Connaissances & Savoirs

  • « Et voilà, en plus, des souris et de gros rats courant de tous les côtés. Je les entends sous ma tête mordiller la paille, les musettes et faire remuer les gamelles. À chaque instant, il me faut donner des coups sur ma toile de tente que j'ai étendue sous moi et que je ramène sur ma figure car il en passe des quantités. » Avec la Grande Guerre dont le qualificatif n'est justifié que par la durée du conflit et l'ampleur du massacre collectif, les anonymes entrent dans l'Histoire, mêlant leur expérience pétrie de boue et de sang à l'anti-épopée du monde moderne, à l'aube du siècle nouveau. Parmi les oeuvres de fiction souvent marquées par les souvenirs personnels d'écrivains célèbres (Barbusse, Céline, Giono, Genevoix, Dorgelès, Proust...) surgissent des textes d'inconnus, à la frontière du littéraire et du vécu, fragments de vies brisées et témoignages des survivants ou des disparus dont il ne reste que des lettres, des journaux, des mémoires. Ces deux carnets de guerre retrouvés dans une malle font partie de ce patrimoine de l'ombre. Plus que des souvenirs exhumés c'est une résurrection intégrale du passé, n'évoquant pas la gloire des Anciens mais la vie quotidienne humble et prosaïque de tous ces hommes de bonne volonté embarqués dans une aventure qui les dépasse. Au jour le jour, nous les suivons dans leurs pérégrinations, de village en village sur une carte qui n'a rien de tendre et qui indique les étapes d'un long calvaire collectif au seuil de la barbarie moderne. Auguste et Robert sont les témoins et les héros d'un autre temps qui n'est déjà plus le nôtre.

  • En investissant l'espace public africain, le débat sur l'homosexualité ne manque pas de susciter des réactions passionnelles. Celles-ci oscillent entre l'homophobie effrénée et l'homophilie réactionnaire. Face à ces réactions irréductibles, ce livre se propose de rendre intelligibles, sous le rapport des valeurs du devenir et du devenir des valeurs, les grands enjeux de l'homosexualité en Afrique. Les contributeurs y questionnent au sujet du mariage pour tous, de la crise communicationnelle inhérente à l'homosexualité, des identités hétérosexuelles hégémoniques, de l'ambiguïté des droits de l'homme, des rapports des religions à l'homosexualité, de la différence culpabilisée, de l'évaluation genrée et/ou sexospécifique de l'homosexualité... Cet ouvrage collectif rassemble les contributions des spécialistes des sciences humaines et sociales : Marcel Silvère Blé Kouaho, Marie Sylvana Brou-Messou, Adolphe Oulaye, Brou Dieudonné Koffi, N'guetta Aristide Molou, Guy Serge Blé, Kouadio Bernard Yao, Amenan Madeleine Kouassi, Bawala Léopold Badalo et N'dri Marcel Kouassi.

  • Un regard pluridisciplinaire sur le monde global d'aujourd'hui, reposant sur les enseignements à travers la planète d'un professeur en géopolitique, au parcours atypique. Avec la priorité accordée à la dimension humaine, à l'origine des soubresauts de l'Histoire. Ce livre, à l'intersection de plusieurs genres, contient en conclusion un « abécédaire de l'épanouissement », à l'adresse de tous les habitants de la planète Terre, afin de donner du sens au XXIe siècle.

  • L'Action en justice intentée en matière de Responsabilité Sociale de l'Entreprise révèle certaines limites lorsque les justiciables parties prenantes souhaitent protéger leurs intérêts. Par une juridicisation du droit de la RSE à mi-chemin entre la "soft law" et la "hard law", l'action en justice des parties prenantes pourrait être véritablement efficiente. Dès lors, les mécanismes processuels traditionnels sont insuffisants lorsqu'il s'agit d'agir en justice dans ce domaine. C'est notamment à travers l'intérêt et la qualité à agir en justice des parties prenantes que des aménagements de la procédure civile vont être véritablement nécessaires. Des améliorations supplémentaires telles que l'instauration d'une action de groupe élargie au domaine de la RSE et davantage américanisée permettrait notamment aux parties prenantes d'assurer leur défense grâce à un dispositif nouveau très efficace. De plus et par la voie extrajudiciaire des modes alternatifs de règlement des litiges, les acteurs de la RSE peuvent également décider de porter le différend qui les oppose hors de la connaissance du juge étatique. Ce choix d'action peut être révélateur d'une préférence pour une justice davantage négociée. Ces propositions semblent être indispensables à la mise en oeuvre d'une action en justice efficace en matière de RSE. Les parties prenantes pourront alors agir en justice de manière inédite afin de parachever leur protection. Les nécessités juridiques et sociales actuelles semblent ainsi faire évoluer le droit afin que les parties prenantes puissent bénéficier d'une action en justice considérée comme un véritable contre-pouvoir face à l'entreprise.

  • L'auteur entreprend dans son premier livre l'exploration d'une piste inhabituelle : l'approche philosophique du massage en kinésithérapie. Comme dans son parcours universitaire et professionnel où se côtoient des éclairages différents d'un même questionnement de nos actes, deux univers souvent considérés comme distincts et opposés se répondent ici dans une continuité intellectuelle et concrète inédite. C'est ainsi que philosophie et « massage rééducateur » harmonisent leurs complémentarités tout naturellement au service d'une profession qui pourrait peut-être, qui sait, être envisagée autrement... Cet engagement humain, cette réflexion originale née de la pratique même, nous intriguent et nous interpellent fortement. Parions que ce chant philosophique du « Toucher », allant bien au-delà des normes et de la technique, prendra corps et âme, suspendu à nos sensations, notre raison et nos émotions pour ouvrir la porte d'entrée à d'autres pays, d'autres aventures de la vie, au gré de l'humeur de chacun.

  • Avec la médicalisation de la mort, les soins aux défunts doivent-ils désormais être « l'affaire » de spécialistes ? La toilette mortuaire, pratiquée par les soignants, a-t-elle encore une raison d'être ? L'acte de laver le corps après la mort, fil conducteur de cet ouvrage, explore les confins de deux essences contradictoires. A la sacralité ancestrale du mort s'oppose la technicité et les changements sociétaux induits. Qu'a-t-on à apprendre des pratiques soignantes dans ces derniers soins à la personne ? Démêlant les fils du propre et du sale, de la purification symbolique et religieuse, la toilette funéraire est au coeur du rite de séparation, rite de passage, où s'entremêlent les dimensions morales, laïques et religieuses. Mais la sacralisation-désacralisation, la thanatopraxie, les évolutions sociétales soulèvent l'inéluctable question: toucher le mort, est-ce toucher la mort ? Nul ne peut échapper aux réflexions métaphysiques que les soins aux morts interrogent. Le prendre soin des morts, enjeu éthique pour les soignants et la société ?

  • La langue des grands classiques italiens, celle de Dante, Boccace, Pétrarque, Villani, Sacchetti, Alberti, Laurent de Médicis, Machiavel, L'Arioste, Vasari, Bandello, Cellini, Le Tasse... expliquée au fil de son évolution, à travers les exemples puisés dans les oeuvres majeures du Moyen-Âge et de la Renaissance. La scène esquissée, la bribe de discours ou d'idée, la situation de parole, le mouvement affectif, l'éclat descriptif... contenus par la brève citation d'illustration, éveillent certes la curiosité et l'intérêt, mais deviennent surtout capables d'éclairer le sens de la forme linguistique ambiguë, de l'obscure construction ancienne ou du tour de phrase énigmatique, davantage que de longues explications grammaticales.

  • Le nazisme est-il circonstanciel et en cela secondaire dans la démarche de "la" "pensée"? Une "grosse bêtise"? Les Cahiers noirs, incitent à relire tout le corpus connu pour se rendre à l'évidence : non seulement Heidegger n'a eu de cesse de chercher à mieux penser le nazisme qu'il ne s'est pensé lui-même, mais il semble même avoir élaboré un antisémitisme alternatif, "historial", justifiant à sa façon le recours génocidaire au concept de "race". Peut-on admettre qu'il promeuve le "rang" germanique ou propose des interprétations révisionnistes de l'extermination des Juifs d'Europe sous prétexte d'une "pensée" fort spéculative de l'histoire de l'Occident ? Qu'est-ce cela a encore à voir avec de la "philosophie"? Comment comprendre qu'en France et ailleurs, une apologétique plus ou moins discrète perdure ? Il faudrait pourtant envisager d'autres hypothèses de lecture ; plus que celle de l'être, n'est-ce pas en effet la question du mal qui serait au centre du discours heideggerien ? Sa coloration fort manichéenne et comminatoire ne vise-t-elle pas in fine à incriminer quelque "enjuivement" intime et inapparent de la modernité ? Ce, sachant que le nazisme lui-même en serait paradoxalement le point d'orgue. Pourquoi, dans les années 30, Heidegger lui reproche ses demi-mesures ? Le chemin vers un Quatrième Reich s'avérera fort tortueux, surtout lorsque celui qui l'indique voue un culte au secret. Pour enfin exhiber toutes les variétés de mystifications, nous proposons ici de reprendre les oeuvres de Heidegger à partir d'un fil conducteur inédit : la notion d'insurrection.

  • N'a-t-on jamais eu autant besoin de rêver qu'aujourd'hui ? Pouvons-nous encore sortir des paradis artificiels afin de nous sublimer et de nous projeter vers des horizons attirant individuellement et collectivement ? C'est ce que nous propose ici Thierry Long, cinq siècles après l'essai remarquable de Sir Thomas More, « l'île d'utopie » (1516). Ce chercheur convoque les connaissances scientifiques et philosophiques actuelles et passées pour penser un monde humaniste régulé sans argent. C'est justement à l'orée de ces connaissances que l'auteur décline les contextes les plus épanouissants pour les êtres humains afin de construire un système social coopératif, cohérent et durable. « L'île d'utopie » pourra-t-elle alors se transformer en un « monde d'utopies » ?... À vous d'en juger, de le critiquer, de l'amender, de le faire progresser et pourquoi pas d'en profiter aussi pour rêver de nouveau, le temps d'une lecture remplie d'humanité et d'espoir...

  • La photographie a engendré une esthétique très novatrice - mais équivoque - du « détail », qui rompt de façon radicale avec l'esthétique classique de la peinture. Un détail photographique demeure irréductible à une partie ou à un élément inséparable de la totalité unifiée d'une image, car la photographie, en raison de la « techno-logique » qui la sous-tend, produit une autonomisation absolue du détail. Mais, à cause des processus technologiques qu'elle utilise, des formes imprévisibles et innombrables d'émergence du détail sont apparues. La capture et le traitement logiciel des images digitales ont même considérablement renforcé l'arbitrarité du détail, y compris - et en particulier - quand la photographie s'empare des « détails » propres à la peinture.

  • Qu'est-ce que l'amour ? Et le désir, la passion, les sentiments ? Qu'est-ce que signifie être conscient ? De telles questions sont au coeur de la réflexion sur la subjectivité. C'est parce que nous sommes d'abord des êtres sentants, vibrants, que ces interrogations nous paraissent fondamentales. Avant de prendre position dans les débats sur la valeur du plaisir, l'importance de la croyance, le rôle de l'imagination ou la portée du désir, il est besoin d'approfondir ces termes, d'en bien cerner les contours et de se doter d'une définition aussi exacte que possible. C'est à cette demande que souhaite répondre ce livre. En partant de l'expérience sensible, l'itinéraire proposé ici remonte des affects vers la conscience, à travers l'étude d'une quinzaine de notions clés. Il envisage d'abord les principales formes de vécus subjectifs (besoins, émotions, sentiments, désirs etc.), analyse les fonctions de la croyance et de l'imagination, pour atteindre enfin les régions supérieures de l'esprit, qui permettent à la conscience de se ressaisir par la raison et la volonté. L'orientation et les démarches de ce travail s'inspirent de l'ensemble de la tradition philosophique, mais tiennent compte aussi des connaissances actuelles, notamment des résultats de la psychologie cognitive. Sa recherche est sous-tendue par une enquête de fond sur la psychanalyse, dont il tente de se départir, pour proposer un sol psychologique rationnel plus fidèle au vécu sensible.

  • Cet ouvrage est tout à la fois un exercice de réflexion, un compagnon de voyage, une méditation et un témoignage sur une époque qui m'a fait rêver au changement et plus encore, le refus d'une résignation au monde tel qu'il m'a été fait, une aventure intellectuelle, l'exploration du « même », du « proche » et « du lointain », un départ à la rencontre de soi-même car « je » est un « autre » comme nous le disons et redisons encore avec Arthur Rimbaud. L' « utopie » est un lieu qui ne s'avoue pas. Quand la mémoire s'en retire c'est l'histoire qui s'installe. Villes neuves et nouvelles sont les symptômes des impossibles poliorcétiques. La typicité et la marginalité de certaines expériences poussent à en chercher la singularité dans un retour sur une position, celle d'un objet complexe l'urbain : son utopie mise en perspective à partir de son cadre, un lien social à l'origine d'un projet de renouveau volontaire - son moment - pose la question des représentations d'un ensemble de protagonistes et cerne une demande sociale, interroge sur les affaires des uns et des autres : militant, intellectuel, chercheur, « animateur de l'enfance » sur un terrain initial, « initiatique » où concept et mythe s'entrecroisent dans un mouvement de soi vers l'autre : le « moment » utopique donne à la fois le temps et l'élan d'un premier mouvement et une première parenthèse. Surgit l'habitant lointain d'un univers exposé à l'incertaine et aléatoire présence de l'enquêteur. Il s'agit de trouver quelque raison d'être à « être habitant », réhabiliter une ambulation de proximité. Dans les rêves d'intégration il s'agit de prendre le monde au mot. Le sociologue prudent saura tenir sa langue et échapper au choc des valeurs. La neutralité axiologique n'épouse pas nécessairement les incertitudes partisanes. Il faut raison garder et quitter les certitudes de la reproductibilité. Penser le social ni plein ni vide mais incertain et flou et, considérer les débords. Reposer le problème de la singularité dans la compréhension du social, de l'invention des moyens de l'échange, d'une labilité de l'être, de l'insaisissable haleine à la respiration profonde, en deçà des laxismes et des crispations épistémologiques, retrouver les coeurs des variations, rencontrer dans l'interposition les voix du social, un accès au monde et à une figure de l'humain qui en subvertit les déformations.

  • Leni Riefenstahl est surtout connue pour avoir été « la cinéaste du Führer ». En effet, dès 1933, année où Adolf Hitler accède au pouvoir, elle collabore avec le régime nazi en réalisant à Nuremberg un film sur le congrès du parti, "Victoire de la Foi". La chose est réitérée par deux fois les années suivantes avec le tristement célèbre "Triomphe de la Volonté", puis "Jour de Liberté". Leni Riefenstahl a toujours affirmé avoir réalisé non des films de propagandes, mais des documentaires historiques. Si ses arguments semblent peu recevables, la cinéaste est aujourd'hui reconnue pour sa maîtrise de l'esthétisation de la politique. À travers ses trois films entre 1933 et 1935, l'artiste fait allégeance à Hitler de son plein gré. Cette trilogie de Nuremberg se révèle alors bien plus que de la propagande : la vitrine parfaite d'une idéologie qui veut séduire à tout prix l'Allemagne et le reste du monde. Cachée derrière ces films de Leni Riefenstahl, il y a la sombre histoire d'un pays qui commence avec du sang...

  • La recherche de l'objectivité occupe une place centrale dans les productions scientifiques en sciences sociales. Cependant, plutôt d'être une donnée naturelle, bien au contraire, l'objectivité en est une construction continue. La précaution à y prendre débute déjà au choix du sujet, transite par la lecture de certains travaux antérieurs dans le domaine abordé, et, culmine à la rédaction ainsi que la communication des résultats auxquels l'étude a abouti. Une telle démarche exige du chercheur du courage, de la patience et certaines compétences. Le modèle que suggère cet ouvrage diffère de la tradition ancienne de présentation des travaux académiques héritée de certaines écoles occidentales ou nordiques, basée notamment sur la synonymie entre état de la question et revue de la littérature. Doit-on par là affirmer la naissance d'une nouvelle école, d'une nouvelle tradition ? Là n'est pas l'objectif poursuivi par cette publication. Dans construction de l'objectivité en sciences sociales, l'auteur répond à un impératif majeur : provoquer un débat sur la nuance qu'il sied de dégager entre état de la question et revue de la littérature d'une part, et, d'autre part, illustrer par une étude des cas cette nouvelle démarche. La finalité est d'indiquer une autre manière dont on peut se servir tout en garantissant l'objectivité tant recherchée dans les études des sciences sociales.

  • Cet ouvrage offre un état des relations entre êtres humains et ursidés, mêlant les travaux de 26 chercheurs statutaires (CNRS, Muséum, Université) ou indépendants, photographes et doctorants en ethnologie et éthologie, dans une approche interdisciplinaire. Huit espèces d'ursidés réparties en cinq genres (« Ailuropoda », « Helarctos », « Melursus », « Tremarctos », « Ursus ») vivent dans des habitats distincts : banquise, forêts boréales d'Amérique du Nord et d'Asie, forêts tempérées d'Europe, forêts tropicales d'Asie du Sud-Est et d'Amérique du Sud. Les peuples en contact avec lui ont accordé à l'ours une place particulière dans leurs croyances. Ce plantigrade est admiré car il hiverne et ressemble à l'être humain, omnivore avec le gros orteil non-opposable qui permet la station debout. Mais l'ours est aussi redouté et symbolise le « sauvage » qui subsiste en l'homme. Aujourd'hui menacé par l'anthropisation du monde, ce prédateur, sorte de roi des forêts, est objet de haine et de fascination, massacré et protégé mais toujours offert aux petits sous forme de peluche. Quelle place réelle, fantasmée ou rêvée peut-il espérer, et qui est-il vraiment ?

  • Ce nouvel ouvrage de la collection « Psychologie et Vie Quotidienne » est consacré aux communications et débats qui ont eu lieu lors de la 2e journée des psychogérontologues de la Région Centre (30 mars 2017), ainsi qu'aux réflexions qui s'en sont suivies. Cette journée qui avait pour thème « Le corps et la personne âgée » a été organisée à l'initiative de l'équipe « Gérontologie et vie quotidienne » du laboratoire de Psychologie des Âges de la Vie (EA-2114) de l'université de Tours. Les six contributions que nous présentons convergent toutes vers un même souci : celui d'imaginer, proposer et réaliser des environnements de qualité pour un bien-être toujours meilleur des personnes âgées, que celles-ci soient en relative bonne santé physique et mentale ou qu'elles soient atteintes par la maladie d'Alzheimer et les troubles associés. Ces contributions se font invitations à pratiquer régulièrement des activités physiques, à profiter des bienfaits de promenades en forêts, parcs et jardins, à considérer notre corps vieillissant comme constitutif inaliénable de notre identité, à se laisser guider à l'apaisement par la sensorialité, à favoriser la sexualité en EHPAD lorsque celle-ci est souhaitée, à naviguer judicieusement entre vouvoiement et tutoiement dans la relation de soin.

  • Les architectures mortuaires invitent à la réflexion. Ces espaces, dans les établissements sanitaires publics, sont héritages de notre histoire et disposent de peu de moyens. On les contourne, on les évite. Pourtant, page après page, pierre après pierre, va se construire l'utopique « thanatopos ». Cet ouvrage vise à penser un lieu « éthique » où il serait possible d'installer le défunt avant les funérailles. A partir de la notion de lieu, le « topos », il s'agit d'avancer aux limites, de cheminer à travers le labyrinthe et pénétrer ces murs jusqu'à l'intime. Alors que la mort est violence faite à l'homme, le tabou est une réponse apportée par les hommes, le sacré est l'autre porte à ouvrir. Regards philosophiques et politiques se croisent pour qu'ici l'atmosphère ne soit plus épaisseur mais que l'ombre se dérobe à la nuit et qu'au fil de la plume se dégage une nouvelle clarté. Comme la flamme vacillante se pose sur ces yeux clos, la pensée peu à peu emplit ces lieux d'une nouvelle lueur. La chambre s'enveloppe d'un manteau de sommeil et apporte au visiteur un nouveau souffle. Le murmure des mots cherche écho dans le silence. Doucement, les murs s'imprègnent de sérénité et diffusent un sentiment de paix. Imperceptiblement, en ce « thanatopos » s'immisce la vie. Est-ce folie que de penser notre société capable d'une telle création? Est-ce là une utopie ?

  • Éric Fardet propose une redéfinition du terme « vocalese » au profit de l'acception « transcription pour voix en jazz ». Il s'appuie sur cette nouvelle définition pour rassembler les groupes Double Six, Swingle Singers et Quire au sein d'une école parisienne de jazz vocal, école vocale d'improvisation simulée (Hodeir, 1997) qui adopte la technique de transcription comme pratique commune aux trois groupes vocaux. Il replace aussi ces techniques musicales au sein des phénomènes onomatopéiques et resitue les pratiques polyphoniques au sein du jazz. Il étudie enfin différentes écritures du «vocalese» (Double Six, Swingle Singers) et compare le style des Double Six à celui du groupe Lambert, Hendricks & Ross.

  • Alors que le recours à la normalisation est croissant dans le domaine des activités économiques, il est pertinent de constater que l'appréhension théorique du phénomène s'est bien souvent limitée à son identification technique. La normalisation doit, cependant, être tenue pour un phénomène normatif plus vaste, dont les implications tant juridiques que pratiques ne peuvent être ignorées. La thèse ici présentée propose une étude d'ensemble du phénomène. Celle-ci fait apparaître son extraordinaire variété et la complexité de son articulation avec le droit économique. La réflexion partira du constat que la normalisation se manifeste à l'ordre juridique par l'intermédiaire de formes normatives variées qui ne se limitent pas au domaine de la normalisation technique. Dès lors, l'adoption d'une analyse conceptuelle prend tout son sens. D'une part, elle permet de dégager qu'elles sont les caractéristiques permettant d'identifier les manifestations normatives relevant, ou non, d'un processus de normalisation. D'autre part, elle précise dans quelle mesure les normes issues de la normalisation sont porteuses de normativité juridique. Une telle analyse est logiquement complétée par une approche fonctionnelle du phénomène. Celle-ci révèle la contribution de ce processus à la mise en oeuvre du droit économique et précise dans quelle mesure il peut participer à sa création. Néanmoins l'articulation de la normalisation avec le droit économique ne se limite pas à la contribution de la première au second. Ainsi, l'étude de la confrontation de la normalisation à la matière nous permettra de relever que si la normalisation facilite les échanges et, dans une certaine mesure, la concurrence, elle peut également restreindre la compétition entre les entreprises sur le marché.

  • Dans cet ouvrage l'auteur se propose d'examiner l'impact direct ou indirect de la fiscalité sur l'état du patrimoine naturel. La question centrale qui retient son attention se traduit de la manière suivante : la fiscalité concourt-elle de manière efficace à la protection du patrimoine naturel conformément aux objectifs environnementaux de notre temps ? En réponse à cette question, l'auteur a choisi de soutenir la thèse selon laquelle : si la contribution de la fiscalité dans la protection du patrimoine naturel est certaine, l'efficacité de cet instrument demeure cependant limitée du fait d'une mobilisation insuffisante, et ceci, alors même qu'en dépit des obstacles à son déploiement harmonieux, le potentiel de la fiscalité en matière environnementale peut davantage être exploité. Pour défendre cette position, il a adopté un plan qui permet d'aborder l'essentiel des questions soulevées par le sujet. Il analyse ainsi la mobilisation progressive de l'outil fiscal au profit de la protection de l'environnement ; les incohérences que présente cet instrument dans sa mise en oeuvre ; la pérennité de certains dispositifs fiscaux en dépit de leur caractère néfaste pour le patrimoine naturel ; et pour finir, l'auteur achève son analyse en suggérant quelques pistes pour améliorer la contribution de la fiscalité dans la protection du patrimoine naturel. L'approche adoptée est clairement juridique et fait intervenir aussi bien des éléments théoriques que des considérations pratiques. En ce qui concerne la fiscalité environnementale, l'auteur a pris position pour la conception finaliste qui présente l'avantage d'être en cohérence avec le droit de l'environnement.

  • « C'est quasi le mesme de converser avec ceux des autres siècles, que de voyager » écrivait Descartes en 1637, dans le Discours de la méthode. "Ceux des autres siècles" : ... pèlerins, commerçants, explorateurs, voyageurs, naturalistes, savants, philosophes, historiens, théologiens, religieux, encyclopédistes, compilateurs, médecins, joailliers, apothicaires, chimistes, physiciens...personnages de l'Antiquité, du Moyen Âge, de la Renaissance, de l'époque moderne... Grecs, Romains, Perses, Berbères... juifs, chrétiens, musulmans... Que représentaient pour eux ces pierres que l'on qualifiait encore récemment de précieuses, comment les trouvaient-ils, quelles propriétés leur attribuaient-ils, quel commerce en faisaient-ils ? Comment travaillaient-ils les métaux et les matériaux que nous appelons "utiles" ? À défaut de « converser » avec eux, c'est par leurs récits, leurs réflexions, parfois leurs aventures, et même leurs querelles, que nous découvrirons comment ont été considérés, au cours du temps, les gemmes, les métaux, et les pierres ornementales. Au Moyen Âge occidental, l'imaginaire chrétien s'est nourri de récits (chansons de geste, Roman d'Alexandre, voyage de Brendan, lettre du prêtre Jean, Le Devisement du Monde, de Marco Polo...) relatant l'existence, en Orient, de fabuleuses et paradisiaques splendeurs. Ces textes sont revisités dans leur contexte historique et (ou) géopolitique pour découvrir le Monde que connaissaient ou que concevaient nos ancêtres. Sont évoqués, au passage, quelques grands mythes et légendes qui sont attachés à ces gemmes et autres matériaux. Suivre leurs pas en ne négligeant pas, à l'occasion, les atouts de l'étymologie, éclaire les grands échanges commerciaux dans l'histoire, et l'évolution de nos connaissances dans bien des domaines : géographie, sciences de la nature, arts du feu, chimie, médecine... En annexe, sont rappelées les caractéristiques minéralogiques, géologiques et minières, ainsi que leurs propriétés et utilisations, des 47 substances examinées dans cet ouvrage.

  • Melancholia, c'est d'abord l'histoire d'un mariage qui vire à l'échec puis celle de deux astres qui gravitent ensemble dans un ballet cosmique, qui s'attirent dangereusement et qui finissent par se rencontrer dans un fracas inouï. Face au chaos à venir, chacun choisit de vivre les derniers instants en accord avec ses valeurs. La faillite de la science mènera John à se suicider alors que la promesse du néant donnera à Justine la force de construire un tipi, ultime tentative d'habiter le monde au bord de l'abîme. Même si Melancholia met en scène la fin du monde, le film fonctionne avant tout comme un monde autonome capable de totaliser les grandes questions qui agitent l'humanité. Toutes les facettes de l'existence humaine sont passées en revue par Lars von Trier : depuis les questions esthétiques, jusqu'aux problématiques épistémologiques et métaphysiques. En ce sens, Melancholia est un trésor herméneutique inépuisable.

  • Les mathématiques ont beau être qualifiées d'universelles, les élèves issus de l'immigration rencontrent souvent plus de difficultés dans cette discipline que leurs camarades nés en France. Plusieurs facteurs peuvent être avancés pour expliquer ce phénomène. Parmi eux figure la mauvaise maîtrise de la langue française. Mais quelles sont les répercussions exactes des difficultés langagières des élèves sur leurs apprentissages en mathématiques ? La connaissance de la langue usuelle ou la fréquentation des cours de mathématiques ordinaires permettent-elles de surmonter cet obstacle ? À ce propos, il nous paraît intéressant d'observer de plus près comment se déroulent les leçons dans les classes accueillant des élèves allophones. Ces derniers profitent-ils des enseignements au même titre que leurs camarades ? Les difficultés langagières ne perturbent-elles pas l'activité des élèves et de leur enseignant ? Les enseignements proposés par les professeurs qui les accueillent sont-ils adaptés aux spécificités de leur public ? Considérant qu'il convient d'examiner l'ensemble du système didactique pour appréhender correctement cette problématique, nous regarderons en effet aussi bien l'enseignant que ses élèves ainsi que leurs interactions. Pour éclairer ces questions, nous nous appuierons sur des recherches issues principalement de la didactique des mathématiques et du français langue seconde. Nos propres expérimentations auprès de classes accueillant des élèves allophones ainsi que nos analyses des pratiques professionnelles des enseignants nous permettront de compléter cette étude. Ces réflexions nous conduiront à envisager des adaptations ou des dispositifs susceptibles de pallier les obstacles relevés et de faciliter ainsi l'enseignement des mathématiques aux élèves allophones.

  • Bien que l'homosexualité fasse, progressivement, l'objet de débats publics en Afrique, son étude par les sciences humaines et sociales demeure marginale au sein des universités africaines. L'enjeu de cet ouvrage collectif est, alors, d'amorcer une intellection libre et critique de ce phénomène, en le mettant en rapport avec les systèmes de valeurs qui fécondent les cultures africaines. Quels sont les arguments qui justifient l'homophobie populaire ? Pourquoi l'homophilie est-elle perçue comme une provocation en Afrique ? Comment faire coévoluer le respect de la dignité humaine, des droits de l'homme et les valeurs socioéthiques que défendent les admirateurs de l'éducation sexuelle séculaire, foncièrement, hétérosexuelle ? "L'homosexualité en Afrique, des valeurs du devenir au devenir des valeurs" ouvre des pistes de réflexions inédites pour des intellections responsables et critiques de l'homosexualité en contextes socioculturels africains. Avec les contributions de N'dri Marcel Kouassi, Komi Kouvon, Beugré Armand, Charles Sidibé, Donissongui Soro, Konan David Koffi, Jean-Claude Oulai, Kassi Magloire Gnamien, Jean-Baptiste Koffi, Konan Kouamé Jean-Judicaël, Brou Thomas Ehoussou.

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