruction de la démocratie par l'Europe (de Maastricht) !

  • A l'époque où de nombreux livres sur l'art se paient moins cher qu'un whisky, comment parler d'une crise de la culture ? Comment parler d'une crise de l'art, alors que jamais autant de moyens - expositions, musées, revues, livres, catalogues, travaux des experts et des critiques, etc. - n'ont été mis à la disposition des amateurs ? Cela est vrai. Théoriquement... Car, en réalité, le système qui régit le monde de l'art réserve celui-ci aux seuls privilégiés. Et cela, tandis que le nombre des personnes qui s'intéressent à l'art croît sans arrêt : les « amateurs d'art », en France seulement, sont plus d'un million ! Pourquoi cette situation scandaleuse et paradoxale ? Jean Ferré, dont le Watteau a été unanimement salué comme un événement, « vend la mèche » dans cette « Lettre ouverte » explosive et passionnante. Il démonte le mécanisme du « gang », de la « maffia » qui, intellectuellement, commercialement et administrativement, « tient » l'art. En même temps, il donne à tous les fervents des problèmes d'art et de collection, une réponse à leurs légitimes questions : Pourquoi tant de contradictions dans l'histoire de l'art ? Où en sont les techniques d'étude et d'identification des grandes oeuvres ? Qui peut aider l'amateur à comprendre ou à percevoir ce qui, dans « l'art moderne », appartient vraiment à l'art ? Quelle est la politique des États pour la conservation des trésors artistiques ? Enfin, sur le plan pratique, Jean Ferré conseille la meilleure attitude aux amateurs « purs » comme à ceux qui veulent investir, et fournit à tous un guide d'orientation bibliographique qui leur permettra d'effectuer des recherches de façon simple et efficace, en se fiant à leur goût personnel, seul critère de valeur à l'épreuve du temps, et en échappant à la dictature des professionnels. Les amateurs exerceront ainsi véritablement leurs droits d' « honnêtes hommes » du XXe siècle.

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