Albin Michel

  • Après les deux volumes d'Evolution et Techniques (L'Homme et la Matière et Milieu et Techniques) qui donnaient le cadre systématique d'une étude générale des techniques, de la préhistoire au début de la période industrielle, André Leroi-Gourhan dans Le Geste et la Parole, dont Technique et langage est le premier volume, donne une synthèse sur le comportement matériel de l'homme.
    Partant des observations de la neuro-physiologie, il montre que l'emploi simultané de la main et de la face mûrit dans le comportement d'un nombre important d'espèces depuis les origines. L'évolution du corps et du cerveau et celle des manifestations techniques et esthétiques permettent de dégager une véritable "paléontologie du langage". La notion zoologique du territoire est ensuite exploitée pour définir l'économie des sociétés de chasseurs-ramasseurs, les modalités de l'apparition de l'élevage et de l'agriculture, puis l'enchaînement des conséquences techno-économiques qui conduit aux techniques du feu (céramique, métallurgie), à la formation des classes sociales et au développement du dispositif urbain.
    Technique, économie, langage se coordonnent ici depuis le plus lointain passé jusqu'à l'examen des chances biologiques de l'homme futur, dans la recherche d'une image totale du développement humain.

  • Le préhistorien et ethnologue que fut André Leroi-Gourhan livre ici les premières synthèses de sa recherche qui devait déboucher sur l'ouvrage désormais classique : Le Geste et la Parole. Théoricien, André Leroi-Gourhan retrouvant la tradition des artistes-ingénieurs de la Renaissance savait aussi tailler un silex, manier d'anciens métiers à tisser et utiliser toutes les autres techniques qu'il a passé sa vie à décrire, classer, suivre dans leurs lentes évolutions historiques. C'est l'incroyable aventure de l'esprit humain et de sa capacité à transformer la nature sous les contraintes de la matière que Leroi-Gourhan explore ici. Et la grande héroïne de cette histoire, c'est la main.

  • Prolongeant Technique et langage, premier volume du Geste et la Parole, dans une perspective sociologique et esthétique, André Leroi-Gourhan continue d'explorer sa vision biologique du phénomène social sous deux aspects, l'un consacré à la mémoire et au geste technique, l'autre au symbolisme des rythmes et des formes.
    Dans une première partie, geste et mémoire sont considérés dans leur évolution, du silex taillé à la machine automatique, des recettes orales à la programmation électronique. La seconde partie débute par une "introduction à une paléontologie des symboles", où sont définis les rapports du comportement esthétique avec les attitudes de l'espèce et la personnalisation du groupe ethnique. L'auteur donne ici les éléments d'une analyse esthétique qui se développe progressivement des perceptions viscérales à l'art figuratif. D'une esthétique physiologique sans symbolisation, le lecteur passe à l'esthétique des formes fonctionnelles, puis aux "symboles de la société" où l'évolution spatio-temporelle du groupe aboutit à la domestication urbaine de l'espace et du temps.
    Revenant sur le langage des formes dans lequel l'art figuratif est pris comme témoin d'une expression abstraite du langage, antécédente puis parallèle à l'écriture, l'auteur tire le bilan des libérations successives de l'espèce humaine, pour poser le problème de l'évolution technique comme substitut et prolongement de l'évolution biologique.

  • À travers l'analyse des techniques de la chasse et de l'agriculture, de la cuisine et de l'habitation, le grand préhistorien et ethnologue que fut André Leroi-Gourhan nous livre sa compréhension de l'univers techno-économique.
    « La technologie doit d'abord être vécue, pensée ensuite si le besoin s'en fait sentir (...). Il est bon d'avoir récolté un sac de pommes de terre avec un bâton pointu avant d'envisager la description des outils agricoles, et rien ne fait mieux désirer la découverte des métaux qu'un arbre abattu et débité avec une hache de silex. »
    Fidèle à ce conseil, l'auteur du Geste et la Parole éclaire ici tous les pans de la vie en société et fait prendre conscience de l'industrieuse alliance entre la main et le milieu.

  • On croit souvent que l'existence d'un paradoxe en physique signifie que la théorie n'a pas encore trouvé sa cohérence et que c'est par l'élimination du paradoxe qu'elle pourra s'accomplir. Le paradoxe, au fond, serait peu ou prou un monstre qu'ils s'agirait de faire disparaître.
    Dans cet essai brillant et alerte, Etienne Klein nous montre que l'existence des paradoxes est au contraire vitale pour la science : total défi à l'intelligence, ils mobilisent l'imagination et l'impatience de comprendre. Sans paradoxes, il n'y aurait qu'une science fermée qui s'assécherait elle-même.
    À la fois historique des paradoxes, histoire de nos préjugés et de notre incapacité à faire la différence entre le réel et sa représentation, c'est à un véritable éloge du paradoxe que se livre Etienne Klein. Il nous en fait saisir la nature et mesurer les enjeux en étudiant les principaux paradoxes de la physique actuelle, en particulier sur la relativité, la mécanique quantique, la réversibilité du temps.
    Etienne Klein, physicien au C.E.A. et enseignant à l'Ecole Centrale, nous donne dans ces Conversations avec le Sphinx l'introduction indispensable à l'esprit de la physique d'aujourd'hui.

  • La première moitié de cet ouvrage présente des études de Physique théorique réparties en deux séries en fonction d'une évolution considérable qui s'est produite dans l'esprit de l'auteur, à partir de la fin de 1951, en ce qui concerne l'interprétation de la Mécanique ondulatoire et du dualisme des ondes et des corpuscules. Ceux qui s'intéressent à la psychologie des savants seront certainement heureux que Louis de Broglie, Prix Nobel de physique en 1929, Secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences et élu à l'Académie Française, donne ici quelques indications sur les circonstances qui ont provoqué dans son esprit un retour inattendu vers des idées longtemps abandonnées.
    Je considère aujourd'hui comme tout à fait possible que la réinterprétation de la Mécanique ondulatoire puisse parvenir à renouveler complètement la Physique quantique en lui permettant notamment de décrire la structure des diverses sortes de corpuscules et de prévoir leurs propriétés, en lui permettant aussi d'opérer son indispensable jonction avec la Physique relativiste conçue, à la manière d'Einstein, comme une théorie générale du Champ. Louis de Broglie
    La deuxième moitié de l'ouvrage s'ouvre à des questions d'ordre général et à des analyses de l'Histoire des sciences.

  • Alors que la question des rapports entre la science, le mythe et la philosophie se pose avec toujours plus d'acuité en cette fin du XXe siècle, voici la quatrième édition d'un livre devenu de référence.
    À travers une vaste enquête sur les mécanismes de l'invention scientifique, sur les nouveaux modèles de la physique et de la cosmologie modernes, sur les thèmes métaphysiques et parfois même mythiques qui s'y trouvent implicitement mis en jeu, Michel Cazenave, philosophe, écrivain, coordonnateur de programmes sur France Culture, qui présida longtemps le Groupe d'études C.G. Jung de Paris, montre que l'on pourrait repenser une unité fondamentale du monde et de l'homme grâce à la reprise en compte des notions de l'Etre et de l'Un. Il fait ainsi venir au jour une complémentarité de la science et de la mystique que l'on pourrait redéfinir, de même manière Pythagore, Platon, Kepler ou Newton en leur temps l'avaient expérimentée, dans une réunification dialectique qui refuse les confusions, mais s'appuie au contraire sur les différences spécifiques à chacun des domaines étudiés.
    Par cette mise en rapport multidisciplinaire qui enjambe les siècles, c'est une recherche passionnée du Réel qui se joue, et l'avènement d'une critique qui nous réconcilierait avec la vie.

  • L'histoire du vivant est tissée d'une multitude d'événements où le hasard intervient comme autant de coups de dés - mais de coups de dés au milieu d'une partie bien réglée où la nature ne conserverait que les seuls coups gagnants. À partir de la même organisation cellulaire, du même code universel, s'est déployée une stratégie explorant toutes les voies et combinaisons possibles. Ainsi, il a fallu marier la constance des matériaux de base et l'exubérante fantaisie de leurs combinaisons. Le vivant, durant quelque trois milliards et demi d'années a oeuvré en automate, et c'est ignorant tout de sa propre existence qu'il est passé des molécules aux sociétés organisées. Or, voici que, s'affranchissant du déterminisme génétique, il s'est lentement frayé un chemin de liberté : celle-ci devenant manifeste avec les comportements d'apprentissage et s'imposant chez l'homme avec l'émergence de la conscience et de la capacité de discernement. Constance et fantaisie du vivant retrace, avec une remarquable clarté, comment la vie s'est affirmée sur terre et a triomphé des obstacles rencontrés dans sa marche.
    Agrégé et docteur ès sciences, Jean-Louis Revardel conduit ses recherches à l'université de Bordeaux-I sur les mécanismes de régénération des vertébrés. Il enseigne la microbiologie et participe à la préparation à l'agrégation de sciences naturelles.

  • En apparence tarots et gris-gris, voyance et astrologie relèvent de l'irrationnel ; rien ne s'oppose davantage à la science, précise, rationnelle, autorisée, que ces pratiques plus ou moins florissantes selon les époques.
    Mais au dire même de certains scientifiques, il semblerait que cette opposition ait fait son temps. Ces pratiques étaient dites irrationnelles pour la seule raison qu'on n'en connaissait pas les fondements. On avait une conception restrictive de la rationalité qu'il faut maintenant concevoir largement. Aujourd'hui la science ménage une place à l'irrationnel, lui concède des droits, lui donne un fondement ; plus encore : elle y trouve sa raison. En ce jour on célèbre un mariage : celui du rationnel et de l'irrationnel.
    Sommes-nous en présence d'un retour du magique ? À l'état pur, lorsque les formes en sont traditionnelles, à l'état diffus lorsqu'il est « scientifique » et s'appelle, par exemple, auto-organisation. C'est cette rationalisation de l'irrationnel qui fait l'objet de ce livre, il en explore les voix et les expressions. La science, dans certaines de ses branches, contribue sans doute à la réhabilitation de pratiques ou de modes de raisonnement qu'elle excluait, mais l'autorité croissante dont jouissent les savants dans la cité contemporaine n'y contribue-t-elle pas également ? L'Orient et l'appel qu'il exerce ne donnent-ils pas une dimension géopolitique à la question ? Quant aux élaborations théoriques des épistémologues et des sociologues de la connaissance, sont-elles aussi théoriques qu'elles se présentent ? Ne pactisent-elles pas indirectement, par le biais d'un relativisme rénové, avec cet irrationalisme diffus qui s'appelle aussi rationalité élargie ?

  • Cet ouvrage offre aux lecteurs une série de monographies consacrées presque toutes à diverses questions de Physique quantique et de Mécanique ondulatoire. Cet ensemble d'essais étudie l'aspect vraiment nouveau que prennent dans la Physique de l'époque le traditionnel dilemme « continu ou discontinu », la classique opposition de l'élément simple et indivisible avec le continu étendu et divisible. Ces réflexions, révolutionnaires à l'époque, restent aujourd'hui encore d'une étonnante modernité.
    Dans la science moderne, l'élément simple et indivisible, c'est le grain, grain de matière ou grain de lumière, neutron, électron ou photon. Par contre, dans les théories nouvelles comme dans les anciennes, l'étendue continue et divisible, c'est essentiellement le champ, c'est-à-dire l'ensemble des propriétés physiques qui caractérisent à chaque instant les divers points de l'espace et qui s'expriment par des fonctions généralement continues des coordonnées d'espace et de temps. Mais les conceptions antinomiques de grain et de champ doivent nécessairement en fin de compte venir à la rencontre l'une de l'autre puisqu'elles doivent trouver leur place côte à côte dans le cadre de la Physique totale. Comment les concilier ?

  • L'auteur s'efforce dans cet ouvrage de montrer comment les physiciens ont été amenés peu à peu et sous la pression des résultats expérimentaux à adopter les conceptions subtiles et au premier abord un peu déconcertantes qui forment aujourd'hui la base de l'interprétation physique de la Mécanique ondulatoire et des théories quantiques.
    Sans doute ces idées nouvelles paraissent-elles au premier abord difficiles à assimiler parce qu'elles s'éloignent trop de nos intuitions usuelles. Mais qu'y a-t-il en réalité de surprenant à ce que nos intuitions usuelles soient en défaut quand nous cherchons à décrire des phénomènes qui se jouent à une échelle de l'ordre du milliardième de centimètre ?
    Le plus extraordinaire n'est-il pas vraiment que nous parvenions encore, grâce à la puissance abstraite du raisonnement mathématique, à suivre dans une certaine mesure les relations existant entre les phénomènes dans ce monde atomique dont les dimensions sont tellement plus petites que tout ce qui est accessible à notre perception directe ?

  • L'auteur de ce livre, bien qu'ayant travaillé dans des laboratoires à certaines époques de sa vie, est un théoricien. Les recherches qui l'ont conduit naguère à poser les premières bases de la Mécanique ondulatoire étaient d'ordre essentiellement spéculatif.
    Aussi n'est-ce pas sans une certaine surprise qu'il a vu, au bout d'un petit nombre d'années, les idées de la Mécanique ondulatoire conduire à des techniques de la plus haute importance pratique telles que l'optique électronique.
    La constatation de ces répercussions imprévues des idées nouvelles de la Mécanique ondulatoire ont ramené notre attention sur les liens étroits de filiation qui existent entre les découvertes de la Science pure et les progrès des sciences appliquées et des techniques. On trouvera le reflet de cette préoccupation dans diverses parties de l'ouvrage.
    Broglie a été élu à l'Académie des sciences en 1933 et à l'Académie française en 1943. Il a reçu le prix Nobel de physique en 1929 pour sa découverte de la nature ondulatoire des électrons (1924)

  • « Comme son titre l'indique, ce livre a pour objet de retrouver, au milieu du profond buissonnement des formes vivantes, les plus lointains linéaments de la forme humaine, d'en suivre les développements à travers le monde des eaux, puis sur la terre ferme.
    Il ne s'agira point de retracer l'histoire des Vertébrés dans ses tendances multiples, dans ses tâtonnements, ses échecs ou ses réussites, mais de retenir les moments décisifs d'une évolution qui vient s'achever avec la forme humaine. Notre travail ressortit à ce que l'on appelait naguère l'anthropologie zoologique et son plan est déterminé par la position de l'homme dans le système naturel des êtres organisés. L'homme est un Vertébré : comment ont été alors acquises les caractéristiques essentielles du Vertébré ? L'homme est un Mammifère : quelles furent les modalités de la genèse du type mammalien ? Enfin, l'homme est un Primate : d'où viennent les Primates et quels rapports l'homme soutient-il avec eux ? Tels sont les grands problèmes que nous nous proposons d'aborder. »Jean Piveteau

  • Depuis leur apparition il y a 850 millions d'années - bien avant l'homme ! -, les insectes se sont adaptés à toutes les conditions de vie. Grâce à leurs ailes et au vol, ils ont colonisé tous les biotopes. Leur fécondité, leurs multiples moyens de défense ou leur mimétisme leur ont permis de devenir les représentants du règne animal les plus abondants sur terre, tant en nombre d'espèces qu'en nombre d'individus.
    Inventant l'outil, des modes de communication et de transport performants, les hommes ont à leur tour investi tous les milieux. La confrontation avec les insectes était inévitable. Si certaines espèces (pollinisateurs, prédateurs des ravageurs de culture...) sont utiles à l'homme, d'autres - parfois les mêmes - représentent un danger car ils sont venimeux ou vecteurs de maladies. Les moustiques, notamment, véhiculent le paludisme qui cause deux millions de décès par an. Pourtant, c'est souvent l'homme lui-même qui favorise ces catastrophes en modifiant de manière intempestive le fragile équilibre écologique, alors que les insectes s'organisent pour résister à leur destruction.
    Docteur ès sciences, enseignant l'écologie à l'université de Bordeaux I, Michel Lamy a consacré plus de trente ans à la recherche entomologique. Il est l'un des meilleurs connaisseurs des insectes. Par cet ouvrage ouvert à tout public, il nous révèle l'infinie variété de cet univers offrant au chercheur et au curieux un champ d'investigation passionnant. Mais au-delà de la fascination que les insectes ont toujours exercée sur l'imaginaire, Les insectes et les hommes pose la question d'une cohabitation difficile et essentielle pour l'avenir de notre planète.

  • Organes cultivés, muscles dopés, vieillissement retardé, foetus incubés, embryons clones... le champ de l'artificialisation du corps ne cesse de s'étendre. Quant aux machines, leurs performances progressent irrésistiblement. Elles deviennent capables de reconnaître les émotions, de décrypter les gestes, de se mouvoir librement, d'évoluer dans leur forme - voire de se reproduire de façon autonome. Enfin, tandis que, avec les greffes d'organes animaux et le génie génétique, les espèces se mêlent, apparaissent des hybrides entre machine et biologique, combinant ADN et informatique, insecte et robot, organes et électronique.
    Le but premier d'Hervé Kempf, journaliste scientifique à La Recherche, est d'exposer avec rigueur et clarté comment fonctionnent ces techniques, encore peu connues, qui se préparent dans le secret des laboratoires scientifiques. Mais il explique aussi que, derrière toutes ces recherches en apparence disparates, se dessine un projet cohérent et massif. Le sens n'en est pas seulement d'aboutir à des organismes mieux protégés contre les maladies ou à des ordinateurs plus performants, mais de transformer radicalement notre rapport au monde : l'espèce humaine ne se contente plus d'agir sur la nature, elle veut maîtriser le vivant. Cette mutation, de même importance que celle du néolithique qui nous fit passer de la chasse à l'agriculture, est en passe de bouleverser l'humanité.
    Avec cet ouvrage impeccablement documenté tout en restant d'un accès facile, Hervé Kempf nous dévoile les tenants et les aboutissants de cette révolution qu'on peut appeler « biolithique ».

  • En apparence tarots et gris-gris, voyance et astrologie relèvent de l'irrationnel ; rien ne s'oppose davantage à la science, précise, rationnelle, autorisée, que ces pratiques plus ou moins florissantes selon les époques.
    Mais au dire même de certains scientifiques, il semblerait que cette opposition ait fait son temps. Ces pratiques étaient dites irrationnelles pour la seule raison qu'on n'en connaissait pas les fondements. On avait une conception restrictive de la rationalité qu'il faut maintenant concevoir largement. Aujourd'hui la science ménage une place à l'irrationnel, lui concède des droits, lui donne un fondement ; plus encore : elle y trouve sa raison. En ce jour on célèbre un mariage : celui du rationnel et de l'irrationnel.
    Sommes-nous en présence d'un retour du magique ? À l'état pur, lorsque les formes en sont traditionnelles, à l'état diffus lorsqu'il est « scientifique » et s'appelle, par exemple, auto-organisation. C'est cette rationalisation de l'irrationnel qui fait l'objet de ce livre, il en explore les voix et les expressions. La science, dans certaines de ses branches, contribue sans doute à la réhabilitation de pratiques ou de modes de raisonnement qu'elle excluait, mais l'autorité croissante dont jouissent les savants dans la cité contemporaine n'y contribue-t-elle pas également ? L'Orient et l'appel qu'il exerce ne donnent-ils pas une dimension géopolitique à la question ? Quant aux élaborations théoriques des épistémologues et des sociologues de la connaissance, sont-elles aussi théoriques qu'elles se présentent ? Ne pactisent-elles pas indirectement, par le biais d'un relativisme rénové, avec cet irrationalisme diffus qui s'appelle aussi rationalité élargie ?

  • L'histoire du vivant est tissée d'une multitude d'événements où le hasard intervient comme autant de coups de dés - mais de coups de dés au milieu d'une partie bien réglée où la nature ne conserverait que les seuls coups gagnants. À partir de la même organisation cellulaire, du même code universel, s'est déployée une stratégie explorant toutes les voies et combinaisons possibles. Ainsi, il a fallu marier la constance des matériaux de base et l'exubérante fantaisie de leurs combinaisons. Le vivant, durant quelque trois milliards et demi d'années a oeuvré en automate, et c'est ignorant tout de sa propre existence qu'il est passé des molécules aux sociétés organisées. Or, voici que, s'affranchissant du déterminisme génétique, il s'est lentement frayé un chemin de liberté : celle-ci devenant manifeste avec les comportements d'apprentissage et s'imposant chez l'homme avec l'émergence de la conscience et de la capacité de discernement. Constance et fantaisie du vivant retrace, avec une remarquable clarté, comment la vie s'est affirmée sur terre et a triomphé des obstacles rencontrés dans sa marche.
    Agrégé et docteur ès sciences, Jean-Louis Revardel conduit ses recherches à l'université de Bordeaux-I sur les mécanismes de régénération des vertébrés. Il enseigne la microbiologie et participe à la préparation à l'agrégation de sciences naturelles.

  • Selon la conception des astrophysiciens, l'univers est le résultat d'une longue évolution. Depuis son origine - le big-bang -, dans des conditions extrêmes de température, de densité, de pression, il est le siège d'une expansion qui entraîne les galaxies, les quasars et tous les astres du cosmos. Les cosmologistes s'interrogent sur les causes et les caractéristiques de cette expansion, mais aussi sur la manière dont sont apparues les galaxies, les étoiles, les planètes et finalement toute la matière qui nous environne. Ils ont compris que l'origine de toutes les structures, aussi bien les immenses galaxies que les atomes dont nous sommes constitués, devait être recherchée dans les premières phases de l'évolution de l'univers. Ils en sont arrivés, pour comprendre la physique surprenante de ces premiers instants, à incorporer les résultats les plus récents de la physique des particules à la cosmologie, prédisant des épisodes stupéfiants dans l'histoire de l'univers, dont la richesse conceptuelle n'est pas encore épuisée. L'ouvrage de Marc Lachièze-Rey présente le modèle de big-bang, c'est-à-dire l'évolution et les caractéristiques de l'univers, tel que les cosmologistes le conçoivent aujourd'hui, y compris les plus récentes améliorations amenées par la physique des particules.
    Marc Lachièze-Rey, chargé de recherches au CNRS, travaille au Centre d'études nucléaires de Saclay. Astronome et astrophysicien, il s'intéresse à la cosmologie, et plus particulièrement à la répartition et à la formation des galaxies.

  • L'évolution est le problème majeur, central de la biologie. Elle a pour objet l'origine des êtres vivants, leurs transformations et leur éventuel avenir. Tout essai pour comprendre l'Univers et l'homme est influencé par la solution qu'on en donne.
    L'évolution n'est plus considérée comme une hypothèse, sauf par une poignée de réfractaires, ignorants ou aveuglés par des croyances dogmatiques. Mais le désaccord surgit entre biologistes lorsqu'il s'agit d'en expliquer le mécanisme. Si l'on exclut quelques tentatives sans portée réelle, deux conceptions s'affrontent depuis plus d'un siècle, celle de Lamarck et celle de Darwin.
    Pierre-P. Grassé place le problème hors des préférences nationalistes et confessionnelles, sur le plan de la réalité. Être objectif d'abord, voilà sa règle. Recourant aux données de la paléontologie, qui retrace l'histoire vraie et non imaginée du biocosme, et à celles de la biologie moléculaire, l'auteur entre résolument dans une voie nouvelle et esquisse une conception objective, prospective de l'évolution et de son mécanisme, conception qu'il considère modestement, comme la préface à une future théorie générale.
    Rédigé sans termes techniques, l'Evolution du vivant s'adresse tant aux biologistes, aux philosophes et aux sociologues, qu'à tous ceux qui s'intéressent à la vie, qui désirent mieux connaître notre essence et comprendre la place revenant à tout être vivant et à l'Homme, non seulement à la surface de notre Planète mais dans l'Univers tout entier.

  • Plus nous descendons dans les structures infinies de la matière, plus nous nous apercevons que les concepts forgés par notre esprit au cours de l'expérience quotidienne, et tout particulièrement ceux d'espace et de temps, deviennent impuissants à nous permettre de décrire les mondes nouveaux où nous pénétrons. On dirait que le contour de nos concepts doit, si l'on peut s'exprimer ainsi, s'estomper progressivement pour leur permettre de s'appliquer encore un peu aux réalités des échelles subatomiques.
    Les entités élémentaires flottent dans l'espace et le temps comme dans un vêtement qui n'est pas fait pour elles ; l'individualité s'atténue dans les mystérieux processus de l'interaction ; le déterminisme lui-même, si cher aux physiciens des temps révolus, est obligé de fléchir. Et comme le grand livre de la science n'est jamais achevé, bien d'autres surprises nous attendent : qui sait par exemple les mystères qui se cachent au sein du noyau de l'atome qui, mille milliards de fois plus petit que le moindre citron, est encore pourtant un univers ?
    Louis de Broglie, Prix Nobel de physique en 1929, Secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences et élu à l'Académie Française, présente à ses lecteurs de façon didactique et poétique une analyse physique du monde qui les entoure.

empty