Bouquins

  • La conversion Nouv.

    La conversion

    Michel Onfray

    L'intérêt des philosophes romains c'est qu'on peut vivre selon leurs principes. Le poème de Lucrèce, De la nature des choses, se présente un immense traité existentiel perdu dans une encyclopédie du monde.
    On peut vivre selon Lucrèce. Son poème est d'ailleurs une proposition existentielle faite à son dédicataire Memmius. Le philosophe propose en effet une conversion, autrement dit : une vie nouvelle faisant suite à l'ancienne qu'on abandonne après avoir compris ce qu'il y avait à comprendre, initié par un sage qui nous transmet son savoir. Ici : que le réel est matériel, qu'il n'est fait que d'atomes qui tombent dans le vide et de rien d'autre ; que cette physique de l'ici-bas dispense d'une métaphysique de l'au-delà ; que la religion est superstition et qu'il faut lui préférer la philosophie ; qu'il faut donner au corps ce qu'il demande dans la limite où ce qu'on lui donne ne l'asservit pas ; que l'amour est un remède à la passion ; que la sagesse est atteignable et qu'elle consiste en une arithmétique des plaisirs accompagnée par une diététique des désirs ; qu'il n'y a ni enfer ni paradis mais juste un monde immanent et tangible ; que la mort n'est pas à craindre puisqu'elle n'est qu'une modification de la matière et non sa suppression ; que le réel est tragique et que le savoir confère de la sérénité ; que le paradis existe sur terre pourvu qu'on le construise avec détermination. Ce livre pend donc la forme d'une série de neuf lettres comme autant d'invitations à une sculpture de soi. Cette éthique propose une esthétique de l'existence.

  • Tu le sais bien, le temps passe Nouv.

    Après l'immense succès remporté par le premier volume, la suite très attendue des Mémoires de Catherine Nay. Elle couvre les années 1995-2017, de l'élection de Jacques Chirac à celle d'Emmanuel Macron. Près de trente ans de vie politique et journalistique, mais aussi personnelle, racontés avec le même sens du trait, de la formule incisive, la même intensité romanesque qui font de Catherine Nay une observatrice et une narratrice hors pair, souvent mordante et toujours savoureuse.
    Catherine Nay révèle ici les épreuves auxquelles elle a été confrontée dans sa vie affective et familiale : la perte de l'homme de sa vie en juillet 2020, et avant cela la mort de ses parents et de l'un de ses frères. Épisodes intimes évoqués avec pudeur et vérité par une femme qui a toujours préféré parler des autres que d'elle-même.
    Souvenirs, anecdotes, choses vues abondent dans cette nouvelle chronique où elle dévoile les secrets de la conquête du pouvoir de Jacques Chirac, ses rencontres avec Bernadette et les confidences volontiers acerbes de la première dame. Catherine Nay excelle dans l'art du portrait. Elle décrypte avec une maestria décapante les personnalités complexes d'Alain Juppé et de Philippe Séguin comme celle de Lionel Jospin.
    Du séisme de 2002 à la montée en puissance de Nicolas Sarkozy jusqu'à son élection triomphale en 2007 et à son échec cinq ans plus tard, c'est une histoire plus hasardeuse de la Ve République que Catherine Nay décrit avec un mélange d'amusement et de perplexité. Elle montre Nicolas Sarkozy, qu'elle connaît bien, à travers ce qui fait sa force et sa faiblesse, dans sa vie publique ou privée, parfois à son détriment. Et consacre à son successeur François Hollande des pages sans concession.
    Ce livre témoigne aussi de la nostalgie de son auteur envers une certaine époque du journalisme, qui a laissé place à une période médiatique elle aussi plus incertaine. Les bonheurs et vertiges du temps qui passe.

  • Une femme mûre de haute condition tente de délivrer un jeune homme de sa passion du jeu et accepte de se dégrader pour sa rédemption. Une histoire d'amour et de passion mais aussi une histoire de secret trop longtemps gardé et dévoilé comme une libération. Freud considérait cette nouvelle (1927) comme un chef-d'oeuvre et parlait du mariage réussi entre la qualité esthétique du texte, son " inquiétante étrangeté ", et la véracité psychologique.

  • Vienne, ville de rêves

    Stefan Zweig

    • Bouquins
    • 16 Septembre 2021

    Ce nouvel inédit s'inscrit dans le sillage de l'oeuvre la plus emblématique de Zweig, Le Monde d'hier. Il nous emmène à Vienne, la ville de naissance et de coeur de l'écrivain.
    La capitale de l'Empire austro-hongrois a été le paradis de son enfance. Au fil du temps, et après bien des drames, elle est devenue pour lui un monde idéal, où les apports les plus divers finissaient toujours par se mêler harmonieusement, où l'ouverture à la modernité s'appuyait sur une solide tradition locale. Cette ville-théâtre, de 1880 à l'entre-deux-guerres, fut surtout une
    incomparable cité des arts et de l'esprit européen.
    Les textes ici réunis couvrent l'ensemble de la vie créatrice de l'auteur, de l'étudiant dilettante des débuts à l'écrivain célèbre et exilé de la fin, qui dut quitter l'Autriche quelques mois avant
    l'Anschluss. Des pans entiers de l'histoire culturelle viennoise sont ainsi explorés, avec ses valeurs sûres, ses modes passagères, ses lieux mythiques, ses poètes (Hugo von Hofmannsthal, Rainer Maria Rilke...), ses génies (Sigmund Freud, Joseph Roth, Gustav Mahler, Arthur Schnitzler...), ses inconnus et bien d'autres figures attachantes, amis plus ou moins proches que Zweig sent et analyse avec la précision de celui qui voit tout. Il retranscrit ses impressions et souvenirs dans ce style toujours accessible qu'on lui connaît. Ce faisant, témoin bouleversant d'une époque bouleversée, il tente de sauver ce qui peut l'être.
    Sa Vienne, qui nous fascine tant, est éternelle.

  • L'humour est un art en politique. L'auteur, qui le pratique lui-même avec talent, nous livre un inventaire désopilant de répliques et bons mots qu'il a glanés tout au long de son parcours.
    L'humour est un art en politique. Jean-Louis Debré, qui le pratique lui-même avec grand talent, nous livre un florilège désopilant de répliques et bons mots glanés tout au long de son parcours.
    L'ironie et l'humour étaient des armes fréquemment utilisées par les politiques pour déstabiliser un adversaire, éviter de répondre à un journaliste, convaincre et séduire l'opinion. De Gaulle, Mitterrand, Chirac étaient des orfèvres en la matière. Au Parlement, la petite phrase bien ciselée, percutante, qui déclenche des rires, marque l'auditoire mieux qu'un long discours. Ainsi, Georges Clemenceau lançant : " Vous n'êtes pas le bon Dieu ! " à Jean Jaurès qui lui répond : " Et vous, vous n'êtes même pas le diable ! " Et Clemenceau de riposter : " Qu'en savez-vous ? " Le député André Santini a fait mouche un jour avec cette formule irrésistible à propos du primat des Gaules : " Mgr Decourtray n'a rien compris au préservatif. La preuve : il le met à l'index ! " Ces traits d'esprit se révèlent souvent d'une redoutable efficacité, mais il peut aussi arriver que les arguments auxquels ont recours les orateurs fassent rire à leurs dépens. Tel ce député qui se plaignait que dans son département il n'y ait que trois abattoirs... un nombre très " insuffisant " pour deux cent mille habitants.
    À travers ce livre, qui fourmille d'anecdotes et de choses vues, l'auteur montre à quel point l'humour est un signe de bonne santé de notre vie démocratique. " Il n'y a pas si longtemps, on pouvait rire de tout ", rappelle-t-il en déplorant que ce ne soit plus le cas de nos jours. Heureusement, Jean-Louis Debré persiste et signe, quant à lui, dans le registre du bon mot, de l'autodérision et de la saillie verbale. Un régal.

  • Création

    Sébastien Bohler

    • Bouquins
    • 23 Septembre 2021

    Et si vous découvriez les secrets de l'origine de l'humanité ?Laura, jeune rédactrice cantonnée à la rubrique des faits divers du journal suisse
    Le Globe, déniche un jour le scoop du siècle : au coeur des glaces du massif du Cervin, refont surface les corps de plusieurs dizaines d'êtres humains conservés depuis des millénaires dans un état quasi intact.
    D'où viennent ces corps ? Quelle est leur histoire ? Ces questions passionnent l'opinion publique et émeuvent la communauté scientifique. Et si l'origine de notre humanité n'était pas celle que nous croyons ? Quand Laura embarque à bord d'une capsule en expédition sous la plus formidable épaisseur de glace jamais rencontrée, elle ne sait à quel point elle est en danger et que toute sa vie va basculer...
    Du haut des Alpes suisses aux fosses sous-marines de l'Antarctique, d'un mystérieux signal sous-marin à la découverte d'une civilisation perdue,
    Création nous entraine dans une épopée hallucinante où s'enchaînent révélations et découvertes scientifiques sans précédent. Un récit digne d'un Jules Verne des temps modernes.

  • Un manuel de résistance à l'intention des nouvelles générations. Que dire à des jeunes de vingt ans pour leur conduite dans ce monde qui part à la dérive ? La civilisation s'effondre, les valeurs s'inversent, la culture se rétrécit comme une peau de chagrin, les livres comptent moins que les écrans, l'école n'apprend plus à penser mais à obéir au politiquement correct, la famille explosée, décomposée, recomposée se retrouve souvent composée d'ayants droit égotistes et narcissiques.
    De nouveaux repères surgissent, qui contredisent les anciens : le racisme revient sous forme de racialisme, la phallocratie sous prétexte de néo-féminisme, l'antisémitisme sous couvert d'antisionisme, le fascisme sous des allures de progressisme, le nihilisme sous les atours de la modernité, l'antispécisme et le transhumanisme passent pour des humanismes alors que l'un et l'autre travaillent à la mort de l'homme, l'écologisme se pare des plumes anticapitalistes bien qu'il soit le navire amiral du capital - il y a de quoi perdre pied.
    J'ai rédigé une série de lettres à cette jeune génération pour lui raconter les racines culturelles de notre époque : elles ont pour sujet la moraline, le néo-féminisme, le décolonialisme, l'islamo-gauchisme, l'antifascisme, la déresponsabilisation, la créolisation, l'antisémitisme, l'écologisme, l'art contemporain, le transhumanisme, l'antispécisme.
    L'une d'elles explique en quoi consiste l'art d'être français : d'abord ne pas être dupe, ensuite porter haut l'héritage du libre examen de Montaigne, du rationalisme de Descartes, de l'hédonisme de Rabelais, de l'ironie de Voltaire, de l'esprit de finesse de Marivaux, de la politique de Hugo.

  • La plus longue nouvelle de Zweig, splendide histoire de passion et de transgression.
    À l'occasion d'un hommage qui lui est rendu, un vieil universitaire s'aperçoit que, parmi tous les noms qui ont été cités et sont censés avoir marqué sa carrière, il manque le principal : le nom d'un professeur d'anglais qui, il y a bien des années, lui a donné le goût de la littérature. Pour réparer cet oubli, il écrit alors ses souvenirs et le désarroi qu'il a éprouvé face à cet homme mystérieux, imprévisible et passionné qui un jour lui avoue son amour. Un récit flamboyant et audacieux qui met à nu la complexité des désirs.

  • C'est pour la vie ou pour un moment ? Nouv.

    Nadine Trintignant raconte pour la première fois, dans ce livre lumineux et bouleversant, son histoire d'amour avec Jean-Louis Trintignant, son premier mari.
    C'est avec l'accord de l'acteur qu'elle livre aujourd'hui ce témoignage. " Écris-le, lui a-t-il dit, tu es la seule à me connaître en profondeur. La seule à avoir compris. " Elle révèle, au fil de ses souvenirs, des éléments de leur correspondance amoureuse, reflet de leur passion réciproque.
    Le récit de cette relation, dont elle ne cache aucune des péripéties, est jalonné de confidences de Jean-Louis sur lui-même, son enfance, sa carrière. Nadine Trintignant, qui fut de son côté réalisatrice de films célèbres (Défense de savoir, Ça n'arrive qu'aux autres, Colette), nous plonge au coeur d'une aventure artistique qui lui a permis de côtoyer les plus grands. De Jules Dassin, Marlon Brando, Jacques Prévert, Catherine Deneuve et Marcello Mastroianni à Yves Montand,
    Simone Signoret, Louis Malle, Claude Lelouch, Costa-Gavras et tant d'autres. Figures d'une époque excetionnelle dans l'histoire du cinéma français, dont nous gardons tous la nostalgie.
    Entre ombres et lumières, Nadine Trintignant revient sur la mort tragique de Marie et celle, prématurée, de sa seconde fille, Pauline. Deux épreuves partagées avec un homme lui-même aujourd'hui aux prises avec la maladie, dont elle montre l'admirable dignité dans le grand âge.

  • Est-il encore possible de parler de politique sans perdre son calme ? De débattre sans se battre ? En chroniquant la vie politique chaque matin sur France Culture, Frédéric Says croque les travers de notre époque sur époque. 8h16. " Bonjour Guillaume, bonjour à tous... " Un rendez-vous et un rituel. Le " Billet politique " est l'occasion d'échapper aux engouements de l'instant, au culte de l'immédiateté. Il s'offre aussi le luxe de la nuance. Dans un écosystème médiatique souvent confondu avec une arène, la pondération est un refuge pour celles et ceux qui refusent d'être enfermés dans des débats binaires.
    De 2016 à 2021, Frédéric Says a analysé avec finesse les rebonds de notre vie politique. En quelques années, le " nouveau monde " a perdu de sa superbe. Les élus locaux, les mouvements citoyens, les scientifiques ont gagné en influence. Les réseaux sociaux sont devenus des acteurs publics tandis que les discours politiques - signe de leur impuissance - ont été envahis de formules creuses : " la société civile ", " les territoires ", " j'assume "...
    C'est cette métamorphose, entre hier et aujourd'hui, entre le " dire " et le " faire ", que ce livre se propose de disséquer, avant la prochaine élection présidentielle. Avec la volonté d'éviter deux écueils : une vision trop clémente ou une posture de la critique permanente. Un billet politique sur le fil matinal, c'est un exercice d'équilibrisme.

  • Dire la Terre, toute la Terre : les romans de Jules Verne se lisent, de son propre aveu, comme une " géographie universelle pittoresque ". Partons donc pour un tour du monde inédit, au fil d'une des oeuvres les plus mythiques de notre littérature.De
    Cinq Semaines en ballon (1863), premier chef-d'oeuvre menant le lecteur, à la seule force des vents, de Zanzibar au Sénégal, au
    Village aérien (1901), qui annonce Tarzan, en passant par les
    Aventures de trois Russes et de trois Anglais (1871) et
    L'Étoile du Sud (1884), deux épopées sud-africaines, ou encore
    Un capitaine de quinze ans (1878), saga familiale et impitoyable plaidoyer contre l'esclavage, l'Afrique tropicale et australe est un haut lieu vernien où le romancier ne cessa d'entraîner ses héros, qu'ils soient scientifique, chasseur ou baroudeur adolescent. Ces cinq romans, dont trois rarement réédités, sont réunis pour la première fois. Ils délivrent, au fil d'aventures où se mêlent approche scientifique et épopée exploratoire, une vision flamboyante de la faune et des paysages africains.
    Ce volume contient :
    Cinq Semaines en ballon o
    Aventures de trois Russes et de trois Anglais dans l'Afrique australe o
    Un capitaine de quinze ans o
    L'Étoile du Sud o
    Le Village aérien.
    À paraître dans la série des
    Voyages dans les mondes connus et inconnus :
    La Méditerranée (2022),
    L'Amérique latine,
    L'Empire britannique,
    L'Amérique du Nord.

  • Un amour de Proust Nouv.

    Ce livre est la première biographie d'Alfred Agostinelli, le chauffeur de Marcel Proust, au rôle essentiel dans l'existence de l'écrivain et, parce qu'il est le principal modèle d'Albertine, dans la construction de la Recherche. Témoignages, archives et brouillons de l'écrivain révèlent cette relation d'une rare intensité, et montrent comment aimait Marcel Proust.
    On ignore tout d'Alfred Agostinelli, le chauffeur de Proust présenté par ce dernier comme son secrétaire. Cette première biographie du principal modèle d'Albertine éclaire le rôle primordial qu'il eut dans l'existence de l'auteur de la
    Recherche et la genèse de son oeuvre.
    Alfred Agostinelli fut ce jeune homme à la réputation sulfureuse, rencontré à Cabourg en 1907, dont Proust disait qu'il était avec son père et sa mère la personne qu'il avait le plus aimée. En première page du Figaro, il évoque son " jeune visage imberbe ", le compare à sainte Cécile, à " une nonne de la vitesse " et prophétise sa mort dans un accident. Il l'abrite sous son toit avec sa compagne, note ses faits et gestes dans ses carnets, le poursuit jusqu'à Monaco pour obtenir son retour après leur séparation.
    Documents inédits issus d'archives publiques et privées, témoignages, brouillons de l'écrivain ont permis à Jean-Marc Quaranta de dépasser les clichés et de dresser pour la première fois un portrait précis d'Agostinelli, de livrer le récit de sa vie et surtout de restituer la véritable relation, d'une rare intensité, qu'il entretint avec Marcel Proust jusqu'à leur rupture et à sa disparition tragique en mai 1914.
    Des informations inattendues et solidement étayées sur la biographie de l'écrivain renouvellent de manière décisive les connaissances que l'on pouvait avoir sur les années 1913-1914, essentielles dans l'élaboration de son oeuvre. Grâce à ces éléments nouveaux, il est possible de mieux cerner et comprendre les prémices de
    La Prisonnière et d'
    Albertine disparue dont Agostinelli fut le principal inspirateur.

  • Pascal Ory s'interroge en historien sur les origines et la persistance de l'antisémitisme, dans un essai utile et percutant appelé à faire débat face à la montée de l'islamo-gauchisme.
    C'est une tragédie en trois actes, avec un prologue.
    Le prologue se situe en des temps très lointains, avant l'ère chrétienne. Le peuple juif, contrairement à une version très répandue (on appelle ça la Bible), n'y fait pas l'objet d'une attention particulière.
    Acte 1 : Si le monothéisme juif n'était pas un problème pour les polythéistes, le judaïsme, lui, est un problème pour les chrétiens - donc, dans la foulée, pour les musulmans - : le peuple élu refuse obstinément de reconnaître ici son sauveur, là son prophète. Mauvais exemple.
    Acte 2 : Lorsque l'Occident va commencer à s'éloigner de l'hégémonie chrétienne, cela fait déjà mille cinq cents ans qu'il y a une supposée " question juive ". Ça laisse des traces, que le monde moderne ne pourra jamais effacer, surtout quand une certaine science invente la " race ", quand un certain athéisme invente l'" antisémitisme ".
    Acte 3 : À peine, avec la défaite d'Hitler, cette haine-là a-t-elle été anéantie que la naissance de l'État d'Israël en allume une troisième, " antisioniste ", géopolitique, qu'on peut instrumentaliser à loisir, et qui n'a aucune (dé)raison de s'éteindre.
    Et voilà pourquoi la judéophobie ne remonte pas à la nuit des temps, mais prend date pour être éternelle.

  • Traverser la foule

    Dorothee Caratini

    " On traverse des foules toute sa vie, pour ne pas se perdre ou perdre des morceaux de soi. Je traverse la foule comme on traverse la vie, je contourne. "
    Un jour comme un autre de décembre, Dorthée se confronte à l'indicible : le suicide de son mari, qui la laisse seule avec deux petites filles face à un gouffre d'incompréhension.
    Tout ce qui entoure la mort est pénible, long, compliqué. Il faut attendre, répondre à des questions. Mais le deuil donne aussi le droit de s'affranchir des conventions. Dorothée veut qu'il éclate à la face du monde, elle veut rester qui elle est, une femme qui jouit. Pas seulement une veuve et une mère, mais une femme libre avec son imaginaire et son grain de folie. Alors, passés le choc, la colère et la doueur, elle prend ses émotions et ses enfants sous le bras, qui l'épuisent et la comblent. Les fantômes, elle les brûle.
    Ecrit dans l'urgence de la peine avec la grâce des âmes sensibles,
    Traverser la foule balance entre le réalisme, le rock et la poésie. Aussi drôle qu'émouvant, il s'en dégage une force inouïe, qu'on peut aussi bien nommer la joie ou la vie.

  • Sous la forme d'une éphéméride, et ce sur presque tous les jours de cette année 2020, je consigne chaque délire dont notre temps est capable.Dans ce journal se croisent une petite fille de huit ans qui veut changer de sexe depuis l'âge de quatre ans ; des égorgeurs présentés comme de pauvres victimes d'elles-mêmes ; une jeune fille qui ne va plus à l'école et prophétise la catastrophe climatologique dont le clergé de son pays nous dit qu'elle est le Christ ; des femmes qui vendent des enfants pendant que d'autres les achètent ; l'Église catholique qui court après les modes du politiquement correct ; le journal Libération qui se dit progressiste en célébrant la coprophagie et la zoophilie ; des végans qui militent contre les chiens d'aveugles ; une anthropologue qui trouve qu'il y a trop de dinosaures mâles et pas assez de femelles dans les musées ; des pédophiles qui achètent des viols d'enfants en direct sur le Net ; un Tour de France qui commence au Danemark et un Paris-Dakar ayant lieu en Amérique du Sud ; un parfum élaboré par une femme à partir des odeurs de son sexe ; un chef de l'État qui, entre autres sorties, se félicite que ses ministres soient des amateurs ; Le Monde qui estime courageuse une mise en scène théâtrale qui présente Lucien de Rubempré en femme ; le pape et Tariq Ramadan pour qui le coronavirus est une punition divine - et autres joyeusetés du même genre... Entre rire voltairien et rire jaune, cette Nef des fous est un genre de journal du Bas-Empire de notre civilisation qui s'effondre.M. O.

  • " Je n'aime pas beaucoup les lettres, ni en recevoir ni en envoyer. Sauf de toi et à toi - et quelques autres. C'est ce qu'on doit appeler l'amitié"
    Tout en prenant un malin plaisir à se déclarer réticent à ce genre d'exercice, Jean d'Ormesson déploie dans l'art épistolaire autant de brio et de virtuosité que de talents de stratège et de séducteur. Il laisse libre cours, dans cette version la moins " autorisée " de son autobiographie, à son franc-parler, sa malice, son goût de l'ironie et de la facétie.
    C'est tout l'arrière-plan de son parcours dans le siècle que l'on voit se dessiner au fil de ces échanges multiples, sous l'effet révélateur des relations qui ont le plus compté dans son existence. Le meilleur de sa correspondance, en dehors de ses grandes amitiés littéraires, gravite autour de quelques figures clés. De Raymond Aron ou Roger Caillois à Claude Lévi-Strauss, tous ont agi sur Jean d'Ormesson comme autant de maîtres et d'inspirateurs dans sa réflexion intellectuelle et philosophique et l'évolution de son oeuvre.
    " Les amitiés qui commencent par les livres sont peut-être les plus fortes ", écrivait-il à José Cabanis. Cet ensemble de " messages portés par les nuages ", selon la formule de Jean-Marie Rouart, en offre une vivante et savoureuse illustration. C'est le même amour fou de la littérature qui explique l'amitié paradoxale de Jean d'Ormesson avec des auteurs aussi distincts de lui que Michel Déon ou François Nourissier. À travers eux on découvre ici son autoportrait le plus inattendu.
    Jean-Luc Barré

  • La première enquête et biographie sérieuse sur une des grandes femmes politiques d'aujourd'hui.
    Anne Hidalgo est une énigme. Elle a résisté à tant de tempêtes et de complots qu'on s'interroge. Comment a-t-elle fait pour survivre dans ce monde féroce et impitoyable de la politique ? De quelle matière est faite cette fille d'immigrés espagnols, débarqués à Lyon au début des années 1960 ?
    De la cité HLM de La Duchère, sur les hauteurs de la Saône, jusqu'aux ors des palais de la République, son parcours n'a pas été un long fleuve tranquille. Face aux bien-nés, il lui a fallu une ténacité hors du commun. Féministe de la première heure, elle a gravi les échelons du pouvoir avec une méticulosité et une persévérance qui l'ont fait longtemps passer pour une besogneuse. La petite fourmi a bien trompé son monde. Ceux qui l'ont sous-estimée, voire détestée avec constance, qui l'ont traitée de " fille de concierge ", ont été balayés de manière implacable. La maire de Paris, qui rêve de devenir " maire de France ", a, quoi qu'il advienne, un destin exceptionnel. Cette ambition d'atteindre les sommets vient de loin, des horreurs de la guerre civile espagnole, vécues par ses aïeux. Marque indélébile qu'elle porte comme un talisman. Celle que certains surnomment Miss Titane a un parcours de vie digne d'un roman picaresque.
    C'est l'épopée d'une aventurière andalouse, tombée amoureuse de la France des Lumières, chantre de la lutte contre le réchauffement climatique, devenue plus républicaine que les Français de souche, que raconte, ici, Serge Raffy, biographe de Fidel Castro. Une existence avec ses zones d'ombre, ses trahisons, ses bassesses, ses renoncements. Mais aussi sa vie de mère de famille recomposée, pas toujours simple, en particulier quand la rumeur a couru que son dernier fils était celui de François Hollande. Autre singularité : Anne Hidalgo n'a pas fait l'ENA. Presque une anomalie pour quelqu'un qui vise les plus hautes fonctions. Est-ce un handicap ? Ou une chance ?

  • Après Lettres à un jeune poète, cette émouvante correspondance est une découverte majeure, riche de lumineuses leçons de vie
    " Dans la vie, on n'éveille jamais assez souvent le sentiment du commencement en soi, et nul besoin pour cela d'un grand changement extérieur, car nous modifions le monde depuis notre coeur même, et si celui-ci veut bien être neuf et incommensurable, celui-là se présente alors comme au jour de sa création : infini. Si nous devions nous rencontrer un jour et pourquoi cela ne se réaliserait-il pas, vous réclamez que je vous raconte l'histoire d'un commencement nouveau qui se produisit durant une période de mon enfance des plus difficiles et en quelque sorte tout à fait désespérée. Que cela demeure une promesse entre nous. "
    Cette émouvante correspondance avec la jeune Anita Forrer est une découverte majeure qui comblera tous les amoureux de l'oeuvre de Rainer Maria Rilke. Rendu pour la première fois accessible en langue française, cet échange épistolaire, qui peut se lire comme le prolongement des Lettres à un jeune poète, ouvrit à Anita Forrer des espaces spirituels insoupçonnés et donna un sens nouveau à son existence. Rilke fut son guide et son confident, comme il l'avait été quinze ans plus tôt pour Franz Xaver Kappus. Les lectrices et lecteurs d'aujourd'hui puiseront à leur tour dans ce texte inédit de lumineuses leçons de vie.

  • Dictionnaire Jésus

    Renaud Silly

    Le Dictionnaire Jésus est une oeuvre ambitieuse et cohérente. Mettant à la portée du public une somme inédite de science, sa publication est destinée àfaire date et s'inscrit pleinement dans la tradition des grands dictionnaires de "Bouquins".
    Les éditeurs du
    Dictionnaire ont fait le choix d'une équipe resserrée d'unevingtaine d'auteurs afin de gagner en cohérence, par rapport à des ouvragesbricolés avec des contributeurs recrutés à droite et à gauche qui n'auraient qu'un rapport lointain avec le propos d'ensemble. Tous les auteurs coopèrent à et approuvent un projet scientifique rigoureux porté par l'École Biblique de Jérusalem, affiliée à l'Académie des inscriptions et des Belles-Lettres. Le Dictionnaire est l'oeuvre d'une école scientifique. Ces auteurs sont des chercheurs français, belges, israéliens, américains, formés dans les domaines suivants : histoire, archéologie, philosophie, théologie, lettres. L'équipe est plutôt jeune. Elle représente donc la relève sur les sujets abordés. Les éditeurs ont conçu le dictionnaire à Jérusalem, dans la pensée que la science la plus fiable est celle qui recherche le contact direct avec son objet. Jésus doit s'étudier en priorité au pays de Jésus - conviction qui est à la base de la fondation de l'École Biblique de Jérusalem en 1890, et jamais démentie depuis lors - et au milieu de son peuple Le Dictionnaire s'est fixé comme objectif de faire connaître au public francophone les importants acquis scientifiques réalisés là où la recherche sur Jésus est la plus active : en Israël, aux États-Unis et en Angleterre, par des savants comme James Dunn, Larry Hurtado, Richard Bauckham, Serge Ruzer, Nicholas Thomas Wright, Paula Fredriksen, David Flusser etc. Cette somme ne porte pas sur Jésus, sa vie et son oeuvre un regard neuf, mais renouvelé. Les études sur Jésus bénéficient par ricochets de l'intérêt très vif suscité en Israël par l'époque où il a vécu, puisqu'elle correspond à la dernière phase de semi-indépendance juive avant la restauration en 1948 de l'État hébreu. Tout en Jésus est juif, ainsi que le montre la confrontation des Évangiles avec leur contexte. Juifs sont les milieux qui transmettent sa mémoire, juif son rapport à la Loi et à Dieu. Juifs encore son enseignement, la signification de sa Passion, la portée des rites qu'il a institués, la conception qu'il se fait de la Tradition et du statut de l'écrit. Juive est sa conception de l'Église à venir comme une communauté sacerdotale, unifiée par la célébration d'un sacrifice en mémorial. Juif enfin son extrême souci d'établir une tradition authentique pour transmettre sa mémoire. La judaïté de Jésus court ainsi depuis ses origines jusqu'à la réception de son Évangile et à la fondation du christianisme, elle offre un cadre de lecture novateur à tous les événements soigneusement répertoriés de la vie de Jésus. Le
    Dictionnaire fait une place très large, outre à sa personne, à l'enseignement de Jésus et aux rites qui se réclament de lui. Leur impact a en effet abouti à la constitution de l'Église chrétienne comme une entité autonome. IL contient 496 entrées regroupées selon 12 rubriques principales. Ces dernières insistent sur les méthodes par lesquelles la science appréhende 'l'objet' Jésus, sur son enseignement, sur la séquence Passion Résurrection et enfin sur les divers contextes géographique, historique et littéraire de son action. Un des points forts du
    Dictionnaire consiste à citer abondamment les textes anciens, de manière à garantir solidement les sources d'une connaissance complète sur Jésus. Chaque entrée contient des renvois vers d'autres entrées, de façon à ce que le
    Dictionnaire constitue un tout organique.

  • A contre-courant des idées dominantes, Jean-Marie Rouart fustige les illusions de la laïcité érigée en dogme protecteur face à l'islamisme.
    L'islam n'est-il pas d'une certaine façon le révélateur de nos failles et de la fragilité de notre assise morale et philosophique ? À contre-courant de ceux qui se contentent de s'abriter derrière le laïcisme ou le séparatisme pour faire face à la montée de l'islam, Jean-Marie Rouart s'interroge sur nos propres responsabilités dans cette dérive. Ne sommes-nous pas aveuglés par ce que nous sommes devenus ? Consommateurs compulsifs, drogués par un matérialisme sans frein ni horizon, s'acheminant vers une forme de barbarie moderne, ne mésestimons-nous pas nos carences culturelles et nos faiblesses spirituelles ?
    C'est moins l'essor de l'islam que l'auteur stigmatise que l'abandon de notre propre modèle de civilisation. Pour lui le véritable défi à relever n'est pas seulement d'ordre religieux, c'est notre civilisation qui est en cause. Rappelant que notre nation s'est constituée autour d'un État, du Livre, de la littérature et d'une religion porteuse de valeurs universelles, il rappelle l'importance de ces piliers de la civilisation chrétienne pour faire contrepoids à d'autres modèles et préserver notre identité. À ses yeux, ce qu'il appelle la " mystique laïcarde " n'est qu'une illusoire ligne Maginot contre l'islam. L'athéisme, si respectable soit-il, reste impuissant à remplacer la croyance.
    C'est le livre d'un " chrétien déchiré " qui a du mal à se reconnaître, comme beaucoup, dans l'Église de l'après-Vatican II. Jean-Marie Rouart refuse de s'avouer vaincu : il s'interroge sur les moyens de conjurer le déclin d'une civilisation d'inspiration chrétienne menacée autant par l'islam que par elle-même.

  • Publié en coédition avec la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image (Angoulême), LeBouquin de la bande dessinée présente un état complet et structuré du savoir et de la pensée sur la bande dessinée. Pour la première fois, l'ensemble des codes de la bande dessinée et sa place dans l'histoire culturelle sont intégralement traités.
    La vitalité artistique de la bande dessinée est aujourd'hui largement reconnue, particulièrement en France. Ses créateurs sont considérés sur un pied d'égalité avec les artistes de toutes disciplines. Beaucoup d'entre eux élargissent d'ailleurs leur champ d'activité à d'autres formes, comme le roman, le cinéma, l'affiche ou la scénographie d'expositions. Intronisée " neuvième art " à la fin des années 1960, la bande dessinée a aussi suscité, particulièrement depuis une vingtaine d'années, une littérature critique de plus en plus abondante. Il manquait cependant un ouvrage de grande synthèse pour faire le point sur toutes les notions relatives à ce mode d'expression qui, pour être populaire et enfin légitimé, reste quelquefois difficile à appréhender dans sa spécificité, à mi-chemin entre les arts du livre et les arts visuels. Le présent Bouquin de la bande dessinée. Dictionnaire esthétique et thématique vient combler cette lacune, abordant le genre sous tous ses aspects, à la fois comme art, comme langage, comme littérature et comme culture à part entière. Non seulement il présente un état complet et structuré du savoir et de la pensée sur la bande dessinée, mais il se risque à défricher quelques pistes nouvelles, esquissant une véritable poétique. Avec près de cent cinquante entrées qui sont autant d'articles fouillés, ce dictionnaire satisfera la curiosité des amateurs, néophytes ou passionnés, et sera un outil irremplaçable pour les chercheurs et les enseignants. En coédition avec la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image.

  • Dans l'histoire politique française, Pierre Mendès France occupe une place singulière. Incarnant une certaine éthique de la République, il aura été aussi un combattant acharné de la démocratie
    Dans l'histoire politique française, Pierre Mendès France occupe une place singulière. Incarnant une certaine éthique de la République, il aura été aussi un combattant acharné de la démocratie.
    Sa vision était celle d'une gauche républicaine, attachée à la laïcité, cherchant dans la science et la raison les fondements d'un progrès conciliant justice et efficacité. Une gauche bâtisseuse d'espoir et non une gauche du ressentiment.
    Cet essai propose de restituer la vigueur, la cohérence et la richesse de la pensée de cet homme d'État : exemplarité, audace et réalisme, il est incontestable que l'homme a vu juste et loin, là où d'autres s'aveuglaient.
    Droits de l'homme, jeunesse, économie, union de la gauche, décolonisation, construction européenne ou relations internationales : par leur puissance, les idées politiques de Mendès France résonnent fortement encore aujourd'hui.
    Jeune haut fonctionnaire, fidèle aux valeurs de la République à laquelle il a souhaité, à travers ces lignes, rendre un peu de ce qu'elle lui a donné, Frédéric Potier invite à trouver dans le legs moral et politique de Pierre Mendès France une forme d'inspiration ou même une lueur d'espoir.

  • Triptyque argentin

    Jordi Bonells

    " Il arrive que les affaires que l'on croit closes ne le soient point, et qu'elles se réveillent au moment le plus inattendu. "
    Mêlant trois histoires distinctes à travers une seule enquête romanesque, ce périple au coeur de Buenos Aires, de 1939 à nos jours, gravite atour d'un même motif : la distance, la fuite, la disparition.
    Le dernier tournant se situe dans le milieu des collaborationnistes de France partis s'exiler en Argentine. Il retrace les tribulations d'un acteur français de deuxième zone, Roger Coquillard, qui essaie de se reconstruire une vie, à défaut d'une carrière, dans cette capitale étrangère où rôdent toutes sortes de menaces.
    Gambit l'argentin raconte l'improbable confontration entre des joueurs d'échecs juifs arrivés à Buenos Aires en août 1939 et les "rescapés" du nazisme à l'issue de la guerre, débarqués sous de fausses identités.
    La visite raconte les péripéties d'un homme tenu pour mort après la chute de la junte militaire argentine en 1983. Il est traqué pour les exactions qu'il a commises dans un centre de détention de la police de Cordoba. Son fils est mêlé à l'affaire pour l'avoir aidé à disparaître après avoir pris une part active à ses actes criminels.
    Entre réalisme et baroque, raison et folie, Jordi Bonells livre un récit fascinant sur les jeux de l'ironie du destin des hommes.

  • " Tous les enfants perçoivent le mensonge dans ce qui est passé sous silence. "
    Alma grandit dans une maison hors du temps où règnent les non-dits. De ses parents, taciturnes et effacés, elle ne sait que peu de choses. Sous le vernis d'un foyer bien organisé, Alma ressent des failles. Au rythme des repas dominicaux, en présence d'un grand-père ancien combattant au corps meurtri par les séquelles de la guerre, la petite-fille perçoit autant d'échos d'un conflit qu'elle n'a pas connu et qui fi nit par s'inscrire dans sa propre chair.
    Alma devient dessinatrice et rencontre un photographe, Friedrich, marqué lui aussi par une relation difficile avec son histoire familiale. Le couple donne naissance à Emil, un enfant qui souffre d'une maladie génétique rare : il est incapable de ressentir la douleur. Une notion qui lui restera étrangère, lui qui s'identifie aux super-héros, et autres êtres fabuleux de ses jeux d'enfant, habité par un sentiment d'invincibilité. Comme les deux faces inversées d'une même histoire, Emil et son arrière-grand-père, chacun marqué par sa propre infirmité, ont en commun d'être enfermés dans un monde qui les sépare de la vie ordinaire et des autres.
    Entre précision incisive et poésie fantastique, Valerie Fritsch éclaire d'une lumière crue cet abîme insondable que l'Histoire peut creuser entre les générations.

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