Circuit, musiques contemporaines

  • L'édition automnale de la revue Circuit s'intéresse à l'usage de la microtonalité dans la musique moderne et contemporaine occidentale et ainsi au legs du compositeur russe et pionnier microtonal Ivan Wyschnegradsky. Philippe Leroux témoigne du rôle crucial joué par Wyschnegradsky dans l'éveil d'une génération de compositeurs à la question microtonale, tandis que la compositrice Pascale Criton, dans une entrevue avec la musicologue Sharon Kanach, illustre comment son propre langage est redevable à l'oeuvre du Russe. Dans un second entretien, le compositeur Michel Gonneville se confie à Jimmie LeBlanc au sujet de la place de la microtonalité dans son propre catalogue. La violoncelliste et compositrice Émilie Girard-Charest aborde ensuite la question de l'ergonomie de l'interprétation dans les oeuvres microtonales. Deux textes plus théoriques closent le numéro. Landon Morisson analyse Ein Schattenspiel de l'Autrichien Georg F. Haas et Paul Bazin démontre, pour sa part, comment Régime 11, Type A de Bruce Mather est profondément ancrée dans les principes théoriques de Wyschnegradsky.

  • Chez un Fausto Romitelli (1963-2004), compositeur franco-italien disparu trop tôt il y a de cela déjà dix ans, à l'âge de 41 ans, la culture populaire (le rock ou la bande dessinée) est un horizon inébranlable à partir duquel il construit son univers inouï. Comme la plupart des auteurs de ce numéro l'affirment, le rock ne sert pas tant de modèle sonore à sa musique [...], mais plutôt de modèle éthique [...]. En cela, l'attitude de Romitelli nous rappelle, malgré toutes les différences, celle d'un autre révolté insolite: Frank Zappa. Par conséquent, ce numéro constitue en quelque sorte le pendant de celui consacré par Circuit au guitariste américain en 2004. - See more at: https://www.sodep.qc.ca/numero/circuit_-_numero_3_-_hiver_2015/#sthash.a1i73qCj.dpuf

  • « La musique des objets » explore l'univers inouï de musiciens actifs sur la scène québécoise, canadienne et internationale qui font de la musique avec des objets du quotidien. Sont décrits comme « patenteux » des créateurs comme Nicolas Bernier, Jean-François Laporte et le groupe Sonde, qui font de la musique en bricolant, détournant, inventant et transformant leur environnement. À lire aussi, l'analyse spectromorphologique de ­La plénitude du vide­ de Jean-François Laporte par Cléo Palacio-Quintin et le compte-rendu de Maxime McKinley du documentaire de Caroline Martel ­Le chant des ondes : sur la piste de Maurice Martenot­.

  • Nul besoin d'insister sur le fait que notre époque est imprégnée d'une inquiétude profonde quant à la survie de notre planète face aux diverses atteintes - récentes ou non - à sa santé écologique. Même si la musique est le plus immatériel des arts, les musiciens ne se sentent pas moins concernés que les autres artistes par la terre menacée. Ce numéro explore des projets de compositeurs se réclamant d'un point de vue explicitement écologiste, notamment les événements Balance/Unbalance, « art! x climate » et EChO de Ricardo Dal Farra, le festival Ear to Earth lancé par l'électroacousticien et historien Joel Chabade et la méthode de composition « écomimétique » de Charles-Antoine Fréchette, entre autres.

  • Ce n'est pas par hasard si le compositeur John Zorn a choisi de nommer Tzadik, la maison de disques qu'il a fondée à New York en 1995 et qui arbore comme emblème la 18e lettre de l'alphabet hébraïque:

  • Consacrer un numéro à John Rea n'est pas chose aisée : si les collaborateurs de Circuit ont l'habitude de traduire en mots les sons inouïs d'oeuvres de création, le musicien qu'est Rea est tout sauf silencieux quant aux couches de significations que recouvrent ses oeuvres. Parmi les articles de ce numéro, nous découvrons un portrait intellectuel de ce « musicien-pensif » de façon hautement originale, soit en parcourant la bibliothèque du compositeur. Dans l'enquête préparée par Maxime McKinley, divers acteurs de la scène canadienne de musique contemporaine partagent leurs souvenirs de leur ami, mentor, collègue et/ou collaborateur. Mais la charpente du numéro siège au creux de deux articles signés par John Rea lui-même : deux entretiens avec le musicologue renommé Ferdinand Larven Niemantz, prolongeant de la sorte un premier dialogue publié dans le vol. 9, no 2 (1998) de la revue. Les illustrations de Nicholas Voeikoff-Erens complètent le dossier thématique par un jeu sur une mise en abyme des numéros de Circuit : quel meilleur hommage est-il possible de concevoir pour ce compositeur porteur de masques?

  • Dans ce nouveau numéro, Circuit porte un regard sur le métier de compositeur dans le contexte québécois en ce début de XXIe siècle, et aborde en filigrane les questions de l'identité, de la singularité et celle de l'exercice de cette profession, notamment selon le milieu où elle est exercée. Dirigé par le compositeur Simon Bertrand et illustré par l'artiste peintre Rita Ezrati, ce numéro intitulé « Réflexions sur le métier de compositeur : identité et singularités » génère, par la même occasion, des réflexions et des questionnements d'ordre sociologique sur le milieu de la création musicale au Québec et ses racines; celles, encore fragiles, du passé, et celles qu'il reste à inventer. Paul Bazin, Simon Bertrand, Estelle Lemire et Danick Trottier, entre autres, contribuent à ce numéro par le biais de divers portraits, enquêtes, analyses d'oeuvres et textes d'opinion mettant en relief les démarches artistiques ou sociales de compositeurs et de compositrices représentant plusieurs générations.

  • Consacré aux chevauchements entre la musique et le politique, le numéro hiver de la revue Circuit, dirigé par Luis Velasco-Pufleau, réunit des textes provenant de part et d'autre de l'Atlantique. Ce numéro propose d'examiner la dimension politique des situations dans lesquelles l'action musicale a lieu. Il invite ainsi à se pencher sur la manière dont les compositeur.rice.s, les musicien.ne.s et les auditeur.rice.s mobilisent une réflexion éthique au sein d'événements qui les obligent à penser différemment leur rapport au monde. Issues des pratiques musicales de la Pologne et du Québec, en passant par l'Allemagne, la France et le Pays basque, les oeuvres discutées dans ce numéro apparaissent comme autant de reflets artistiques des contingences politiques des dernières décennies. Aussi au sommaire, la rubrique « Le Cahier d'analyse » présente une lecture par Ana Dall'Ara-Majek de l'oeuvre Le trésor de la langue de René Lussier.

  • Pour son numéro printanier, Circuit propose un dossier sur l'art sonore justement nommé Art + son = art sonore ? « Les contributions à ce numéro vont nous guider vers une compréhension plus globale de cette appellation et ses problématiques, et nous faire mieux comprendre ce qui se passe sur le plan institutionnel quand on présente un travail artistique pluridisciplinaire comme l'art sonore. [...] Puisqu'il s'agit ici du son, mais dans un contexte plutôt dédié au visuel - le musée (ou la galerie) -, est-ce aux musicologues de juger de la valeur de ces oeuvres, ou plutôt aux historiens de l'art ? » ( Annelies Fryberger, extrait de l'introduction) Lina Dzuverovi´c, Christophe Kihm, Clément Canonne et Annelies Fryberger réfléchissent à ce qui définit l'art sonore, son institutionnalisation et son écoute. Ana Dall'Ara-Majek, elle, propose une enquête multigénérationnelle sur la vision de l'art sonore à Montréal.

  • Dans son numéro de l'automne, la revue Circuit souhaite réinterroger le phare de la scène montréalaise des musiques improvisées qu'est Productions SuperMusique, qui souligne ses 40 ans, tout en s'intéressant à des pratiques impliquant l'improvisation ailleurs qu'à Montréal (particulièrement en France et aux États-Unis), ceci sous un angle bien spécifique. En effet, ce numéro propose de sonder d'une oreille nouvelle la question du continuum improvisation/composition, à partir d'une série d'études de cas, d'entretiens et de témoignages permettant d'examiner précisément différents points de ce continuum. Par exemple: quel est le statut accordé par les musiciens à ces éléments prédéterminés? Simples conditions de la performance? Ressources individuelles? Facilitateurs de la coordination entre les musiciens? Obstacles, limitations, contraintes? Quelles stratégies les musiciens utilisent-ils pour contourner (voire pour détourner) les cadres, codes et conventions qui sous-tendent leurs performances? La rubrique Cahier d'analyse est consacrée à deux oeuvres des directrices et fondatrices de Productions SuperMusique, TAGS de Joane Hétu et TanGRAM de Danielle Palardy Roger. (source : Circuit)

  • Le numéro hivernal de la revue Circuit présente un trio de quatuors, soit les deux quatuors à cordes Bozzini et Molinari et le quatuor de saxophones Quasar. Tous trois sont montréalais, actifs depuis au moins vingt ans et se consacrent aux musiques de création contemporaines. Ces groupes chambristes ont l'avantage d'être des organisations plus petites, donc plus agiles, plus flexibles, souvent moins lourdes sur le plan logistique et moins coûteuses financièrement, ce qui n'est pas sans présenter de sérieux avantages dans certaines situations, par exemple lorsque vient le temps d'expérimenter étroitement et longuement avec des compositeurs, de faire des tournées, d'investir des lieux qui diffèrent de la salle de concert traditionnelle, ou encore d'enregistrer des disques. Ce numéro comprend aussi dans la rubrique Actualités plusieurs articles sur Katia Makdissi-Warren, compositrice en vedette de la 7e édition de la Série Hommage de la SMCQ

  • La revue Circuit consacre son numéro hivernal à Barbara Hannigan, la soprano, cheffe d'orchestre et mentore, Européenne d'adoption, mais native de la Nouvelle-Écosse. Le numéro comprend deux entretiens avec l'artiste (un par Tamara Bernstein et l'autre par Maxime McKinley), cinq témoignages de collaborateurs proches, un survol de sa carrière par Sylvia L'Écuyer, des comptes rendus de ses plus récents enregistrements, des documents d'archives et un portfolio de productions lyriques auxquelles elle a participé au Théâtre Royal de la Monnaie. Solenn Hellégouarch dresse d'ailleurs un catalogue - non exhaustif, mais très riche, détaillé et représentatif - d'oeuvres créées par la soprano depuis les années 1990. Fascinante, cette liste permet notamment de prendre la mesure du parcours exceptionnel et de l'apport immense de Hannigan à la création de notre temps. (source : Circuit) 

  • Cherchant à comprendre de quelle façon l'art des sons est mis en relation avec les sciences, ce numéro de Circuit, musiques contemporaines tente de saisir comment les buts et les processus de la recherche musicale diffèrent de ceux de la recherche scientifique d'une part, et de ceux de la création musicale de l'autre. Le principal enjeu est d'entrevoir comment le centre de recherche, aujourd'hui, constitue un espace de communication et d'interaction entre les disciplines. Hors dossier, entre autres : une analyse de l'oeuvre Baobabs (2012) du compositeur Robert Normandeau, un compte-rendu critique du livre Éblouissement : Gilles Tremblay et la musique contemporaine de Robert Richard et des illustrations des installations d'Andrée-Anne Dupuis Bourret, artiste en arts visuels et médiatiques.

  • Bien que consacré à un créateur, ce nouveau numéro n'est pas conçu comme un simple hommage à Denis Gougeon : l'organe de réflexion qu'est Circuit vous propose une exploration de son univers musical afin de mieux apprécier le créateur et son oeuvre. Dans cette optique, le numéro débute par un entretien par Françoise Davoine et se poursuit avec un texte de Denis Marleau soulignant l'intérêt soutenu du compositeur pour la musique de scène et de théâtre. Les thèmes de prédilection de Gougeon, entre affect et narrativité, ainsi que son approche pédagogique sont aussi abordés dans ces pages.

  • Devant toute oeuvre d'art, le chercheur, l'historien de l'art, le conservateur, etc. est confronté aux mêmes questions : qu'est-ce que l'oeuvre? Comment l'exposer? Que faut-il préserver? Dirigé par Guillaume Boutard, ce numéro de ­Circuit­ se penche sur la préservation du patrimoine culturel contemporain dans sa relation avec la technique et la technologie. Entre autres articles, un entretien avec André Richard, figure emblématique de la musique mixte et ancien directeur de l'Experimentalstudio en Allemagne, apporte un riche point de vue sur ces enjeux technologiques, mais aussi sur les notions de la transmission et de l'enseignement du savoir. Les oeuvres de Ryoji Ikeda, mises en abîme de données numériques à l'intersection du son et de l'image, accompagnent à merveille les textes de ce numéro.

  • Ce numéro est une exploration de genres ou de formations instrumentales qui persistent jusqu'à l'époque actuelle, malgré toutes les critiques qu'une certaine esthétique moderniste a pu diriger à leur encontre. Le point de départ de ce numéro : commémorer les 25 ans du Nouvel ensemble moderne (NEM), dirigé par Lorraine Vaillancourt. Circuit offre ainsi à ses lecteurs une entrevue avec la directrice, une visite guidée dans les archives de l'ensemble ainsi qu'une discographie commentée. À lire aussi, des articles portant sur le concerto (John Rea) et le quatuor à corde (Clemens Merkel), ainsi qu'une enquête sondant l'opinion de sept acteurs du milieu musical montréalais sur leur rapport aux géométries durables.

  • Ce nouveau numéro de la revue de musiques contemporaines Circuit se dédie à une rencontre interdisciplinaire, celle de l'exploration sonore et de l'image en mouvement, un dialogue constant qui anime les pratiques contemporaines. Les frontières formelles deviennent mouvantes et les terrains d'exploration, infinis. Pour les créateurs, cela veut aussi dire un affranchissement des dogmes ou au contraire une remontée aux origines; bref, beaucoup de liberté. Mais quelles en seraient les limites? Philippe Langlois nous propose un survol de la musique contemporaine (avant-garde, minimalisme, drone, musique concrète, etc.) au cinéma. Dans son enquête qui donne la parole à de nombreux compositeurs, Frédéric Dallaire s'intéresse aux résonances de l'image dans la composition musicale même. D'autres articles étudient les oeuvres de Michel Chion et de Christian Calon. Le numéro propose également des actualités évoluant dans des thématiques similaires au dossier, notamment les installations musico-visuelles récemment présentées par Ragnar Kjartansson au Musée d'art contemporain de Montréal.

  • Aujourd'hui, des signes graphiques de toutes sortes dessinent dans les partitions de nouveaux « profils » (densités, enveloppes, fluctuations d'énergie...). Ces traductions analogiques du sonore se situent aux deux extrêmes de l'évolution de la notation musicale, laquelle s'est échelonnée sur plus de dix siècles au service non seulement de la transmission des oeuvres, mais aussi de leur élaboration et de leur complexification. Dans ce dossier thématique sur la notation, compositeurs, interprètes et musicologues partagent leurs réflexions à partir de leur propre espace de recherche. Des entrevues avec Lorraine Vaillancourt, Véronique Lacroix et Walter Boudreau, dans lesquelles les chefs d'orchestre nous dévoilent la nature particulière du lien qu'ils entretiennent avec la notation, viennent clore le dossier.

  • La revue des musiques contemporaines accueille pour son dernier numéro un tout nouveau rédacteur en chef, Maxime McKinley. Celui-ci réaffirme d'entrée de jeu le double statut de Circuit : à la fois revue savante et culturelle, fidèle à ses principes fondateurs mais toujours sensible à la vitalité de l'actualité, tournée autant vers la création locale et que vers l'international. Après ce préambule, place au dossier intitulé « Commander une oeuvre : mécanismes et influences ». Michel Duchesneau et Annelies Fryberger dirigent l'ensemble et nous offrent aussi leurs points de vue sur la commande et de l'évaluation par les pairs. Et après, qu'en est-il de la performance? Autant de questions abordées par le biais d'oeuvres signées Luciano Berio et Pierre Boulez. À travers un texte de Jonathan Goldman, Circuit rend également hommage à ce dernier, figure incontournable, l'un des plus grands disparus de 2016 dans le monde de la musique classique. En conclusion, Cléo Pallacio-Quintin se charge des actualités.

  • Circuit consacre son numéro d'automne au cinquantième anniversaire de la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ) qui en 1966 était le seul organisme voué à la musique contemporaine au Québec et est aujourd'hui l'un des plus anciens. Quatre auteurs refont l'histoire de l'organisme et des oeuvres qu'elle a créées et commandées. Si à l'origine il s'agissait d'une poignée de pionniers cherchant à imposer leurs convictions, aujourd'hui l'organisme s'est consciemment institutionnalisé. En 2017, la SMCQ n'est pas spécialement la voie (ni la voix) de la jeunesse branchée et de l'underground, et le milieu des musiques de création s'est considérablement diversifié. (Maxime Mckinley) Toutefois, des deux grandes périodes artistiques de la SMCQ : celle du cofondateur Serge Garant (1966-1986) et celle de son successeur Walter Boudreau (depuis 1988) se dégagent des constantes. Parmi celles-ci : le désir de présenter, dans le grand concert du répertoire international, la musique des compositeurs d'ici.

  • L'édition hivernale de Circuit s'inscrit dans une série spéciale de numéros monographiques consacrés à des compositeurs québécois marquants. Après, Claude Livier, Gilles Tremblay, Ana Sokolovi´c, Denis Gougeon et John Rea, c'est au tour du travail du compositeur d'origine espagnole José Evangelista d'être célébré. « Attaché à la sophistication du système de notation musicale occidental, désirant également une communication directe et immédiate, c'est au contact de l'Autre qu'[Evangelista] a trouvé des réponses, en particulier dans le gamelan indonésien (balinais et javanais). Mais l'Autre, c'est souvent aussi soi-même (nous sommes "étrangers à nous-mêmes", selon la formule de Julia Kristeva). Ainsi, découvrant un jour une puissante empreinte de musiques arabes dans le folklore de son Espagne natale, Evangelista s'est mis à l'écoute des autres jusque dans les chansons de son enfance. »(Maxime McKinley). Un dossier signé Maxime McKinley, Flavia Gervasi, Anis Fariji et Alex Nouss, accompagné d'un catalogue des oeuvres dressé par Solenn Hellégouarch.

  • Pour son numéro printanier, Circuit s'intéresse aux perspectives transculturelles en musique contemporaine. La musique d'art en Occident opère en absorbant et en hybridant les traditions depuis très longtemps, comme le souligne en introduction le compositeur Sandeep Bhagwati et le musicologue Jonathan Goldman qui ont dirigé ce numéro. Toutefois, ajoutent-ils, les compositeurs eurologiques se sont approprié trop souvent théories et sonorités issues d'autres traditions musicales que la leur sans égards aux pratiques et contextes culturels de ces pratiques. Récemment, de nombreux contre-projets réunissant des musiciens de plusieurs horizons ont permis des échanges plus équitables entre les diverses traditions musicales. Malheureusement, la plupart de ces projets servent encore seulement à combler les envies d'exotisme des publics. « Existe-t-il des projets, des musiques, qui donnent vraiment naissance "à un nouvel, troisième espace de signification et de représentation" (Homi Bhabha)? »(Sandeep Bhagwati et Jonathan Goldman) C'est à cette question que les collaborateurs de ce numéro tenteront d'apporter une réponse.

  • « Instrumentarium baroque : Précédence et créativité », numéro automnal de la revue Circuit, s'intéresse à l'enjeu de la créativité et à la précédence, comprise non comme projet vaguement réactionnaire de restauration et de refus de l'avenir, mais comme rappel que les oeuvres n'apparaissent pas ex nihilo d'un génial créateur ne devant rien à personne, qu'il y a du collectif dans l'histoire et le savoir. Ainsi, la violoncelliste Elinor Frey fait découvrir un projet de six commandes d'oeuvres pour divers types de violoncelles baroques et Laurent Feneyrou convie à une plongée dans les oeuvres faisant appel à des instruments (incluant la voix) baroques de Brice Pauset. Adèle Gornet signe une étude fouillée d'une oeuvre pour clavecin de Gérard Pesson : Le Tombeau de Rameau, puis François-Xavier Féron, aborde la confrontation d'instruments baroques et « modernes » dans une même partition. Enfin, Evis Sammoutis relate un projet de « recherche-création » où les manuscrits anciens, les archets baroques, le violon et les nouvelles technologies se rencontrent.

  • Le premier numéro du volume 29 de la revue Circuit est entièrement consacré à Pascal Dusapin, compositeur d'envergure internationale. Ce numéro précède d'ailleurs de quelques mois la création mondiale de Macbeth Underworld, huitième opéra de Dusapin. Dans ce contexte, les articles font la part belle aux aspects lyriques, vocaux, collaboratifs et interdisciplinaires du travail de Dusapin, et empruntent des voies parfois littéraires pour explorer l'oeuvre de ce créateur. Les illustrations, inédites, sont des photographies, dessins, esquisses et manuscrits de Dusapin lui-même, tandis que la rubrique Documents reproduit, entre autres, une lettre au compositeur de la soprano canadienne Barbara Hannigan, écrite lors des répétitions de l'opéra Passion. La rubrique Actualités propose trois articles, un sur « Lessons in Love and Violence » et « Written on Skin », deux opéras de George Benjamin, un sur le trio Fibonacci et l'autre sur les écrits de François-Bernard Mâche.

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