Entreprise, économie & droit

  • Soixante-cinq des plus grands noms de la magistrature, parmi lesquels François Molins, procureur général près la Cour de cassation, ou Jean-Michel Hayat, premier président de la cour d'appel de Paris, mais aussi des juges des enfants, des avocats généraux, des procureurs, des membres du Conseil constitutionnel, du Conseil d'État, du Conseil supérieur de la magistrature, qui officient aussi bien dans des tribunaux de commerce que dans l'antiterrorisme, à Paris en province et en outre-mer, prennent la parole et nous disent ce qu'est rendre la Justice au quotidien... Comment  ? Avec quels moyens  ?
    Chacune de leurs voix se propose de comprendre un pan des rouages de la machinerie judiciaire et de saisir toute la difficulté d'un métier où l'impartialité, l'intégrité, la recherche perpétuelle de ce qui est juste, font loi. Mais nos gardiens de la justice restent des hommes, faillibles parfois, sensibles - car l'humain n'est jamais loin, et s'il peut être la source de cas de conscience cornéliens, il est aussi ce qui permet d'apporter un peu de lumière dans une profession labyrinthique.
     
    Préface de Chantal Arens, première présidente de la Cour de cassation

  • En France, les start-up sont devenues l'objet d'un véritable culte. Elles font rêver les jeunes diplômés comme les investisseurs en tous genres... et les hommes politiques. On s'extasie à juste titre sur les «  licornes  » françaises  : Doctolib, BlaBlaCar, Criteo... Mais ces réussites incontestables sont l'arbre qui cache la forêt des start-up (il y en aurait plus de 10  000  !) - celles pliées aussi vite qu'elles ont été créées, celles qui végètent, puis s'étiolent après un départ fulgurant. Pourtant, ce n'est pas faute de financements  : par l'entremise des business angels et des venture capitalists, l'argent coule à flots dès qu'est prononcé le mot magique de «  start-up  ». Et l'État n'est pas en reste. Pour que la France accède au statut de «  start-up nation  » que le président appelle de ses voeux, il arrose l'écosystème de la French Tech d'aides en tous genres. Pourtant, tout devrait éveiller la méfiance des investisseurs  : les start-up sont évaluées non pas en fonction de leurs profits - inexistants - mais de nouveaux critères non orthodoxes inventés pour les besoins de la cause. Certes, dira-t-on, mais n'est-ce pas la seule façon de voir émerger des Amazon, des Google ou des Uber européens  ? Hélas, plusieurs experts nous expliquent pourquoi l'écosystème français est structurellement incapable de donner naissance à de tels géants. Les start-up sont-elles au moins utiles à l'économie du pays  ? Pas davantage. Petits employeurs, gros consommateurs de subventions, championnes de la précarité, elles font (dans le meilleur des cas) la fortune de leurs seuls fondateurs, qui cherchent à vendre leurs parts le plus vite possible, souvent aux grosses sociétés dont elles «  challengent  » le business model...
    Le crash est imminent, nous avertit Michel Turin. Vous avez aimé l'éclatement de la bulle de l'internet en 2000  ? écrit-il. Vous allez adorer celle des start-ups  !

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    La presse a connu plus de changements ces soixante dernières années qu'en six cents ans. Elle est passée en accéléré du plomb au digital. L'information est devenue immédiate. Cette révolution de l'instantanéité a profondément modifié la façon dont les journalistes travaillent, mais surtout elle a totalement bousculé les habitudes du public. Le paysage ne cesse de se transformer sous nos yeux  : en un quart de siècle, nous avons vu apparaître les sites fixes, puis les smartphones, la vidéo en ligne, les réseaux sociaux et maintenant l'intelligence artificielle.
    On a pu mesurer avec la crise des Gilets jaunes, l'ampleur de la révolution en cours. Facebook a permis au mouvement d'émerger et de donner la parole à ceux qui ne l'avaient jamais eue. Une sorte de nuit du 4  août durant laquelle les journalistes ont perdu une part de leur privilège d'informer. Mais les réseaux sociaux ont aussi été un vecteur de propagation des fake news et de l'hystérisation du débat politique.
    L'issue de cette révolution est bien incertaine. Assistera-t-on à la victoire de l'écran comme nouveau support de l'écrit  ? La presse papier est-elle condamnée  ? Quels titres survivront dans la tempête  ? L'histoire est en marche.
    C'est l'histoire de cet incroyable big bang que vous racontent de l'intérieur Francis Morel, patron de presse, au Figaro, aux Échos puis au Parisien et Jean-Michel Salvator, qui a appartenu aux directions des rédactions d'Europe  1, du Figaro et de BFMTV.

  • J'accuse
    l'économie triomphante
    On nous dit que l'économie gouverne le monde, qu'elle est la Vérité révélée et qu'on ne saurait échapper aux Tables de la loi du marché. Quiconque conteste cette idole des temps modernes, cette religion fanatique à laquelle toute l'humanité devrait se soumettre, est immédiatement traité d'irresponsable.
    Le citoyen Jacquard se révolte : avec ce dogme de l'« économisme », l'humanité va « droit dans le mur ». On ne résout pas les problèmes humains avec des chiffres et des courbes, sauf à produire les catastrophes que nous connaissons tous : l'augmentation vertigineuse du nombre de chômeurs et de pauvres, à qui l'économisme n'a que de belles promesses à vendre.
    Le scientifique Jacquard démonte la pseudo-science des ayatollahs de l'économie. A partir d'exemples précis et vivants (l'emploi, le logement, l'agriculture, l'environnement...) il dénonce les impasses dans lesquelles nous nous sommes engagés et appelle à une révolution des comportements.
    Chaque être humain est unique, irremplaçable : nul ne peut être exclu sous prétexte qu'il ne « sert » à rien. Il fallait le courage tranquille d'Albert Jacquard pour oser dire cela aujourd'hui.
    Albert Jacquard, économiste et scientifique, auteur de plusieurs ouvrages qui ont fait le tour du monde, mène depuis quelques années, aux côtés de l'abbé Pierre, un combat acharné en faveur des sans-abri.

  • La bataille judiciaire est sortie des prétoires, elle se joue désormais aussi bien dans l'arène médiatique que sur les réseaux sociaux : il s'agit souvent de gagner l'opinion publique à sa cause, plus que de convaincre le juge. Les ténors du
    barreau n'hésitent plus, pour certains, à fouler aux pieds le secret de l'instruction ou la présomption d'innocence. Les plus courtisés par la presse, entraînés par des communicants chevronnés, vont jusqu'à divulguer les procès verbaux pour contrer la partie adverse, empêcher un non-lieu ou peser sur le travail des magistrats. Le jeu est risqué. Quelques-uns s'y sont brûlé les ailes...
    Dans un monde où la communication est devenue une arme de destruction massive capable d'infléchir le cours d'un procès, les grands fauves du barreau
    aiguisent leurs griffes et rugissent d'autant plus fort.
    Au terme d'une longue enquête au coeur des palais de justice et dans les coulisses des cabinets, Valérie de Senneville et Isabelle Horlans ont mis au jour les stratégies, les méthodes et les secrets des plus illustres avocats, tels Éric Dupond- Moretti, David Koubbi, Jean Veil, Georges Kiejman ou encore Henri Leclerc.
     

  • Du Moyen-Âge aux gilets jaunes, les révoltes fiscales jalonnent l'histoire de France. Au-delà de leur violence, ces mouvements portent une vraie réflexion sur la philosophie de l'impôt, la place de l'État et la liberté des personnes. Il y a les émotions populaires et spontanées, et il y a les révoltes structurées et organisées, qui refusent l'omnipotence de l'État. C'est que l'impôt dit beaucoup du rapport de l'homme à la société. Celui-ci doit-il uniquement servir au financement des activités régaliennes ou bien doit-il être l'instrument de la redistribution des richesses et de la construction des personnes par l'État  ? La discussion est âpre et nombreux sont les penseurs à débattre d'une juste théorie de l'impôt.
    De l'Antiquité à Margaret Thatcher, de Richelieu à Emmanuel Macron, les auteurs content l'histoire de ces révoltes fiscales qui ont contribué à façonner le monde contemporain. En convoquant les grands auteurs et en réfléchissant à la finalité de l'impôt, ils proposent aussi une analyse de ce à quoi pourrait ressembler un impôt juste. Car avant de prélever, l'État doit au préalable définir son champ d'intervention et circonscrire ses dépenses. À l'heure où la France est embourbée dans le débat fiscal, cet ouvrage permet de prendre de la hauteur et offre une réflexion vivante sur l'impôt, à travers son histoire et ses théories.
     
    Victor Fouquet est doctorant en droit fiscal à Paris 1 Panthéon- Sorbonne et chargé de mission au Sénat. Il a publié La Pensée libérale de l'impôt  : anthologie chez Libréchange en 2017.
     
    Jean-Baptiste Noé est docteur en histoire économique et chercheur associé à Sorbonne-Université. Il a notamment écrit La Parenthèse libérale. Dix-huit années qui ont changé la France chez Calmann-Lévy en 2018.

  • « Écoutez-moi ! Je me nomme Pierre Victurien Vergniaud. Je vous parle d'outre-tombe. Je fus traduit  le 24 octobre 1793 devant le Tribunal révolutionnaire avec vingt autres députés de la Convention sous l'accusation d'une conspiration imaginaire contre l'unité et l'indivisibilité de la république, la liberté et la sûreté du peuple français ».
    On les appelait les Girondins, et bien sûr Vergniaud, l'avocat qui était leur leader charismatique, n'eut pas l'occasion de proférer ces paroles, car au bout de deux séances houleuses qui tournèrent à leur avantage, le tribunal aux ordres de Robespierre décida de les envoyer directement à l'échafaud sans autre forme de procès. Ainsi périrent des élus qui avaient été parmi les premiers artisans de la révolution,  mais qui avaient eu le tort de s'opposer à la Terreur.
    Michel Laval a retrouvé les notes que Vergniaud a prises en prison pour préparer son procès. Il lui donne ici, enfin, la parole dans un plaidoyer lucide et  émouvant  qui non seulement récuse les accusations absurdes portées contre les Girondins, mais fait la démonstration politique que le pire ennemi de la révolution fut la minorité extrémiste qui s'afficha comme son seul représentant légitime.  Et pose la question : toutes les révolutions sont-elles donc condamnées à finir en bain de sang ?
     

  • En rupture avec tant de restaurateurs grincheux, qui râlent contre les impôts et les charges, dénigrent les fournisseurs et arnaquent les clients, Xavier Denamur brise la langue de zinc.
    Il raconte son quotidien, en cuisine et en salle, les marges, les embauches et les prud'hommes, ne cachant rien des dessous-de table et des méthodes peu ragoûtantes du milieu de la restauration. Il dit comment, en faisant le choix du « vrai fait maison » pour le plaisir de ses clients et en acceptant de bien payer et de déclarer ses équipes, il a pu donner une âme à sa petite entreprise. Tout le contraire du modèle dominant « low cost », imposé par les cupides de l'agroalimentaire surgelé qui ont piégé la restauration indépendante et saccagent la planète.Avec l'esprit pratique du petit commerçant et l'exigence du citoyen, Xavier Denamur propose d'agir, avec tous les insurgés qui militent déjà pour faire trembler le système, afin de mieux vivre, mieux partager, et s'en sortir ensemble

  • PERSPECTIVESDE L'ECONOMIQUE« Philosophe », « économiste », mais également intendant et ministre, Turgot, figure protéiforme, est l'un des exemples les plus remarquables d'un xviiie siècle universitaire.Sa contribution à l'analyse économique dépasse cependant les frontières de son temps. Théoricien de l'équilibre avant la lettre, il est le continuateur d'un autre Français, Boisguillebert, dont il prolonge les vues sur le fonctionnement du marché et des prix. Précurseur du calcul économique, il présente une formulation originale des rendements décroissants.Turgot cependant n'est pas un économiste en chambre et les fonctions qu'il occupe lui offrent autant d'occasions de mettre ses idées à l'épreuve des réalités sociales. Sa carrière se trouve jalonnée d'expériences administratives. Organisation des professions, élaboration de politiques sectorielles (l'agriculture, bien sûr, mais également le commerce), projets fiscaux, programmes d'équipements collectifs, autant de tâches qui confèrent aux réflexions de Turgot un accent de modernité.Mais, par delà le détail de ces textes nécessairement fragmentaires, l'ensemble de l'oeuvre de Turgot traduit une impression commune dont Bernard Cazes a dégagé dans sa préface les principales caractéristiques philosophiques : sensibilité aux mutations, qui constituent l'histoire et esprit de réforme exempt de dogmatisme.

  • Moins connus que les crises financières qui attirent les feux de l'actualité, les problèmes posés par les dérèglements du commerce mondial n'en sont pas moins dommageables. Derrière la rhétorique des négociations internationales et l'apparence, souvent trompeuse, des statistiques du commerce extérieur, une réalité s'impose : 50 % des transactions mondiales échappent aujourd'hui au libre échange. C'est sur ce constat brutal, que débute le livre courageux et documenté de François David. Il recense ainsi la liste impressionnante des produits qui se négocient en dehors des règles du marché et des zones, où les transactions s'effectuent hors marché. Mais son propos n'est pas, seulement, de décrire les différents aspects de cette évolution. Il émet également un diagnostic, convaincant par sa simplicité. Si les efforts, menés sans relâche par les organismes internationaux (G.A.T.T., C.N.U.C.E.D., O.N.U., etc.), ont presque toujours échoué, c'est parce qu'ils ont laissé de côté trois grands absents : la monnaie, l'énergie et les services. Or, c'est à travers eux que s'introduisent, le plus souvent, les formes les plus subtiles et les plus efficaces du protectionnisme contemporain. Il n'est, pour s'en assurer, que d'observer les pratiques monétaires de certains pays, et la plupart des politiques énergétiques actuelles. Faut-il encore, dans ces conditions, tenter d'instaurer, si ce n'est de restaurer, le libre échange de plus en plus mythique et inaccessible ? Telle n'est pas la solution préconisée par l'auteur qui pense, au contraire, de manière réaliste, qu'en période de tensions internationales, c'est le commerce qui dépend des investissements productifs, et non l'inverse. C'est pourquoi, les remèdes aux désajustements mondiaux doivent être recherchés au niveau de l'organisation productive des différents secteurs.

  • Rejetant les définitions de Gustave Flaubert et de Jules Renard : On appelle bourgeois quiconque pense bassement, et Les bourgeois, ce sont les autres, Georges Elgozy qualifie de bourgeois quiconque possède quelque bien ou quelque pouvoir. De cette bourgeoisie, désormais majoritaire dans les pays industrialisés, il dénonce la caractéristique la plus révélatrice : l'irréductible instinct de domination, qu'il justifie cependant par la volonté de chacun d'échapper à la domination des autres. Un seul être commande et tout est salopé. De fait, un supérieur dont on dépend, oblitère la joie que l'on pourrait éprouver à commander cent ou mille subalternes. L'auteur n'a aucune peine à démontrer que nous sommes tous des socialistes français : la majorité de nos concitoyens, qui récuse le marxisme, aspire sincèrement à plus de justice et de liberté, à plus de responsabilité et de dignité. La société post-libérale que préconise l'auteur n'a point d'autre évangile : conjuguer, au présent comme au futur, liberté et socialisme. Parmi les valeurs nouvelles de cette éthique sociale, Georges Elgozy privilégie les libertés plurielles, face à une administration multiple et à une singulière technocratie, ainsi que face aux syndicats, aux partis, aux ordinateurs. Assurément, une sécurité absolue et généralisée ne se substituera point à celle que l'État doit accorder aux épaves sociales ; un égalitarisme de système finirait par faire disparaître tout sentiment de responsabilité chez nos concitoyens. La société post-libérale que nous propose Georges Elgozy, au contraire, se devra de répartir le plus de responsabilité possible au maximum de Français. Il s'agira, pour nos politiques et pour nos technocrates, non point d'empêcher les gens de s'occuper de ce qui les regarde, selon l'expression de Valéry (Paul) - mais d'inciter les gens à s'occuper eux-mêmes de ce qui les regarde.

  • Depuis plus de dix ans, on a usé et abusé du terme crise pour désigner, sans précaution, les manifestations mal définies, et souvent contradictoires, des dérèglements économiques actuels. C'est le contrepied de cette démarche qu'ont choisi d'adopter Michel Aglietta et Anton Brender, lorsqu'au terme d'une analyse historique rigoureuse et approfondie, ils se trouvent conduits à préciser les caractéristiques propres de la crise de la société salariale. Après avoir identifié le rôle et la hiérarchie des principaux acteurs sociaux [...] et dégagé la dynamique des pratiques de normalisation [...], ils diagnostiquent une crise de développement. [...] Cette mutation inéluctable de la société salariale engendre-t-elle, nécessairement, des contradictions irréductibles entraînant, à plus ou moins longue échéance, la régression sociale ? Tel n'est pas l'avis des auteurs qui démontrent, au contraire, que, si l'évolution du progrès technique constitue une tendance lourde à laquelle il serait vain de s'opposer, elle laisse cependant une marge de manoeuvre aux responsables politiques dans l'aménagement des conditions concrètes d'assimilation sociale de cette nouvelle culture technique. C'est pourquoi, l'horizon leur apparaît aussi riche de promesses d'émancipations individuelles que de menaces sociales. Appliquant leur grille d'analyse aux particularités de notre pays, Aglietta et Brender dégagent, en conclusion, les grandes lignes d'une France en projet, qui impliquent un renouvellement du système d'éducation et de formation et passent par un infléchissement volontaire des relations industrielles dans la direction d'une valorisation du travail. Sans contenir de programme politique au sens étroit du terme, cet ouvrage rassemble un ensemble cohérent de réflexions en forme de propositions pour maîtriser, selon le voeu des auteurs, l'avenir de la société salariale.

  • Animés d'une volonté de changement, nos dirigeants ont décidé, à la suite d'une longue série de changements dans divers secteurs, de réformer l'entreprise. Or, l'entreprise, organisme privé d'intérêt public, est le coeur même d'une société dont elle encaisse de plus en plus mal les coups, les à-coups, les contrecoups. Plus que de réforme, c'est de sauvetage qu'il devrait être question. Victime des pesanteurs sociologiques et de l'énergie de la crise, l'entreprise est en péril. On peut craindre que, sous les coups de pouce des gouvernants, et sous les coups de force des syndicats révolutionnaires, l'entreprise-panacée ne finisse par assumer la plupart des fonctions dévolues jusqu'ici aux organes de la cité ou de l'État. Nos entreprises réformées ne se changent-elles pas, progressivement, en paroisse, en marché, en maison de la culture, en université, et même en forum ? De ce séisme de réformes pourrait bien jaillir une éruption de paternalisme à odeur de soufre. Les secousses des revendications systématiques précipiteraient ainsi le salariat dans les crevasses de l'ère tertiaire, ou dans les culs-de-basse-fosse d'une féodalité plus contraignante que l'État. D'autre part, les menaces de chômage et les maléfices des mauvaises gestions ne disparaîtront pas comme par magie à l'arrivée de membres du prolétariat dans les conseils de surveillance... Les désenchantements ultimes accablent toujours l'homme à proportion de ses enchantements initiaux. Par l'auteur du Bluff du futur et du Désordinateur.

  • Le 17 mars 1986, la démission d'Yvon Chotard de la présidence de la Commission sociale du C.N.P.F. a surpris tout le monde. Toutefois, il était clair pour chacun que ce geste n'était pas un abandon de poste, mais bel et bien un nouvel engagement. C'est à vingt-quatre ans, au sortir de la guerre et de la Résistance, qu'Yvon Chotard crée son entreprise, les Éditions France-Empire. Puis, très vite, il multiplie ses activités : en 1952, il fonde la Jeune Chambre économique française, qu'il préside jusqu'en 1956 ; de 1965 à 1970, il est à la tête du Centre chrétien des patrons et dirigeants d'entreprise français ; depuis 1964, il siège au Conseil économique et social, où il préside le Groupe des chefs d'entreprises privées depuis 1981. En 1969, il crée sa seconde maison d'édition, Chotard et associés Éditeurs, dont la vocation première est de servir la gestion des entreprises. Il poursuit dès lors son engagement professionnel à la tête du Syndicat national de l'édition, ainsi que du Cercle de la librairie. En 1971, il est appelé à la présidence de la Commission enseignement-formation du C.N.P.F. Un an plus tard, il est président de la Commission sociale et vice-président de l'organisation patronale. Pour ce père de huit enfants, fidèle à la doctrine sociale de l'Église, débute un long parcours, où il s'affirme un négociateur social hors pair. En quatorze ans, il a su conquérir l'estime des syndicats, et imposer sa personnalité au public : redoutable partenaire, qui sait garder son calme pour laisser, à point nommé, éclater une terrible colère. Dans ce livre, Yvon Chotard s'explique sur son action, et expose les diverses conceptions de l'organisation patronale. Refusant la stérilité des polémiques, il garde les yeux fixés sur l'avenir du C.N.P.F. et son rôle dans la nation : C'est sur ce terrain, conclut-il, que doit se situer la discussion. J'ai tenu à apporter le fruit de mes réflexions. Je suis prêt au débat.

  • Pour quelles raisons le miracle japonais semble-t-il aujourd'hui se perpétuer, tandis que l'économie soviétique reste toujours en deçà de ses promesses ? Pour Anton Brender, cette différence de performances n'illustre pas, comme on le répète trop souvent, la supériorité de l'économie de marché sur l'économie planifiée, mais révèle plutôt le rôle déterminant, quoique méconnu, joué par les intermédiaires dans le fonctionnement de tout système économique. Car marchés et plans sont des abstractions qui ne se réalisent qu'à travers des réseaux concrets de communication et décisions entre les divers agents économiques. Or, le fait que les marchands japonais excellent, là où les fonctionnaires soviétiques échouent, ne signifie pas que les objectifs poursuivis par la société nippone soient mieux définis que ceux de l'U.R.S.S., mais montre seulement que l'économie japonaise est plus efficace que l'économie russe. Est-ce à dire que le projet socialiste se trouve pour autant remis en cause ? Tout au contraire, puisqu'il se définit lui-même comme une coordination consciente et volontaire des aspirations sociales. Mais son succès dépend de son aptitude à se doter d'un véritable appareil cybernétique, seul capable de transformer ces objectifs ambitieux en réalités palpables. À l'heure des choix de société et du socialisme en question, l'ouvrage de Brender offre donc une perspective nouvelle pour la réflexion et l'action. S'appuyant sur une analyse - rigoureuse et approfondie - des exemples japonais et soviétique, il fait apparaître, en conclusion, comment pourraient être utilisées, en France, dès maintenant, certaines institutions comme la Banque Centrale et le système bancaire, pour promouvoir cette régulation cybernétique, essentielle à l'avènement d'un socialisme à visage humain.

  • Les auteurs ont consulté trente-quatre chefs d'entreprise et leur ont posé toutes les questions relatives à leur activité. De cette enquête, ils ont tiré une théorie originale sur le métier de patron.

  • Après un examen critique approfondi des théories dominantes, l'auteur développe une analyse originale, testant la validité de son approche sur le cas récent des parités entre le franc et le dollar

  • Le Capital est-il un livre de science économique ? Pour renouveler cette question, Gérard Maarek entreprend de soumettre le texte de Karl Marx à l'épreuve logique de la formalisation mathématique. Cette lecture du Capital, au moyen des concepts de l'économie mathématique contemporaine, fournit le point de départ d'une confrontation inédite, entre la théorie économique de Marx, et la pensée néo-classique aujourd'hui dominante. Cette investigation conduit à réinterpréter l'apport de Marx à la science économique, de façon radicalement différente de celle à laquelle nous sommes accoutumés. Marx se présente, en effet, comme un théoricien de l'équilibre, dont les Schémas de la reproduction, simples et élargis, constituent la première problématique complète. Il apparaît également comme l'initiateur de l'analyse des conflits, c'est-à-dire l'ancêtre lointain de la théorie économique des jeux, à travers sa formulation de l'exploitation sociale. Une telle présentation, qui met systématiquement l'accent sur les éléments de continuité de la pensée de Marx, par rapport à la science économique contemporaine, irritera sans doute tous ceux qui cherchent, au contraire, dans la critique de l'économie politique, les éléments de rupture. Elle fournit, en tout cas, un témoignage original de l'actualité du Capital.

  • Depuis la décision historique du Président Nixon, en 1971, de détacher le dollar de toute référence à l'or, il n'y a plus de système monétaire international. Les déficits des balances de paiement s'accumulent et l'endettement mondial prend des proportions inquiétantes, en dépit d'un flottement, devenu presque général, des changes. Les monnaies se déprécient les unes après les autres. Désormais, la vraie dimension de l'inflation est internationale. Pour expliquer cet enchaînement, Bernard Schmitt propose une analyse précise et complète, qui s'attache à rechercher les causes profondes du phénomène. Il démontre que l'or, et les différentes monnaies de crédit, qu'elles soient nationales ou internationales, successivement ou conjointement utilisées pour financer les soldes extérieurs, ne possèdent en réalité aucun pouvoir d'achat sur le marché international. Tout au contraire, le recours à elles dans les transactions internationales entraîne de faux paiements qui sont à l'origine de l'inflation mondiale. Il en résulte que la solution des troubles actuels ne peut, en aucun cas, être trouvée dans le retour à l'or, ou dans une quelconque redéfinition des monnaies-clé (étalon-dollar, étalon-mark, etc.). Mais le livre du Pr Schmitt ne se contente pas de condamner sans appel les subterfuges et les faux remèdes. Il propose en conclusion le mécanisme de création d'une véritable monnaie internationale, sur une base à la fois plus large et beaucoup plus simple que les actuels droits de tirages spéciaux (D.T.S.). Seule cette monnaie internationale serait susceptible de garantir la valeur et, par conséquent, le pouvoir d'achat international des différentes monnaies nationales. C'est pourquoi elle fournit en définitive, aux yeux de l'auteur, le meilleur gage pour le maintien des souverainetés nationales.

  • Concurrence pure et parfaite, information complète des agents, transparence des prix et des coûts, autant d'expressions courantes du langage économique, qui rappellent que la connaissance et le contrôle des phénomènes économiques renvoient à la notion de perfection. Or, c'est l'inflation, le chômage et l'incertitude que l'on observe le plus souvent dans le monde réel. Le constat de ce décalage peut conduire, logiquement, à deux positions épistémologiques différentes. La première, à la fois radicale et sceptique, conclut sans procès à l'inadaptation congénitale du raisonnement économique à rendre compte de la réalité. Elle tire un trait rapide sur deux siècles de recherche scientifique, et n'offre aucune solution alternative. Telle n'est pas celle du Pr Henri Guitton, qui adopte la seconde. Fort d'une expérience de quarante années d'enseignement et de recherches, il montre avec minutie que les ajustements, les déséquilibres et autres dysfonctionnements de la vie économique sont, au contraire, susceptibles d'une étude rigoureuse qui, sans renier les principes fondateurs de l'économique, en enrichissent au contraire l'objet et les méthodes. C'est donc à une révision en profondeur des principaux concepts, que nous convie l'auteur qui, dans un langage clair et précis, n'épargne ni l'analyse du marché, ni celle de l'équilibre dans ses multiples facettes. Méfiant à l'endroit des doctrines naïvement simplificatrices, il ne verse pas, pour autant, dans un éclectisme généralisé. Par-delà ces critiques, son ouvrage offre en conclusion le panorama d'un savoir économique renouvelé, où le désordre et l'entropie prennent la place occupée jadis par l'ordre, et le circuit celle qui revenait au marché. À travers ces propositions positives, s'ébauche une réflexion plus générale d'Henri Guitton, qui jette les bases d'une philosophie des insuccès, en entreprenant l'éloge original de l'imperfection créatrice.

  • Au moment où l'équilibre économique international se trouve remis en question, et où l'on invoque un nouvel ordre économique mondial, les outils d'analyse traditionnelle de la théorie économique apparaissent à la fois pauvres et inadaptés. Entre les modèles abstraits d'échanges extérieurs qui remontent à J. Stuart Mill, et les études ponctuelles sur le fondement des firmes multinationales, la distance ne cesse de se creuser dangereusement. C'est en réaction contre une telle situation, que s'inscrit l'ouvrage de W. Andreff. Partant des secteurs de production de l'économie mondiale, il propose une nouvelle grille d'interprétation, où les comportements des unités de production multinationale se trouvent expliqués dans un schéma d'ensemble des relations commerciales et financières entre les différents secteurs. Cette démarche conduit l'auteur à distinguer trois principaux secteurs de production, qui correspondent respectivement à des taux de profit différents. Il observe ensuite une stabilité significative de la hiérarchie de ces taux de profit au cours des années 1950-1970. Ainsi, la croissance de l'économie mondiale au cours des vingt dernières années s'est-elle accompagnée d'une structure caractéristique des taux de profit, observable tant en France qu'aux États-Unis. L'auteur propose d'y voir une règle fondamentale de régulation du capitalisme au cours de cette période. Mais la recherche de W. Andreff ne se borne pas à ces considérations intéressantes, mais rétrospectives. Elle met en évidence, depuis 1973, différents signes annonciateurs de la fin de cette hiérarchie des taux de profit. Perturbation passagère, simple ajustement ou, au contraire, mutation profonde et irréversible ? C'est à cette question que s'attache à répondre, dans sa conclusion, le livre toujours stimulant de W. Andreff.

  • Le marxisme est à l'ordre du jour. Conquérant dans l'Université, mis à contribution dans les sciences sociales, il reste au coeur des débats politiques. Mais son succès est ambigu. Car il est, en France, l'objet de coups de foudre épisodiques. Daniel Lindenberg a voulu expliquer ce phénomène, en retrouvant les jalons de l'histoire de la diffusion du marxisme, recherche qui, curieusement, n'avait pas été faite. Depuis 1880 jusqu'à nos jours, le marxisme a été morcelé entre une doctrine savante - réservée aux intellectuels - et une pratique d'organisation appliquée par le mouvement ouvrier. Quelles sont les raisons de ce clivage ? L'auteur les a découvertes, en analysant les résistances au marxisme, organisées dans l'Université et au niveau politique. Ce livre a le mérite de rappeler les noms de Georges Sorel et de Lucien Herr, dont l'action a préparé l'oeuvre des Nizan et des Politzer.

  • Savez-vous qu'il existe un permis blanc, qui autorise certains automobilistes à circuler, même en cas de suspension de permis ? Savez-vous que la notice du fabricant des radars, énumère les cas où la validité d'un contrôle peut être remise en cause ? Savez-vous que le seuil de l'alcoolémie est de 0,8 g, mais que l'alcootest a été conçu de façon à virer à 0,5 g ? Savez-vous que, dans un grand nombre de cas, vous n'avez pas à payer les contraventions infligées pour dépassement de temps aux parcmètres ? Savez-vous comment acheter une voiture neuve au meilleur prix, une voiture d'occasion aux meilleures conditions ? Savez-vous comment parer aux factures abusives des garagistes ? Savez-vous que la clause défense recours des compagnies d'assurance n'est nullement destinée à protéger les intérêts des automobilistes ? Savez-vous tout cela ? Connaissez-vous tous vos droits ? Non ? Alors, lisez le Guide de défense de l'automobiliste et conservez-le dans votre voiture. Vous ne serez jamais en panne d'arguments pour vous défendre.

  • Trop d'impôts, trop de cotisations sociales, trop de prélèvements obligatoires ! L'allergie fiscale est une réaction répandue chez les Français. Il est difficile, cependant, de découvrir le remède approprié. Faire des économies ? Indubitablement. Dans la fonction publique, la protection sociale, les collectivités locales, les entreprises nationalisées. Mais l'application d'un tel régime, seule, est insuffisante. Il faut également favoriser la croissance, par une vigoureuse politique d'aide à l'investissement privé. Privilégier le travail, l'effort, la compétitivité. En bref, diminuer le poids de l'État dans l'économie. En faisant le bilan de santé de notre système fiscal, Philippe Auberger propose, avec clarté et simplicité, comme le dit Jacques Chirac dans sa préface, un véritable programme de rétablissement face à la crise. Il préconise d'adapter nos institutions aux exigences d'une démocratie moderne, de laisser davantage d'initiative et de responsabilité aux citoyens, et de leur permettre de s'exprimer plus souvent. Un livre concret, constructif, et une solution au blocage actuel de l'économie française.

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