Religion & Esotérisme

  • L'histoire des religions est une discipline au croisement de plusieurs champs, distincte de la théologie et de l'histoire religieuse. Elle appartient en propre à l'univers de la pensée occidentale. Et à ce titre, elle est profondément influencée par le christianisme.

    Ce sont justement les origines et l'histoire chrétiennes de la notion de religion que démontre dans un premier temps cet ouvrage. Les impasses et les contradictions majeures auxquelles sont confrontées les approches traditionnelles de l'histoire des religions sont alors mises au jour.

    Daniel Dubuisson poursuit son parcours critique en introduisant dans un second temps le récent courant anglo-saxon largement méconnu en France des critical studies of religion. Citons parmi les auteurs étudiés : T. Asad, T. Fitzgerald, R. King, D. Chidester,

    D. Wiebe, R. T. McCutcheon. Leurs concepts et leurs méthodes, ici présentés, contribuent à déconstruire les arguments pseudoscientifiques circulaires expliquant la religion par la religion (M. Eliade, R. Otto).

    L'homo religiosus est ici démythifié, lui qui se définissait par son instinct religieux inné et son appartenance à la culture occidentale. Parallèlement, la fonction normative du christianisme à l'égard des autres formes de croyance est dénoncée. La question du pouvoir est ici centrale, l'arme religieuse participant à la " violence épistémique " propre au colonialisme.

    Daniel Dubuisson ouvre avec cet essai de stimulantes nouvelles perspectives.

  • Les Juifs seraient absents de la mémoire historique de la France. À contre-courant de cette idée, ce livre propose de relire le processus de construction de l'histoire des Juifs de France en partant à la recherche de ses sources. Centré sur le XIXe siècle, il prend pour point de départ les ardents débats relatifs à la citoyenneté des Juifs sous la Révolution française.

    Tandis que la recherche historique se voit portée en France, à partir des années 1830, par la volonté politique de mise en ordre du passé archivé au sein des dépôts publics, de nombreux documents se voient identifiés, classés, inventoriés et publiés. Parmi eux, des documents relatifs à l'histoire des Juifs. Certains sont disséminés dans les fonds des archives locales, d'autres au contraire sont retrouvés au cœur même des collections les plus prestigieuses de la royauté française. Parallèlement, la fièvre archéologique qui gagne les élites provinciales cherchant à célébrer les racines chrétiennes de la France, fait émerger, presque par hasard, des inscriptions hébraïques. Celles-ci sont néanmoins intégrées difficilement et marginalement au domaine alors florissant des antiquités nationales.

    Il faudra attendre la fin du XIXe siècle pour qu'un cercle restreint de savants ancre une histoire française des Juifs depuis le Moyen Âge, non pas séparée, mais intégrée à l'histoire de France. Cette histoire " judéo-française ", répondant à distance aux attaques antisémites de la presse nationalisted'alors, permet de révéler la part juive insoupçonnée de l'histoire de France. Mais cette reconnaissance a un prix : la perte et la dislocation de nombreuses archives issues des anciennes communautés juives de France, fragilisant à terme la possibilité de reconstituer leur histoire " intérieure ".

    Préface de Yann Potin

  • Ali, gendre et cousin du prophète Muhammad, est au centre de trois événements historiques majeurs indissociables des débuts de l'islam : le problème de la succession de Muhammad, les conflits et guerres civiles entre Musulmans, et enfin l'élaboration du Coran et du Hadith. C'est à lui que Mohammad Ali Amir-Moezzi consacre une étude, au fait des recherches les plus récentes, et ouverte à ses multiples aspects mystiques.

    À partir d'une analyse historique et philologique des sources anciennes ou récentes, cet ouvrage montre que le shi'isme est la religion du Maître comme le christianisme est celle du Christ, et Ali le premier Maître ainsi que l'Imam par excellence des Shi'ites. Le shi'isme peut donc être défini, dans ses aspects religieux les plus spécifiques, comme la foi absolue en Ali. Homme divin, lieu de la manifestation la plus parfaite des attributs de Dieu, en même temps refuge, modèle et horizon spirituels.

    Par-delà les prises de position et les polémiques séculaires, Mohammad Ali Amir-Moezzi nous restitue les multiples facettes de ce personnage de l'islam des origines, le seul des Compagnons du Prophète demeuré jusqu'à nos jours l'objet d'une fervente dévotion pour des centaines de millions de fidèles en terre d'islam, notamment en Orient.

  • Le sort tragique des martyrs chrétiens a entraîné une vénération de leurs dépouilles, qui s'est étendue aux saints moines et moniales et aux fondateurs d'ordres religieux. Peu à peu, une galerie de " grands témoins " s'est constituée, rassemblant des milliers de saints : martyrs et confesseurs, moines et docteurs, pieux laïcs et saintes femmes. Par le témoignage de leur vie, leur prédication ou leurs actes de charité, les saints ont rempli le paysage cultuel du christianisme : lieux-dits, prénoms, patronymes... jusqu'aux gares et aux stations de métro, les noms des saints sont devenus familiers. Entre légende et histoire, ce grand dictionnaire entreprend de les faire mieux connaître avec plus de 300 entrées, d'Aaron à Zénon de Vérone : saints et bienheureux catholiques et orthodoxes, d'Orient et d'Occident, mais aussi grands témoins anglicans et protestants.

    Un dictionnaire monumental et unique afin de mieux comprendre, au plus près de la vérité historique, la personnalité, les écrits et la postérité de ces hommes et de ces femmes dont la vie a été retenue comme exemplaire par leurs contemporains et dont la mémoire est parvenue jusqu'à nous.

  • Quand un grand spécialiste de l'islam dénonce les dérives du monde arabo-musulman actuel. " Si le bel islam prêche le droit à l'indifférence et à la non-agression mutuelle, il faut croire que l'Homme, lui, est versatile, colérique et impétueux ", constate Malek Chebel. A travers cinq études percutantes, il nous montre à quel point la faute et la transgression sont omniprésentes dans le monde musulman contemporain. Cet Inconscient de l'islam remonte aux racines de la religion et se nourrit de l'histoire des califes, pour mettre en évidence et éclairer la folie actuelle d'une partie de la communauté. Guerre sainte détournée, exacerbation de la figure du kamikaze, violence symbolique de la relation mère-fils, censure des livres, immolation au nom d'une purification sacrée : cette immersion dans le monde complexe des interdits et de leur transgression interroge les liens entre religion, politique et liberté dans la doctrine musulmane. Plaidoyer autorisé pour la mise à nu d'un inconscient longtemps nié et redouté, cet essai audacieux révèle les contradictions d'un islam aux prises avec le monde contemporain.

  • " Lorsque descend le soir de la vie, il est normal de jeter un regard en arrière. Vient le moment de faire le tri et de retenir l'essentiel de ce qu'on a pu dire et publier. Au début de ma carrière je n'avais pas envisagé l'élargissement ultérieur de mon activité ni les responsabilités en résultant. Je voudrais maintenant, avant de refermer le livre de ma vie, à la fois retracer mon itinéraire d'historien et faire comprendre comment il m'a conduit à prendre position sur les grands problèmes religieux d'aujourd'hui. " J. D. 60 ans de vie intellectuelle et spirituelle sont racontés dans cet ouvrage pour découvrir ou redécouvrir le parcours de ce grand historien. De la vie économique à Rome au xvie siècle à l'histoire culturelle du paradis en passant par les ressorts de la peur à la Renaissance, les thèmes chers à Jean Delumeau couvrent un large spectre. Ces nombreux travaux sur les mentalités religieuses, et sans doute aussi sa propre foi, l'ont poussé, tout au long de sa vie, à s'interroger sur les inquiétudes contemporaines, le besoin de sécurité et l'avenir du christianisme. Un livre sensible sur une œuvre majeure.

  • Pierre le Vénérable, Dante, Goethe, Voltaire, Hugo, Renan, Assia Djebar, Salman Rushdie : du Moyen Âge à nos jours, ces auteurs ont évoqué Mahomet, faisant du prophète de l'islam tantôt
    un personnage historique désacralisé, tantôt un héros romanesque fictif.

    Pierre le Vénérable, Dante, Goethe, Voltaire, Hugo, Renan, Assia Djebar, Salman Rushdie : du Moyen Âge à nos jours, ces auteurs ont évoqué Mahomet, faisant du prophète de l'islam tantôt

    un personnage historique désacralisé, tantôt un héros romanesque fictif.

    Au Moyen Âge, au plus fort de la conquête musulmane, l'Occident chrétien voit en Mahomet un imposteur, un faux-prophète, voire un Antéchrist prêt à combattre le Messie. La littérature médiévale peint de grossières caricatures de rituels musulmans, et n'hésite pas à proférer des

    injures à l'adresse du prophète. C'est au siècle des Lumières, avec Voltaire et Goethe notamment, que l'on tente d'identifier et d'étudier sérieusement le personnage historique. Mais il faut encore attendre les Romantiques, Lamartine et Hugo entre autres, pour que le prophète de l'islam bénéficie d'une image positive en Occident. Il est même alors qualifié de personnage

    attachant ! Au XXe siècle enfin, de nouveaux auteurs prennent la liberté de faire de lui un personnage de roman. Avec Driss Chraïbi, Assia Djebar, Salim Bachi, Marek Halter et Salman Rushdie, Mahomet devient imaginaire, de plus en plus éloigné de la figure traditionnelle musulmane.

    La connaissance de la figure de Mahomet à travers la littérature peut éclaircir quelque peu l'horizon assombri par les fanatismes. Car si le prophète de l'islam ne vécut certes qu'une seule vie, les oeuvres littéraires lui ont permis de revêtir divers habits et de montrer de multiples facettes. Un ouvrage courageux, par un auteur qui a fait l'objet d'un procès en Turquie pour blasphème, pour son roman Les Filles d'Allah.

  • " L'urgence, pour les juifs, pour les musulmans, mais aussi pour le pays lui-même, est aujourd'hui à retisser les liens, à renouer le dialogue, en renonçant aux faux-semblants, aux paroles creuses, à la bonne volonté de pur affichage. À dire – à se dire – les choses avec franchise et dans le respect mutuel. Avec un objectif immédiat, qui est le vivre-avec. Sans renoncer pour autant à un autre, plus lointain mais plus ambitieux, faire société au-delà de ce qui nous sépare "

  • Depuis une vingtaine d'années, le monde arabe connaît une vague de conversions au protestantisme, en particulier sous l'influence des évangéliques américains.

    Depuis une vingtaine d'années, le monde arabe connaît une vague de conversions au protestantisme, en particulier sous l'influence des évangéliques américains. Des dizaines de milliers de musulmans et de chrétiens orientaux, du Maghreb au Machrek, se convertissent.

    Bien que tabou, le phénomène est tangible : une Église protestante algérienne subsiste depuis vingt ans sans incident notable. Fait exceptionnel, l'État algérien a même reconnu officiellement, en 2011, l'existence de cette communauté chrétienne composée d'autochtones convertis. Si les situations diffèrent selon les pays, les appartenances de genre, le statut social et les ressources culturelles, le mouvement prend une importance croissante qui témoigne des mutations profondes de la région.

    Dans cette étude unique, sur la longue durée, Fatiha Kaouès nous propose une histoire et un état des lieux sociologique du phénomène. S'intéressant aux cas particuliers de l'Algérie, du Liban et de l'Égypte, elle revient d'abord sur cette " aventure " que constitue, depuis le

    XIXe siècle jusqu'à nos jours, l'installation des missions évangéliques. Elle décrypte ensuite les moyens contemporains de l'" offensive évangélique ", en les illustrant par des parcours particuliers, puis tente de saisir les raisons principales des conversions, mais aussi les enjeux politiques importants qu'elles revêtent, ainsi que leur impact, en retour, aux États-Unis.

  • Les " traditions populaires juives " constituaient pour les tenants de la science du judaïsme (Wissenschaft des Judentums) un domaine marginal en comparaison des études historiographiques, philosophiques et littéraires juives érudites. Les savants allemands entreprirent néanmoins un vaste travail de collecte, d'analyse et de réflexion théorique autour du folklore juif qui contribua à jeter les bases de la discipline. Du XIXe siècle jusqu'à l'aube de la Seconde Guerre mondiale, rabbins, folkloristes amateurs, artistes, collectionneurs et érudits nouèrent ainsi, autour d'enquêtes, de questionnaires, d'inventaires, d'éditions critiques et de l'analyse des sources, de nombreux contacts scientifiques à travers l'Europe, de Paris à Berlin, de Vienne à Budapest... Cet ouvrage éclaire cette histoire, trop peu étudiée, du folklore juif à travers les études ethnographiques, les collections privées, la création de musées, les oeuvres littéraires dans le cadre de la naissance des " littératures nationales " et des combats identitaires.

  • Figure emblématique du monde spirituel ottoman, le derviche tourneur fascine les Occidentaux depuis des siècles. Si la doctrine de la Mevleviye, cette confrérie soufie fondée par Rumi au xiiie siècle, a fait l'objet de nombreux travaux érudits, la vie des derviches, leurs pratiques, leurs rituels quotidiens, demeurent encore méconnus. S'appuyant sur le parcours et l'oeuvre d'Ankaravî (mort en 1631), principal disciple de Rumi, cette étude analyse le soufisme à un moment où le pouvoir ottoman cherche parmi les confréries des responsables à sa décadence. Ecrivain célèbre, auteur de textes savants et mystiques dont l'influence perdure, cheikh du tekke de Galata à Istanbul, Ankaravî a rédigé le Minhâc'ül-fukara, maître-livre de la confrérie, à la fois défense des derviches et véritable manuel initiatique. Alberto Fabio Ambrosio présente, traduit et analyse ici l'ensemble des textes qui permettent de comprendre les pratiques des derviches tourneurs dans leurs formes et leurs structures. Une initiation lumineuse à l'histoire et à la symbolique de la voie mevlevîe.

  • L'islam offre deux visages : celui d'un monothéisme abstrait, où domine la transcendance de Dieu, au risque d'engendrer le fanatisme. Mais aussi, et surtout, celui, plus discret, mais non moins insistant, d'un monothéisme concret, qui valorise la manifestation visible de l'essence de Dieu dans l'apparition sensible des actions divines. Dans cette étude pionnière qui surprendra par sa liberté de ton, Souâd Ayada renouvelle en profondeur notre connaissance des systèmes de pensée qui ont fondé l'islam des théophanies. Un modèle de sagesse aux antipodes de l'austérité coranique, selon lequel Dieu se donne à voir par l'entremise de l'« homme parfait » et par toutes les formes de beauté qui révèlent sa majesté. Réconciliant l'amour, l'intelligence et la connaissance, cette conception de la révélation, notamment portée par le soufisme, préserve l'islam de toute dérive juridique et politique, et accorde à l'art toute sa place. Elle constitue l'antidote que l'islam a lui-même produit pour guérir le mal du dogmatisme et l'intolérance. Dévoilant les impasses et les contradictions du fondamentalisme, dialoguant avec les sources juives et chrétiennes, confrontant le message du soufisme à la philosophie de Hegel ou à la pensée d'Emmanuel Levinas, Souâd Ayada signe un livre essentiel, en forme de plaidoyer pour une approche audacieuse, exigeante et ouverte de l'islam.

  • Le sultan des mois " : c'est ainsi que les habitants d'Istanbul avaient coutume d'appeler le mois de ramadan. Rite religieux marqué par le jeûne collectif de la communauté musulmane et conclu par l'une des deux grandes fêtes de l'islam, le ramadan est devenu au fil des siècles le temps fort de la vie sociale et culturelle de la capitale ottomane.

    Le sultan des mois " : c'est ainsi que les habitants d'Istanbul avaient coutume d'appeler le mois de ramadan. Rite religieux marqué par le jeûne collectif de la communauté musulmane et conclu par l'une des deux grandes fêtes de l'islam, le ramadan est devenu au fil des siècles le temps fort de la vie sociale et culturelle de la capitale ottomane.

    Prenant pour point de départ les réformes politiques et les transformations urbaines du XIXe siècle, le présent ouvrage analyse l'évolution du ramadan dans un environnement pluriel, à une époque de sécularisation et de laïcisation de l'État et de la société. Le mois le plus long entraîne le lecteur au cœur de la métropole ottomane et turque et pose un regard renouvelé sur le " moment ramadan " : sociabilités, loisirs, distractions, spectacles, vie nocturne, rituels politiques, respect du jeûne, transgression, place des femmes dans l'espace public, rôle des non musulmans, etc.

    Après avoir connu un âge d'or vers 1900, le ramadan n'a cessé de régresser dans la vie des Istanbouliotes. Qu'en est-il dans l'Istanbul d'aujourd'hui ? Dans l'épilogue, François Georgeon laisse la parole à Jean-François Pérouse, fin connaisseur de l'Istanbul actuelle, qui décrit les nouveaux aspects du ramadan au sein d'une ville devenue une grande métropole du XIXe siècle.

  • S'interroger sur la place du désir et de la beauté en islam est loin d'être anecdotique tant ces notions y sont taboues et centrales à la fois. Taboues en ce qu'un certain nombre de théologiens fondamentalistes y voient une forme de dévoilement diabolique. Centrales en ce qu'elles sont essentiellement humaines, voire même profondément spirituelles. Par essence, l'islam embrasse de nombreux aspects de la vie et codifie le lien au corps. Et alors que dans une vision dogmatique de l'islam, le désir est une réalité refoulée et donc proscrite, pour Malek Chebel il en est, au contraire, une part essentielle, anticipation du Paradis, et condition du bonheur ici-bas. À travers l'étude de la calligraphie, du tatouage, de l'amour des pierres précieuses, de l'art des jardins, l'auteur nous révèle l'importance du beau en islam, reflet d'une existence de plaisir tout autant que d'une attitude spirituelle. Il est urgent, pour lui, d'initier une nouvelle théologie en terre d'islam, celle de la Raison face à l'idéologie assassine, celle de la Lumière face à l'obscurantisme, celle de la paix face à la monstruosité du crime, celle du désir face à l'interdit. Un véritable traité du bonheur en terre d'islam.

  • Depuis l'an 2000, l'Apocalypse constitue une thématique plus que jamais dans l'air du temps. Catastrophisme ? Angoisse civilisationnelle ? Chimère ? Espérance ? Comment comprendre cette étonnante propension humaine à penser et à préparer la fin du monde ? À travers le renouvellement périodique des figurations d'une fin dernière du monde, cet ouvrage met aussi en lumière un paradoxe : l'eschatologie est créatrice, non d'une fin – toujours ajournée –, mais de renouveaux aux horizons multiples, souvent susceptibles de muer en moteur d'actions dans le présent. Dans cette approche interdisciplinaire aux thématiques variées, une place spéciale est réservée à des religions – zoroastrisme et samaritanisme – jusque-là insuffisamment considérées par les sciences humaines et généralement tenues à l'écart des travaux comparatifs sur l'eschatologie.

  • Sujet brûlant entre tous, l'enseignement des religions à l'école suscite d'intenses polémiques qui, trop souvent, viennent semer la confusion jusque dans les rangs du personnel éducatif. Aussi est-ce d'abord aux enseignants que l'équipe réunie par Jean-Pierre Chantin et Philippe Martin entend proposer des clés pour comprendre et faire comprendre le fait religieux.

    Sujet brûlant entre tous, l'enseignement des religions à l'école suscite d'intenses polémiques qui, trop souvent, viennent semer la confusion jusque dans les rangs du personnel éducatif. Aussi est-ce d'abord aux enseignants que l'équipe réunie par Jean-Pierre Chantin et Philippe Martin entend proposer des clés pour comprendre et faire comprendre le fait religieux. À cette fin, les auteurs ont pris pour point de départ la vingtaine de sujets qui, dans les programmes scolaires de la 6e à la Terminale, abordent directement cette question. Historiens, théologiens, anthropologues et politistes offrent ainsi un panorama complet qui correspond aux grandes interrogations de nos sociétés. Définition de la religion, naissance et diffusion des trois grands monothéismes, origines des textes sacrés, temps des croisades, Réforme protestante, laïcité à la française... Autant de mises en contexte qui éclairent utilement notre connaissance du fait religieux sur le temps long. Dans un souci constant de pédagogie, cette étude peut aussi se lire comme un plaidoyer pour une société plus apaisée.

  • Créatures bicéphales, frères siamois, colosses prodigieux, nains bossus, titans légendaires, ogres faramineux, chimères dénaturées, bêtes fantastiques, croque-mitaines fabuleux, nés des profondeurs obscures de l'eau, de la terre, du péché, du sortilège, de l'impénétrable justice de Dieu, de l'implacable malice du Diable... Ou de l'esprit bizarre de l'homme ? Comment le monstre vient-il à la vie ? Cette question a hanté tous les âges. Elle demeure une clé d'interprétation des imaginaires, des représentations et des cultures. Aussi est-ce dans les coulisses de la création et les arcanes de la reproduction que nous invite Olivier Roux, en inspectant les théories de la monstruosité de l'Antiquité à la Belle Époque, de Socrate et Aristote à Darwin et Freud. Sur plus de vingt siècles, philosophes, médecins, moralistes et théologiens ne cessent de polémiquer aux confins de la raison et de la foi, de la science et de la superstition. Le naturalisme s'oppose à l'exceptionnalisme, l'ordre des choses au désordre de l'univers, et les inventions les plus cocasses aux ratiocinations les plus baroques. Génération spontanée, mixité des espèces, force de l'imagination des femmes enceintes, théories de la ressemblance : de l'enfant monstrueux considéré comme illégitime à la difformité comme sanction morale ou au prodige à valeur prophétique, voici un voyage dans les mentalités dont nous sommes les héritiers. Une somme exceptionnelle.

  • Sous l'impulsion de travaux novateurs, la recherche sur le Coran connaît depuis deux décennies un profond bouleversement.L'élargissement notable des sources (manuscrites, épigraphiques ou archéologiques), l'apport de méthodes d'analyse renouvelées, particulièrement de la réflexion herméneutique, dégagent des problématiques fécondes et ouvrent des perspectives originales.Les chercheurs français et étrangers réunis dans cet ouvrage réinterrogent l'histoire du Coran en s'appuyant sur des sources inédites : manuscrits omeyyades, sources chiites, ou graffitis du désert.Ils examinent les conditions de son émergence dans un contexte qui est celui de l'Antiquité tardive. En questionnant les relations entre le Coran et les traditions scripturaires antérieures, ils parviennent à éclairer le travail de réécriture et de réappropriation de textes bibliques et talmudiques. Les outils de la linguistique leur permettent enfin d'analyser les formes littéraires et la langue du Coran. La relation complexe entre oralité et écriture apparaît ici en pleine lumière, de même que les spécificités de ce texte en matière d'argumentation, de polémique ou de composition

  • Créer des automates, inventer des labyrinthes complexes à s'y perdre, remodeler les lois de la nature et s'envoler vers le soleil : les figures associées à Dédale continuent d'animer nos rêves en dépit d'un essor des techniques qui a transformé ces défis en expériences familières. Le mythe grec du premier artiste-ingénieur mobilise en effet un symbolisme universel en construisant la scène - masculine - des origines de la culture, quand la chute de son fils, Icare, illustre le statut tragique de sa transmission. La culture européenne, des lettres aux arts - peinture, sculpture, musique, danse, cinéma -, a constamment interprété la fable au fil des siècles. Le Moyen Âge marque le mythe du sens chrétien de la faute, alors que la poésie baroque célèbre l'énergique Icare, fils émancipé que tout oppose au fils déraisonnable de l'Antiquité. Du xviiie au début du xixe siècle, les utopies politiques et techniques annexent Dédale et Icare, mais à l'Âge industriel, c'est le seul Icare qui devient à la fois le pionnier de l'aéronautique et la figure impuissante de la sublimation artistique. La culture contemporaine, plus que jamais, retisse la fable. Les artistes découvrent de nouveau la figure de Dédale l'inventeur de labyrinthe en même temps que celle de son autre fils, le Minotaure, part d'ombre des multiples visages de l'artiste. Michèle Dancourt déchiffre l'histoire et les métamorphoses des fictions singulières forgées autour des deux noms mythiques à travers textes et images, et leurs jeux. Elle ouvre des chemins inédits dans le dédale des inventions artistiques, de Gilgamesh à Joyce, du skyphos Rayet à Brazil de Terry Gillian.

  • Un peu partout dans le monde, les antiques traditions religieuses - bouddhisme, christianisme, islam - comme les " nouvelles religiosités " - mouvances sectaires et spiritualités alternatives -, s'accommodent d'une mondialisation économique qui, pourtant, véhicule des valeurs et des logiques apparemment opposées à celles de la religion.Hostiles, par principe mais non dans les faits, aux choses de l'argent et au commerce, les religions n'en ont pas moins été des agents particulièrement actifs du développement des systèmes économiques. En retour, ceux-ci ont contribué à façonner les dogmes et les formes des religions.Mais une révision des rapports entre économie(s) et religion(s) s'impose : depuis les années quatre-vingt-dix, en effet, les analyses et modèles de l'économie politique s'appliquent à la compréhension des nouvelles relations que les individus et les sociétés entretiennent avec le religieux. Lionel Obadia dresse ici un état des lieux inattendu du vaste domaine de ces relations et questionne la pertinence du concept d'économie religieuse - l'économie de la religion et non dans la religion.

  • Comment l'Église catholique, universelle, prônant l'amour, transcendant les cultures et les peuples est-elle devenue l'une des principales puissances du monde occidental ? Quels sont les fondements et l'essence du pouvoir de cette institution gouvernée depuis mille cinq cents ans par un seul homme, l'évêque de Rome ? Comment celui-ci est-il devenu le Pape, empereur de la foi et de la loi, représentant de Dieu sur Terre, souverain pontife auquel plus d'un milliard d'âmes doivent obéissance ?Au prisme de l'histoire, de l'anthropologie du don, de la sociologie et de la philosophie politique, Olivier Bobineau, après avoir étudié les origines juive, grecque et romaine de l'Église, met en perspective de manière inédite les principes du gouvernement pontifical. En une synthèse éclairante, il montre comment l'amour et le pouvoir s'unissent dans le catholicisme et construisent une conception originale de l'autorité. Dans l'empire catholique, à la différence du monde orthodoxe et du protestantisme, le " Dieu des cœurs " côtoie une machine à dogme centralisatrice. Et tel est d'ailleurs son génie à l'échelle planétaire.Élection du pape, concile, civilisation paroissiale, liturgie de la messe, confession, fabrique des saints : le lecteur découvrira pourquoi et comment, par-delà les schismes et les crises du temps, le catholicisme cherche à conserver son autorité sur le cœur des hommes.Un essai magistral sur l'Église et le pouvoir.

  • Depuis son origine, la sociologie s'est emparée de la question de la place des religions dans le monde contemporain et explore avec passion les changements du religieux. Le bouddhisme, qui se développe dans des sociétés éloignées et diverses, constitue à cet égard un terrain fertile pour le chercheur par les possibilités de comparaisons qu'il offre. À partir de données récoltées auprès de trois organisations chan (zen), toutes fondées dans les années 1980 mais situées respectivement en Chine populaire, à Taïwan et en France, ce livre reprend la question de la modernité religieuse sous l'angle spécifique de ses rapports à la temporalité. Dans un va-et-vient subtil entre le Temple Chan Bailin reconstruit sous le régime post-maoïste, la Société Chan Moderne fondée à Taipei dans un environnement urbain, et le Village des Pruniers, centre bouddhique international installé en Dordogne, l'ouvrage montre comment ces acteurs bouddhistes négocient des ajustements entre une temporalité moderne, à la fois réflexive, tournée vers le futur et encline au changement accéléré, et une temporalité religieuse renvoyant essentiellement à un impératif de continuité. Les réformes à l'oeuvre sont ainsi analysées selon quatre dimensions : réinterprétation des lignées spirituelles, reformulation des doctrines, réorganisation des pratiques collectives et reconfiguration des rapports d'autorité. En conjuguant rigueur de l'observation et souci théorique, cette enquête « asiatique » renouvelle avec acuité une question cardinale de la sociologie des religions.

  • Soumises à l'œil de Moscou et au contrôle étroit du fait religieux durant toute la période soviétique, les sociétés centrasiatiques ont longtemps vécu isolées du reste du monde musulman. La fin de l'URSS, en 1991, est venue rompre ce confinement.

    Soumises à l'œil de Moscou et au contrôle étroit du fait religieux durant toute la période soviétique, les sociétés centrasiatiques ont longtemps vécu isolées du reste du monde musulman. La fin de l'URSS, en 1991, est venue rompre ce confinement. Elle coïncide avec l'entrée des nouveaux États d'Asie centrale et du Caucase dans le phénomène de la mondialisation du religieux.

    Étudier dans le temps long l'islam centrasiatique et caucasien, ainsi que l'influence de la Turquie, de l'Iran, de l'Inde et de l'Arabie Saoudite sur les phénomènes religieux de cette zone, telle est l'ambition de cette riche étude qui applique la méthode de l'histoire connectée aux enjeux les plus contemporains de notre monde globalisé. Circulation des hommes et des idées, clivage entre sunnites et chiites, héritages croisés de plusieurs empires, moghol, safavide, ottoman et soviétique, poids des confréries soufies, mausolées faisant de certaines villes de grands lieux de sainteté.... Autant de thèmes abordés par Bayram Balci au fil de ce vaste tour d'horizon, qui souligne également l'influence des organisations prosélytes qui se sont répandues dans tout l'espace post-soviétique.

    À l'heure où l'islam, plus que jamais divisé, suscite controverses et incompréhensions, Bayram Balci nous invite à reconsidérer l'influence de cette religion en étudiant son développement récent dans les confins d'Asie centrale et du Caucase.

    Un essai majeur à la croisée de l'histoire, de l'anthropologie et de la science politique.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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