Calmann-Lévy (réédition numérique FeniXX)

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • D'un bout à l'autre de la planète, des hauts fourneaux surgissent, le pétrole jaillit du sol, les ouvriers s'entassent dans les usines. A travers les cinq continents, les mêmes mots sont employés, les mêmes valeurs proclamées, les mêmes buts visés. Un type de société, la société industrielle, sans précédent dans l'histoire, est en train de devenir le modèle pour l'humanité entière. Tel est le fait décisif qui sert de base au rapport de Raymond Aron et aux colloques de Rheinfelden, qui ont trouvé tant d'échos dans la presse de tous les pays, comme pour témoigner encore de ce caractère universel du temps que nous vivons. Si l'industrialisme est la loi de notre époque, quel est le sens du grand schisme entre les deux sociétés industrielles d'Union soviétique et des Etats-Unis ? La similitude de l'organisation sociale entraînera-t-elle le rapprochement des idéologies, l'atténuation de la rivalité diplomatique ? Comment les sociétés encore peu développées réussiront-elles à s'industrialiser ? Par quelle méthode ? Au-delà de ces controverses sociologiques, les philosophes, savants, juristes, sociologues réunis à Rheinfelden, ont discuté le problème central que pose et qui dépasse la société industrielle : quelle est la valeur de ce nouveau type social ? La production, l'abondance, l'efficacité ne sont pas buts, mais moyens. Le but est la vie bonne, la société bonne. Et par là, l'humanité, aux prises avec le délire technique, retrouve les questions éternelles de Socrate, du Christ, de Bouddha. Robert Oppenheimer, George Kennan, Raymond Aron, Bertrand de Jouvenel, Asoka Mehta, bien d'autres encore, venus de tous les horizons et de toutes les disciplines, retrouvaient une langue commune pour répondre à cette commune interrogation.

  • L'oeuvre de Manès Sperber est de celles où se retrouve, dans toute sa complexité, le thème obsessionnel de ces quarante dernières années : le sens et le destin du socialisme révolutionnaire. Cette oeuvre a la forme, la courbe d'un destin personnel ; mais elle est aussi une perpétuelle mise en question des idéologies et des hiérarchies selon lesquelles nous vivons. Après sa trilogie romanesque - Et le buisson devint cendre (1949), Plus profond que l'abîme (1950), La baie perdue (1953), Manès Sperber réunit aujourd'hui dans Le talon d'Achille une série d'essais qui ont pour sujet majeur la définition d'un humanisme qui permette à l'homme « de vivre en dehors de l'absolu et contre lui ». Homme de gauche, il étudie dans l'essai Positions les effets économiques et sociaux qui ont déterminé l'échec du schéma marxiste. Fidèle à la méthode, - mais non au dogme, - du matérialisme historique, il oppose celui-ci aux idéologues pseudomarxistes qui se soumettent aux fictions d'une publicité tyrannique et jugent les régimes d'après leurs propagandes, constitutions et drapeaux : « Il est temps que le mot idéologie reprenne le sens péjoratif que le marxisme lui donnait jadis, et que ceux-ci se taisent qui interprètent les faits sans les connaître, comme les eunuques enseigneraient l'art d'aimer. » Appliquant, dans La conception policière de l'Histoire, la même méthode, il éclaire le processus par lequel la légende de la trahison devient inéluctablement le contenu impératif de l'idéologie totalitaire et la pratique quotidienne du régime qui s'en réclame. Psychologue, l'auteur analyse la haine totale. Il conclut : « Pour lutter contre cette haine en tant que phénomène social, il faut s'engager dans le combat contre toutes les impostures, religieuses, sociales et nationales qu'une époque fait surgir chaque fois qu'elle hésite à faire face à ses vrais problèmes. » Dans Misère de la psychologie comme dans Les fausses situations et dans le dernier essai - Le public et son âme - il dresse le bilan des mythologies caractéristiques de notre époque. « De toutes les victimes, celles de la séduction sont les seules à se sentir victorieuses. »

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  • Révolution permanente aux États-Unis, l'automation bouleverse la condition humaine, cependant que les opinions continuent à diverger en Europe sur les définitions et sur les conséquences du phénomène. L'Informatique réagit sur l'individu, sur l'entreprise, sur la nation, plus que ne le ferait une guerre civile inter-européenne ou des hostilités planétaires. Si meurtriers que fussent les conflits mondiaux, du moins respectaient-ils certaines notions de travail, de salaire, de politique, de profit, de marché, que la technologie menace d'ébranler. Après avoir démythifié l'automation, Georges Elgozy expose son véritable rôle dans la vie de chacun, aujourd'hui et demain. Ayant dégagé les supériorités respectives de l'homme et de la machine, il révèle les bons et les mauvais usages de l'ordinateur. Personne avant lui n'avait encore confronté les politiques et les réalisations des grandes nations, en informatique comme en automatique, qui constituent désormais les plus sûrs fondements de leur puissance. Pour la France, sinon pour l'Europe, cette comparaison prend forme de réquisitoire. A Georges Elgozy revient, sans aucun doute, le mérite d'avoir élaboré le premier ouvrage général sur le sujet dominant de notre temps.

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  • À nouvelle société, anxiété nouvelle. La mutation industrielle d'une société n'assure pas nécessairement le bonheur de ceux qui la constituent, il semblerait même que les contraintes de l'abondance soient plus exigeantes que celles de la pénurie. Soumis aux à-coups techniques, les travailleurs redoutent à la fois l'inflation et le chômage. A notre époque, ou l'automation entame et modifie le capitalisme libéral et le socialisme orthodoxe, chacun devrait prévoir l'évolution de son environnement, de son travail, de ses loisirs et de ses idées. Néfaste à maints égards, la technologie pourrait guérir bien des maux qu'elle engendre et résoudre, par exemple, la question menaçante de la pollution. Elle pourrait être aussi en mesure de réparer les pires injustices, de pallier les inégalités scandaleuses, de corriger les absurdités excessives. Car il ne faut pas oublier que l'individu importe plus que la société. L'auteur ne se borne pas à définir et à comparer les diverses sociétés contemporaines ; il révèle les éléments qui bloquent leurs évolutions. Il évalue les moyens dont disposent la France et l'Europe pour faire du vieux continent un monde nouveau. Avec humour et gravité, Georges Elgozy dessine à grands traits la silhouette d'une collectivité où les citoyens trouveraient les meilleures chances d'accomplir leur destin.

  • Raymond Ruyer est né en 1902, dans les Vosges. Ancien Normalien, correspondant de l'Institut, il occupe une chaire à l'Université de Nancy. On lui doit, entre autres volumes : L'utopie et les utopies ; Néo finalisme, Le monde des valeurs, La cybernétique et l'origine de l'information.

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  • J'ai choisi, dans ce livre, de parler des problèmes de la vie, seule attitude convenable à un auteur qui se réclame exclusivement de la qualité de biologiste. Un choix s'est imposé parmi les points à envisager, sous peine de déborder le cadre d'un tel ouvrage. On me reprochera sans doute des lacunes. J'ai visé à m'en tenir à ce qu'il est permis de considérer comme les fondements mêmes des processus vitaux. Je les ai répartis en divers chapitres. Dans chacun d'eux, j'ai d'abord procédé à un exposé objectif, en essayant de trouver le juste milieu entre une vulgarisation, qui eût risqué de donner des faits une image schématique et de trahir l'exactitude par trop de simplicité, et un excès d'approfondissement et de technicité. J'ai chaque fois fait suivre cet exposé d'un examen critique où j'ai, pour un temps, abandonné le terrain de la « biologie descriptive » pour pénétrer, non d'ailleurs sans prudence, dans celui de la « biologie spéculative ». Mais cette dernière n'est pas de la « biologie philosophique ». Or, il m'est apparu souhaitable que ce livre se conclue par une synthèse dans laquelle l'esprit et le langage philosophiques prennent le pas sur l'esprit et le langage biologiques. J.-P. Aron, agrégé de philosophie, a bien voulu accepter d'écrire ce dernier chapitre, brève synthèse qui est entièrement son oeuvre. Notre propos est ainsi de permettre à nos lecteurs, non seulement de se familiariser avec les acquisitions réalisées au cours des dernières années à propos des mécanismes essentiels mis en jeu chez le vivant, mais encore de les guider sur la voie des réflexions que ces mécanismes suggèrent. Nous leur présentons les éléments d'une prise de position qu'ils choisiront librement. Quant à nous, nous avons estimé que notre rôle était de suggérer, non de prendre parti.

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  • L'homme ne vit pas seulement de pain, dit-on, suggérant par là une opposition nette entre la nourriture du corps et celle de l'esprit. Or, s'il est vrai que la plèbe romaine réclamait, outre son pain quotidien, les jeux du cirque, on ne peut assimiler ces sanglants divertissements à une nourriture spirituelle. Il y a donc au moins trois sortes de nourritures : le pain, les messages spirituels et les spectacles toniques ou violents. Si les nourritures matérielles alimentent le corps en éléments essentiels à sa vie, si les nourritures spirituelles alimentent l'esprit en idées supposées salutaires, les nourritures psychiques, elles, alimentent les instincts et les appétits de cet ordre en sensations enrichissantes et en spectacles, sans toutefois requérir une adaptation immédiate. À partir de cette idée, Raymond Ruyer se livre à une analyse brillante de la condition contemporaine, et de la condition humaine en général. Au-delà d'un homme désincarné, ou d'un homme englué dans la matière, il brosse le portrait d'un homme vrai, qui ne vit pas seulement de pain et d'idées, mais aussi d'émotions. Ce livre est un plaidoyer en faveur d'une politique du bonheur.

  • Ce n'est pas en trois jours d'août, ni en quelques mois d'hiver, que la Russie et les États issus de l'éclatement soviétique se sont débarrassés de leur histoire. Les démocrates au pouvoir à Moscou doivent, désormais, gérer l'héritage de soixante-quatorze ans de communisme, dont six de perestroïka. Non seulement rien n'est utilisable des ruines désertées par le siècle communiste, mais l'ancien système, entré comme dans le patrimoine génétique des peuples qu'il asservissait, gangrène tout changement. Au final, bureaucratie et corruption apparaissent comme les grands vainqueurs de l'écroulement général. Écrit par l'un des plus fins observateurs de l'univers soviétique, Héritiers du désastre se propose de dresser l'état des ruines comme on ferait, ailleurs, un état des lieux : économie disloquée, démocratie enlisée, société perdue, armée en lambeaux et nations divisées... Tel est le legs étouffant du communisme, qu'il compromet jusqu'à la survie de ses successeurs. Au moins la Russie connaît-elle aujourd'hui la démocratie. Sous l'impulsion de Boris Eltsine, le pays a opéré une rupture radicale avec le totalitarisme - c'est d'ailleurs la différence essentielle avec l'ère gorbatchevienne - et paraît vacciné contre toute tentative de retour en arrière. La tâche de reconstruction est immense. À la lecture de cette impressionnante synthèse, on sait qu'elle peut mener, à chances égales, à la renaissance comme à un nouveau désastre. On sait aussi qu'il faudra du temps pour acclimater la démocratie et le marché et les faire entrer, enfin, dans la vie.

  • Parce que le Japon est un partenaire économique décisif et un acteur majeur du jeu mondial, il est essentiel de comprendre de l'intérieur la métamorphose dont il est le théâtre.

  • Soigneusement évitée par tous, depuis longtemps, la question des universités se pose à nouveau, sur un mode pressant. Inadaptation des locaux et des moyens à une population qui a quintuplé depuis 1968, disproportion entre les filières de lettres et de sciences, faible taux de réussite, incapacité de concilier les impératifs contradictoires du monde moderne. Certes, ce ne sont pas les réformes qui ont manqué ces dernières années. Elles se sont même succédé à un rythme si rapide qu'il importe aujourd'hui de les suspendre provisoirementn pour se donner le temps d'entreprendre une réflexion de fond : que peut et que doit être l'université à l'âge démocratique ? Alain Renaut retrace ici l'histoire des révolutions de l'université, depuis sa fondation médiévale jusqu'aux débats américains contemporains, en passant par le modèle allemand de 1809 et l'élitisme républicain français, autour de 1880. C'est à partir de ce panorama historique qu'il réfléchit à l'avenir de l'institution, et ouvre des perspectives visant à l'intégrer enfin dans le processus de modernisation qui accompagne, depuis deux siècles, la dynamique des sociétés démocratiques.

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